vendredi 28 novembre 2014

Danakil / Lord Bitum & Raggadikal Sound (14 novembre 2014 - La BAM - Metz)

Depuis la sortie fin février de leur nouvel album Entre Les Lignes, Danakil a multiplié les concerts un peu partout sur le territoire. A la veille du World A Reggae Music Tour, en compagnie de Yaniss Odua et Protoje, les voilà programmés dans une nouvelle salle de musiques actuelles, La Boîte à Musique ou BAM, à Metz, le vendredi 14 novembre, avec en première partie Lord Bitum et Raggadikal Sound.

C’est toujours un plaisir d’apprendre l’ouverture d’un nouveau lieu dédié aux musiques actuelles, qui puisse donner l’occasion d’y trouver des événements de qualité en matière de reggae. A Metz, la BAM est excentrée, se situant du côté de Borny, mais accessible en bus grâce à la ligne A, et vient compléter les espaces des Trinitaires et de l’Arsenal, situés en centre ville. L’ouverture a eu lieu en septembre dernier et sa capacité pouvant aller jusqu’à 1200 spectateurs promet de réserver de beaux moments.
Pour l’heure, nous avons rendez-vous avec Danakil, ce qui assure une agréable soirée. Pour commencer, Natural Mat se charge de mixer une petite sélection dans le bar de la BAM, avant l’arrivée des artistes. Puisque c’est Lord Bitum en première partie et qu’il est accompagné de Raggadikal Sound, dont il est le fondateur, c’est sur la grande scène qu’on retrouve ensuite Natural Mat, prêt à lui donner le tempo. Le premier album solo de Lord Bitum est sorti il y a quelques mois, produit par 149 Records, et il est tout à l’image du chanteur : varié dans les styles (même si la dominante est plutôt roots), sincère dans ses propos, et très positif. Celui-ci s’intitule Même Pas Mort. Si cette prestation est l’occasion de le présenter au public messin, Lord Bitum n’hésite pas également à jouer d’autres titres, issus de son lourd répertoire.
Vient le tour de Danakil, alors que le public est déjà très chaud et en parfaite condition, ce vendredi soir, tant les lieux sont conviviaux et la musique bonne. Après une courte introduction instrumentale, ils démarrent avec « Poupées Russes », également titre d’ouverture d’Entre Les Lignes. Balik, Natty Jean et les sept musiciens qui composent Danakil sont en forme, souriants et complètement disposés à partager leurs bonnes vibrations sans aucune retenue. On sait que Danakil est un bon groupe de scène et ils le prouvent encore ce soir. Les quatre albums sont représentés, avec : « Mali Mali », « Hypocrites », « Les Signes », « Mahatma », « Ne Touche Pas », « L’Avenir », « Free »,  « Les Champs de Roses », « Deux Vieillards », « Mon Ile »… Et, bien sûr, « Marley », dans une version partiellement acoustique, pour finir le rappel avec le percutant « Le Rêve ». Natty Jean en profite également pour annoncer la venue prochaine d’un nouvel album (le premier, Santa Yalla, est sorti en 2012), avec notamment le titre « On m’a dit », qui en donne un avant-goût plutôt enthousiasmant. Pendant plus d’une heure et demi, on chante et on danse sur les morceaux de Danakil, qu’on connaît par cœur, dans une ambiance réellement chaleureuse : le groupe donne le meilleur de lui-même et le public aussi, les bonnes vibrations font l’unanimité. La semaine suivante, c’est Dub Inc qui est programmé à la BAM. Quant à Danakil, pour les inconditionnels, ils seront de retour dans le secteur en mars à la Kulturfabrik à Esch-sur-Alzette !

Simba

lundi 17 novembre 2014

Rebelution - Count Me In (87 Music / Easy Star Records)

Le 10 juin dernier était une date à marquer d’une pierre blanche avec la sortie du nouvel album de Rebelution : Count Me In ! Etant déjà tombé sous le charme (et complètement accro) de Courage To Grow, Bright Side Of Life et le triple album Peace Of Mind, il n’y avait pas une minute à perdre pour se mettre ce nouveau disque dans les oreilles. Même s’il ne dure que 40 minutes, les Californiens savent ce qu’ils font, puisque les 11 pistes sonnent à la perfection. Le titre d’ouverture porte le nom de l’album et il est clair qu’on peut leur faire confiance pour nous transporter dans leur roots reggae bien à eux, à la touche américaine reconnaissable, mais si efficace. Puisqu’on succombe complètement à la voix d’Eric Rachmany et à ces délicates mélodies, comment résister ! Parmi les perles de ce nouvel album, « Roots Reggae Music » feat. Don Carlos a toute la vibe pour convaincre en une seule écoute ceux ne se seraient pas encore penchés sur le groupe, tout comme « Hate To Be The One » feat. Collie Buddz. Sinon, « Counterfeit Love », « Notice Me », « More Love »… sont tout aussi goûtus. Le disque se présente dans un boîtier conçu 100% en papier recyclé (à noter que tous les albums de Rebelution existent aussi en version vinyl) et, même si le livret qu’il contient est plutôt simple, toutes les paroles y figurent. On avait déjà remarqué que Rebelution attachait une certaine importance à rendre ses paroles accessibles, étant donné que tous les titres sont disponibles en lyric video sur YouTube ! Il ne leur manque plus que quelques clips pour être vraiment sous tous les fronts (malgré ces 4 albums, ils se comptent sur les doigts d’une seule main !). Enfin, dommage qu’il n’y ait pas eu davantage de dates françaises… car Rebelution en live, c’est juste encore plus enivrant ! Allez, on remet Count Me In au début !

