Affichage des articles dont le libellé est Mota Favela. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mota Favela. Afficher tous les articles

mercredi 8 octobre 2014

Mota Favela

Mota Favela a composé son premier album, J’Voyais…, avec l’aide d’un ami de longue date, Rool, à la guitare et à la basse. Les textes qu’il écrit, en français ou en espagnol, se déploient si naturellement sur ses grilles, que lorsqu’ils se laissent aller à partager ensemble quelques vibrations acoustiques, ils mettent en chantier, il y a un peu plus de trois ans, un plus ambitieux projet.
C’est en grandissant dans le même quartier et en se croisant régulièrement qu’ils sont amenés à se fréquenter et à parler musique. Mota Favela gravite dans le reggae-dancehall et la musique latine, tandis que Rool s’aventure plutôt vers le blues, la soul ou le funk. Au croisement de tous ces genres, ils se retrouvent dans un goût pour les textes engagés, les flows affûtés et les instrumentales rythmées. Après s’être formé à l’école des sound systems, avoir sorti un street album avec Rojah B, en 2007, et des morceaux sur des séries de riddims pressés sur vinyle, notamment avec le label Greatest Friends, Mota Favela devait s’octroyer le temps nécessaire pour composer ce premier album et lui donner la forme souhaitée sur tous les plans. Pour l’enregistrer, et compléter le duo, quelques musiciens du Lion Stepper Band ont pris leurs instruments : Arthur Travert (batterie), César (trombone), Beuz (sax ténor) et Greg (sax alto) – également membres de Dubamix – ainsi que leur ingé son Rudy Nguyen au clavier, et les apparitions de Booya et Vincent Combette à la basse. Le micro est aussi confié à des invités, Princess K-shu et Kaoken, sans oublier que Rojah B et Terry Bible y ont laissé quelques chœurs. Au final, sans que ça ne soit particulièrement voulu, tous les enregistrements se sont déroulés dans les Yvelines, même s’ils proviennent de nombreux studios. Niveau visuel, la pochette est signé Thomas Cabos de Matou Art et l’album Don Jer Production Graphique. Depuis le 19 mars, J’Voyais… est téléchargeable sur le site web de Mota Favela, ainsi que sur les plateformes habituelles, disponible en CD dans les boutiques spécialisées (Patate Records, Livity Reggae, Culture Indoor…). « J'ai surtout essayé de retranscrire le monde tel que je le vois de ma banlieue et dans mes voyages en Amérique latine : un simple constat sur ce qui m’entoure. J’y prends fait et cause pour mettre en lumière la détresse humaine… Il y a l’envie de faire passer un message de tolérance, d'ouverture d'esprit, par le biais d’émotions, car, ici, nous ne sommes pas, loin de là, les plus à plaindre ! » La sortie de l’album a été accueillie en première partie de Tiken Jah Fakoly à La Batterie, suivie de quelques concerts plus intimistes en région parisienne. Des dates en sound system sont en préparation… Qui vivra, que verra, caramba !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

