mardi 28 janvier 2014

Irie Feelings (Undisputed Records)

Petite chronique express d’une compilation qui regorge de bonnes vibrations, sortie tout au début de l’été dernier, grâce (encore !) à Undisputed Records : Irie Feelings. Comme il l’avait fait un an plus tôt pour Reggae Addiction, le label a choisi 14 récents titres de haut niveau, mi new-roots mi dancehall, pour se mettre en jambe avec le sourire. Une compilation est l’occasion de ne choisir que le meilleur, de le réunir sous une forme spécifique pour permettre d’apprécier chaque seconde de chaque pièce qui le compose à sa juste valeur, et ainsi de donner l’importance méritée à certaines chansons, certains artistes, certaines productions… Irie Feelings est exactement tout cela. Comme vous le constatez, pas un seul nom de la tracklist ne pourrait amener d’objection. Et s’il fallait désigner un ou des favoris, les suffrages seraient certainement au coude à coude, en fonction de l’humeur, et qu’on soit plus dancehall ou plus new roots. Du coup, le penchant va en particulier vers « Foundation » de Jah Sun et Kabaka Pyramid, « Wicked Babylon » de Luciano, « Rebellious Nature » de Agent Sasco, Romain Virgo sur le Street Soul riddim, la très puissante combinaison de Taïro et Little Pepe, ou Sizzla sur le Gipsy Woman riddim… mais il y a tout autant de bien à dire des titres de Skarra Mucci, Bounty Killer, Beenie Man… !
La prochaine sortie d’Undisputed Records est imminente, le 3 février, avec Reggae Loves Soul. Aussi long qu’en dit le titre : des reprises soul version reggae… confiées à des belles voix qui savent nous enchanter… Et le 3 février, c’est lundi prochain !

Simba

Tracklist :
01. SIZZLA – Change
02. PEETAH MORGAN – World revolution
03. JAH SUN & KABAKA PYRAMID – Foundation
04. AGENT SASCO – Rebellious nature
05. PERFECT GIDDIMANI – Laugh
06. BEENIE MAN – Hands up
07. KONSHENS – Good life
08. BOUNTY KILLER – Wifey wine
09. BIGA*RANX – Madrass
10. SKARRA MUCCI – Marihuana
11. LUCIANO – Wicked Babylon
12. ROMAIN VIRGO – Cry tears for you
13. RANDY VALENTINES – Over and over
14. TAIRO & LITTLE PEPE – Homies

vendredi 24 janvier 2014

Protoje - The 8 Year Affair (Don Corleon Records) / Music From My Heart (Yaadcore)

