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dimanche 20 février 2011

La Boutique des Artistes

C’est en 2007 que Gil décide de créer un site de vente en ligne nommée LaBoutiqueDesArtistes.com qui se présente comme un diffuseur de la culture rasta et de certains artistes reggae. Présentation d’une structure qui se met en quatre pour satisfaire les amateurs.

Cette boutique en ligne dédiée à la promotion d’artistes reggae et au mouvement rasta est composée d’une petite équipe menée par Gil. Au début des années 1980, Gil découvre le reggae et assiste même au concert de Bob Marley au Bourget. La passion est en marche mais pendant de longues années, il ne voit pas comment en faire une activité professionnelle, n’étant lui-même pas musicien. Il fait ses débuts en suivant Pierpoljak en tournée pour l’album Stim Turban, vendant t-shirts, affiches et CDs. De là, les contacts se développent et les demandes avec. C’est en multipliant tournées et concerts, en côtoyant toujours plus le public qu’il en cerne les besoins et décide de créer cette boutique en ligne en 2007. Elle répond au constat d’un cruel manque d’originalité et d’une grande banalité des produits associés au reggae et à sa culture proposés sur le web. Il y a bien des disquaires en ligne très professionnels, mais lorsque l’on cherche à se procurer autre chose que des albums ou des vinyls, la tâche devient plus ardue et moins concluante. Voilà ce qui le motive à se lancer dans cette aventure. La Boutique Des Artistes souhaite faciliter l’accès à tout un patrimoine culturel avec pour seul objectif : offrir au public reggae des articles originaux, de qualité et rares dans les meilleures conditions possibles. La France regorge de talents dans la communauté reggae qu’il s’agisse aussi bien de musiciens, que de peintres, écrivains ou artisans. La Boutique Des Artistes a choisi de se baptiser ainsi car elle se positionne comme une plateforme qui fait le lien entre les artistes et le public. Le site présente une gamme diversifiée de vêtements à destination des femmes, des hommes mais aussi des enfants. On y trouve également une section spéciale « Jamaïque », des sacs et tentures, des bijoux rastas (notamment des croix éthiopiennes), une section décoration d’intérieur toute récente et qui devrait se développer, et une consacrée à la musique où se procurer albums autoproduits, spécialités dub, DVD, et tambours rastas. 

Le site a également créé une structure permettant d’éditer des livres, constant la pauvreté des lectures sur la culture rasta disponible en français. L’activité démarre avec la réédition de l’ouvrage Jah Rastafari de Boris Lutanie, dès 2007. L’année suivante, ils saisissent l’opportunité d’éditer la traduction française de la Kebra Negast. Puis, le Guide Des Dreadlocks et, plus récemment, Les Pionniers du Reggae en France. Ils souhaitent ainsi favoriser l’approche culturelle et rectifier certains clichés qui persistent sur le mouvement rasta. L’équipe met un point d’honneur a respecté l’éthique du développement durable. Elle privilégie des produits respectueux de l’environnement dans ses impressions, ses emballages et les encres utilisées (partenariat avec la marque 111). Ceci est associé à une approche équitable qui fait place aux fabrications africaines comme pour les t-shirts rastas. Ouverts à tout partenariat et proposition, l’équipe de La Boutique Des Artistes restent disponibles pour étudier tout projet. Vous l’avez compris, le bonheur ne se trouve parfois qu’à portée d’un seul clic !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #15 - décembre 2010/janvier 2011)

Blacko - Le soleil pour ambition

Tout le monde a en tête Blacko, le raggaman du groupe de rap français Sniper. Celui qui chantait avec Soprano le titre qui nous a bercés toute l’année 2007 « Ferme Les Yeux Et Imagine-Toi », l’auteur de nombreux featuring avec des artistes aussi bien hip-hop que du ragga frenchy. Celui qu’on appelle aussi Lionkaf, Solitary Lion et maintenant Afrikaf… 

Fondu dans cette masse d’informations, il y a un homme, Karl Appela, à qui nous avons demandé de revenir un peu sur son parcours personnel dans la musique et sur son identité actuelle, avec la diffusion sur Internet en téléchargement gratuit de son premier album solo intitulé Enfant Du Soleil.

Pour commencer, tu as de nombreux pseudos, comment doit-on t’appeler ?
Je suis Karl Appela quelque soit le pseudo que je puisse utiliser. Le public me connaît principalement sous le nom de Blacko mais il peut s’attendre à me retrouver sous d’autres appellations. C’est dommage et triste de se résumer à un seul pseudo. Je pense que ça dépend de la tendance du moment. Mais quoi qu’il arrive, je reste toujours Karl Appela ; ça, ça ne change pas !

