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lundi 26 août 2019

Brahim - Talent Brut (Poorman Records/Jet Records)

Brahim Talent Brut est le 3ème Bestofdub signé Poorman Records, après Trinity et King Lorenzo, sortis en 2017. L’idée est de regrouper les meilleurs titres de l’artiste en versions dub, enregistrées spécialement pour Poorman Records. Avant même d’avoir écouté Talent Brut, on se dit que le chanteur a encore une fois été bien choisi et qu’on ferait volontiers un petit flashback dans les sound systems de l’époque ! Dix-huit pistes sont réunies ici pour près de cinquantes minutes en compagnie de Brahim. Quel plaisir d’entendre « Dans Quel Monde On Vit », « Classic », « Faut-il », « Me Passer d’Elle », « A Peine Le Temps », « J’Allume La Télé »… Les textes sensés de Brahim, exprimés avec son flow rebondissant qu’on reconnaît en un instant, sur des instrumentales qui donnent envie de danser, tout y est pour nous rappeler que le reggae français a aussi ses perles. On revisite la discographie du chanteur, et ça fait tellement plaisir qu’on ne voit pas le disque défiler. Disponible en CD, comme les Bestofdub de Trinity et King Lorenzo, Talent Brut est distribué par Jet Records. Illustré avec les photos de Franck Blanquin et les visuels de Tidouz, voilà un indispensable pour tous les amateurs de reggae français et de sound system !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°66 - juin/juillet 2019)

samedi 20 juillet 2019

Marina P & Stand High Patrol - Summer On Mars (Stand High Records/Differ-ant)

On sait que chaque album de Stand High Patrol est une réussite. Indispensable et intemporel à coup sûr. Si on est déjà accro à la voix de Pupajim et qu’on espère toujours l’annonce d’un nouveau projet où apprécier son timbre et son flow si addictifs, l’idée d’une collaboration du combo avec la chanteuse Marina P avait de quoi nous séduire. Leur musique a cette richesse de révéler toujours de multiples degrés. Concentrez-vous sur chaque mot, chaque son, ou les deux, le voyage nécessite de répéter l’expérience à souhait. Rien de primaire, ni terre-à-terre, impossible de se contenter d’un seul style, un seul genre. Summer On Mars est de la même envergure que les précédents albums de SHP. Quand on pense que Pupajim a composé les instrumentales sur mesure pour les voix de Marina, on comprend pourquoi chaque morceau semble si parfaitement sculpté. Si le dub et l’électro ont la part belle (« Atmosphere », « Landlord », « Fragile », « Raw Lines »…), hip-hop et reggae ne sont jamais très loin (« Dreamcatcher », « Summer On Mars », « Rosetta »). Trente minutes suffisent à cette excursion pour nous transporter en toute délicatesse et nous faire quitter terre… Vivement recommandé !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

lundi 15 juillet 2019

Mahom - King Cat (Flowercoast/ODG/Differ-ant)

Si The Skankin’ Cat a déjà marqué les esprits en 2014, il semblerait que Mahom ait de quoi frapper encore plus fort avec son nouvel opus, justement nommé King Cat. Les oreilles avisées de Panda Dub au côté de nos deux compères, ils ont saisi la crème de ce savoureux dub dont ils détiennent la recette, pour le plaisir de tous. Si l’électro occupe une large part de la tracklist, les vibrations reggae n’ont pas été oubliées, notamment sur « Digital Badness » avec Green Cross et « Snowball » avec Luiza. Accueilli par « Cosmic Cat » et son atmosphère à la fois imposante et planante, « Blue Hole » enfonce fermement le clou pour donner la couleur, les douze morceaux nous transportent et chaque son, comme chaque piste, semble placé parfaitement au bon endroit. En quarante-cinq minutes, toutes les humeurs et émotions sont traversées grâce à des sonorités qui appuient juste là où il faut. Des basses, des samples, des arrangements au poil auxquels on adhère. On s’évade avec un peu de légèreté sur la reprise de Françoise Hardy, « Le Temps de l’Amour », par Luiza. Son clip est sur Youtube, tout comme celui de la piste suivante, l’énigmatique « Disappear ». « Hypnose » finalise notre virée nocturne et dubesque en compagnie de Mahom et du chat, on peut dire qu’ils nous ont complément ensorcelés et qu’on en redemande !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

mercredi 10 juillet 2019

Marcus Gad & Tamal - Enter A Space (Baco Records)

