lundi 23 mai 2016

Général Lion I

Soldat du reggae depuis déjà une bonne quinzaine d’années, notamment avec Torody et Sylem au sein de Positiv Young Lion, Général Lion I s’est enfin décidé à sortir, en juillet dernier, son premier album solo intitulé Ensemble.
Général Lion I grandit en région parisienne, dans le 95, et commence à s’intéresser au reggae dès l’adolescence. Il prend ses premiers micros en 1996 avec le Corossol Sound. L’aventure Positiv Young Lion démarre en 2000, il s’applique alors avec ardeur à l’écriture et la composition. Il en sort Fo Nou Rassemblé en 2003, puis Indomptable, en 2007. Au fil du temps, il enregistre aussi bon nombre de featurings (avec Capleton, Taïro, Pierpoljak, Daddy Mory…) et des titres paraissent sur des compilations (Latitude Reggae, Cocktail Dancehall…). 2015 est l’année qui fait place à son premier album solo, Ensemble, disponible sur toutes les plateformes de téléchargement. « Il a fallu un peu plus d’un an pour réaliser l'album. Avant, il y a eu la mixtape Real Général, puis j'ai commencé à préparer Ensemble, avec Jah Love Productions. C'est un album authentique, sans filtre, rempli d'émotions, qui reflète ma vie, mon vécu, mes souhaits et mes rêves… Il apporte de l'énergie pour affronter le quotidien, avec de la volonté et de la sincérité. J'ai rassemblé des compositeurs d'horizons différents pour répondre à la vibe que je voulais donner à ce projet. Pour la production et la plupart des titres ragga, notamment le feat avec Sizzla Kalonji « Black and White », j'ai collaboré avec Natty Bredda de Jah Love Productions, basé en Suisse, qui est aussi à l'origine de la sortie de cet album. On retrouve aussi Explicit Faya Production de Guyane, Julien Bové de l'équipe Reggae 94, Only Street Vibes Production, Early J Records, Gortex du label Kubb'z Muzik, Migthy Max du Soul Skankin' Sound… Ensemble, c'est comme un cri de ralliement que je voulais lancer, car je vois de plus en plus de communautés qui se divisent alors que la plupart d'entre nous est issue du brassage ethnique et culturel. J'ai voulu garder la même ligne, le même état d'esprit, que nous avions lors du premier album de Positiv Young Lion, Fo Nou Rassemblé. Une minorité sème la confusion, ce qui fait que ces valeurs d'unité et de solidarité se troublent… mais je pense qu’elles sont encore en nous ! » Du reggae, du dancehall, du hip-hop, les clips des titres les plus efficaces (« Ensemble », « Nerveux », « Hold Up Muzikal », « Monte Le Son », « Real Soldjah Raggamuffin ») ont été produits par Lyris Haye de Destroy Pictures de Guyane. Toujours déterminé, Général Lion I continue de regarder dans la même direction et travaille déjà sur un second album avec Jah Love Productions. Il est aussi question d’un nouvel opus de Positiv Young Lion en préparation… United we stand !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

samedi 21 mai 2016

Irie Souljah

D’origine espagnole, Irie Souljah présente depuis novembre un premier album fort prometteur, Immigrant, enrichi par l’expérience acquise précédemment au sein du groupe Mystic Souldiers et par sa vie à Kingston depuis deux ans.
Né en 1991 à  Barcelone, Josep Jordi Grau Saula aka Irie Souljah semble destiné dès le plus jeune âge à faire de la musique. L’anecdote raconte qu’il commençait déjà à chanter, alors qu’il savait à peine parler, fredonnant les airs qu’il entendait à la radio ou à la télévision. Vers l’âge de 4 ans, ses parents lui offrent sa première guitare, vu l’intérêt qu’il porte à la musique. Dès lors, il ne quittera plus l’instrument à cordes, et apprend par la suite la basse, le piano, la batterie… Il grandit en écoutant Stevie Wonder, Mickael Jackson, The Beatles… et découvre plus tard le reggae, conquis par Bob Marley, Peter Tosh, Burning Spear, Bunny Wailer, Sizzla, Capleton, Richie Spice… En 2008, il devient chanteur du groupe Reggae Soldiers, rebaptisé Mystic Souldiers deux ans plus tard, qu’il quitte pour poursuivre sa route en solo sous l’appellation Irie Souljah, déclinaison du nom de groupe qui apparaît comme une évidence. Cette première aventure marque son entrée dans le milieu de la musique, lui permet d’apprendre à travailler en groupe et, professionnellement, d’approfondir ses qualités artistiques et son identité. C’est en février 2014 qu’il commence à plancher sur son premier album, Immigrant, inspiré par sa venue en Jamaïque, où il décide de poser ses valises. Irie Souljah obtient rapidement la reconnaissance de nombreuses figures des musiques jamaïcaines, tels que Sly & Robbie, Earl Chinna Smith, Flabba Holt… et se rapproche naturellement de la scène reggae revival incarnée par Chronixx, Kabaka Pyramid, Jah 9, Jesse Royal… avec qui il partage les mêmes valeurs, une vision de la vie et un profond amour de la musique, fortement inspiré par la foi Rastafari, les enseignements d’Hailé Sélassié et la richesse de ce que la vie peut apprendre. Immigrant, avec ses dix titres et trois versions dub, a entièrement été enregistré en Jamaïque chez Nice Time Productions. Premier single « Learn & Grow », chaque piste est un petit bout de son aventure sur l’île. Le terme Immigrant évoque des questions très actuelles, ainsi que sa propre situation. Résidant en Jamaïque, le chanteur venu d’Espagne considère la vie à Kingston comme douce, mais aussi dure. « C’est une bonne chose d’y faire de la musique puisqu’il y a beaucoup de musiciens, de producteurs, de studios et d’artistes talentueux. Mais, en dehors de cela, la pauvreté prédomine. Beaucoup de gens souffrent et se battent pour survivre. La Jamaïque est un endroit très puissant, qui regorge d’énergie, le bon et le mauvais s’y côtoient de très près. Il faut être prudent et suivre les bonnes vibrations ! » Après une tournée européenne au côté de Cocoa Tea en juin dernier, des concerts en compagnie de The Black Army Band sont prévus sur notre continent pour le printemps. Irie Souljah a vraiment hâte de partager avec nous ce premier album.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