Comment se sont passés tes débuts dans la musique et l’envie d’en faire ? Quels sont les artistes qui t’ont le plus influencé ?
Très jeune, vers l’âge 7 ans, j’ai écouté du reggae. Il y a l’album Uprising de Bob Marley qui m’a vraiment marqué, je l’écoutais tout le temps. Après, vers 11 ans, c’était plutôt le rap jusqu’à 18-19 ans avec les pionniers de l’époque comme NTM ou IAM. C’est pour ça que je suis toujours entre reggae et rap. J’aime beaucoup le reggae roots, tout ce qu’il y a jusqu’au début des années 80, avant le son digital, comme Linval Thompson, Junior Reid ou Michael Rose de l’époque, ça me parle…

Que peux-tu dire de l’aventure Sniper ? Est-ce vraiment fini ?
C’est le passé, c’est fini depuis 2007. Il y a beaucoup d’autres choses devant moi maintenant. Quoi qu’on puisse en dire, c’est totalement terminé et si le groupe revient ce sera sans moi. 

Comment a eu lieu la collaboration avec Soprano sur le titre « Ferme Les Yeux Et Imagine-Toi » qui a connu un grand succès et t’a placé sous les projecteurs ?
C’est à force de se rencontrer derrière les scènes. Soprano voulait qu’on fasse un tune ensemble. Ca a donné ce titre. Il l’a mis sur son album et le reste a suivi. La notoriété de Sniper et celle des Psy 4 y est pour beaucoup dans cette rencontre musicale. 

Comment présenterais-tu en quelques mots ton premier album, Enfant Du Soleil, qu’on peut trouver en téléchargement gratuit sur Internet depuis plusieurs mois ?
Déjà c’est un album 100% reggae francophone. C’est aussi mon premier album reggae et probablement pas le dernier. J’avais hésité entre Enfant du Soleil et Etats d’Ame pour le titre, car j’y parle de ce que je ressens. Je suis un récepteur, je me contente de donner ce que je reçois, je ne sais pas si ce sont vraiment des messages. Ce sont des textes complètement personnels, pas de fabulations comme on peut avoir dans le rap bien souvent. J’y parle beaucoup de spiritualité car c’est tout ce que j’ai depuis le jour de ma naissance (5 février 1979, ndr) dans ce monde trop virtuel. Certains évènements comme les accidents de scooter que j’ai eus m’ont permis de prendre conscience de questions existentielles que Babylone ne veut pas qu’on se pose. Simplement, je les exprime avec sincérité.

Où en sont aujourd’hui tes relations avec Desh Music, qui devait sortir l’album et avec qui tu es en procédure judiciaire depuis ?
Quand je pense à Desh Music, je vois une pierre tombale. Or, ma musique c’est un oiseau et il doit voler. Nos relations sont plutôt mauvaises, nous sommes toujours en procédure mais je ne suis pas trop l’affaire. Ils ne vont certainement pas lâcher et on va avoir de leurs nouvelles dans les mois qui viennent.

Tu fais partie de Roaring Music en tant que chanteur et music maker. En quoi cela consiste-t-il ?
Roaring Music est une structure qui vient de se mettre en place. C'est un collectif de quelques personnes. On a été bloqué par les procès et la sortie de l'album Enfant Du Soleil mais on ne lâche pas ! Il y aura aussi mon second album à venir en téléchargement gratuit sur internet, notamment sur mon site. On part dans l'optique de gagner nos vies sur scène. Là, nous sommes en pleine préparation pour une tournée live avec nos propres musiciens, pour 2011

Le clip de « Chante » vient d’être réalisé et mis sur Internet. Comment cela s’est-il passé et pourquoi ce choix ?
C’était le premier morceau de l’album à la base et il peut parler à tout le monde, il est très accessible. Tout le monde chante ! C’est le premier clip mais beaucoup d’autres vont suivre sur « Déracinés », « Douce France », « Regarde-Moi »… C’est quelque chose qu’on a aimé faire et c’est un bon moyen de diffusion alors, oui, de nombreux autres clips à venir d’ici la sortie du deuxième album. 

Te considères-tu au fond de toi comme un rasta ?
Non. Si tu écoutes « Homme Parmi Les Hommes », tu comprends. Je suis un homme parmi les hommes. Je crois en cette planète bleue sur laquelle je suis entouré de vies humaines. On met des frontières, des étiquettes partout. Babylone veut tenir tout le monde en esclavage. Il y a pourtant qu’une planète bleue. Je serai pour une politique du peuple, une religion du peuple tout simplement.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ton second album qui est annoncé pour bientôt ?
Il sera plus éclectique dans les sons, plus hip-hop, mais toujours issu de la même inspiration. On espère qu’il sera prêt pour l’hiver, pour la fin de l’année… D’ici-là, des clips, des dates, on ne va pas chômer ! 