Marcus Gad nous avait déjà conquis sans effort à l’écoute de son premier album, Chanting, se précipitant sur les deux précédents EPs, Soul Talk et Purify. Un roots profond, mélodieux, empli d’âme et d’esprit, où tout est bon à prendre. Si cette fois, le chanteur est accompagné du beatmaker Tamal au lieu des musiciens de Tribe, le projet est aussi puissant que ça a quoi on pouvait s’attendre. Avec ses six titres, Enter A Space nous transporte littéralement dans un autre monde. Le son roots est travaillé dans toutes ses dimensions pour prendre aux tripes et nous faire le plus grand bien dans sa confortable bulle. Comment résister au chant quasi spirituel de Marcus Gad ? L’atmosphère mystique s’intensifie encore sur « Inna Nature » en featuring avec le griot burkinabé Losso Keita et avec les inspirations des philosophies indiennes qu’on retrouve en filigrane dans ses propos sur chaque piste. Enter A Space est un véritable délice pour les oreilles, qui offre une bonne bouffée d’air pur en toute circonstance.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

dimanche 3 mars 2019

Rebelution - Free Rein (Easystar/Baco Records)

Chaque album de Rebelution peut s’écouter les yeux fermés, tant par la confiance qu’on leur accorde à produire des chansons de qualité dont il est impossible de se lasser, que par la beauté de leur musique qu’on laisse faire son effet sans entraves. Free Rein n’échappe pas à la règle. Si son style est facilement reconnaissable, grâce à la voix d’Eric Rachmany et à leurs compositions mi-reggae mi-rock si captivantes de la première à la dernière note, le groupe ne s’est jamais reposé sur ses lauriers. Ici, Rebelution s’est laissé toute la liberté d’explorer des styles qui se marient bien et d’échapper à une étiquette indécollable et réductrice, en préservant sa signature. Sur une trame résolument reggae-rock comme ils savent faire, on ne se prive pas d’accents folk, R&B, jazz, acoustique… Chaque piste a ses propres sonorités, sans gâcher l’harmonie de l’ensemble. La profondeur des thèmes ici ne fait que multiplier la richesse de ses différentes facettes. Il faudra certainement plusieurs écoutes de toutes ces belles mélodies pour entrevoir les nombreuses réflexions qui s’y trouvent. De « Celebrate » à « Constellation », en passant par « City Life », « Patience » ou « Good Day »… vous aussi aurez certainement du mal à choisir !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°63 - décembre 2018/janvier 2019)

samedi 3 novembre 2018

Mellow Mood - Large (La Tempesta Dub/MA Prod)

Le nouvel album de Mellow Mood est un véritable régal. On peut dire que le groupe a gagné en maturité à chaque opus, et ce pour notre plus grand plaisir ! Ce cinquième album produit avec Paolo Baldini porte bien son titre, Large. Les textes des jumeaux explorent et interrogent l’humanité en transversale, alors que les instruments s’approprient le reggae roots originel, pour obtenir un son profond et sincère qui inspire l’unité. L’entrée en matière se fait avec « Call Back The Love » en guise d’introduction épurée, on fond sur l’enivrant « Ms Mary », avant de monter le son sur les singles déjà en diffusion « Sound Of A War », « Large »… goûtant même au dancehall sur « String Up A Sound » et « Eye Waata », avant de conclure le disque avec l’impeccable new-roots « Place Called Home ». Comment ne pas être conquis par toutes ces chansons justes à bonne température offertes sur un plateau par Mellow Mood ? On imagine déjà en live le public chanter en chœurs sur « It Can’t Work » ou « Tuff Rocky Road ». Voilà un album qui va laisser de grandes traces sur son passage… D’ailleurs, ce ne sont pas les seuls Italiens dreadlocksés à qui on peut faire confiance en matière de productions musicales !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°61 - août/septembre 2018)

lundi 29 octobre 2018

Omar Perry - New Dawn (Khanti Records/[PIAS] France)


