lundi 27 juin 2011

Lord Bitum / Skydone / Mec Low & 220 sound system (11 juin 2011 - Barsi Barla - Nancy)

Nouvelle association du paysage nancéien, Faya Riddim, qui pour sa première soirée choisissait le Barsi Barla pour accueillir un plateau français des plus intéressants. Au programme, Lord Bitum, Skydone ainsi que Mec Low accompagné du 220 Sound System.
Ces derniers temps, le Barsi Barla ne donnait pas tellement l’occasion de s’y rendre pour apprécier des vibrations reggae. Du coup, nouvelle association couplé à lieu peu fréquemment mobilisé pour ces évènements laissait deviner que tous les habitués n’en seraient peut-être pas informés. Le 220 sound system, originaire de Caen, enchaîne les titres pendant que chacun arrive doucement (Damian Marley, Sister Nancy, Barrington Levy, Capleton, Sizzla…). Pour commencer, le micro est donné à Mec Low, actif en Haute Normandie avec le Simeon sound. Du reggae engagé, défendant des idées et conscient. En bon singjay, il partage des « Good Vibes », des « Big Up » ou s’adresse à notre cher président pour demander du changement. Vous pouvez télécharger sa mixtape Message de Paix pour vous faire connaissance avec l’univers de Mec Low. 
C’est au tour de Skydone de s’emparer du micro. Ce parisien apparaît d’entrée comme un jeune talent, certainement un nom de la scène reggae parisienne à retenir. Avec des titres des plus prometteur comme « Elle Est Si Belle » ou « Il Est Proche » ainsi qu’une intense combinaison avec Blacko « Force Et Courage », Skydone a de quoi convaincre. 
Enfin, Lord Bitum, accompagné du Raggadikal Sound, se charge de clôre la soirée au top niveau avec « Bizness », « Positif », « Good Vibes », « Je Ne Lâcherai Pas l’Affaire »… Rappelons que la sortie de Bitum & Friends vol.2 ne devrait plus se faire attendre longtemps. Tout le monde est dans l’ambiance. En note de fin, chacun redonne un peu de ses vibrations et le 220 sound system joue quelques derniers titres avant l’extinction du son et l’allumage des lumières. Une bonne première soirée pour Faya Riddim, à qui l’on souhaite sincèrement pour les prochaines que les massives nancéiens qui entretiennent le mouvement dans ce bon esprit qu’on apprécie tant soient au rendez-vous.
Big Up Everyone !

Simba



dimanche 26 juin 2011

Julian Marley / Lord Bitum / Tidacoustyk (03 juin 2011 - La KulturFabrik - Esch sur Alzette)

Nouvelle occasion de se rendre sans hésitation à la Kulturfabrik pour un concert exceptionnel d’un certain Julian Marley, progéniture de l’icône du reggae. La Kulturfabrik, Melting Pot et Irie Crew présentaient cet évènement avec en première partie Lord Bitum et Tidacoustyk.
Tous ont été informés de cette venue et ne tardent pas à se rendre sur les lieux dès 20h30. Pour commencer, la mise est jambe est confiée au trio de Tidacoustyk, rappelant la sortie récente de leur premier album Prologue, à se procurer pour apporter à sa discothèque une bonne dose de reggae acoustique français. C’est ensuite au tour de Lord Bitum de s’emparer du micro backé par Raggadikal. Depuis X-Factor, on ne cesse de parler de lui, de constater son talent, attendant la sortie de l’album qui sera précédé, dans les prochaines semaines, par celle de Bitum & Friends vol. 2.
Julian Marley arrive sur la scène, décorée en circonstances pour faire entrer dans l’ambiance, parée du visuel de son dernier album Awake (2009). Il est le fils dont on dit qu’il a la voix la plus proche de celle de son père, qu’à certain moment, en fermant les yeux on pourrait douter de ne pas retourner plus de trente ans en arrière. Julian fait son bout de chemin sur cette voie-là, du reggae roots, tranquille mais empli de sens. Le concert est l’occasion d’explorer sa discographie ainsi que celle de son père, effaçant ainsi toute notion de temps : « Natural Mystic », « System », « Harder Days », « Violence In The Streets », « Exodus », « Kinky Reggae »… Parfait retour au roots ! Un concert qui a subtilement maintenu toute la chaleur de cette belle journée au soleil éclatant.