Que penses-tu de la scène reggae actuelle en France, en Jamaïque et dans les Antilles ?
C’était vraiment bien le reggae à l’époque de Bob Marley et d’Island Record. Mais il y a un élan de conscience dans cette musique qui dérange et c’est pour ça qu’elle est si peu sur le devant de la scène. Je trouve parfois dommage qu’on laisse peu de place aux artistes français dans de gros évènements, comme le dernier Garance Festival. C’est une scène très riche et de qualité pour ce qui est du reggae. Pour le dancehall, je ne peux pas dire, ce n’est pas mon créneau…

Pour finir, quelques mots d’encouragement pour les lecteurs de Reggae Vibes ?
Continuez d’écouter du reggae et diffusez-le encore plus ! Ne serait-ce qu’en ouvrant ta fenêtre, en faisant découvrir à ton voisin. Qu’on soit encore plus nombreux, qu’il y ait plus de concerts, un maximum de reggae music !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #15 - décembre 2010/janvier 2011)

Les Frères de la Rue

Le 8 novembre dernier est sorti le nouvel album des Frères de la Rue, Ton Attitude, sur le label Yagba Sound. Bon voyage dans le goumbé reggae !
Ce groupe naît en Côte d’Ivoire, en 1991, autour de deux frères, Galaïfa et El Mouroura, guidés naturellement vers la musique par une mère qui pratiquait le chant. En 1995, après leur passage au Fescapo, leur premier album Fanta Sidibé sort en Côte d’Ivoire ainsi qu’au Burkina. C’est alors le début d’un voyage musical qui dépasse les frontières. En 1998, ils débarquent en France avec plein d’idées pour poursuivre l’aventure des Frères de la Rue. Ils enregistrent un quatre titres en 2003 Avant Tout y a La Vie, puis une musique pour le court métrage Paraboles de Rémi Besançon, un titre pour la compilation Fnac Autoprod Musiques du Monde… Influencés par la musique mandingue, la chanson française et le reggae africain, Les Frères de la Rue ont créé leur style à part entière au croisement de ces diverses vibrations. Ils l’appellent le « goumbé reggae ». Le goumbé est un style traditionnel originaire du sud ouest de l’Afrique qui mêle tempo et chant. Ils y ont ajouté la guitare skank du reggae qui donne du tonic et en ont fait le goumbé reggae. Métis dans les styles, ils le sont également dans les langues manipulées. Français, Djoula et Moré se côtoient harmonieusement sur l’album. Ainsi ils s’adressent aussi bien à leur pays d’origine qu’à leur public français. Avec ce nouvel opus, ils veulent retourner à la source, se mettre face aux anciens, partager de la joie et de l’amour. Inspirés par la foi dans laquelle ils ont été éduqué et par le monde qui les entoure, leurs textes abordent notamment la politique, la religion, les traditions… Leur tournée commencera le 15 janvier 2011 par une date au New Morning. De nombreux festivals et concerts suivront tout au long de l’année 2011. Ces petits frères d’Alpha Blondy et de Tiken Jah Fakoly pourraient bien vous faire souhaiter davantage de reggae venu d’Afrique. « A bao bao à tous les frères et sœurs et bienvenue dans le goumbé reggae ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #15 - décembre 2010/janvier 2011)

Bad Weed Krew

Bad Weed Krew est une bande de mauvaise herbe à l’inspiration reggae-dub foisonnante.
Le Bad Weed Krew a été créé en 2005 par Basskwal. Après avoir évolué dans Foutafamilia de 1994 à 2000 puis travaillé à l’élaboration du premier album d’A.R.M. Posse, il part dans les Cévennes et décide de monter un collectif qui réunira toutes les bonnes connexions rencontrées au fil des années. Il choisit de le baptiser Bad Weed Krew pour toute l’ambiguïté de l’expression « Bad Weed » et « Krew » pour l’idée d’ouverture qui est à l’origine de ce projet musical. Dans la lancée, suit le montage d’une association à laquelle se greffe un label, tous deux nommés The Big One, et d’un studio The Green Ark (en hommage au célèbre Black Ark de Lee Perry). L’album Watta World, sorti il y a quelques mois, est le premier fruit mûr de ces cinq années de travail accompli. C’est un album original de pur reggae-dub qui regroupe, sur 19 titres, deux riddims : Watta World, un instrumental one drop roots reggae à la sonorité mélancolique, sombre et spirituelle, et Don’t Give Up, sur un style rockers, qui répond à la première, armée d’espoir et de rage de vaincre. Pour chaque riddim, des versions différentes posées par les chanteurs du collectif basés aussi bien à Londres (Jah Free, Gary James) qu’à Paris (Junior Cony, Killa Carltoon, Mr Skiwi) ou à Montpellier (Rhum J, Miles…). La diversité est à l’honneur et cela se constate également dans les influences musicales présentes (dub, raï, hip-hop, blues…) ainsi que dans les langues chantées. Pas de français, mais de l’anglais, de l’arabe, du créole… Cet album se veut métisse, intemporel, universel. Des versions dub, des remix, des vinyls issus de ces sessions devraient sortir dans les prochains mois. Cet album s’annonce comme le premier d’une série dont le concept est de travailler le développement d’un riddim dans toute sa subtilité avec toujours plus d’influences et de nouveaux chanteurs et musiciens. Pour la suite, c’est le montage d’une tournée qui est prévu pour le Bad Weed Krew. Objectif : aller sur les routes et balancer leurs bonnes vibes !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #15 - décembre 2010/janvier 2011)