Voilà près de cinq ans que Protoje fait partie des Jamaïcains à suivre à la trace et ça ne semble pas prêt de changer ! Il a d’abord pris le temps de s’imprégner et travailler le reggae du matin au soir pendant sept années, y trouver ses propres marques et son empreinte qui rendraient sa musique à la fois unique et indispensable, ce qui a donné naissance à l’excellent 7 Year Itch, où figurent les titres qui l’ont introduit et ont instantanément régalé nos oreilles, « Dread », « JA », « Arguments » et, bien sûr, « Rasta Love » feat. Ky Mani Marley. Les treize morceaux, sans exception, assuraient que rares sont les premiers albums dont émanent autant de puissance et de maturité – la proximité de Don Corleon n’y étant évidemment pas pour rien. Deux ans plus tard, début 2013, The 8 Year Affair est dans la boîte, avec, là aussi, une belle poignée de singles déjà approuvés (« Kingston Be Wise », « Who Dem A Program », « This Is Not A Marijuana Song »…) au sein d’une tracklist où, comme on s’y attend, chaque titre paraît taillé sur mesure, sans la moindre retouche à envisager, tant chaque détail est à sa place. Les vibrations de Protoje trouvent une osmose dans un roots reggae qui marie traditionnel et moderne, dans les rythmes comme les thèmes, largement inspirés par les émotions de l’amour (« Hold You Now », « Someone Like You », « Come My Way », « Shot By Love »…), la foi rasta (« I & I », « Hail Ras Tafari »), tout en évoquant le système capitaliste et ses méfaits (« Kingston Be Wise », « Who Dem A Program »), ou la musique et ses bienfaits (« Reggae Revival », « Music From My Heart »). Protoje est plus qu’un artiste, c’est un warrior, dont l’apport musical est en marche et le résultat révèle une dimension artistique qui ne se prive pas de véhiculer des mots sensés, dotés d’une large bienveillance.
Du coup, on en profite également pour écouter et télécharger la mixtape intitulée Music From My Heart par Yaadcore, qui réunit les productions issues de cet album et d’autres réjouissances, pour un mix de 75 minutes, comme il l’avait déjà fait après 7 Year Itch, histoire de faire connaissance convenablement avec le Jamaïcain, et d’ailleurs, le mix portait le nom This Is Protoje. Cette seconde mixtape permet de retrouver les combinaisons avec certains protagonistes de la nouvelle génération, et qui avancent dans la même direction, Jah 9 sur « Legitimate », Kabaka Pyramid sur « Warrior », et un lourd featuring, « Selassie Souljah », au côté du nouveau prodige de l’île, Chronixx, Kabaka Pyramid, et aussi, du maître Sizzla.
On ne peut que souhaiter à Protoje de continuer d’écouter son cœur lorsque la musique le démange, la mixture est juste délicieuse…

Simba

Tracklist "The 8 Year Affair":
01. The 8 Year Affair
02. I & I
03. Kingston Be Wise
04. Hold You Now
05. Someone Like You feat. Tessanne Chin
06. Around The World feat. Chris Watts
07. Who Dem A Program
08. This Is Not A Marijuana Song
09. Reggae Revival feat. Romain Virgo
10. Come My Way
11. Shot By Love feat. Toi
12. Black Cinderella
13. Hail Ras Tafari
14. Music From My Heart

mardi 21 janvier 2014

Yaniss Odua - Moment Idéal (Caan Dun Music)

L’année écoulée a livré de remarquables albums, confirmé certains artistes et révélé d’autres, qui ont chacun entre leurs mains la possibilité de tout écrire et imaginer… Il aurait été difficile de passer à côté de l’album de Yaniss Odua, attendu depuis si longtemps et qui bénéficiait des meilleurs augures. Du cœur et de l’application à l’ouvrage ne pouvait qu’offrir un résultat au-delà de toutes les espérances, et celui-ci porte le nom bien approprié de Moment Idéal… Après Yon Pa Yon, en 2002, sur le feu label Small de Sony Music, et, de fait, largement diffusé, le style et la voix rebondissante du Martiniquais sont arrivés aux oreilles de tous, aussi dans les salles et sur les scènes, où Yaniss n’a jamais manqué de faire dangereusement monter la température ! Puis, on trouvait régulièrement un petit quelque chose à se mettre sous la dent, avec le label Legalize Hits, les sorties de High Tunes et Hits To Hits, des singles, des featurings… Mais l’attente fut longue pour un nouvel album, signé Yaniss Odua, finement pensé, réalisé et ficelé, à l’image de toute l’étendue de son talent. Celle-ci en valait la peine, puisque Moment Idéal a vu le jour en mai dernier et qu’il suffit d’y goûter pour succomber et le placer précieusement dans les indispensables. Avec « Rouge Jaune Vert » servi en apéritif, comptant assurément d’emblée parmi les hymnes reggae de l’hexagone par une implacable unanimité, il y avait de quoi prendre son mal en patience et mettre fin à une éventuelle morosité ambiante. La lecture de l’album démarre, d’ailleurs, avec ce single hit, où Yaniss a saisi le meilleur de la vibration et de l’esprit du reggae, ainsi que les mots justes, pour le partager dans notre langue au plus grand nombre. Pour la suite, Yaniss a exploré tout ce qu’il aime et qu’il sait si bien faire, rythmes roots reggae, hip-hop, thèmes conscients, spirituels, festifs ou lover… Cette fois, c’est lui qui accueille Tiken Jah Fakoly, dix ans après « Y En A Marre », extrait de l’album Françafrique de l’Ivoirien. On retrouve aussi, avec plaisir, le Jamaïcain Richie Spice, sur le réfléchi et posé « Leading Di Youths », et C-Sharp, sur le dynamique « Music Is My Life ». Yaniss sait choisir les mots, que sa voix et son flow habillent à la perfection, notamment quand il s’agit de parler d’amour (« Moment Idéal », « J’remercie Le Ciel »…) ou de nos actes (« Mes Principes », « Laissez Rouler », « Rabat-joie »…). Au fur et à mesure des écoutes, toutes les dimensions de chacune des chansons se dévoilent et prennent leur sens. Dans leur diversité, elles se complètent et se répondent, dans leur simplicité, elles se veulent pertinentes et sincères. Un véritable moment idéal…  