jeudi 19 mai 2016

Yellam

Yellam, que vous avez certainement connu grâce à Turn Up The Sound, est de retour depuis novembre avec un nouvel EP intitulé Get On Board. L’occasion de faire tomber le « Junior » et d’annoncer, pour le printemps, la sortie de son second album, The Musical Train.
Nouvelle étape de son parcours, Yellam introduit Get On Board, sans manquer de s’arrêter sur ce qui l’a occupé ces derniers temps et de laisser échapper quelques mots sur le tant attendu prochain opus. « Turn Up The Sound est sorti en 2013. Beaucoup de concerts ont été programmés suite à ce premier album. J’ai eu la chance de faire le Reggae Sun Ska en sound system cette année-là, puis en live band l’année suivante. Les rencontres ont permis de travailler sur le prochain album, The Musical Train, qui devrait sortir vers mars/avril. Avec Irie Ites, Dibyz et maintenant Bleu Citron, notre nouveau tourneur, nous avons décidé de sortir un petit format avant l’album, comme un ticket d’embarquement, avec deux morceaux-phares sortis sur le label Irie Ites (« Rub-a-Dub Anthem » et « Summertime Girlfriend ») et un sur l’album de Dubmatix (« Let The Good Time Roll »), accompagnés de deux tunes exclusifs enregistrés en septembre dernier, dont « Beggin’ », un peu plus hybride qui tend vers la soul, le hip-hop, et même le jazz… représentatif de l’ouverture que l’on souhaite donner à notre musique. Le résultat est Get On Board, disponible au format digital sur toutes les plateformes de téléchargement depuis novembre. Concernant le nouvel album, qui va arriver d’ici quelques semaines, nous avons bossé dessus tout au long de l’année 2015 et il a été enregistré au Studio Harry J, en Jamaïque, en octobre. Le titre de cet opus, The Musical Train, correspond à mon état d’esprit lorsque je fais de la musique. Avec le Green & Fresh, nous sommes une famille soudée. Nous nous voyons un peu comme un train qui avance, tout le monde est bienvenu à bord, mais attention, il ne s’arrête pas ! Ça reflète aussi les voyages, entre la Jamaïque, l’Angleterre, la France… L’univers de cet album sonne vraiment roots, grâce aux Roots Radics, qui ont joué sur une bonne partie des instrus. C’est un voyage assez old school avec des touches de moderne. La collaboration avec The Roots Radics était un rêve devenu réalité ! J’ai hâte de vous présentez cet album d’ici peu ! Pour Get On Board et la suite des projets, j’ai décidé de ne garder que le nom Yellam. Quand j’ai commencé, en 2007, je n’avais pas la particule « Junior ». Ensuite, les Jamaïcains que j’ai rencontrés avec Irie Ites, comme Spectacular, Chezidek… m’ont donné ce surnom, comme je fais un peu plus jeune que mon âge, et c’est resté. Aujourd’hui, je l’enlève, car il me semble avoir pris de la maturité. Il devrait y avoir pas mal de concerts en 2016 avec le Green & Fresh Band, et aussi une tournée prévue juste après la sortie de l’album, en France, en Europe, et, vers la fin de l’année, en Jamaïque, je l’espère… Pour l’instant, place à Get on Board, The Musical Train est en route ! » Prenez déjà votre billet, le train conduit par Yellam est à quai !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