La renaissance d’Omar Perry prend vie en tout juste une heure. Quatorze morceaux composés par Jonas « Koffi » Gouraud et joués par le Soulnation Band pour un voyage musical intégralement roots/new roots. Tout en profondeur et en authenticité, la douce voix d’Omar Perry fait du bien à nos oreilles avec ses refrains qu’on fredonne si rapidement sans même s’en rendre compte et ses mélodies aussi vivantes qu’attisantes. Fidèle à ses racines jamaïcaines et rasta, le chanteur impose le rythme et la couleur dès le titre d’ouverture « Living Legend (Jah Live) », suivi d’un pêle-mêle de réflexions de circonstance poussé avec la même vivacité (« Freedom », « Bad Mind People », « Sweet Love », « Can’t Escape (Global Warming) »…). Les combinaisons comptent parmi les plus puissants hits de cet opus : « Educated Fool » avec Jah Mason, « Checking For Me » avec Cedric Myton, « Sound The Trumpet » avec Bouchkour et Komlan de Dub Inc. Aucun faux, pas, chaque chanson fait bien son effet et garde la cadence. Nous voilà en présence d’un album rafraîchissant, parfait pour la saison, qui devrait faire beaucoup d’adeptes !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°61 - août/septembre 2018)

jeudi 26 juillet 2018

Sly and Robbie meet Dubmatix - Overdubbed (Echo Beach)


On sait déjà comme tous les albums qui mentionnent Sly and Robbie sont hautement précieux et riches en sensations. Imaginiez-vous seulement la rencontre de la musique des deux légendes vivantes avec le maître canadien du dub ? Le titre de cet album est bien à la hauteur du fruit de ce travail dubesque où Dubmatix revisite une partie finement choisie de leurs morceaux. Ou comment faire plus dub que dub ! Vous voulez des basses, du rythme, des vibrations, de l’énergie… alors vous allez être épris de cet opus en à peine quelques minutes ! Il n’en faut pas plus pour entrer dans le voyage de haute voltige que nous réservent les talents mêlés des trois musiciens. Les pistes instrumentales ultra-profondes font place à quelques-unes guidées par les voix de Prince Alla, Treson, Jay Spaker… Cette crème de dub tient en 11 morceaux, 47 minutes (sans compter les deux versions dub finales) et on ne compte pas le nombre de frissons ressentis tout du long ! Voilà un album où tout semble s’emboîter comme un puzzle. Pas de pièce en trop, ni en moins, chacune a sa propre place et la toile qu’elles révèlent ensemble est de toute beauté. Du roots à l’électro, le dub s’offre ici le plus large spectre avec une parfaite maîtrise à chaque coup. Overdubbed est un pur délice qui risque bien de vous scotcher aux enceintes !

Simba

Tracklist : 
01. Dictionary
02. Smoothie feat. Megative, Prince Alla, Screechy Dan
03. Riding East
04. Great Wall
05. Comunication Breakdown feat. Jay Spaker
06. Dirty Flirty feat. Pato Irie
07. Great Escape
08. Shabby Attack
09. Frenchman Code feat. Treson
10. Burru Saturday
11. Ruff House
12. Riding East (Original Western Mix)
13. Communication Breakdown (Dub)

vendredi 20 juillet 2018

Tribal Seeds - Roots Party (Pacific Music Company)