Simba

  
Tracklist : 
01. Count Me In
02. De-Stress
03. More Love
04. Lost In Dreams
05. Fade Away
06. Hate To Be The One feat. Collie Buddz
07. Notice Me
08. Roots Reggae Music feat. Don Carlos
09. Counterfeit Love
10. Against The Grain
11. Invasion

lundi 10 novembre 2014

Tarrus Riley (10 octobre 2014 - NJP - Nancy) / Love Situation (Zojak World Wide)

Chaque année, les NJP nous ont habitués à une soirée reggae de haut niveau, avec une programmation parfaitement ciblée pour les amateurs de ces bonnes vibrations. Après Patrice, Protoje et Yaniss Odua le 18 octobre 2013, la nouvelle édition allait encore faire des heureux !
A l’affiche cette année, le vendredi 10 octobre 2014 : Anthony B, Omar Perry, Tarrus Riley et Naâman, au Chapiteau de la Pépinière, dès 20h, suivi par Flying To Jamaica avec Asher Selector et Irie Crew au Magic Mirror, jusqu’à 4h du matin !
A l’annonce de la programmation, quelques mois plus tôt, c’est Ky-mani Marley qui est cité au côté de Tarrus Riley et Naâman, finalement remplacé, suite à l’annulation de sa tournée d’automne, par deux autres pointures du reggae actuel, Anthony B et Omar Perry. Dans tous les cas, la soirée s’annonçait très chaude ! Quel plaisir de pouvoir enfin apprécier, à Nancy, en live, l’un des chanteurs les plus en vue de la scène new-roots, Tarrus Riley ! Fils de Jimmy Riley, Tarrus a eu de multiples occasions de faire connaître sa belle voix : « She’s Royal », « Stay With You » ou encore le single-hit « Good Girl Gone Bad » feat. Konshens… Tarrus est le genre de chanteur à ne pas faire de faux pas : qu’il s’agisse de sa discographie (Challenges, Parables, Contagious, Mecoustic et le dernier Love Situation), des nombreux titres posés régulièrement sur des riddims (dont la liste est bien trop longue !), de ses textes tantôt lover, tantôt conscients, toujours sincères, de sa voix au chant envoûtant ou au toast approprié en circonstance… Dans cette lignée, sur scène aussi, Tarrus assure, et encore plus en compagnie de Dean Fraser. Puisqu’il emmène Alaine sur sa tournée, la belle a droit à un petit quart d’heure à partager avec le public nancéien. Le temps de quatre morceaux, dont « Without You » et « Ordinary Love », et de toucher un peu le clavier au passage. Même si Tarrus et ses musiciens ne disposent que d’une heure, ils ne perdent pas une seconde, sans pour autant faire sentir une quelconque précipitation. Nous voilà ensorcelés ! Grâce à tous les titres cités plus haut, et aussi « My Day », « Superman », « Burning Desire », « Protect The People », « Come Over », « Rebel »… Un moment de pur bonheur inoubliable !

Profitons également pour s’arrêter quelques instants sur son nouvel album. Il s’intitule Love Situation, sorti en février, et on sait comme le chanteur sait chanter l’amour dans ses bienfaits comme ses complications ! Le premier single a été « 1 2 3 I Love You » et le second « Burning Desire », tous deux bien agréables. Le reste de l’album est dans la même veine, plein de sentiments et de douceur. Plus on l’écoute, plus on y prend goût. La tracklist contient notamment une délicate introduction pour entrer dans l’atmosphère touchante de Love Situation, « Dem A Watch » qui était déjà sorti l’année passée, un remix de « Gimme A Likke One Drop » qu’on avait découvert sur le Tropical Escape riddim, un remix de « To The Limit » feat. Konshens, plusieurs autres combinaisons (« Five Days » feat. Big Youth & Mr Cheeks, « Special Occasion » feat. Whippa Demus, « Sail Away (Stepping Out) » feat. U Roy) et deux interludes (« Welding Skit » et « A Lifetime Skit »), s’achevant par « Food For Thought » en guise d’outro. En tout, ce sont 17 pistes à la vibration rocksteady menées par la belle voix de Tarrus, à laquelle on ne peut pas résister. Parmi ceux qu’on découvre, on a un petit faible pour les titres « Thank You » et « Version Of Love (My Story) », mais, c’est tout l’album qui mérite une attention auditive particulière. Une fois qu’il aura beaucoup tourné, de la même manière que les précédents, il laissera sûrement derrière lui quelques incontournables. Vous l’aurez compris, Tarrus est un artiste à ne pas louper, s’il passe près de chez vous, et dont il est recommandé d’avoir quelques uns de ses albums, si ce n’est tous, à portée de main. Enjoy !