Simba

Tracklist :
01. Rouge jaune vert
02. Rabat-joie
03. Rumbaton feat. Jonathan Racko Contreras
04. Moment idéal
05. Leading di youths feat. Richie Spice
06. Laissez rouler
07. Music is my life feat. C-Sharp
08. Proposé de passer
09. Madinin’Africa feat. Tiken Jah Fakoly & Safiata Condé
10. Mes principes
11. J’remercie le ciel
12. Elle

lundi 30 décembre 2013

*Hold You Now (Sweetness)* mixtape on YouTube

**Hold You Now (Sweetness)** mixtape by Raggadikal Sound on YouTube!


**Hold You Now (Sweetness)** mixtape by Raggadikal Sound
selected by Simba - mixed by Natural Mat
special intro by Leah Rosier - artwork by Lion Gools


FREE DOWNLOAD tracked:
http://www.mediafire.com/download/6ml32phgboh5w0w/HOLD+YOU+NOW+Sweetness+Mixtape+by+Raggadikal+Sound.rar

1. Leah Rosier – Music teach me - special Raggadikal mixtape // [83 RIDDIM ACOUSTIC] 2. Richie Spice – Trulove // 3. Protoje – Hold you now // 4. Busy Signal – Sweet love (Nightshift) // [SWEET RIDDIM] 5. Gramps Morgan – One in a million / 6. Glen Washington – No one else but you / 7. Prophecy – Life with you / 8. Duane Stephenson – 24 hours // [MONTE CARLO RIDDIM] 9. Cecile – Missing u / 10. Ikaya – Ain’t giving up / 11. Sophia Squire – Next to me / 12. Pressure – Love u so / 13. Romain Virgo – Let u go // [SOULMATE RIDDIM] 14. Daville – Still in love / 15. Fantan Mojah – Cold // [FEELINGS RIDDIM] 16. Cecile – Home tonight / 17. Pressure – Coming right back / 18. Wayne Marshall – I need to know / 19. Denyque – That place / 20. Tarrus Riley – Nobody knows // 21. Cecile & Chris Martin – Sweetness // [KINGSTON 13 RIDDIM] 22. Alaine – Avalanche // [SHE’S MY HEART RIDDIM] 23. Toi – Collide / 24. Soldya – Gyal you are // [BITTER SWEET RIDDIM] 25. Chris Martin – Messenger / 26. Alaine – Take all my love / 27. Voicemail – Me & you / 28. Zamunda – Love is burning up / 29. Tosh – Long distance // [SWEET SOUNDS RIDDIM] 30. Cecile – When love is right // [GHETTO LIFESTYLE RIDDIM] 31. Alaine – I know / 32. Denyque – To be in love // [THE PLEASURE RIDDIM] 33. Denyque – Summer love / 34. Nellie Roxx – Tonight / 35. Delus – Another gal // 36. Tarrus Riley – Come over // [DIAMOND & GOLD RIDDIM] 37. T.O.K. – Diamonds & gold // 38. Movado – Soulja girl // [SOUL ACOUSTIC RIDDIM] 39. Natural Black – Don’t play with my heart

lundi 9 décembre 2013

Brand New Mixtape 2013 - "Hold You Now (Sweetness)" by Raggadikal Sound



HOLD YOU NOW (Sweetness) ♥
Mixtape by Raggadikal Sound 
Selected by Simba - Mixed by Natural Mat
Special Intro by Leah Rosier - Artwork by Lion Gools