Le dernier album de Tribal Seeds est du genre de ceux dont on est sûr de tomber amoureux avant même de l’avoir écouté. Rien qu’en regardant le visuel de la pochette, on sait qu’on va passer un bon moment. Qui voudrait manquer une Roots Party comme celle-là ?! Le disque compte 14 pistes, dont un featuring très fumant avec Protoje, quatre morceaux originaux dont trois sont ensuite revisités en dub, puis les six derniers considérés comme des bonus tracks… Les américains de San Diego font vraiment du bien à nos oreilles. Le son est authentique et intense, qu’il soit roots ou dub, et on espère que le disque ne s’arrête pas tant les morceaux s’enchaînent aisément. On sent cette touche à la Steel Pulse et Aswad qu’ils honorent à la perfection. Les instruments comptent autant que les voix et c’est ce qui rend leurs chansons si entraînantes, même attachantes, qu’elles parlent d’amour, de weed, de musique… « Aroma » ou « Rude Girl » trottent dans la tête instantanément, les versions dub sont puissantes à souhait… Une fois passée la première partie, les bonus tracks – aussi cruciales que les précédentes – finissent de nous contenter. « Dawn Of Time », « In Your Eyes », « Moonlight » nous ensorcellent de leur reggae-rock savoureux, « Night and Day » réveille les frissons dès les premières notes… Foncez vous procurer Roots Party, c’est d’ores et déjà un essentiel !

Simba

Tracklist :
01. Aroma
02. Gunsmoke feat. Protoje
03. Roots Party
04. Empress
05. Rude Girl
06. Roots Dub
07. Aroma Dub
08. Empress Dub
09. Dawn Of Time
10. In Your Eyes
11. Moonlight
12. The Garden
13. Night and Day
14. Vampire

mardi 24 avril 2018

Top Albums 2017


  1. Chinese Man Shikantaza (Chinese Man Records)
  2. L’Entourloop Le Savoir Faire (X-Ray Prod)
  3. Inna De Yard The Soul Of Jamaica (Chapter Two/Wagram)
  4. Nattali Rize Rebel Frequency (Baco Records)
  5. SOJA Poetry In Motion (ATO Records)
  6. Alborosie Soul Pirate Acoustic (Baco Records)
  7. Jesse Royal Lily Of Da Valley (Easy Star/Bertus)
  8. Chronixx Chronology (Soul Circle Music)
  9. Yaniss Odua Nouvelle Donne (Caan Dun Music)
  10. Ginjah Roots (Stingray Records)

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #58 - février/mars 2018)

lundi 27 novembre 2017

Chronixx - Chronology (Zincfence)

Qui n’est pas tombé amoureux de la voix de Chronixx dès la première chanson entendue ?! On attendait avec impatience un premier album du chanteur, après une pelletée de singles plus que prometteurs pas prêts de tomber aux oubliettes, le terrible EP Dread and Terrible et quelques mixtapes ultra-convaincantes, dont Start A Fyah et Roots & Chalice. Depuis 2012, Chronixx nous a éblouis par ses talents vocaux, au point d’être vu comme le meilleur prétendant pour attiser la flamme du reggae à son plus haut niveau et marcher sur les pas de l’éternel Bob Marley… Il aura quand même fallu cinq ans pour voir arriver Chronology. Sorti en juillet, cet opus se devait de tenir toutes les promesses et les espoirs que porte la nouvelle génération du reggae. Lourde tâche, quoi qu’il en soit. Le titre de l’album est de circonstance – faut-il rappeler que Chronicle est son père ? Seize morceaux sont réunis ici, de cette patte reggae revival qui offre respectueusement un renouveau bien actuel au reggae roots. Avec des messages conscients, des réflexions sensées, des considérations rastas et des sentiments exprimés, le chanteur a conçu un album très riche. C’est ce qui rend nécessaire plusieurs écoutes pour pouvoir pleinement s’en imprégner. Rien de trop facile et prévisible, la musique se doit d’être travaillée soigneusement et cela se ressent chaque minute. Une fois qu’on s’est laissé prendre dans cette chronologie, les vibrations révèlent toutes leurs mesures. Le fond et la forme se rencontrent au sein des seize histoires que raconte celui qu’on appelait autrefois Little Chronicle. Un seul invité au micro, et il est on ne peut plus logique qu’il s’agisse de son paternel, sur l’excellent « Big Bad Sound ». Les singles « Majesty » et « Likes » sont déjà dans nos tablettes. Le premier album de Chronixx existe désormais dans l’histoire  et il est bon de se dire que ce n’est que le début !