Simba


Tracklist :
01.   Intro – Love Situation
02.   1 2 3 I Love you
03.   Lost For Words (Speechless)
04.   Welding Skit
05.   Burning Desire
06.   A Lifetime Skit
07.   Five Days feat. Big Youth & Mr Cheeks
08.   Cry No More feat. Dean Fraser
09.   Dem A Watch (Wanna See Us Break Up)
10.   Cum Get Your Ish
11.   One Drop Remix
12.   Special Occasion feat. Whippa Demus
13.   To The Limit Remix feat. Konshens
14.   Thank You
15.   Version Of Love (My Story)
16.   Sail Away (Stepping Out) feat. U Roy
17.   Food For Thought

jeudi 6 novembre 2014

SOJA / Raggadikal Sound (30 septembre 2014 - L'Atelier - Luxembourg)

Le mardi 30 septembre dernier, les américains de SOJA s’arrêtaient à L’Atelier à Luxembourg lors de la tournée accompagnant la sortie de leur nouvel album intitulé Amid The Noise And Haste. En première partie, pour chauffer tranquillement la salle pendant l’arrivée du public, Raggadikal Sound.
SOJA est devenu en quelques années un incontournable du continent américain en matière de reggae. Les quatre précédents albums du combo du comté de Washington DC ont donné tout le loisir d’apprécier leur son roots relevé d’une pointe de rock. De Peace In A Time Of War, sorti en 2002, à Strength To Survive, dix ans plus tard, les adeptes de SOJA n’ont cessé de se multiplier, remplissant davantage les salles à chacun de leur passage. Cet automne a été l’occasion d’accueillir ce cinquième album. Dans la continuité des précédents, Jacob Hemphill et ses soldats explorent, cette fois, le thème introspectif de la paix intérieure à laquelle chacun devrait avoir droit… Amid The Noise And Haste compte, entre autres, de nombreux featurings, dont les premiers singles « I Believe » avec Michael Franti et Nahko, et « Your Song » en compagnie de Damian Marley.

Quatre jours après leur passage au Bataclan à Paris, SOJA était parfaitement en condition pour présenter cet album et revenir sur les précédents, tout au long de ce moment partagé avec le public luxembourgeois. Dès l’ouverture des portes, c’est la queue à l’entrée ! Natural Mat de Raggadikal Sound est déjà sur scène pour mixer de bons sons reggae de tout horizon pendant que la salle se remplit. SOJA arrive sur scène vers 21h30. C’est parti pour un beau moment de live qui restera gravé dans la mémoire de toutes les âmes présentes. Avec les nombreux singles que SOJA a en poche, il y a de quoi faire : « Mentality », « I Don’t Wanna Wait », « Strength To Survive », « Not Done Yet », « Sorry », « You Don’t Know Me »… Et aussi, « Your Song », où le bassiste Bobby Lee se charge du flow de Damian Marley. Il en profite également pour chanter « Be Aware », extrait du second album Get Wiser, où on le retrouvait encore parfois au premier plan derrière le micro. « Shadow » issu de Amid The Noise And Haste et accueillant la voix de Trevor Young (guitariste) aux côtés de celle de Jacob, offre une belle vibration. Bien sûr, le titre que tout le monde espère, et qui fait l’unanimité qu’on soit fan de SOJA ou non, « You and Me », qui figure sur Born In Babylon, se fait attendre, gardé bien au chaud pour arriver juste avant le rappel, aussi chargé en émotions en live qu’en version enregistrée… Globalement, le set est parsemé de moments qui mettent en valeur la place de chaque instrument, chaque musicien, tous indispensables pour obtenir le son si savoureux de SOJA. Le show reflète parfaitement le style et le parcours du groupe, même si avec autant de bons morceaux dans leur répertoire, il y en a forcément quelques uns qui manquent à l’appel.