mardi 8 février 2011

78 Reggae Connection : les Yvelines à l'honneur



La soirée-évènement 78 Reggae Connection est née d’une idée en forme de défi : mettre en relation les chanteurs et les sound systems des Yvelines et les faire monter sur scène. Un gros programme quand on sait que le 78 est l’un des départements les mieux dotés en la matière. La manifestation s’est déroulée le 17 octobre dernier à La Scène à Vernouillet. A l’affiche, pas moins de 14 chanteurs et 9 sound systems, avec, en prime, l’incontournable Big Red, ex-membre de Raggasonic. Brève présentation d’une scène dont vous n’avez pas fini d’entendre parler !
Organisé par l’association Carca’Sound, l’évènement avait de quoi convaincre les plus sceptiques : un concept de soirée bien pensé, plein de bonnes intentions et une affiche aussi alléchante par son visuel que par son contenu. L’occasion pour Latypik de faire connaître au public son nouveau titre « La Musique Sonne » sorti sur le label Carca’Sound (à écouter sur le précédent sampler Reggae Vibes). Actif dans le reggae music depuis près de dix ans, Latypik n’en est pas à son premier coup d’essai. Ses singles « Le Stylo Pleure » et « A Chacun Sa Façon » ont facilement trouvé leur place dans les bacs des disquaires spécialisés car c’est dans un esprit révolutionnaire et militant que Latypik écrit ses textes. Il nous prépare d’ailleurs un album aux influences riches dont la sortie est prévue pour 2010.
Derrière l’association Carca’Sound se cache le Digital Sound, en place depuis quelques années, et qui vient tout juste de sortir sa « Dubtape #1 », une mixtape regroupant les exclusifs Digital sound des références jamaïcaines. Krel, un toaster qui travaille régulièrement avec eux, est le genre d’artiste qui se laisse enrichir par les découvertes et expériences de la vie. D’origine guyanaise, c’est au sein du collectif PHONETIK qu’il fait ses premiers pas sur scène. Cette expérience achevée, il part à Londres pour s’imprégner de sons anglais. A son retour fin 2008, il multiplie les shows en Ile de France et travaille sur un projet qui paraîtra cette année et mêlera reggae, dancehall et hip-hop. En parallèle, il enregistre quelques combinaisons avec les M.C. B. Oner et Don Tony.
Tous deux ont débuté dans le hip-hop. Pour B. Oner, Londres a  aussi été une escale musicale importante durant laquelle il a pu s’imprégner du son des ghettos jamaïcains. Une influence qu’il mélange d’ailleurs à ses racines françaises sur son New Street Album : 15 Tracks Dancehall/Reggae/Hip Hop mixé et ambiancé par Digital Sound et sorti en 2008. Toujours prêt pour la scène, B. Oner a assuré la première partie de Sizzla à Vernouillet le 21 novembre dernier et il travaille actuellement sur la sortie d’un premier album. Quant à Don Tony, il s’agit d’un M.C. dancehall aux origines espagnoles revendiquées qui répond toujours présent à l’appel pour combinaisons et dubplates. C’est également dans le hip-hop que Rogi commence sa carrière musicale pour en arriver tout naturellement aux vibrations reggae. Suite à des collaborations avec des artistes et des sound systems, il joue sur de nombreuses scènes en France mais aussi en Europe, notamment en Italie au Rototom Sunsplash Festival. Son sound system, High Fly, est aussi un label qui s’est aussi un label qui s’est illustré avec la série Spread Dat Love distribuée par Jam Flavor. On y retrouve son titre « Si J’Agis » mais aussi le « Joy & Glorious Day » de Mark Wonder ou encore le « Ruff & Tuff » d'Anthony Que. Autre sortie récente en distribution chez Jam Flavor, le Blue riddim de Greatest Friends, avec, sur la série Chezidek, Queen Omega, Natty King mais aussi plusieurs artistes de la King Stone Family. Sous ce nom, un concept qui regroupe quatre chanteurs menant chacun en parallèle leur carrière solo : Terry Bible, Mota Favela, Roger Banton (déjà présentés dans les pages de Reggae Vibes) ainsi qu’Original Tonkar. Ils regroupent à eux quatre des styles, des voix et des langues variés. A l’origine, Original Tonkar aka Kyam chante avec le Lion Stepper band avec lequel il enregistre en 2008 l’album Live Up Right. Il prépare pour 2010 un projet solo, un album qu’il veut éclectique et dans lequel il jouera, comme à son habitude, avec les mots et les sonorités.
Lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’un band, les membres de la King Stone Family prennent le micro au côté du Control Tower sound system, actif depuis 2004. L’année 2010 verra la sortie d’une troisième compilation Kingstone Effect qui devrait être orientée plus dancehall que les précédentes. Une fois de plus, on y retrouvera des invités de qualité, un peu comme sur le premier volume de cette même compilation sur lequel Lord Diamen avait posé ses lyrics. Il est d’ailleurs certainement l’un des plus prometteurs de cette scène yvelinoise. Avec déjà quatre street albums intitulés Cahier De Brouillons et de nombreuses combinaisons, son flow percutant et ses textes emprunts d’une frappante vérité ont de quoi convaincre. Le Babtoopal sound system dont il fait partie sait ambiancer le dancefloor avec les meilleurs sons dancehall. En prime, ils animent le fameux Riddimkilla Show sur Riddimkilla.com. Bientôt disponible, le street album Paname Sound présente Lord Diamen sur lequel on pourra retrouver de nombreux featurings, notamment Lion Killa et Streup Daddy.
Les deux frères qui officiaient auparavant au sein du groupe Mad’Ras (dont l’album Le Mal Circule est sorti en début 2007) se sont lancés depuis dans des projets solo. Lion Killa a enregistré sa street tape Ma Vizion courant 2009 et il participe à plusieurs mixtapes. De son côté, Streup Daddy prépare actuellement son premier street album. Parmi les vétérans du 78, on n’oubliera pas de citer Fighta sound mené par Selekta Natty ainsi que Lion’s Light, tous deux présents dans le circuit depuis plus de 10 ans et qui ont de quoi faire danser les massives. C’est sans compter sur le renfort des sound systems Higher Level, Iternity et Izaboo sound systems. Si les années 2000 ont vu émerger nombre de représentants du reggae, Daddy Jee, M.C. du Eyes A Bleed sound system, est dans le mouvement depuis le début des années 1990. S’il se fait plus rare, il a posé en 2006 sur le Black Marianne riddim le titre « Il Est Temps » en combinaison avec M. B. On citera pour finir un collectif de chanteurs et chanteuses prometteur mais encore dans l’ombre : le Réel Crew. Leur titre « La Vie On La Savoure » sonne comme un heureux présage… Mais tout ceci n’est qu’un bref aperçu d’une scène musicale dont la graine musicale pourrait bien germer. Vous voilà prévenus !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #10 - février/mars 2010)