mardi 17 mai 2016

Leah Rosier

Le premier album de Leah Rosier, High Paw, est sorti en août 2012. Depuis, la chanteuse hollandaise a pris le micro dans toute l’Europe, et même récemment en Jamaïque. Son second opus, Only Irie Vibes, arrive le 26 février, réalisé avec le Rise & Shine Band de Besançon.
C’est en 2011 que Leah rencontre les membres du Rise & Shine Band, avec qui le feeling passe immédiatement ; ils sont les parfaits musiciens pour l’accompagner sur scène. En 2014, ils enregistrent le clip de « Enough is Enough » sur le Pitaya riddim qu’ils ont composé. Leah joue aussi régulièrement avec le sound system et label Black Star Foundation, originaire d’Amsterdam tout comme elle, qui supporte et promotionne la musique reggae depuis plus de dix ans. En janvier 2015, ils partent ensemble en Jamaïque pour un voyage mystique, quelques shows, et l’enregistrement de quelques collaborations qui figurent sur Only Irie Vibes. Côté actu, une des récentes sorties sur le label Black Star Foundation a été le Lovely Girl riddim. Leah y pose le morceau « Rude Boy », dont ils ont ensuite tourné le clip, mais aussi les chœurs sur quatre titres de la série. Ayant plus d’une corde à son arc, on lui doit également le dessin du visuel qui illustre le riddim. Leah et le Rise & Shine Band commencent à travailler sur le nouvel album à l’été 2014. Après avoir avancé à distance sur les chansons pendant plusieurs mois, elle se rend à Besançon en avril 2015 pour cinq semaines, en vue d’enregistrer les voix finales. L’album a été enregistré, mixé et masterisé par le producteur et ingénieur du son Thomas Jacquot au studio Le Zèbre. « Only Irie Vibes, autrement dit : laissez-vous porter par les bonnes vibrations ! Les styles qu’on retrouve sur l’album sont variés. Tous les textes ont été écrits par moi-même, ils sont nés au cours des cinq dernières années et viennent du fond du coeur. Je chante à propos de mon expérience de la vie, de la lutte contre les forces négatives, l’amour, et aussi de mes espoirs, mes rêves, ma vision du monde… Only Irie Vibes inclut deux collaborations avec des artistes jamaïcains, enregistrées à Kingston en janvier 2015 : le premier est un groupe légendaire, The Mighty Diamonds, le second est un jeune chanteur prometteur, Jahbar I. Only Irie Vibes est le titre de la première chanson de l’album. Si on veut se sentir « irie », je crois qu’il faut simplement garder des vibrations positives dans nos actes et nos pensées ! » Leah Rosier est aussi le visage de l’ouvrage Génération H, tome 2, d’Alexandre Grondeau. Elle fait partie des nombreux artistes qui ont participé au Génération H riddim reload, une nouvelle version du célèbre Police in Helicopter riddim. Le morceau est forcément très fumant et Leah Rosier ne cache pas que, travaillant dans un coffeeshop à Amsterdam, elle se retrouve dans l’esprit de la Génération H dont parlent ses romans, et qu’elle approuve la légalisation de l’herbe. Pour la suite du programme : un nouveau voyage en Jamaïque est prévu pour très bientôt et, juste après, Leah et ses musiciens seront sur les routes pour promotionner l’album et continuer à composer… Only Irie Vibes !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