Big up ! 

Simba

http://www.myspace.com/royalmarley (Julian Marley)

mercredi 22 juin 2011

Takana Zion - Rasta Government (Soulbeats/Socadisc)

Avec un titre aussi évocateur, le nouvel album de Takana Zion annonce d’entrée la source d’inspiration de la musique qu’il contient. Guidé par la foi rasta et ses valeurs d’amour, de partage et de paix, le jeune guinéen poursuit sur sa lancée, prêt à distiller un maximum de vibrations et de messages, paré pour entraîner le mouvement, aspirant à un radical changement. Dix titres au compteur, mais c’est bien suffisant tant il semble impossible d’échapper à l’énergie dégagée par celui qu’on avait présenté comme le nouveau talent du reggae africain avec la sortie en 2007 de Zion Prophet, suivi deux ans plus tard par Rappel à l’Ordre. Ces deux opus avaient déjà suscité un intérêt prononcé et des plus enthousiastes, confirmé à la sortie du second par la patte d’un certain Manjul dont le nom est assurément synonyme de qualité. Pas de baisse d’énergie ou de perte de vitesse, bien au contraire ! Si les précédents albums sonnaient d’un reggae résolument africain, ce nouvel opus, exclusivement new-roots, enregistré au studio Harry J à Kingston, efface toutes les frontières et possède tous les atouts pour se propager sans mal. La langue de Shakespeare y domine, supprimant pour le coup toute trace de celle de Molière, et conservant la juste dose de patois guinéen. Essai réussi, l’harmonie règne à la perfection. De « Give Thanks To Jah » à « Three Six Clash » en passant par « Glory » feat Capleton et le fameux « Rasta Government », aucun affaiblissement, du très haut niveau, qu’il s’agisse des textes ou des instrumentales. Une fois la lecture du disque achevée, nous voilà regonflés à bloc pour mener le combat à ses côtés et tenter de faire tomber Babylone. Cet opus s’inscrit d’emblée dans les indispensables de l’année et Takana Zion dans les artistes de qualité à suivre de très près. On ne peut que souhaiter que le message passe et que le mouvement prenne forme et force comme il se doit !

Simba

Tracklist :
01. Give Thanks To Jah
02. Stolen Family
03. Glory feat. Capleton
04. My Music
05. Rasta Government
06. Love Fire
07. Rise Up
08. Khoule
09. M’Bife
10. Three Six Clash

mardi 7 juin 2011

Lord Bitum / Mr Lézard / Tidacoustyk (07 mai 2011 - Bouzonville)

Rendez-vous samedi 7 mai 2011 pour une soirée proposant un plateau honorant au mieux le reggae français. A l’affiche, Lord Bitum ainsi que Mr Lézard, tous deux accompagnés du Babyclone Band, avec, en première partie, les lorrains de Tidacoustyk. Démarrage des vibrations dès 20h30 à Bouzonville (57) pour un moment mêlant bonne musique et détente appréciable.


Pour ce nouveau concert au nord de la Moselle, Melting Pot faisait place aux artistes français actifs depuis longtemps dans le reggae music et qui le portent fièrement. Si Lord Bitum a eu de nombreuses occasions cette année écoulée de jouer dans la région, cette soirée proposait de le voir accompagné d’un live band et de constater une fois de plus tout son talent. La dernière venue de Mr Lézard datait, quant à elle, de plusieurs années. Il était grand temps de nous présenter son deuxième album et de nous refaire vivre les morceaux incontournables du premier. Tidacoustyk annonçait la sortie en distribution de son premier album Prologue. Et, pour compléter cette belle affiche, Natural Mat aux platines, histoire de ne pas manquer un instant de bon son dans les oreilles. Le printemps étant de la partie, les lieux permettaient de servir à boire et à manger en extérieur, ou comment profiter jusqu’au bout de l’atmosphère estivale de cette belle journée.