En voilà un excellent concert que les absents ont eu bien tort de manquer. C’était tellement magique que l’envie de poursuivre avec n’importe quel album de SOJA une fois de retour chez soi est irrépressible ! Si vous n’avez pas encore écouté Amid The Noise And Haste, n’attendez plus pour y goûter. Et si vous n’avez malheureusement pas pu assister ce concert, il va falloir prendre son mal en patience d’ici leur prochaine venue dans le secteur. Dans la même veine, Groundation et Rebelution seront à la Kulturfabrik le 12 novembre prochain, avec, eux aussi, un nouvel album en poche, respectivement A Miracle et Count Me In, vivement recommandés !

Simba

lundi 3 novembre 2014

Clinton Fearon & The Boogie Brown Band / Tony Nephtali & Delphine (14 octobre 2014 - Le Gueulard + - Nilvange)

A l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle salle à l’architecture innovante et dédiée aux musiques actuelles, Le Gueulard +, à Nilvange en Moselle, le premier concert, le mardi 14 octobre, nous réservait le grand Clinton Fearon et son Boogie Brown Band, avec, en première partie, Tony Nephtali et Delphine.

A l’arrivée au Gueulard + à l’heure indiquée, 20h30, l’entrée et le bar sont complètement bondés. On devine que l’inauguration a débuté bien avant le concert pour souhaiter les meilleurs augures à ce nouveau lieu, en place de l’ancienne piscine de Nilvange, enfin prêt à ouvrir ses portes aux public, presque deux ans après le début des travaux, réunissant une salle de concert de 400 places, trois studios de répétition équipés, un centre de ressource… Pour accéder à la salle de concert, il suffit de descendre les escaliers en colimaçon à gauche du bar. Une fois à l’étage inférieur, après avoir poussé une double porte, nous y sommes : une belle scène se trouve face à nous. Quelques marches à descendre, qui forment aussi une sorte de balcon se prolongeant sur les côtés, avant de se trouver au cœur même de la fosse.
Tony Nephtali et Delphine proposent ce soir un show acoustique. Une guitare, quelques percussions et quelques notes de claviers suffisent à accompagner leurs deux voix. Ils chantent notamment des titres de l’EP sortis quelques mois plus tôt (« Jah Brings Love », « No War », « Run », « Love Jah Forever »…). Leur prestation met la salle dans une ambiance décontractée pour apprécier pleinement la légende vivante qui va arriver ensuite.
Peu après 21h30, Clinton Fearon et ses musiciens investissent la scène. Faut-il rappeler que Clinton Fearon a fait partie des Gladiators ? Et qu’on lui doit des titres aussi incontournables que « Rich Man Poor Man » ou « Chatty Chatty Mouth » ? Ceux-ci ne pourront manquer d’être joués ce soir, puisqu’ils sont toujours chantés en chœur, et bien évidemment réservés pour la fin. Ce n’est pas plus mal puisque tous ceux qui les précédent ont aussi un goût bien agréable. Clinton Fearon vient juste de sortir un nouvel album Goodness, au titre parfaitement calibré avec ce qui émane du chanteur musicalement et humainement. « Blame Game » et « Poor Nana » sont là pour le représenter avec grandeur. L’album précédent Heart & Soul nous avait donné l’occasion d’écouter Clinton Fearon en acoustique, seul sur scène avec sa guitare, au Palace à Hayange. Il va sans dire que les deux formules lui vont très bien ! Le Boogie Brown Band est parfaitement dans la cadence. Même si le public était encore un peu frais à leur arrivée sur scène, ils font monter la température en à peine quelques morceaux. Goodness est le dixième album que Clinton Fearon produit lui-même ! Autant dire qu’il ne risque pas d’être à court de bonnes vibrations à partager avec joie et sincérité pendant près de deux heures : « Livin’ Is An Art », « Love Got Mi », « Rocky Road », « Feeling The Same »…

On ressort du Gueulard + avec le sourire aux lèvres et rechargé en bonnes vibrations. On y reviendra avec plaisir. Clinton Fearon en profite pour une petite séance de photos et dédicaces, avec la possibilité également de se procurer albums, t-shirts, affiches… Un seul mot pour résumer cette belle soirée : Goodness !

Simba
  

vendredi 24 octobre 2014

Buyreggae.com - Génération sillon

Buyreggae.com fête cette année 10 ans d’existence, né au printemps 2004 à l’initiative de Marc Gessner et Rouzbeh Resaei, le site est bien décidé à devenir un nouveau foyer pour la musique reggae, ses vinyles et ses richesses tremblotantes. Au début, ils vendent les disques dans le petit appartement de Rouz, aménagé pour la circonstance. Le spot, presque secret, auquel les vinyls addicts accèdent sur rendez-vous, est promis à un bel avenir : livrer les bonnes vibrations partout autour du monde.