dimanche 15 mai 2016

Mardjenal

Depuis la sortie de Smile à l’automne 2013, Mardjenal a fait un paquet de concerts, joué dans des lieux mythiques comme La Cigale, le Zénith de Rouen, le Reggae Sun Ska Festival, rencontré de nombreux artistes et personnalités musicales, sillonné la France dans ses grandes largeurs, jusqu’à la Réunion, d’où il est originaire. Fruit mûr de cette période intense : ce nouvel EP éponyme qui en dit long sur ses intentions.
Mardjenal est disponible en CD et digital depuis le 1er décembre chez Evidence Music. La rencontre avec le label s’est faite au réveillon de l’année 2015 où Mardjenal se retrouve à jouer avec Little Lion Sound à Val d’Isère. Nicolas Meury fait aussi tourner le label Evidence Music à Genève depuis début 2013. Sur la même longueur d’ondes, une collaboration démarre avec le label suisse, concrétisée, moins d’un an plus tard, par la sortie de ce projet. Les onze pistes, dont deux dubs, qui le composent, ont été enregistrées au Fruits Records studio, à l’Alternative Audio studio, à l’Evidence Music studio et même au domicile du chanteur, à Annecy, pour les instrus hip-hop. Le tout a été mixé par Nicolas Meury au studio d’Evidence et masterisé par Greg Dubuis au Studio du Flon. « De manière générale, j'écris sur ce que je vis, ce que j'observe, et sur des choses qui me tiennent à cœur. L'univers de cet EP est clair-obscur, avec des thèmes très positifs, comme « Love » et « Je Danse », mais aussi des textes plus sombres, comme « Tears », ou plus revendicateurs, comme « Control » et « Make It ». Pour la composition, le morceau « Tears » a été réalisé avec les musiciens de Mardjenal Syndicate ; le morceau « Sentiments », avec mon ami, collègue et beatmaker Oskool ; le morceau « Mardjenal » est passé entre les mains de Djanta qui a ajouté sa patte via quelques arrangements. Pour le reste, ça sort de mes rêves, mon cœur, ma tête… Cet EP, c'est comme une bonne discussion avec des amis, un coucher de soleil sur la plage, un voyage sur une île... » Une tournée est prévue pour 2016, dont une série de dates organisées par CO2 Activity et Baco Records, en compagnie de Phases Cachées et Volodia, ainsi que Scars ; des clips sont aussi en préparation… Pour l’avenir, Mardjenal souhaite juste continuer de faire un maximum de musique, en studio comme sur scène, de profiter des bons moments, de voyager, et pourquoi pas vers d’autres continents… Ce ne sont pas les envies qui manquent !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

vendredi 25 mars 2016

Jacko with Bambool - Jacko with Bambool (Musicast)

S’il fallait choisir un mot pour résumer le premier album de Jacko with Bambool, ce serait certainement groove. Disponible depuis début novembre en CD et en téléchargement, cet album éponyme sort des sentiers battus avec un son bien au croisement du reggae, du dub, du funk et de la soul. La composition des titres laisse libre court aux instruments d’exprimer leurs envies de faire balancer. Ils n’ont pas, non plus, manqué d’ajouter, là où ils les imaginaient, des chœurs, percussions ou cordes… Le titre d’ouverture, « What They Do », nous met d’emblée dans le rythme. Ce disque en dit long sur la manière dont les sept musiciens ressentent la musique ensemble. Voilà qu’une porte s’ouvre sur l’univers original et engagé de Jacko with Bambool, qui ne pouvait pas exister autrement qu’en langue anglaise. Les textes sont loin d’être dénués d’intérêt, qu’il s’agisse de thèmes chers au reggae, d’histoires personnelles ou de sujets plus larges. Vous êtes peut-être déjà tombé sur le clip de « Friendship », sorti en amont cet été. On peut dire que les quinze pistes qui l’accompagnent partagent les mêmes teintes. Même si la saveur peut surprendre un peu au premier abord, on prend vite goût à cette atmosphère métissée et vibrante que nous livrent, avec le cœur, Jacko et ses musiciens.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

mardi 22 mars 2016

Million Stylez - Revelation Time (Undisputed Records)

Depuis « Miss Fatty », Million Stylez a enregistré bon nombre de morceaux puissants, qui ont fait de lui une valeur sûre de la scène actuelle. Ses précédents albums regroupaient tous une poignée de big tunes, que ce soit sur un créneau dancehall, lover, spirituel, conscient… Ce nouvel album ne déroge pas à la règle. Quel plaisir que ce soit, en plus, en compagnie d’un label français de qualité ! Revelation Time pourrait bien compter parmi les meilleurs albums de l’année avec ses douze bombes musicales. Million Stylez pose, sur toutes les instrumentales, un flow parfaitement de circonstance, du roots au dancehall, à l’ancienne ou ultra moderne. On y retrouve quelques titres sortis précédemment, « Where’s My Wife », « Waiting », « Babylon Is Burning ». Vous l’aurez compris, Revelation Time est un album indispensable. Une fois qu’on a commencé à l’écouter, on ne peut plus s’en passer, le charme opère instantanément ! Million Stylez a un talent incroyable pour faire naître une vibration sincère et vivante, avec sa voix et ses flows si addictifs, et pour choisir des rythmiques aussi entêtantes qu’entraînantes. Soyez en certains, cet album va faire du bruit.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

samedi 19 mars 2016

Patko - Maroon

Depuis la sortie de son album Just Take It Easy en 2013, Patko continue de faire des adeptes avec ses vibrations énergiques très actuelles. Son nouvel opus s’intitule Maroon et se veut du même acabit optimiste. A ne laisser refroidir sous aucun prétexte !