Simba

Tracklist :
01. Spanish Town Rockin’
02. Big Bad Sound feat. Chronicle
03. Skankin’ Sweet
04. Ghetto Paradise
05. Country Boy
06. Smile Jamaica
07. I Can
08. Selassie Children
09. Black Is Beautiful
10. Majesty
11. Loneliness
12. Likes
13. Tell Me Now
14. Legend
15. Christina
16. I Know Love

dimanche 12 novembre 2017

Subajah - Architect (autoproduction)

Après le déjà beaucoup apprécié Voice Of Freedom EP en 2013, Subajah a conçu un premier album, Architect, sorti en mars dernier, qui mérite d’en parler à son voisin. Ce chanteur basé à Londres, pas encore très connu sur notre territoire – ce qui ne devrait pas tarder à changer avec un tel talent et un tel album – fait du deep roots, qui offre en grande quantité de l’âme et des vibrations. Le rythme de l’ensemble est celui du cœur et il n’y a rien de plus apaisant. Architect fait référence à la puissance divine, comme à celle de l’homme qui bâtit son propre univers depuis des millénaires. Le titre éponyme démarre et termine l’écoute pour boucler parfaitement la boucle de cette première pierre maîtresse exprimant en toute sensibilité l’univers de Subajah. Il y a de quoi réfléchir et méditer. Le roots est parfaitement honoré et on sent la sincérité avec laquelle l’artiste fait sa musique accompagné du Architects Band. Des invités jamaïcains, Lutan Fyah et Addis Pablo, et aussi africains, Meta Dia et Youssouf Diabate, le londonien Bongo Kanny, et, comme le veut la tradition, des pistes dub qui clôturent l’album dans les plus grandes hauteurs… Quel plaisir, les singles « Walls Of Babylon », « Hold You » et « Free Mindz » font aussi partie de la tracklist ! Avec tout ça, vous imaginez bien qu’il serait dommage de passer à côté de ce disque !

Simba

Tracklist :
01. Architect
02. Farmers
03. Good Morning
04. Africa Is Calling feat. Youssouf Diabate
05. Walls Of Babylon
06. Jah Garden
07. Along The Way feat. Lutan Fyah
08. Steady feat. Meta Dia
09. Hold You
10. Keep It Royal feat. Bongo Kanny
11. Win Or Loose
12.  Free Minds
13. Words
14. Jah Garden dub
15. Farmers dub
16. Walls Of dub
17. Architect dub feat. Addis Pablo

lundi 6 novembre 2017

Chinese Man - Shikantaza (Chinese Man Records)

Si on peut commencer à dresser la liste des albums essentiels sortis en 2017, celui de Chinese Man vient évidemment à l’esprit. Ce n’est pas pour rien que les français sont un phénomène. Shikantaza est le genre d’album qu’on écoute sur la durée, dont on ne peut s’empêcher de laisser tourner un morceau ou la totalité, et qu’on conseille sans arrêt à qui veut bien l’entendre. Pas un seul maillon faible dans ces seize pistes qui frôlent la perfection ! A les écouter, dans l’ordre ou le désordre, le plaisir est toujours aussi bon. Chinese Man sait comment mélanger les genres, l’ancien et le moderne, en obtenant un son toujours authentique, parfaitement ficelé, qui envoie du lourd. Reggae, hip-hop, électro, dub… se mêlent et s’emmêlent, en en prenant juste ce qu’il faut en fonction de la mixture, à faire oublier les limites de chaque genre. (Il faut dire que l’album est rangé dans le rayon électro chez bon nombre de disquaires…) C’est ce talent qui leur permet de toucher vraiment tous ces publics, des plus puristes aux éclectiques. Impossible de résister, les rythmes sont entraînants, les sonorités enivrantes, les voix et les flows convaincants, les thèmes éclairants, sans oublier les samples au poil et les compositions pointues… Le voyage que propose Chinese Man est intense et énigmatique, c’est bien pour ça qu’on y revient sans cesse, en explorer tous les recoins – avec de bonnes basses de préférence. Plusieurs clips révèlent aussi en images l’univers de Chinese Man, à visionner sur la Toile : « Shikantaza », « Liar », « Escape », « Golden Age »… Pour apprécier pleinement les sons, les visuels et toutes les vibrations qui existent dans le vortex de l’Homme Chinois, à voir sur scène absolument !