Vers 21h, les massives commencent à arriver tout doucement, le temps d’apprécier l’ambiance conviviale des lieux avant le début des concerts. Une petite assemblée est réunie lorsque les trois membres de Tidacoustyk montent sur scène. "Mama Warria", "Il Ramène le Soleil", "Qu’est-ce qui se Passe"... Percussions, guitare, chant, parfois il ne suffit de rien de plus pour faire vibrer. Petite interlude sound system avec Natural Mat au contrôle avant l’arrivée sur scène de Mr Lézard et du Babyclone Band. Depuis le premier album, Saltimbanque, sorti en 2005, et qui présentait déjà un style et des morceaux remarquables, Mr Lézard n’a pas chômé. Le second, Loin Des Strass Et Des Paillettes, est sorti l’année dernière. Dans le même esprit, engagé mais toujours subtil, sur album comme sur scène. Cette soirée honore la rencontre de Mr Lézard et du Babyclone Band. Celle-ci est chaleureuse et de bonne entente à tous points de vue. Les morceaux s’enchaînent : "Mon Pays Est Malade", "Si Faire de la Musique Est un Crime", "Reggae Music", "My Youth"… 
A peine a-t-il quitté la scène, que Lord Bitum apparaît. Présent depuis longtemps dans le mouvement, que ce soit en solo, en band (avec K2R Riddim puis Bass Maker), ou encore au sein du Raggadikal sound system, son parcours est déjà long et son passage remarqué à X Factor n’a que permis de mettre une nouvelle fois en valeur ses talents vocaux incomparables. Ses textes ont de quoi parler à chacun, "Je ne Lâcherai pas l’Affaire", "Positif", "Bizness"… Bien que l’assistance présente ne comble pas les lieux, l’harmonie règne. Vers 1h30, le concert touche à sa fin et les musiciens quittent la scène. Natural Mat reprend les platines jusqu’à 3h du matin. Malgré un public moins nombreux que prévu, des concerts assurément riches en vibrations et de bon niveau. 


Prochain évènement proposé par Melting Pot en collaboration avec la KulturFabrik et Irie Crew, Julian Marley le vendredi 3 juin prochain, à ne pas rater !

Maximum respect !

Simba


lundi 6 juin 2011

Netna représente du nord au sud, de l'est à l'ouest !

Netna, jeune artiste montpelliéraine naviguant aisément entre reggae, dancehall et hip-hop, présente son premier projet Indeground, enfin disponible. L’occasion d’apprécier toute la diversité de son univers musical.
 
Netna prend goût à la musique dès le plus jeune âge, découvrant aussi bien le reggae que le rock ou l’électro. Vers 14 ans, attirée par le flow du rap, elle s’attelle à la rédaction de textes et travaille son élocution. Elle découvre le sound system, la culture antillaise, s’éprend des sons jamaïcains, l’accroche avec le milieu reggae-dancehall est immédiate. Après avoir fait ses armes en sound system, jouer en première partie du concert de Capleton en 2003 provoque un véritable déclic. Gagnée par la persévérance et la détermination, plus rien ne peut lui faire perdre de vue son objectif : diffuser sa musique, ses vibrations. Les années suivantes, elle multiplie les scènes, les titres sur compilations ou mixtapes pour forger son expérience. En 2009, commence l’autoproduction de son premier projet solo intitulé Indeground. 20 titres où reggae et hip-hop sont à l’honneur, s’octroyant des détours vers le dancehall, le rock et l’électro. Avec un flow percutant mais qui sait également être plus doux, Netna révèle des textes forts abordant le respect, l’amour, la foi… accompagnés de rythmiques à l’énergie toujours porteuse. Le juste maniement de sa voix et la qualité de ses mots sont sans conteste les points forts qui en font sa signature. Avec fluidité, l’album traverse les styles, chaque titre trouvant sa place et apportant sa force. Des influences diverses, une dizaine de producteurs, plusieurs featuring - notamment avec Ayawaska, cet album se veut résolument riche. Netna apporte sa touche féminine et personnelle à la scène reggae, rien de réchauffé ou déjà entendu. Autant se procurer dès que possible Indeground car est déjà annoncé dans les prochains mois la sortie de la mixtape Etats DAME. La tête pleine de projets et lancée à pleine vitesse, Netna nous réserve de nombreuses surprises à venir et à ne surtout pas manquer !

Nous avons profité de la sortie de cet album pour poser quelques questions à Netna et mieux connaître son parcours musical :

Peux-tu en quelques mots te présenter ainsi que ta musique ?
Je suis d'origine allemande, issue d'une famille d'artisans. J'ai grandi dans le sud de la France à partir de l’âge de 7 ans. J'ai déménagé une dizaine de fois, changé de pays, et  appris une nouvelle langue, ce qui m’a donné une grande capacité d'adaptation. J'aime le mélange des cultures, l'éclectisme, l'ouverture d'esprit, que j'essaie de transmettre à travers ma musique. Elle est reggae, dancehall, hip-hop, pop-rock, soul..., tout s’y mélange en s'harmonisant.