L’idée n’a pas germé là par hasard puisque, auparavant, Marc tenait un magasin de disques et le Blessed Love sound system à Stuttgart, dans lequel officie toujours Rouz. En passionnés de reggae et de sound system, tous deux cherchent à se rapprocher le plus possible de la source de cette musique. Puisqu’ils se procurent incessamment des vinyles pour leur collection personnelle et apprécient d’aider ceux qui en font de même, rien n’est plus logique pour eux que d’ouvrir un magasin spécialisé pour vendre du reggae sur les différents supports (vinyle, CD, DVD…) ainsi que sur tous les genres (roots, dancehall, soca, jungle, hip-hop…). Le reggae reste leur motivation première, conquis par son impact et sa dimension humaine. Début 2004, au moment où le projet est sur le point de se concrétiser, Rouz vend des disques à Yaam à Berlin, qu’il a juste à choisir et à importer de Jamaïque, et Marc est de retour en Allemagne après un séjour sur l’île caribéenne. Buyreggae est le nom tellement idéal pour cette nouvelle activité qu’il ne faut pas longtemps pour passer d’une simple vitrine sur le web – invitant à contacter Rouz pour venir fouiller dans ses box – à une boutique en ligne accessible aux quatre coins du monde. Aujourd’hui, l’équipe de Buyreggae s’est agrandie avec, notamment, Trudi, Solomon, David et Felix. Même s’ils ne disposent pas de magasin physique, la boutique en ligne livre absolument partout dans le monde et l’équipe est heureuse de constater que les commandes arrivent du monde entier, d’Inde comme du Suriname ou de Nouvelle-Zélande ! (Ceci n’empêche pas, non plus, de continuer de demander un rendez-vous pour se rendre sur place…) Actuellement, leur catalogue propose plus de 23 000 références différentes. Mais ce n’est pas tout, puisqu’une des grandes avancées du site a été l’ajout de la section Special Delivery, qui permet de commander 20 000 articles supplémentaires qui ne sont pas en stock, mais en livraison garantie sous 10 jours ! Essayant en permanence d’étendre leur offre de produits autour de la pratique musicale et du style de vie qui accompagnent le mouvement reggae, on y trouve aussi des T-shirts, des livres, des accessoires de DJing… Mais pas de mp3 chez Buyreggae ! Le déclin des ventes de vinyles ne les aura, en effet, pas épargnés : il y a environ six ans, à la consécration physique et commerciale de la révolution digitale qui a rendu la musique accessible sur Internet et vu apparaître l’expansion du mix sans recours au vinyle… Les amoureux de microsillons – et de qualité sonore – ne sont peut-être pas autant en voie de disparition que ne le pensaient ceux qui ont songé à enterrer l’objet voici plusieurs décennies. Avec des fournées régulières de nouveautés toutes chaudes parmi leur stock, il y a tout ce qu’il faut chez Buyreggae pour compléter sa collection… ou commencer à s’en faire une. La braise n’est pas prête de s’éteindre…

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

mercredi 22 octobre 2014

Lord Bitum - Même Pas Mort (149 Records)

Cela faisait longtemps qu’on attendait cet album solo de Lord Bitum. Avec vingt années de musique derrière lui, différentes expériences de groupe et autres projets parallèles, il restait bien une pièce maîtresse manquante à son actif… Celle-ci est arrivée ! L’album se nomme Même Pas Mort, témoignant de sa persévérance mais aussi de son talent vocal. Ce que livre ici Lord Bitum, tout au long de ces 16 pistes, est bien plus que de la musique, c’est une véritable part de lui-même. Pour faire les choses convenablement, il commence avec un retour sur son parcours chaotique, suivi du titre qui donne son nom à l’album et qui, dans le même esprit, fait face aux aléas de la vie avec une touchante sincérité. Le chanteur effleure des émotions brutes quand il s’agit d’aborder l’amour, sous toutes ses formes : pour l’être cher (« Loin d’Elle », « Ode à l’Amour »), sa mère (« Maman »), son public (« Big Up », « J’appelle », « Unité »), la musique (« Je Ne Lâcherais Pas l’Affaire »)… Les instrumentales jouées par le 149 Band sont résolument roots et la voix de Lord Bitum y trouve pleinement ses marques. Voilà qui permet de faire plus ample connaissance avec cet artiste dans des conditions agréables, puisque Même Pas Mort contient un maximum de vibrations positives. Il ne fait aucun doute que Lord Bitum était né pour chanter et cet album en est une preuve supplémentaire. Indispensable !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