Simba

Tracklist :
01. Shikantaza  
02. Liar feat. Kendra Morris & Dillon Cooper
03. Maläd           
04. Step Back    
05. The New Crown feat. A-F-R-O, A.S.M & Taiwan MC
06. Escape         
07. Stone Cold feat. Mariama
08. Modern Slave feat. R.A. The Rugged Man
09. Warriors      
10. What You Need feat. Vinnie DeWayne, Myke Bogan & Tre Redeau
11. Wolf              
12. Blah! feat. Youthstar, Taiwan MC & Illaman
13. Golden Age               
14. L'Aurore      
15. Anvoyé        
16. Good Night

mercredi 1 novembre 2017

Nattali Rize "Rebel Frequency" (Baco Records)

Il est des albums qu’on sait pertinemment, avant même de les avoir entendus, qu’ils ne passeront pas inaperçus et qu’ils laisseront des traces indélébiles sur leur passage. Les écoutes répétées ne font que le confirmer, Rebel Frequency de Nattali Rize fait partie de cette catégorie. Déjà, on se réjouit d’une nouvelle voix féminine dans le paysage, avec une identité forte, aussi bien dans son timbre et ses sonorités, que dans les thématiques qui lui tiennent à cœur. Nattali Rize a des choses à dire et à partager, ça ne fait pas le moindre doute, et elle compte bien les faire passer à travers une mixture musicale à laquelle il est presque impossible de résister. Les douze pistes de l’album laissent une large place à ces considérations tournées vers l’humanité et l’essence même de l’évolution des consciences. Il suffit de parcourir les titres pour s’en rendre compte. Bien qu’il s’agisse du premier album solo de cet artiste d’origine australienne, on a le fond et la forme, avec des rythmiques majoritairement new-roots et roots-reggae, qui font vibrer les instruments, relevées de temps à autre par une note d’électro (« Rebel Frequency »), sans oublier une pointe de dancehall et de dub (« Heart Of A Lion » feat. Notis, « Ever Rizing Dub »…). Ces fréquences rebelles sont comme une lumière qui éclaire la voie. Finalement, la seule chose qu’on regrette, c’est que l’album passe aussi vite ! Procurez-vous Rebel Frequency dès maintenant, l’ère rebelle est en marche…

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #55 - août/septembre 2017)