TRACKLIST:
1. Leah Rosier - special Raggadikal mixtape - Music teach me

[83 RIDDIM ACOUSTIC]
2. Richie Spice – Trulove

3. Protoje – Hold you now
4. Busy Signal – Sweet love (Nightshift)

[SWEET RIDDIM]
5. Gramps Morgan – One in a million 
6. Glen Washington – No one else but you 
7. Prophecy – Life with you 
8. Duane Stephenson – 24 hours

[MONTE CARLO RIDDIM]
9. Cecile – Missing u 
10. Ikaya – Ain’t giving up 
11. Sophia Squire – Next to me 
12. Pressure – Love u so 
13. Romain Virgo – Let u go

[SOULMATE RIDDIM]
14. Daville – Still in love 
15. Fantan Mojah – Cold

[FEELINGS RIDDIM]
16. Cecile – Home tonight 
17. Pressure – Coming right back 
18. Wayne Marshall – I need to know 
19. Denyque – That place 
20. Tarrus Riley – Nobody knows

21. Cecile & Chris Martin – Sweetness

[KINGSTON 13 RIDDIM]
22. Alaine – Avalanche

[SHE’S MY HEART RIDDIM]
23. Toi – Collide 
24. Soldya – Gyal you are

[BITTER SWEET RIDDIM]
25. Chris Martin – Messenger 
26. Alaine – Take all my love 
27. Voicemail – Me & you 
28. Zamunda – Love is burning up 
29. Tosh – Long distance

{SWEET SOUNDS RIDDIM]
30. Cecile – When love is right

[GHETTO LIFESTYLE RIDDIM]
31. Alaine – I know 
32. Denyque – To be in love

[THE PLEASURE RIDDIM]
33. Denyque – Summer love 
34. Nellie Roxx – Tonight
35. Delus – Another gal

36. Tarrus Riley – Come over

[DIAMOND & GOLD RIDDIM]
37. T.O.K. – Diamonds & gold

38. Movado – Soulja girl

[SOUL ACOUSTIC RIDDIM]
39. Natural Black – Don’t play with my heart 

Blues Party - Le son de Paris

Nous avons tout naturellement déjà consacré des pages du magazine au vétéran sound system parisien Blues Party, notamment après la disparition de Daddy Nono en juillet 2011, fondateur de l’un des sound systems pionniers du territoire et personnage emblématique du milieu reggae. Toujours actif, son crew continue le travail !