Te voilà de retour avec un nouvel album intitulé Maroon, paru le 23 octobre. Quel bilan tires-tu du premier, Just Take It Easy, sorti il y a deux ans ?
Just Take it Easy est mon premier album. J’ai mis beaucoup de cœur à travailler ce projet, tant sur le plan de la création que le show avec mes musiciens. Il m’a permis d’aller à la rencontre du public, sur les scènes de France, et même dans le désert algérien ! C’est une belle expérience, qui m’a fait grandir et évoluer sur le plan technique, mais aussi humain.

Que signifie pour toi le titre Maroon ?
 « Maroon » vient de l’espagnol « cimarron », qui signifie retour vers l’état de nature. Il désigne les esclaves fugitifs, qui, à l’époque de la traite négrière, ont fui l’esclavage pour rejoindre la forêt et former leurs propres villages. Ces villages avaient leurs règles et cultures, toujours en accord avec la nature. Je suis moi-même descendant des Maroons. Mes parents sont Saramaca, une tribu Maroon qui vivait dans l’Ouest du Suriname [ex-Guyane hollandaise, Amérique du Sud], en plein cœur de la forêt amazonienne. C'est le titre de l'album et celui d'une chanson où je rends hommage à mes ancêtres et à leurs combats pour la liberté.

Qu’avais-tu envie d’exprimer avec cet album ?
Le melting pot. Notre avenir se situe dans le brassage culturel. J’ai beaucoup voyagé ces dernières années (Afrique, Jamaïque, États-Unis et, bien sûr, Amérique du Sud). Du coup, tous ces voyages et rencontres m’ont vraiment inspiré. D’où je viens, les mélanges culturels existent depuis longtemps, avec les Amérindiens, Surinamiens, Créoles, Brésiliens, Hmong (Laotiens), Indiens, Hollandais… Les mélanges culturels font partie de moi.

On retrouve des invités notables et diversifiés, comme Fantan Mojah, Joggo, Dean Fraser ou encore Balik et Natty Jean, Rockin’ Squat… Comment as-tu choisi ces collaborations ?
Tous ces artistes viennent de milieux différents, mais leurs messages et leurs engagements se rejoignent, et, surtout, ils me ressemblent. Leur côté militant est une force et je suis fier d’avoir fait cet album en leur compagnie, car il ne faut pas oublier que le reggae est à la base une musique militante. Quand on prend Rockin' Squat, sa musique est un combat ; son but, faire valoir l’égalité et la justice pour les personnes exclues par cette société. Je me souviens quand je lui ai envoyé le titre, il a tout de suite kiffé l’instrumental et le featuring s’est fait naturellement. Pour « Lob Surinam », Joggo est le frère de Clarence Seedorf, footballeur hollandais venu du Surinam. Je sais qu’il adore ce pays. Joggo et Fantan sont, pour beaucoup d’entre nous, la fierté du Surinam. Du coup, pour un titre qui parle de l’amour pour ce pays, il était évident de penser à eux ! Balik et Natty Jean sont des personnes que j’apprécie humainement. Ils m’ont beaucoup soutenu pour cet album et ça a été un plaisir de partager le titre  « Equality and Justice » avec eux. Pour Dean Fraser, légende de la musique jamaïcaine, je l'ai rencontré en Jamaïque au moment où je tournais mon clip « Why a Badman ». J’étais en studio avec Dave Fitzroy Green. En un coup de fil, il est passé et a écouté le titre. Il l’a adoré et enregistré tout de suite ! Je vous laisse imaginer l’émotion face à ce son de saxo qui a traversé les époques. Il ne faut pas oublier qu’il a joué avec Dennis Brown et tellement d’autres légendes !
 
Le titre d’ouverture, « Tears », est le premier clip extrait de l’album et il aborde un thème plutôt dur… Peux-tu nous raconter l’histoire de ce morceau ?
Oui, c’est clair que c’est un thème dur et, en même temps, tellement présent. Qu’est ce qui est le plus dur ? Les mots qui décrivent la misère ou la misère elle-même ? Aucun mot ne peut représenter la dureté de la misère. Ce titre, par ses mots choquants, amène ce genre de questions, et c’était un peu le but. Je trouvais important d’aborder ce sujet. Avec ce titre, j’ai vraiment voulu que les personnes captent que la misère n’a pas de couleur, que l’on est tous en sursis…

Si tu devais choisir trois morceaux de l’album, ce serait lesquels et pourquoi ?
« Solid as a Rock » : je l’ai écrit en pensant aux personnes proches de moi qui sont issues d’une autre culture. Je trouve qu’on apprend tellement des échanges humains Même si je suis un grand déconneur, je me retrouve parfois étranger, même avec mes proches…« Daddy » : c’est un titre très personnel et, en même temps, qui peut toucher tellement de monde. Le fait de grandir sans sa mère, ou son père, comme ça a été le cas pour moi, est très difficile. Il faut se construire et vivre avec cette douleur, car la vie continue et qu’il faut avancer. « Maroon » : c’est le titre-phare de l’album. C’est un pont entre les Maroons du monde entier et l’Afrique, notre terre-mère. Il parle de leur histoire, mais aussi du lien étroit avec l ‘Afrique, d’où le featuring avec Djely Kani Kouyaté. C’est un titre avec un texte poignant et une rythmique très entraînante, pour faire ressortir le côté joyeux et dansant de nos tribus, qu’elles soient d’Afrique ou d’ailleurs.