mercredi 10 mai 2017

Stephen Marley - The Revelation: Pt.2 The Fruit Of Life

On sait que Stephen Marley est plutôt du genre à prendre son temps avant de présenter un nouvel album – d’ailleurs, il n’en a que trois à son actif, sans compter la version acoustique de Mind Control – et on ne peut pas lui en vouloir pour ça, étant donné la qualité de ses pièces ! Cinq ans qu’on entendait la seconde partie de la fameuse trilogie, The Revelation. En guise d’ouverture, The Root Of Life avait frappé très fort avec son atmosphère finement travaillée, au croisement du reggae et du hip-hop, et en permanence dans cette vibration qui transcende la musique elle-même, d’un recueil de textes et de mélodies qui ne pouvait pas rester dans le tiroir et qui devait impérativement voir le jour ; de la nourriture pour l’âme, pour le corps et l’esprit, qui va bien plus loin que notre monde étriqué – à la manière d’un Distant Relatives… « Jah Army » et « Break Us Apart » feat. Capleton ont fait le tour du monde. The Fruit Of Life est exactement ce qu’on espérait pour poursuivre cette révélation. Stephen se montre encore plus doué pour mélanger les styles, brouiller les pistes, sans laisser la moindre démarcation. Les effets de « Rockstone », première bombe lâchée il y a plus de deux ans, ont été du même acabit que ceux de « Jah Army », comment résister ?! Ce second volet est truffé de combinaisons et on ne sait plus où donner de la tête ! « Scars On My Feet » feat Waka Flocka reste dans le crâne pendant des heures, « Pleasure or Pain » feat. Busta Rhymes et Konshens envoie du très lourd, « Ghetto Boy » feat. Bounty Killer et Cobra  est tout aussi puissant… Il n’y a pas moins de 19 pistes sur cet album et chacune compte. L’objet lui-même a été conçu pour refléter cet aspect à la fois précieux et spirituel qui émane logiquement de ce projet. C’est le genre d’albums qu’on écoute en boucle et qui délivre tout doucement, à chaque fois, quelques unes de ses subtilités. Arrêtez-vous sur les mots, les voix, les instruments, les notes ; lisez entre les lignes ; plongez-vous totalement dans les productions de l’esprit de Stephen Marley, vous en reviendrez changé… On ose à peine imaginer ce qu’il nous réserve pour le volet final et ce qu’engendrera la réunion des trois parties… Profitons-en déjà pour rassasier, encore et encore, nos oreilles avec ces deux délicieux chapitres. La révélation est en marche !

Simba

Tracklist :
01. Intro
02. Babylon feat. Junior Reid & Dread Prez
03. Revelation Party feat. Jo Mersa Marley
04. So Unjust feat. Rakim & Kardinal Official
05. Walking Away
06. The Lions Roars feat. Rick Ross & Ky-Mani Marley
07. Scars On My Feet feat. Waka Flocka
08. Pleasure Or Pain feat. Busta Rhymes & Konshens
09. Perfect Picture feat. Damian « Jr Gong » Marley
10. Father Of The Man feat. Wyclef Jean
11. Music Is Alive feat. Pain Killer & Damian « Jr Gong » Marley
12. So Strong feat. Shaggy
13. Thorn Or A Rose feat. Black Thought
14. Paradise feat. Twista and Jasmin Karma
15. Tonight (It’s A Party) feat. DJ Khaled, Waka Flocka & Iggy Azalea
16. Ghetto Boy feat. Bounty Killer & Cobra
17. Rockstone feat. Capleton & Sizzla
18. When She Dances feat. Pitbull
19. It’s Alright

dimanche 7 mai 2017

Barrington Levy - AcousticaLevy (Doctor Dread / Heartbeat)

Il est des artistes qui obtiennent le statut de légende bien avant de nous avoir quittés, tant leurs œuvres sont reconnues exceptionnelles et intemporelles, Barrington Levy est de ceux-là. Depuis la fin des années 1970, Barrington a eu le temps de sortir (et ressortir) des dizaines d’albums, d’enregistrer des milliers de morceaux, dont certains d’une importance capitale. Que se serait-il passé sans « Black Roses », « Murderer », « Here I Come », « Under Mi Sensi »… ? Ce qu’il est beau de constater qu’ils font toujours le même effet à chaque nouvelle génération amatrice de sons jamaïcains qui les découvre ! Grâce à sa voix sublime, ses envolées et gimmicks reconnaissables entre mille, le style reggae/rub-a-dub de Barrington Levy est indispensable, faisant partie des artistes vers lesquels on se tourne toujours avec la certitude d’être comblé. Et voilà qu’un album un peu particulier a fait son apparition au printemps 2015, pour notre plus grand plaisir : un album 100% acoustique du meilleur de ses hits + 2 inédits (« Life Is Great » feat. Patrice et « Times Hard »), délicatement intitulé AcousticaLevy. Un pur délice ! La voix de Barrington est toujours aussi magnifique, accompagnée d’une guitare (sauf « Vice Versa Love » au clavier) et de quelques légers chœurs, en toute simplicité, pour faire briller sans artifice l’essence même de sa musique. Cet album a la grande qualité de ne pas devenir ennuyeux à la longue et de proposer une agréable sélection de morceaux. On n’aurait pas pu imaginer l’absence des titres cités plus hauts. Les quinze pistes sont d’une pure beauté. On frissonne dès les premières notes de « Murdera » et, en particulier, sur « Black Roses », « Times Hard », « Vibes Is Right »… Une véritable merveille qui met pleinement en valeur les talents qui ont fait sa réputation. Gardez ce disque à portée de main – en l’occurrence, ce sera non loin de la compilation Sweet Reggae Music absolument géniale, sortie chez VP Records en 2012, 2 CDs soit 40 morceaux du Barrington des débuts (de 1979 à 1984), qu’on ne résiste pas à remettre régulièrement dans le lecteur – AcousticaLevy mettra tout le monde d’accord ! On rêverait volontiers à un volume 2 tout aussi éblouissant et consistant en temps voulu… Respect Barrington !