Quels sont les artistes majeurs qui t'ont donné envie de faire de la musique ?
Lauryn Hill, Capleton, Buju Banton, Anthony B, Queen Ifrica, Queen Omega, Ben Harper, James Brown, Tina Turner, Janis Joplin… Il y en a tellement !

Quel a été ton parcours jusqu'à Indeground, ton premier album ?
Tout d’abord, j'ai participé au collectif Digital Cut qui comprenait 4 musiciens et 4 chanteurs. Ensemble, on a fait 2 CDs et 1 clip. J'ai également participé à une quinzaine de compilations (Frenchy Ragga Dancehall chez Wagram, Red Moon Panic, Dancehall Mix Party...). Sinon, pendant 10 ans, ça a été l'école des sound systems, ce qui m’a fait voyager à travers l'Europe (France, Allemagne, Suisse, Espagne, Belgique…). Il y a eu aussi des premières parties d’artistes comme Capleton, Anthony B, Queen Omega, Admiral T, Sinsemilia… et des affiches partagées avec notamment Anthony Que, Baby G, Yaniss Odua, Daddy Nuttea, Lyricson ou encore Anthony John.

Comment s'est passée la création d'Indeground ?
Indeground est mon premier projet perso. ll boucle justement cette grande période d'apprentissage, bien qu’elle ne soit certainement pas finie d’ailleurs. C'est un premier exercice de style. L’album regroupe une dizaine de compositeurs de différents pays (France, Portugal, Belgique, Allemagne). Il est le fruit de mes rencontres, voyages et amitiés. Tous les morceaux sont des compositions originales. J'ai voulu faire quelque chose de complet, avec les moyens du bord, quelque chose qui me représente, fasse ressortir mon tempérament et mes influences. Je ne suis pas une rappeuse, ni une "reggae woman", je ne suis ni rasta, ni catholique, ni musulmane ou bouddhiste. Ma religion est l'amour, et surtout j'aime la musique !

Quels sont tes projets pour les prochains mois ?
Je vais me concentrer sur la promotion d’Indeground, qui est en téléchargement légal sur les plateformes et dispo par commande (indeground.contact (at) gmail.com). Le nouveau projet, qui sera plutôt une mixtape et qui est déjà bien avancé, s’appellera Etats DAME, à venir très prochainement !

Simba

(pour ReggaeMag.fr)

mardi 31 mai 2011

Bibiche Reggae Partie (12 février 2011 - Lorraine)

 14ème édition de l’évènement reggae local, Bibiche Reggae Partie accueillait Queen Omega & The Jam Flavor Band, accompagnés de Mo’Kalamity & The Wizards, et des lorrains de Tony Nephtali & Band. Les vibrations féminines étaient à l’honneur…
Dès 20h45, arrivée de Tony Nephtali & Band sur scène. Armé de détermination et de foi, le groupe vient d’enregistrer son premier album intitulé Croisades (sortie prévue en mars) et propose un son qui se veut roots, conscient et même engagé. Ils entrent en scène en reprenant « The Heathen » de Bob Marley pour enchaîner ensuite sur leurs compositions, « Everyday », « Notre Père », « Trouve », « Laisse Les Croire »… Le public apprécie bien la mise en jambe. Changement de plateau et moment de détente, le reggae et la campagne ont visiblement le mérite d’apaiser tous les esprits. C’est au tour de Mo’Kalamity d’offrir sa musique et sa voix suave. Accompagnée de The Wizards, elle entre sur scène d’une beauté resplendissante qui n’est finalement que le juste reflet de la voix qu’elle possède. Nous voilà entraînés dans un moment de reggae roots profond aux accents soul. Qu’elle chante en français ou en anglais, ses textes font toujours sens : « Keep On Fighting », « Vision », « Jah Love », « Petit Bonhomme », « Autour de Toi »… Du reggae qui réchauffe le cœur et qui entretient parfaitement la plénitude qui règne dans les lieux. Nouvel interlude, c’est maintenant à Queen Omega de nous conquérir avec sa voix puissante. Pour cette tournée, elle est accompagnée du Jam Flavor Band. Guidée par la foi en Selassie I, Queen Omega s’impose comme une des figures féminines majeures de la scène nu-roots avec ses albums, ses dubplates, ses morceaux posés sur différentes séries -notamment celles du label Special Delivery - ou des compilations. Même chose sur scène, Queen Omega émerveille les vibrations reggae de sa voix qui sonne : « Simplicity », « Judgement »… La salle est en osmose. Une soirée 100% good vibes et chaleureuse juste à point !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #17 - avril/mai 2011)