Blues Party est apparu en 1991 dans la tradition des sound systems, à l’image des danses underground d’outre-Manche, avec déjà cet esprit d’être réuni par une passion commune, de partager leur goût pour les musiques et la culture jamaïcaine, d’élargir la famille au fil des rencontres et de passer, ensuite, le flambeau aux plus jeunes. En deux décennies, nombreux sont ceux qui ont côtoyé le sound monté par Nono. Chanteurs et sélecteurs se sont succédé au grès des vibrations échangées et des années écoulées. En 2013, Blues Party est toujours bel et bien présent, avec un agenda bien chargé, l’émission de radio à l’esprit décalé, Reggae Juice, diffusée sur Radio Laser, où ils ne se privent pas pour recevoir de temps en temps des invités (Tarrus Riley, Winston et Ishmel McAnuff, Taïro, Uman, Asher Selector, Anthony Que, Tomawok, Jennifer Barrett, The Banyans, Charly B, Wayne Marshall…), dont les vidéos sont supportées par les sites PartyTime et ReggaeFrance, des clashs lorsque les bonnes occasions se présentent, comme l’évènement parisien le 26 octobre prochain avec Stand Tall, affectionnant toujours autant de s’affronter avec leur box de dubplates… Aujourd’hui, au contrôle des platines, Jay-C, pour mixer tout ce qui va de la période digitale aux sorties encore toutes chaudes, et Levi, expert du reggae oldies, ska, rocksteady, rub-a-dub, roots, pendant que Roger Shanty se charge du micro.
De son côté, Sista Ka représente le sound français à Londres - d’ailleurs, ils s’y rendent chaque année pour jouer aux côtés du Fat Man Sound, King Charly en Guadeloupe et Mr Pat dans le sud de la France. Voilà le noyau dur actuel autour duquel gravitent, comme à l’époque, de nombreux chanteurs. Au fil des années, il y a eu Saï Saï, Daddy Mory, Pierpoljak, Brahim, Difanga, Colonel Maxwell, Loo Ranks… et aujourd’hui, Little Dany, Junior Jim, Professor Liv’High, Tomawok, Nemo, Ghost Rider… Sans parler des scènes partagées avec Ninjaman, Wiston et Ishmel McAnuff, Kiddus I... et du renfort de l’infographiste Tomatic et de la marque One One One comme sponsor. Aussi, le Killimanjaro à Dunkerque les accueille à bras ouverts plusieurs fois par an. Ce ne sont ni l’envie, ni les idées qui manquent à Blues Party pour continuer d’organiser des soirées et faire tourner les artistes, jouer quasiment tous les week-end, comme ils le font actuellement, aux quatre coins de France et chez nos voisins belges, suisses, envisager de travailler sur des projets de mixtapes avec des chanteurs, mentionnant entre autres Little Dany, ou de retourner jouer en Afrique et aux Etats-Unis comme en a déjà eu l’occasion Roger. Blues Party est toujours là pour représenter. Visiblement, on n’est pas prêt d’arrêter d’en entendre parler et c’est bien tout le mal qu’on leur souhaite !

Simba

http://www.youtube.com/bluespartysoundkilla 

(pour Reggae Vibes Magazine #32 - octobre/novembre 2013)

dimanche 8 décembre 2013

Mo'Kalamity

Le 14 octobre sort le troisième album de la talentueuse et splendide Capverdienne Mo'Kalamity. Intitulé Freedom of the Soul, ce nouvel opus rebelle et militant devrait asseoir définitivement sa déjà solide réputation.

Ce nouvel album succède à Deeper Revolution (2009) et à Warriors of Light, sorti deux ans plus tôt. Depuis la création du groupe, en 2004, les scènes se sont enchaînées pour Mo’Kalamity et ses Wizards, ne manquant pas de faire connaître sa voix douce et suave auprès de tous les amateurs de reggae roots profond. En attendant la sortie de l’album et les concerts qui vont l’accompagner, petite entrevue avec la chanteuse pour se faire une idée plus précise de sa composition.

Quand a eu lieu la composition des chansons de Freedom of the Soul ?
La composition et l’écriture de l'album se sont faites en solo, accompagnée de ma guitare, au gré de l'inspiration. Ensuite, la « maquettisation » s'est passée pendant l'année 2012, au Rootswize Studio de Kael et à l’Attik Studio de Kubix. Avec The Wizards, nous nous sommes retrouvés à l'automne pour achever les arrangements, puis nous sommes rentrés au Wise Studio. Le tout a été enregistré et mixé par Fabwize.

Tu es toujours accompagné de The Wizards. Cela fait presque dix ans que vous jouez ensemble !
Ce groupe n'aurait pas d'existence sans un amour profond pour la musique, la joie d’être ensemble et de jouer ensemble. Kael, Benoît, Mano, Kubix, Yann, Fayce sont vraiment des personnes talentueuses et de véritables professionnels qui m'accompagnent depuis toutes ces années. Blessings !

Quelle évolution constates-tu dans votre musique ?
L'arrivée de notre keyboard, Fayce, et le nombre d'années à travailler et à évoluer ensemble nous donnent la sensation d'être encore plus unis et en harmonie.