Où peut-on se procurer Maroon ? Dans quel format ?
En digital sur toutes les plateformes de téléchargement légal et de streaming, en CD à la Fnac, et sur tous nos concerts, bien sûr !

Quel est le message que tu souhaites faire passer avec ta musique ?
L’optimisme ! Malgré les sujets que j’aborde, qui sont parfois durs, je souhaite rappeler au monde que les choses peuvent évoluer.

Sur quoi travailles-tu actuellement ?
Je bosse sur le show live avec mon groupe. J’ai envie d’apporter une vraie identité à mon live, qu’il représente Maroon à 100 %. Je suis aussi sur d’autres projets, en collaboration avec d’autres artistes…

Quels sont tes plans pour 2016 ?
Tout d’abord, défendre au maximum cet album sur les routes et aller à la rencontre du public, échanger et partager au maximum avec lui. Je suis tellement impatient d’avoir des retours concernant mon album ! J’aimerais aussi reprendre mon activité de beatmaker pour d'autres, car j’aime beaucoup composer. Mon souhait serait de composer un album tout entier pour un artiste qui me ferait confiance…

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

mercredi 16 mars 2016

I Woks Sound - Nouvelles Frontières

Au printemps 2014, le duo d’I Woks Sound sortait son premier album original, intitulé Sans Frontières. Pour les concerts qui ont suivi, Seb et Gérald s’entourent du Reggae Mylitis Band, haussant aussi d’un cran leurs prestations scéniques. Retour sur une année musicale bien rythmée.

Il y a un an et demi est sorti votre premier opus, Sans Frontières, après les street albums Histoire de Dire et Trankill. Quels en sont les souvenirs marquants ?
Concernant ce nouvel album Sans Frontières, il est évident que nous l’avons réalisé avec beaucoup plus de professionnalisme que les précédents. Que ce soit pour la partie musicale, l’écriture des textes et les thèmes abordés, ce projet devait asseoir nos dix ans d’exercice. Les moments passés avec les personnes qui ont participé à la confection des morceaux (Jah Gaia, Sugar Lady, Digital Cut, Kibaye, ManuDigital…) restent inoubliables ! Spécialement avec Tony Bakk de St. Etienne qui a géré la coordination générale du projet. Pour fêter la sortie de l’album, nous étions programmés au Fil de St. Etienne, en première partie de Barrington Levy, pour le City Youth Festival. C’était la première date du Sans Frontières Tour avec notre formule live band. Les CDs étaient arrivés la veille à la maison. Nous avions hâte de monter sur scène pour jouer nos nouveaux titres. La salle était pleine et l’ambiance incroyable !

Quels ont été les premiers retours que vous avez reçus sur l’album ?
Les premiers retours ont été très positifs. Nous avons eu de nombreuses critiques encourageantes venant des professionnels et de nos fans. Les nouveaux sons ont été bien reçus. Nous avions enfin des riddims personnalisés.

Avec un peu de recul, y a-t-il des choses que vous changeriez sur cet album ?
Nous avons mis environ un an à le réaliser, à suivre chaque étape de près. Avec le recul, on pourrait toujours y apporter des améliorations, mais nous sommes fiers du résultat dans l’ensemble.

Comment avez-vous préparé les concerts qui ont suivi ?
Nous nous sommes associés avec le Reggae Mylitis Band de Grenoble pour proposer un spectacle arrangé en mélangeant nos nouveaux titres avec les anciens. Nous avons beaucoup répété pour préparer au mieux cette tournée. Cette nouvelle façon de travailler, avec sept musiciens, nous donne de nombreuses possibilités artistiques et nous permet de proposer un rendu scénique de qualité.

Combien de dates avez-vous faites depuis la sortie de l’album ?
Depuis avril 2014, nous avons réalisé environ trente dates avec le groupe. De belles premières parties et des festivals un peu partout en France. Les demandes proviennent de tout horizon. Notre public s’agrandit et nos sons se diffusent de plus en plus.