Jahcoustix - Crossroads (Kingstone Records)

Jahcoustix revient avec un nouvel album et, connaissant l’artiste, la curiosité s’éveille pour prendre connaissance du chemin musical choisi pour ce troisième opus. Le morceau d’ouverture, « Crossroads », invite d’entrée le représentant reggae le plus connu d’Allemagne, Gentleman. On sait bien la connexion musicale et humaine qui existe entre les deux hommes, et c’est également le cas avec l’autre invité allemand de l’album Sebastian Sturm sur « Live Today ». Certainement deux des meilleurs titres de la tracklist. Il ne manquerait que Patrice pour réunir la crème de la scène germanique. Au niveau des lyrics, même direction poursuivie, du conscient et spirituel comme sait faire Jahcoustix (« Children Evolution », « True to Yourself »,  « Symphony of the Element »). Au niveau des instrumentales, du reggae roots/nu-roots, des sonorités rock par-ci par-là (un peu déstabilisantes comme sur « Contemporary Fool » et « Loosing Gravity ») et même exotiques sur « Take Me Away ». Annoncé comme le dernier de l’album, ce morceau cache un titre touchant qui aurait mérité d’être davantage valorisé. Du bon son malgré quelques faiblesses. L’album pourrait manquer seulement de quelques pointes d’intensité qui donnent des frissons. Certains le diront plus formaté que les précédents mais il mérite tout de même de l’attention, ne serait-ce que pour découvrir cet artiste.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #17 - avril/mai 2011)

Maxxo - For The Next Generation (Echo Prod)

Avec ce second opus sorti fin 2010 chez Echo Prod, la révélation reggae de l’année 2007 confirme ce qui avait été annoncé : Maxxo impose son style et c’est un inconstatable apport pour la scène française. Les premiers extraits « No Secret » et « Mother Nature » (I Love riddim) avaient donné un avant-goût alléchant. Dans la lignée du précédent, New World Design, la barre est haut placée. 14 titres de qualité avec tout ce qu’on peut souhaiter : des textes conscients, des rythmiques lourdes qui traversent les styles et incitent à la danse… et des invités de taille. Plusieurs featuring enrichissent ainsi l’album. Des noms évocateurs qu’on retrouve avec enthousiasme: Yaniss Odua sur le festif « U Gonna Dance », l’anglais Macka B sur « Perfect Style », le jamaïcain Max Romeo sur « Winner Round », Patko sur « Me Rise »… et même le rappeur français Akhénaton sur le touchant « Father For Son ». Sans oublier les mythiques Sly and Robbie qui apportent leur groove sur quatre titres à la sonorité bien roots. Un album où domine la langue anglaise que Maxxo manipule aisément. Il présente là un effort musical qui a l’envergure des meilleurs de la scène européenne. Une heure de reggae qu’on laisse couler sans peine, un remède contre la morosité qui apporte énergie, soleil et sourire.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #17 - avril/mai 2011)

lundi 30 mai 2011

Sylem - Soldat de Jah

Depuis plus de dix ans, c’est avec persévérance que Sylem s’est fait une place dans le reggae. Avec Soldjah, l’artiste amorce en parallèle une carrière solo riche en bonnes vibrations. 

Retour sur son parcours, de la Martinique aux Bermudes en passant par la France, de l’école des sound systems à Soldjah en passant par les Positiv Young Lion…

Ton pseudonyme « Sylem » a-t-il une signification particulière ?
« Sylem » vient d'un ancien de ma commune, Le Robert, en Martinique. Il était ce qu'on appelle chez nous un « majo dans ladja », quelqu'un de très respecté dans la danse traditionnelle antillaise. On pourrait comparer cela à la capoeira brésilienne.