lundi 20 octobre 2014

Tomawok - Inna Di Tipi

Vous cherchez comment vous mettre un bon coup de fouet ? La mixtape en téléchargement gratuit de Tomawok, Inna Di Tipi, est faite pour vous ! Le MC originaire d’Angers, connu pour ses impressionnantes capacités de fast style, a tout prévu pour maintenir la cadence, avec 27 titres en 80 minutes mixés par Turbulent Sound. Ce ne sont que des exclusifs, qui ne figuraient pas sur Wakatanka ni sur ses précédents projets, ainsi qu’une poignée de nouveaux morceaux bien dosés. L’entrée en matière se fait avec « Bad Cowboy » puis « Raggamuffin » - qui comptent parmi la dizaine de sons tout frais – puis des specials, des featuring (dont Perfect, Yellowman, Nouvel R, Mesh M18…) des remixs et des refixs. Il y a largement de quoi traverser tous les styles, en allant du ragga-dancehall vers le roots, le hip-hop… et le dernier tiers se veut complètement fou, à grand renfort de digital, jungle, grime… Rien qu’un remix du thème de Pulp Fiction ou encore Skrillex, avant un reggae acoustique final aux effluves africaines ! Pas de temps à perdre pour retrouver le tipi de l’Apache, ses hautes températures : tout y est pour se sentir parfaitement à son aise ; bien mieux qu’un café pour s’assurer d’être opérationnel toute la journée. En plus, c’est gratuit !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

samedi 18 octobre 2014

Lord Bitum - Le temps qu'il faudra

Presque deux décennies de musique dans les jambes, et voici seulement le premier album solo de Lord Bitum, Même Pas Mort. Avec sa voix au timbre envoûteur, capable du plus large éventail de prouesses vocales, du chant langoureux au toast à grande vitesse, difficile d’échapper à ce pilier de la scène française. Le Lord nous livre quelques confidences sur son nouvel opus… fruit d’une déjà longue carrière.

Ton album Même Pas Mort est sorti le 23 juin. Quand as-tu commencé à travailler dessus ?
Avec le 149 Band, nous avons commencé à travailler sur cet album il y a deux ans. D'une part, nous avons voulu prendre le temps de construire un bel opus, tant sur le plan musical qu'au niveau des textes, et d'autre part, il a fallu trouver les fonds nécessaires pour sa sortie…

Comment as-tu choisi le titre ?
« Même Pas Mort » est l'une des chansons de l’album. Elle aborde le sujet de l'âge, du temps qui passe si vite, de toutes ces années qui font ma carrière, et elle explique que, malgré le temps qui court, je suis toujours présent. Elle parle aussi du fait que rien n'est simple dans la vie, qu'il faut se battre pour avancer, qu'il faut se relever lorsque l'on tombe… Je suis tombé plusieurs fois, le monde artistique n'est pas un monde facile, mais « tout ce qui ne te tue pas rend plus fort ». Eh bien, moi, je ne suis même pas mort encore !

Que souhaitais-tu mettre en avant sur ce premier album solo ?
J'ai voulu que cet album soit très personnel, qu’il me mette un peu à nu… J'ai 40 ans aujourd’hui, mon souhait était que ce soit un peu l'album de la maturité. Il était temps ! (rires)

On y trouve certains titres déjà sortis et des nouveaux. Comment les as-tu choisis et réunis ?
Nous avons enregistré la totalité de l'album au 149 Studio, à La Trinité, près de Nice, sur plusieurs sessions. Les titres qui existaient déjà (« Loin d'Elle », « Je Ne Lâcherais Pas L'Affaire », « Unité » et « Même Pas Mort ») étaient sortis sur différents one riddim albums de 149 Records. J'ai voulu les garder et les mettre ici pour leur permettre d'avoir une seconde vie, faire rejouer les riddims par 149, et les réarranger spécialement pour l'album. D'autant plus que ce sont des titres très appréciés de notre public !

Comment sont nés les trois featuring qui figurent sur la tracklist : Ras McBean, Queen Omega et Jah Rain ?
Ce sont trois artistes que j'affectionne et qui travaillent régulièrement avec 149 Records. Concernant Ras McBean, ça faisait longtemps que je souhaitais un feat avec lui, car nous avons eu plusieurs occasions de nous croiser. Il se trouve qu'il avait une date de concert avec 149 à Nice pendant une session d'enregistrement de l’album. Tout naturellement, je l'ai invité pour un featuring. Nous avons trouvé le thème, puis nous avons écrit et enregistré le duo en une journée. Ensuite, je suis complètement fan de Queen Omega, il fallait absolument qu'elle soit sur mon album. Pour moi, c'est la plus belle voix féminine du reggae ! Quant à Jah Rain, il fait partie de l'écurie 149. J’aime beaucoup son travail et son style. Il aurait pu y avoir encore plus d'invités, vu le nombre d'artistes que j’apprécie, mais mes projets Bitum & Friends sont aussi là pour ça ! Pour l’album, je ne voulais pas trop de featuring et particulièrement des Anglophones.