Mota Favela

La France regorge d’artistes talentueux encore dans l’ombre. Parmi ceux-ci, on compte Mota Favela. Coup de projecteur sur un chanteur à la voix et aux lyrics sincères.
Mota Favela est originaire des Yvelines, département où les actifs du reggae sont nombreux comme en témoigne l’article "78 Reggae Connection" page 62. Agé aujourd’hui de 25 ans, c’est dès l’adolescence que Mota Favela s’initie au chant et découvre la musique jamaïcaine et la culture rasta. Passionné par l’Amérique Latine, il mêle aisément français et espagnol. Ses textes posés sur des rythmiques nu-roots, parfois dancehall, l’inscrivent dans un créneau mélancolique avec des titres aussi bien engagés que plus lovers. Il trouve son inspiration dans le monde actuel, ce qu’il vit, ce qui le touche au quotidien. Dès 2000, il fait ses armes au côté des sound systems Control Tower, Lion’s Light ou Joyfull. En mars 2007, sort l’album C.T. Style qu’il partage avec Roger Banton et qui représente son premier travail accompli. Incorporé dans le projet Kingstone Family, il sort alors deux mixtapes téléchargeables gratuitement et se produit dans de nombreux concerts. Entouré d’artistes, les propositions de combinaisons se multiplient et notamment sur les street albums Cahiers De Brouillon de Lord Diamen, Sans Tabou de Red Lion ou encore Zot Ja Sav de Terry Bible. Sur le label Greatest Friends, distribué par Jam Flavor, sort fin 2008 son premier single « Bienvenido A Paris » sur le Music riddim, et tout récemment, « Quemar Babylon » sur le Blue riddim. Pour les projets à venir, Mota Favela prévoit un album acoustique qui mêlera les diverses influences qui le bercent, aussi bien reggae que soul et latino. Pour patienter, on se procure la mixtape Feel This One de Joyfull Sound où on peut retrouver plusieurs morceaux inédits. Comme son nom l’exprime, ce que cherche à nous offrir Mota Favela, c’est une petite parcelle de nature dans ce monde de béton. Qui pourrait s’en plaindre !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #10 - février/mars 2010)