Comment as-tu commencé à faire du reggae ?
A cette époque, on en écoutait beaucoup sur des cassettes qui venaient de Sainte Lucie, l’île voisine. Le rythme m'a conquis et ne m'a jamais lâché depuis ! On s'entraînait dans les rues et on montrait ce qu'on savait faire au lycée. On trouvait déjà des talents comme certains membres des Neg Ki Pa Ka Fè La Fèt', Man Tuff, Apach ou Mr Wally.

Quelques mots sur ton sound system Arawak ?
C’est le premier sound system avec lequel j'ai tourné et fait mes armes face à un public. C'était le sound system numéro 1 à Nantes, de 1998 à 2000. On a inspiré d’autres sound à éclore parce qu'on a amené une vibe qui manquait dans la région, la vibe caribéenne. Avec l’efficacité de mon sélecteur Djul Mandika, on a écumé tout l'ouest de la France du nord au sud !

Tu as ensuite intégré Positiv Young Lion aux côtés de Torody et General Lion. Comment vous êtes-vous rencontrés ?
A l'époque où j'étais avec Arawak, Torody et moi on se connaissait déjà, on était ami. Je connaissais General Lion de loin. Il jouait avec un autre sound de la région, nos crews se respectaient. Il y a eu cassure de mon côté avec mon selecta. General et Torody se sont rapprochés et ont formé leur propre sound, déjà appelé Postiv Young Lion. J'étais en solo et ils m'ont proposé de les rejoindre, ce que j’ai fait !

En 2007 est sorti le premier album de Positiv Young Lion Fo Nou Rassemblé. Que peux-tu en dire aujourd'hui ?
Franchement le produit est de bonne qualité. Je le réécoute parfois et j'aime bien le travail. A chaque morceau, ce sont des souvenirs qui reviennent. Ca a été beaucoup de sacrifices au niveau de la famille, l’argent, le temps et les voyages entre Nantes et Paris. Tout l'album a été réalisé avec la grâce de Jah et sa bénédiction. A chaque fois qu'il y avait un début de galère, Jah résolvait le problème pour nous ! Je remercie Jah, c'était une vraie aventure. Ca nous a pris 3 ans à tout faire en ghetto youths !

Tu te consacres actuellement à ta carrière solo. Fais-tu toujours partie de Positiv Young Lion ?
Positiv Young Lion et moi, c'est for life ! Je me concentre sur mon parcours solo parce que je suis aux Bermudes depuis 4 ans donc c'est une chose qui devenait inévitable vu la distance, mais on a toujours des projets ensemble. D'ailleurs je reviens en France cette année et ça va être fumant !

Comment présenterais-tu ton premier street album
 Soldjah sorti il y a quelques mois ?
Cet album représente tous les aspects du reggae que j'aime et c'est mon premier projet perso : une réunion d'énergie et d’amour. Je tiens à remercier tous ceux qui y ont participé : des artistes à la conception des images, riddims, mixage, mastering, distribution ; et ma famille bien sûr, sans eux rien n'aurait été possible. "No man is an island no man stand alone" !

Comment se sont noués les featuring qu'on retrouve sur l'album ?
Ce sont des personnes que j'apprécie pour leur simplicité et leur gentillesse, et ce sont tous des artistes de talent. J'aime bien les featuring, c'est une combinaison d'énergie où chacun doit pousser l'autre à faire mieux. Tous ont vraiment donné le meilleur d’eux-mêmes et je les en remercie ! Dany Dan fait partie de ceux qui me produisent, la collaboration était évidente, d'autant plus que c'est une figure importante du rap. Nazareken, artiste de talent qui chante depuis qu'il est né… Yeahman C, pur singjay quelque soit le dub... Et je citerai Little D Lion, les bermudiens Princess Black et Live Wires, un des membres du crew de Collie Buddz, Roach Killa, et quelques autres dont Younggy, un vrai talent aussi. Ceux que je ne cite pas ne sont sûrement pas moindres, je considère chacun d’eux comme de vrais frères. Pour les riddims, c’était à la vibe, j'ai vraiment utilisé ce qui était à ma portée : quelques jamaïcains, du lourd local et un riddim d'un des membres de Dub Inc.