Pourquoi avoir choisi de reprendre « Lady » avec Queen Omega ?
« Lady » est une chanson que j'écoute depuis tout petit (dans la version reggae de Wayne Wade,ndlr). Elle fait partie de celles avec lesquelles mes oncles, fans de reggae, ont bercé mon enfance. Je projetais déjà depuis très longtemps d'en faire la reprise. Comme c'est une chanson d'amour, après réflexion, je me suis dit pourquoi pas la partager avec une voix féminine. Qui d'autre que LA QUEEN du reggae pour l’interpréter aussi bien ?! Queen Omega a réécrit un couplet pour l'occasion. Malgré mon mauvais anglais, je suis très content du résultat.

Cet album est vraiment reggae, sans manquer pour autant d’une pointe d’éclectisme…
C'est vrai que c'est un album très reggae new roots. On me connait surtout comme « la mitraillette vocale », adepte du fast style. C'est très compliqué de fastyler avec des thèmes comme ceux que j'ai choisi d’aborder ici. Quand bien même je pourrais le faire, ça n'aurait pas grand intérêt, on ne comprendrait pas grand chose… Avec les années, j’apprécie de plus en plus chanter, même si le fast style garde une place importante, c'est un peu mon empreinte. L'album contient un titre très fast style (« Faut Taffer ») et aussi un titre ovni (« Douce Connerie »), au thème léger et décalé, chanson hip-hop soul, co-écrite avec Lionel Achenza (Raspigaous/Bass Maker). Nous souhaitons sincèrement trouver un tourneur qui puisse faire vivre cet album sur les routes de France et de Navarre, qu'il touche le public et se vende correctement malgré la conjoncture actuelle et le marché du disque.

Dès le premier morceau, « Pour Les Intimes », tu reviens sur ton parcours musical. Quel regard portes-tu sur tes différentes expériences au sein de K2R Riddim, Bass Maker, The Voice… ?
Je trouvais important de revenir sur mon parcours, car beaucoup, notamment les plus jeunes, ne le connaissent pas. Toutes les formations dont j'ai fait partie ont fait de moi l'artiste que je suis aujourd’hui, de mes débuts à la batterie en passant par le hip-hop, raggamuffin, jusqu'à la jungle… K2R Riddim m’a apporté énormément, tant en expérience personnelle qu'en visibilité. C'est avec ce groupe que je suis passé au statut professionnel. Bass Maker est dans la continuité logique du mélange de mes goûts musicaux. C’est aussi une manière de se lâcher avec Lionel, car c'est un projet très conceptuel. Il est en stand-by actuellement, mais rien ne dit qu'on ne refera pas un album un de ces jours... X-Factor et The Voice suscitent beaucoup de débats, donc je ne m'étalerai pas sur le sujet. Tout ce que je peux en dire, c'est que ça a été une expérience enrichissante pour moi : j'ai été fier de montrer à la TV qu'il y a d'autres musiques que celles qu'on passe en boucle sur les radios !

Pour finir, Lord Bitum & Friends vol.3 est sorti fin 2012. Y a-t-il un autre volume en prévision ?
Le volume 4 est en préparation depuis quasiment un an. J'ai déjà beaucoup de featurings en ma possession et d’autres sont en cours. Ce quatrième volume ne sortira pas avant 2015, afin de ne pas interférer avec l'album d’abord, mais aussi parce que je vais avoir pas mal de travail en résidence et en répétition dans les mois à venir.

Simba

http://www.tidouz.com/lord-bitum-meme-pas-mort 

(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

jeudi 16 octobre 2014

Sylem - Le coeur à l'ouvrage

Après des débuts en sound system dès 1998, puis l’aventure Positiv Young Lion et l’album Fo Nou Rassemblé, Sylem poursuit sa route en solo avec un nouvel album en poche qui prend le relais des projets Soldjah et Lava Ground. Le Martiniquais a quitté les Bermudes et rejoint l’Hexagone, toujours aussi fort et déterminé, comme en témoigne cet opus intitulé Solide, disponible depuis le 2 juin.

Que s’est-il passé depuis la sortie du street album Soldjah en 2010 ?
Après Soldjah, j’ai sorti un one riddim avec le label Disques Durs, le Majestik Riddim, sur lequel on peut retrouver Tiwony, Féfé Typical, Yeahman C, Younggy D, et moi-même, téléchargeable sur toutes les plateformes. Egalement, quelques singles et collaborations, comme « Deh Ya » ou « Beretta », qui ont été clippés et qu’on peut retrouver sur la Toile, quelques participations sur des projets d’autres artistes ou producteurs, comme Asham Ranks ou Gimi Di Sound, et il y a eu aussi ma street tape Lava Ground, en 2013, disponible gratuitement sur le Net.

Quel bilan fais-tu de Lava Ground aujourd’hui ?
Pour Lava Ground, mon but était tout simplement de donner des vibes en attendant l’album. Il a d’ailleurs été très bien accueilli par tous ceux qui me suivent !