Y a-t-il des titres que le public réclame davantage ?
Produire des clips a permis de mettre en avant certains morceaux.  « Asi Soy yo », « Passe-Temps », « Marie-Gwan » et « Une Seule vie » sont des morceaux qui sont attendus lors de nos concerts. Le titre « Toi Qui Me Juges », dont nous venons tout juste de sortir le clip, suscite également de l’intérêt. Le thème abordé parle aux gens, c’est un sujet d’actualité qui nous tient à cœur.

Comment se passe la collaboration avec les musiciens de Reggae Mylitis ?
Nous répétons ensemble très régulièrement depuis environ deux ans. Musicalement, on s’entend très bien. Ils ont directement capté la vibe I Woks et le show que nous souhaitions mettre en place. Et, sur le plan humain, la connexion s’est faite très vite. On est sur la même longueur d’ondes et on partage la même vision du développement du projet.

Vous qui avez beaucoup joué en sound system, qu’est-ce que ça vous fait de réaliser vos prestations avec des instruments live ?
C’est le kif ! Le spectacle est vraiment différent, il a beaucoup plus d’impact sur les grosses scènes, les sept musiciens donnent de l’ampleur au show. Nous travaillons avec une batterie hybride pour donner une couleur digitale aux morceaux et pour conserver une certaine puissance que l’on retrouve sur les faces B en sound system.

Quel regard portez-vous sur votre parcours depuis le début ?
Ça fait environ dix années que nous tournons. Pas facile de se lancer dans la musique en habitant tout là haut dans nos montagnes, surtout de profiter de diverses connexions en étant loin des grandes villes… Nous avons énormément travaillé ces cinq dernières années pour nous donner un maximum de chances de grandir. Nous sommes contents d’être arrivés à ce niveau et de jouer sur des scènes de plus en plus grandes !

Avez-vous travaillé sur d’autres projets parallèlement à la sortie de Sans Frontières ?
Ces projets parallèles aux albums sont indispensables pour garder un certain dynamisme de création. Nous avons enregistré sur différentes séries, comme le Génération H, Judain Town ou encore Structure riddim. En plus de ces titres, il y a eu plusieurs clips pour imager certains morceaux de l’album. Nous sommes partis quatre jours à Séville pour tourner « Asi Soy Yo ». Nous préparons actuellement une mini-tournée dans cette région de l’Espagne pour le mois d’avril prochain. Nous avons maintenant de très bons contacts sur place.

Quels sont vos projets pour 2016 ?
Bien évidemment, le but principal est de continuer à prendre et à donner du plaisir ! Nous allons continuer à défendre notre album Sans Frontières en live dans toute la France, mais aussi en Suisse et en Belgique. Nous travaillons activement pour être programmé sur les festivals de référence. En parallèle, nous réfléchissons tranquillement à la création de nouveaux morceaux. Nous récoltons les premières pré-prods pour nous donner des idées de thèmes et de couleurs de chansons…

Comment envisagez-vous la suite pour I Woks Sound ?
Notre plus grand souhait est de continuer à trouver des dates aux quatre coins de la France pour faire vivre notre musique et concrétiser les idées de tournée à l’étranger afin de continuer notre développement. Nous souhaitons multiplier les moments d’échange positif avec notre public, les artistes et les organisateurs, ce qui nourrira certainement nos prochaines compositions !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

dimanche 13 mars 2016

Pungle Lions - Nouvelle Phaze

Le premier album de Pungle Lions, Round The Corner, est sorti en septembre dernier. Damny et Rouzman, anciens membres du groupe La Phaze, n’ont pas résisté à l’envie de démarrer un nouveau projet avec l’intention d’exprimer les inspirations musicales qui leur trottent inlassablement dans la tête. Rencontre avec Rouzman.

Que s’est-il passé pour vous à la mise en sommeil de La Phaze ?
Après des années passées sur les routes, nous avons pris le temps de nous poser un peu, de passer du temps chez nous, de réfléchir à ce que nous voulions et ne voulions plus faire… Quand tu arrêtes un projet qui t’as pris pas mal d’années, tu as besoin d’une petite période d’adaptation. Même si tu as muri l’idée depuis un petit moment, que tu t’es préparé à la fin de l’aventure, le jour où ça s’arrête, tu prends quand même un petit coup sur la tête. C’est ce que ressent n’importe quelle personne qui cesse une activité à laquelle il a consacré beaucoup de temps. D’une part, c’est excitant, parce que ça redonne du sang neuf, et, d’autre part, tu ne sais pas de quoi sera faite la suite… Vu le climat social et culturel en France en ce moment, il y a forcément une certaine appréhension.