Tu transmets par ta musique un message rasta, que peux-tu en dire ?
Pour moi, Rastafari, c'est la vie. C'est-à-dire l'esprit divin qui vit en chacun de nous et on se doit de faire de notre mieux pour la lumière de Jah. Vivre et éclairer d'autres plutôt que de laisser les tentations tellement faciles s'emparer de nous. On se trouve face à un défi : peut-on réussir à se préserver dans ce monde de malades qui nous entoure ? La réponse est oui, avec les enseignements de King Hailé Selassie I. C'est un vrai exemple qui s'offre à nous pour mener une vie saine. J'essaie de mettre ça en musique et d'appeler la voix intérieure de chacun qui nous montre ce qui est juste. Beaucoup ont besoin qu'on leur rappelle ces évidences comme apprécier la vie, arrêter de se plaindre pour rien, prendre conscience de ce qui s'offre à nous et qu'on a la possibilité de réaliser tout ce qu'on veut à partir du moment où on arrête de se limiter. Notre histoire en tant que Noirs est ainsi faite que nous devons réapprendre à avoir confiance en nous et reprendre le contrôle de nos vies.

Tu vis aujourd'hui aux Bermudes, quels sont tes projets à venir ?
J'annonce mon retour en France très bientôt, donc j'espère des concerts. Un gros one riddim bermudien sur le feu, Bagay' Cho. Je n’en dis pas trop en espérant réaliser le plus, avec la grâce !

Que penses-tu de la scène reggae actuelle ?
Lorsque je suis revenu en France en 2010, j'ai eu l'occasion de rencontrer Sista Jahan dont j'aime bien la vibes. Pour les nouveaux, étant éloigné, je suis un peu perdu, donc je parlerai de ceux que je connais notamment Younggy D, talentueux. J'aime écouter mes frères Man Tuff et Yeahman C. Et sinon les fondations : big up Straika, Tiwony, Guy Al MC, Admiral T, Positiv Young Lion…

Quel message as-tu envie de transmettre aux lecteurs de Reggae Vibes ?
More Love More Life More Strength Fi Di People Dem! Et bien sûr un big up à Reggae Vibes qui permet de montrer ce que font les artistes. Blessed Love! Give Thanks And Isis!

Soldjah (CD autoproduit)

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #17 - avril/mai 2011)

dimanche 29 mai 2011

Tony Nephtali & Band

Le groupe lorrain Tony Nephtali & Band propose aujourd’hui son premier album Croisades, aboutissement de dix années de vibrations roots et de foi rasta. Combat musical et spirituel, le mouvement est en marche !
Attirés par la musique d’aussi loin qu’ils se souviennent, c’est vers l’âge de 12 ans que Tony et Rems montent leur premier groupe de rock. Il ne leur faut pas longtemps pour se tourner vers le reggae et l’acoustique. Les rythmiques et messages rastas des grands du roots (Bob Marley, Dennis Brown, Abyssinians…) leur parlent : les voilà choisis par le reggae. Ce message d’amour, de respect, d’unité est ce qu’ils souhaitent véhiculer : « la Vérité de Sélassié I et la Volonté du Tout-Puissant ». Ils forment Acoustic From Zion, composent et font les premières parties de Pierpoljak, Conscience Tranquille ou Abdou Day, alors qu’ils n’ont pas encore 18 ans. Mais le groupe ne parvient pas à se mettre en place. Tony joue alors en acoustique et participe à des projets hip-hop. Forts de rencontres et d’expériences, 2009 marque la naissance de Tony Nephtali & Band. Une équipe solide se constitue autour de Tony (chant, composition) et Rems (basse). Trois membres de Zamalska, l’ancien batteur de Métisse, le groupe s’agrémente sur tous les pans : management, graphisme, photos, vidéos, promotion, merchandising… En un an, ils ouvrent la scène pour des artistes reconnus (Alborosie, Mighty Diamonds…) et font une tournée au nord de l’Italie. Dès leur retour, ils entament la production du premier album, enregistré au studio de R.I.C. et pour lesquels ils ouvriront ce printemps au Festival off de Bourges. Sorti en mars, Croisades se veut annonciateur d’un « combat spirituel amorcé par le biais de la musique, défendant des valeurs et prônant une alternative à la routine babylonienne. Il est le commencement d’un long périple, qui continuera d’évoluer, qui est pour maintenant et pour longtemps ! ». Les prochains mois seront consacrés à le présenter sur scène en France et chez nos voisins frontaliers. A suivre ! 

Simba

tony.nephtali (at) gmail.com  

(pour Reggae Vibes Magazine #17 - avril/mai 2011)