Une nouvelle fois, pour l’enregistrement de cet album, tu as fait appel à Fabwize, qui avait mixé le précédent. Pourquoi ce choix réitéré ?
Après le mix de Deeper Revolution, nous avons continué à collaborer en live, donc le choix me paraissait évident, étant donné notre complicité artistique et aussi le matériel dont dispose le Wise Studio, sans oublier la parfaite compréhension de Fabwize concernant la direction artistique que je souhaitais. Grâce à son savoir-faire, il a pu nous y amener, et même au-delà.

Quelles sont les revendications que tu explores sur cet album ?
Je revendique la liberté, le réveil des consciences à propos de la direction de nos actions, et la signification de notre temps ici-bas…

En quelle langue chantes-tu sur « Cima Vento » ?
Sur ce titre, je chante en kriolu (créole du Cap Vert). Cette chanson aborde l'envie de se reconnecter à ses racines, à cette partie de soi qu'on laisse lorsque qu'on émigre. Elle s’adresse à toutes ces générations parties en quête d'une vie meilleure.

Pourquoi avoir choisi le titre « Majesty » pour une version dub qui conclut l’album ?
Pour la roots vibration, pour les différentes sonorités, qui, j'espère, entraineront l'auditeur vers une méditation ou un lâcher-prise.

Quels sont les projets qui accompagnent la sortie de Freedom of the Soul ?
Nous aimons avant tout partager la musique en live, donc on espère vous faire découvrir l'album sur toutes les routes ! J'ai aussi quelques sorties à venir en vinyle avec différents producteurs de la scène sound system…

Y a-t-il des titres que tu aimerais mettre en images et des concerts déjà prévus ?
Oui. Côté clip, j'aimerais, si possible, "Struggle of The Spirit", "Frontline"... Côté concert, les dates se préparent et l'événement majeur aura lieu cet automne : le concert pour la sortie de l’album, le 9 novembre, à Petit Bain, Paris.

Quels sont tes souvenirs de scène les plus marquants ?
Jusqu’à aujourd’hui, les souvenirs les plus marquants sont : le premier concert à la Flèche d'Or, en 2004, avec beaucoup de monde, beaucoup de nationalités différentes, il y avait une ambiance incroyable... En 2010, notre concert au Mindel Hôtel, au Cap Vert, back to the roots… Pour 2013, le Garance Festival, un clin d'œil aux promesses de mon adolescence durant laquelle j'ai découvert sur scène de nombreux artistes. Y participer cette année a eu une autre saveur… Clôturer le festival auprès de Michael Rose and The Taxi Gang, chanter entourée de ces musiciens prestigieux qui font l'histoire de la musique reggae a été un véritable honneur !

Que penses-tu de la situation actuelle dans le monde ?
Les choses n'ont pas vraiment évolué depuis quatre ans et le constat est toujours plus violent et regrettable… Cependant, à différents endroits du globe, les peuples semblent ne plus pouvoir adhérer à ce qu'on leur impose. Il va bien falloir, à un moment donné, penser et agir autrement, car les inégalités et la souffrance ne pourront perdurer sans plonger l'humanité dans un chaos total, déconnectée d'elle-même et de sa nature.

Pour finir, un mot pour les lecteurs de Reggae Vibes ? 
J'espère que vous allez apprécier l'album comme on a pris autant de plaisir à le réaliser. Merci à vous de nous soutenir ! Peace 'n Light. Jah Guidance, One Love.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #32 - octobre/novembre 2013)

Seeed

Formé en 1998 à Berlin, Seeed rapproche 11 musiciens, conduits par un époustouflant trio vocal composé de Peter Fox (aka Enuff), Frank Dellé (aka Eased) et Demba Nabé (aka Ear). Initialement réuni par leur goût pour le reggae, ils trouvent leurs marques dans un dancehall multiculturel, bien à leur image. Hydroponique.