Comment est née l’idée du groupe Pungle Lions ?
Après cette petite période de transition, nous avons eu envie de revenir à ce que nous savons faire et retrouver les personnes avec qui nous aimons le faire. Avec Damny, nous avons commencé à nous voir et à parler de ce qu’on faisait en ce moment. Nous avons décidé d’enregistrer un titre parmi quelques ébauches qu’avait Damny sur son ordinateur, sans prétention, ni ambition autre que celle de prendre du bon temps et d’essayer de faire un bon morceau. De là est venue l’idée de se voir une fois par mois – distance oblige, mais ça nous a permis aussi de démarrer en douceur – pour enregistrer à chaque fois un titre original et une reprise revisitée. Tout ça s’est fait dans le studio de Damny pour ensuite être poster gratuitement sur le Net.

Quelles ont été les premières compositions originales enregistrées en tant que Pungle Lions ?
La première a été « Oh The Light », qui faisait partie du matériel qu’avait Damny dans ses fichiers, et c’est sur ce titre que nous sommes tombés d’accord. Il collait à la vibe et à l’humeur dans lequel nous nous trouvions à ce moment-là. Ensuite, il y a eu « Pretty Gun » et « That’s Funny ».
  
Pourquoi avez-vous décidé de démarrer par une série de 45 tours digitaux en téléchargement ?
Nous avons gardé volontairement ce rendez-vous mensuel pour ne pas s’enfermer dans le studio et enquiller les titres les uns après les autres ! On ne voulait pas s’auto-influencer. Avec, à chaque fois, ce mois de recul, on revenait avec une certaine fraicheur et l’inspiration du moment. Ce qui explique la disparité entre certains morceaux. Il y a les morceaux d’hiver et les morceaux d’été ! (rires) L’idée du 45 tours, c’est un clin d’œil à notre côté old school. Nous nous revendiquons du rocksteady, du punk-rock, des sons qui circulaient beaucoup en 45 tours. En sortant deux titres à chaque fois, face A et face B, c’était le support idéal. Pour ce qui est du digital, il faut vivre avec son temps, comme on dit. C’était aussi la solution pour faire écouter nos chansons en quelques clics.

Peu de temps après est sorti l’EP That’s Funny. Etait-ce une étape nécessaire avant la préparation du premier album ?
En fait, c’était plus une stratégie du label que notre idée. Le disque était prêt avant qu’on ne signe, c’était un moyen de démarrer et d’officialiser notre collaboration avec Note A Bene.

Round The Corner est disponible depuis quelques mois. Quel est le fil conducteur de cet album ?
Nous avons voulu faire un disque agréable à écouter et qui soit assez frais. Avec La Phaze, le propos était engagé et axé sur le texte, la musique était aussi beaucoup plus agressive. Les textes de Round The Corner sont tout aussi importants, mais les choses sont racontées de manière plus positive, la musique beaucoup plus dansante et mid-tempo. Nous souhaitons que ce disque fasse un peu voyager l’auditeur, et, de préférence, au soleil !

Quelle est la particularité de votre musique selon toi ?
C’est une musique riche en influences. On y trouve du reggae, du rocksteady, du punk-rock, un côté hip-hop/électro dans la production… Bref, on a pioché dans notre discothèque d’ado jusqu’à aujourd’hui et essayé de synthétiser tout ça avec le son de la production actuelle.

Que représente pour vous cette nouvelle aventure musicale ?
Forcément, une certaine excitation, comme pour tout projet qui démarre ! On retrouve un côté instinctif, qui avait un peu disparu quand on enchaine beaucoup de concerts et plusieurs albums en dix ans. C’est très rafraichissant d’un point de vue artistique, et, d’un autre côté, nous savions que nous repartions de zéro, dans une période où le disque et le réseau de la musique en France ne se portent pas au mieux, dès que ça sort un peu des sentiers battus…

Que diriez-vous pour donner envie au public d’écouter Round The Corner et de venir vous voir en live ?
Soyez curieux, ne gobez pas forcément ce que vous balance les médias. Il n’y a pas que Maître Gims ou Christine and the Queens ! C’est sûr, il faut fouiller un peu, se déplacer, mais il y a plein de groupes qui s’autoproduisent et qui jouent tous les week-ends dans de petits endroits. Souvent, l’énergie y est très bonne. En ce qui nous concerne, nous essayons de balancer un set positif, dansant, dans la bonne humeur.

Comment se passent vos concerts ?
Pour cette année 2015, contrairement à l’année précédente, nous avons davantage axé le show sur le côté sound system. Nous avons décidé de dérouler le set comme le ferait un DJ. Nous avons amené de l’habillage, des samples, des riddims, des petits interludes… Nous sommes également passés à une basse séquencée, pour relever le côté électro, et avons pris un guitariste. Nous serons notamment au Rockers ont du Cœur, chez nous, à Nantes, le 12 décembre.

Quels sont vos plans pour 2016 ?
Vu que l’album vient tout juste de sortir, l’idéal serait de commencer par une belle tournée pour aller présenter ce disque un peu partout !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)