Ton nouvel album qui s’intitule Solide est sorti début juin. Comment le définir ?
C’est vraiment un album roots, il n’y a aucun dancehall ! 6 des 10 morceaux proposés sont joués par des musiciens de renom, comme Charles Laubé ou Ras Jumbo, respectivement batteur d’Alpha Blondy et bassiste de Tiken Jah Fakoly. Les autres titres sont composés majoritairement par Jahwan de Just’1 Records, bien connu dans le mouvement reggae. Il y a aussi une instru de Dan Marvicks et l’outro est signée DJ Coolytop. Ce sont toutes des personnes de grand talent selon moi. Nous avons commencé à travailler sur l’album courant 2012. Le projet a mis deux ans à éclore, avec le souci de présenter un album de qualité à tous les fans de reggae music.

Son titre est explicite. Quel est l’état d’esprit qui t’accompagne sur cet album ?
Solide… je crois que tout est dit ! On connaît tous des épreuves dans notre existence, cet album en est le témoignage. L’inspiration m’est venue de la vie, tout simplement. Il y a l’idée également que tout dépend de notre état d’esprit, justement. Rien n’est donné, ni acquis… Il faut donc rester fort devant l’adversité. Si en écoutant le CD, on prend des forces pour affronter tout ce qui nous entoure, c’est que j’aurai rempli ma mission !

Comment se sont passés la composition et le choix des instrumentaux ?
J’ai choisi moi-même tous les instrus, tout en étant aiguillé par Bidi, mon producteur de Disques Durs, le label du rappeur Dany Dan des Sages Poètes De La Rue. C’est lui qui m’a proposé tous les titres acoustiques, à part « L’Etranger ». Les riddims étaient tous déjà composés, sauf l’outro, qui a été complètement faite par rapport à mon texte. Pour les autres, je n’ai eu qu’à m’en imprégner pour trouver les paroles et la mélodie…  

Où ont eu lieu l’enregistrement, le mixage, le mastering ?
La majorité des enregistrements ont été effectués au Feenix Studio, à Paris, certains à Just’1 Records à Creil, et l’outro chez Coolytop. La totalité du mixage et du mastering a été faite au Feenix Studio par l’excellent Tristan Bouche.

Tu parles de cet album comme de « reggae roots acoustique ». Quelles vibrations souhaitais-tu y mettre ?
J’ai surtout voulu parler au cœur de chacun, le reggae étant la musique du cœur par excellence, selon moi. Quand on a l’opportunité de poser sur ce genre d’instrus, c’est l’union de plusieurs personnes pour n’en faire qu’une. Je pense que ça touche à l’essence même du reggae, avec cette notion de partage et de fraternité, et ça se ressent à l’écoute.

Quels sont les titres qui te tiennent le plus à cœur, justement ?
« Aide-Toi » et « Les Cloches Vont Sonner ». Je ne pourrai pas vraiment expliquer pourquoi… C’est une histoire de vibes. Je pense avoir réussi à délivrer ce que je voulais faire passer comme émotions, le public me dira si j’ai tort ou raison ! (rires)

Il n’y a qu’un seul featuring, avec Positiv Young Lion. Pourquoi ?
Tout à fait. Soldjah contenait beaucoup de combinaisons, sans le Positiv Young Lion d’ailleurs. Sur cet album, j’ai voulu leur rendre hommage par rapport à tout ce qu’on a pu traverser ensemble, ça restera toujours marqué en nous, avec la grâce…

Prévois-tu des concerts ? Et avec quels musiciens ?
Ça dépendra surtout des programmateurs, mais que ce soit band ou sound system, comme on dit chez nous aux Antilles, « y a ça la » ! En band, j’ai l’honneur d’avoir Charles Laubé et ses acolytes pour m’accompagner.

Tu as résidé aux Bermudes pendant plusieurs années. Où vis-tu actuellement ?
En ce moment, je suis basé à Noisy-le-Grand, dans le 93, près de Paris.

Quels sont tes projets pour les mois qui viennent ?
Faire en sorte que l’album soit le plus diffusé possible. J’y ai vraiment mis tout mon cœur, ma passion et ma ténacité !

Du nouveau avec Positiv Young Lion ?
Rien de prévu pour l’instant, mais rien n’est définitif non plus. La direction artistique de Positiv Young Lion a beaucoup changé depuis mon départ. Le tout serait de trouver une ligne directrice qui nous correspondrait à tous, comme avant. Le reggae propose une palette tellement large de riddims qu’on trouvera forcément de quoi s’amuser pour pouvoir créer à nouveau. Seul l’avenir nous le dira…

Pour finir, qu’est-ce qui est le plus important dans la vie, selon toi ?
Jah Rastafari, la santé et la famille. Blessed love !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)