Seeed sort son premier album en 2001, New Dubie Conquerors, puis Music Monks et Next!, avant d’annoncer en 2007 la « séparation du groupe ». Peter Fox et Frank Dellé en profitent pour réaliser des albums solos, pendant que les fans se demandent si on aura bientôt des nouvelles de Seeed… Il fallait se montrer patient : voici annoncée la sortie française, le 23 septembre, du nouvel album du plus énergique combo allemand de la scène dancehall ! Rencontre avec Frank Dellé, après quatre concerts à Berlin, sous le soleil et devant un public acquis.

Votre nouvel album est sorti le 23 septembre en France. Pourquoi l’avez-vous appelé simplement Seeed ?
Seeed a été formé en 1998. Nous avons fait trois albums avec des titres différents, puis une coupure de plusieurs années où nous avons sorti un CD/DVD live, travaillé sur nos projets perso… Nous avons fait ce break après avoir longtemps joué ensemble. Du coup, cet album marque un nouveau tournant dans notre aventure. C’était logique de revenir à l’essentiel et de l’appeler juste Seeed.

Revenons un instant sur votre discographie…
Nous avons sorti trois albums : le premier, en 2001, s’appelait New Dubie Conquerors, le second Music Monks en 2003, et le troisième, en 2005, Next!. Seeed est notre quatrième album studio. Nous avons sorti aussi un album live, en 2006. Il y a l’album solo de Peter, Stadtaffe, et le mien, Before I Grow Old, et il y a un album Boundzound avec Demba. On peut donc dire qu’il y en a huit en tout !

Votre musique n’est pas que reggae…
Effectivement, ce n’est pas que reggae-dancehall. Nous ne chantons pas les clichés du reggae, les thèmes qu’on aborde sont ce que nous vivons, pensons et voyons, le changement aussi… Il y a beaucoup d’influences diverses : pop, hip-hop, soul…

Quelle évolution constatez-vous dans votre musique ?
L’évolution ? Je pense que nous avons grandi et appris. Quand nous avons commencé, certains avaient 15 ans, d’autres 20, les influences étaient différentes… Nous avons aussi appris des expériences de scène et de studio. La qualité du son est certainement meilleure, les thèmes sont devenus plus réfléchis…. Ce n’est pas seulement faire la fête et s’amuser. Même si nous ne sommes pas spécialement un groupe politiquement engagé, nous avons plus de textes concernant ce qu’il se passe, la situation dans le monde…

Pour quelles raisons le groupe s’est-il séparé en 2007 ?
Nous n’avons jamais vraiment splitté, c’était plutôt un break… Après 10 ans, on s’est dit que c’était le bon moment pour faire une pause. On avait la possibilité de faire nos albums solo, Peter et moi. Faire mon propre album était l’occasion d’aborder des sujets plus personnels, qui n’ont pas forcément à voir avec le groupe, comme le fait d’avoir perdu mon père, par exemple. C’était un long break pour se consacrer à d’autres projets, pas une séparation. Ca nous a fait du bien et procurer encore plus de plaisir à nous retrouver !

Peux-tu nous dire quelques mots concernant la réalisation de ton album solo ?
C’était en 2009. En fait, il y a eu la sortie de l’album de Peter et Boundzound en 2008, et le mien, l’année suivante. L’album s’appelle Before I Grow Old. Il a été enregistré avec 11 musiciens dont 2 issus de Seeed. C’était vraiment super et, comme je disais, ça m’a permis de faire des choses plus personnelles que ce qu’on fait avec le groupe. Pour Peter, son album est en allemand ; du coup, c’est un grand succès ici ! Les gens comprennent les paroles, alors qu’avec Seeed, c’est en anglais, c’est différent. Ceux qui nous ont découvert avec nos albums solo peuvent ensuite découvrir Seeed… et inversement !

Seeed devait se produire au Reggae Sun Ska, en France, cet été…
Oui, c’est une histoire tragique… Nous étions très contents et enthousiastes de participer à un grand festival en France. Nous avons pris l’avion jusqu’à Paris, puis Bordeaux, mais, malheureusement, la programmation a été annulée… Nous étions tellement motivés, c’est vraiment dommage !