Simba

Tracklist :
01. Murdera
02. Life Is Great feat. Patrice
03. Unda Mi Sensi
04. Be Strong
05. Prison Oval
06. She’s Mine
07. Black Roses
08. Teach The Youth
09. Things Friends
10. Times Hard
11. Here I Come
12. Don’t Run Away
13. Only You
14. Vice Versa Love
15. Vibes Is Right

jeudi 4 mai 2017

Skarra Mucci - Dancehall President (Undisputed Records)

Vous cherchez un album pêchu, qui annule toute trace de fatigue ou de contrariété, Dancehall President de Skarra Mucci (disponible depuis le 13 mai 2016 chez Undisputed Records) est exactement ce qu’il vous faut. Dans le même esprit que ses prédécesseurs, Greater Than Great et Return Of The Raggamuffin, voilà un nouveau concentré de ragga-dancehall terriblement efficace, mais pas que… En effet, bon nombre de titres ont la carrure irrésistible pour enflammer le dancefloor, tourner massivement dans les enceintes et écouteurs, comme dans toute sorte de clubs et sound systems, calibrer pour faire bouger les hanches, la tête, et plier les genoux : « Number One », « Handz Ina Di Air », « Show Time », « Dancehall President »… Le King of Dancehall incontesté est d’ailleurs au rendez-vous sur le titre « Sunlight », et quand deux maîtres de la même catégorie se rencontrent, les étincelles prennent feu ! Skarra ne se prive pas non plus de se parer d’une nouvelle hymne en compagnie de notre cher Yaniss Odua, « Raggamuffin School » ! Une fois ses prouesses réalisées haut-la-main, Skarra se permet de glisser vers des rythmiques avoisinantes – dansantes en toutes circonstances, surtout quand on possède un flow qui fait tout rebondir sur son passage – notamment le très old shcool « Mr Walker », les plus roots « Original » feat. Mandinka, « It’s For Real » feat. Horace Andy et le love tune « Somebody New »… On effleure légèrement l’électro en fin d’album sur « The Song » feat. Willy William et le hip-hop sur « It Wasn’t I ». Les visuels sont à nouveau signés Florian Weigel, qui continue de nous entraîner dans l’univers déjanté du chanteur. On peut dire que la casquette de « Dancehall President » va bien à Skarra Mucci, d’autant plus qu’il sait apporter de la fraîcheur à sa musique sans en altérer la cohérence. On en redemande, du très lourd !

Simba

Tracklist :
01. Sound Killer
02. Number One
03. Turn It Up Loud
04. Handz Ina Di Air
05. Sunlight feat. Beenie Man
06. Show Time
07. Dancehall President
08. Higher Than High feat. Mandinka
09. Mr Walker
10. Original feat. Mandinka
11. Raggamuffin School feat. Yaniss Odua
12. It’s For Real feat. Horace Andy
13. Somebody New
14. The Song feat. Willy William
15. It Wasn’t I