Vous avez récemment joué au Trabendo. A quand remontait la dernière fois où vous aviez joué en France ?
Hum… Nous avons joué à l’Elysée Montmartre, ce devait être en 2006, je crois… J’ai appris que c’était fermé maintenant… La salle était pleine, c’était vraiment génial ! Tu vois, ce que je trouve intéressant aussi, quand j’ai tourné pour mon album, c’est d’aller dans un endroit où les gens ne te connaissent pas. C’est un challenge et tu dois les convaincre.

Quoi de prévu ces prochains mois ?
Nous avons beaucoup de concerts… en Europe, en Belgique, en France… Nous avons hâte de revenir en France. Depuis 2006, ça fait longtemps ! Nous avions joué à Taratata aussi, je me souviens. Je pense que le reggae est plus populaire en France qu’en Allemagne, la culture africaine y a une grande place.

D’ailleurs, comment avez-vous enregistré « Blink Blink » avec Féfé ?
La connexion s’est faite par Internet, tout simplement. Comme ça, on avait des couplets en anglais et en français. On s’est vu pour le tournage du clip à Berlin, ça nous a pris deux jours…

Quelques mots pour nos lecteurs…
Je souhaite à Reggae Vibes Magazine et ses lecteurs tout le meilleur. Soutenez la musique, soutenez l’amour, nous serons là bientôt !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #32 - octobre/novembre 2013)

samedi 7 décembre 2013

Fabwize

Lors d’une dédicace, U Brown orthographie mal son prénom, Fabrice. Naît ce pseudo qui lui va comme un gant et qu’il conserve tel que, tant l’anecdote et la rencontre sont lourdes de sens. Il poursuit dans le même esprit avec le Wise Studio, sage reflet de son côté méticuleux derrière les consoles. Les projets qui sortent de ses murs s’accumulent…
Fabwize commence la musique dès l’âge de 6 ans, au Conservatoire, en 1984. Il touche à la guitare, au piano, puis découvre Cubase et se met à la composition. L’électronique de l’époque n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui et, même inspiré par le reggae, le résultat est encore fébrile. Il débute dans des groupes et une bonne partie des membres de l’actuel Tu Shung Peng. Pendant plusieurs années, Fabwize accompagne également Jamaica All Stars sur scène partout dans le monde et on le sollicite progressivement en remplacement sur les tournées d’Omar Perry, Kiddus I, Winston et Matthew McAnuff, Pierpoljak, le Homeground Band… Une anecdote parmi tant d’autres : le producteur de Jamaica All Stars lui a payé un billet pour la Jamaïque en vue de monter un studio d’enregistrement chez Winston « Sparrow » Martin, à Vineyard Town. Au lieu de trois semaines, il passe trois mois sur l’île, arrêté par les flics alors que son visa est périmé, qui le reconduisent jusqu’à l’aéroport plutôt que de l’enfermer derrière les barreaux… A son retour, il se met sur la composition de l’album de Difanga, qu’il part enregistrer avec le Fire Axe Band, quelques mois plus tard, à Tuff Gong. Il en profite également pour enregistrer de nombreux chanteurs pour Tu Shung Peng – tous à découvrir sur leur prochaine compile. La découverte du dub a été une véritable révélation pour Fabwize et il a fallu plusieurs essais avant de trouver, avec Seb, les locaux du Wise Studio. Depuis, la liste des collaborations est longue ! Il y a, bien sûr, Mo’Kalamity, qu’il ne quitte plus depuis le mixage de son second album - et dont le nouveau fruit de leur alchimie, Freedom Of The Soul, est sur le point de paraître. Et aussi d’autres projets en cours, avec Colocks, Akboo, Guillaume Stepper Briard, Bost & Bim, Nicodrum, Max Livio, des enregistrements à Kingston avec Jamaica All Stars… Et, évidemment, le quatrième album de Tu Shung Peng ! Bonne wise.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #32 - octobre/novembre 2013)