jeudi 10 mars 2016

Brain Damage - Echos de Jamaïque

Avec plus de quinze ans de musique au compteur, Brain Damage présente son onzième album, Walk The Walk. Cette fois, Martin a choisi de s’aventurer vers des sentiers plus roots qui l’ont conduit jusqu’en Jamaïque, s’offrant même la présence d’une poignée d’invités hautement respectables : Horace Andy, Willi Williams, Kiddus I, Winston McAnuff et Ras Michael.

Peux-te présenter rapidement, ainsi que ton parcours.
Martin, en charge du projet Brain Damage depuis 1998-1999.

Comment résumer autant d’années d’activisme en quelques phrases ?
Je dirais que le projet s’articule autour d’un style : le dub. Depuis toutes ces années, il y a pas mal de facettes du style qui ont été explorées. Au fil de onze albums, je me suis permis de prendre plusieurs directions qui ont pu surprendre certaines personnes parfois, et ajouter, sans prétention, ma patte au dub.

Comment résumerais-tu la discographie de Brain Damage ?
Le maître-mot serait « surprise », autour d’une seule ligne directrice, le dub. D’un album à l’autre, on peut changer complètement d’univers. Il y a eu une période avec des albums bien expérimentaux, d’autres qui sont plus tournés vers l’Angleterre et la manière anglaise de faire du dub… Là, plus récemment, j’ai eu la chance de me rendre en Jamaïque. Mes productions s’en trouvent donc bien plus roots. Pour résumer ma discographie, je dirais beaucoup de prise de risque, de remise en question et de changements de direction.

Ton nouvel album, Walk The Walk, est sorti le 16 octobre dernier. Comment le présentes-tu ?
Depuis un moment, j’avais l’intention de changer un peu mon fusil d’épaule et de faire quelque chose de plus roots, alors que j’ai évolué dans des univers plutôt froids et urbains jusque-là. J’ai essayé de réchauffer un peu le propos musical et, parallèlement, j’ai eu la chance d’aller en Jamaïque, grâce à Samuel Clayton Jr., qui m’a ouvert les portes du Harry J Studio, lieu mythique pour avoir vu passer d’immenses artistes, dont Bob Marley. Sam Clayton Jr. m’a aussi mis en contact avec les chanteurs de la génération qu’on voulait justement solliciter pour ce projet – et pas des moindres : Horace Andy, Willi Williams, Kiddus I, Winston McAnuff et Ras Michael. Voilà comment je présente l’album : musicalement, des sons plus roots, et la rencontre avec cinq légendes qui ont fait le reggae !

C’était réfléchi ou tout ça s’est fait de façon spontanée ?
Ce qui était réfléchi, c’est la couleur musicale, changer mon propos, mettre plus de mélodie, de chaleur dans ma musique. Le fait d’aller en Jamaïque également. Le fait de se concentrer sur cette génération-là, c’était aussi l’idée de départ. Après, sur qui on allait exactement tomber, qui allait être disponible sur la période où j’étais à Kingston, ce n’était pas gravé dans le marbre. On avait fait une liste de gens potentiellement intéressants pour le projet. Sam Clayton Jr. a tellement de contacts qu’il a pu me présenter à ceux qui sont présents sur l’album, ce qui correspond exactement à ce que je voulais ! J’ai été vraiment séduit par la fraîcheur de ces sessions studio avec des personnes qui ont cinquante ans de carrière derrière eux ! A chaque fois, ça a été émotionnellement très fort et artistiquement très riche.

Quand a eu lieu ce voyage en Jamaïque ?
En février. Je suis resté quinze jours sur l’île et, grosso modo, il y a eu un ou deux jours de travail avec chaque intervenant. Ils ont l’habitude de travailler très vite, avec un résultat très authentique. En Jamaïque, nous avons fait uniquement les prises de voix. Sinon, tout a été fait en France, chez moi, dans mon studio. L’album sera disponible en CD, en vinyle et en téléchargement, un peu partout dans le monde.

Y a-t-il une tournée de prévue ?
Oui, il y a une tournée qui a déjà commencé et qui se prolongera en 2016. J’assurerai les shows seul, comme je le fais souvent avec Brain Damage. Mais, autour de la sortie de l’album, je me suis permis de solliciter Willi Williams, qui va venir, sur une quinzaine de jours, soit huit dates, en passant par Paris et d’autres villes de province. N’hésitez pas à vous tenir au courant sur www.brain-damage.fr.

On peut dire que la scène dub est très active actuellement…
La scène dub est très active dans plusieurs pays et internationalement. On s’aperçoit qu’il y a eu un renouveau. Ça fait déjà une vingtaine d’années qu’il y a une bonne scène dub en France. Il y a eu une première génération, dont je fais partie, qui est née vers la fin des années 1990. Ensuite, une nouvelle génération est arrivée, qui proposait une autre approche du style, avec, notamment une explosion du sound system à la manière anglaise. Avec du recul, c’est assez stupéfiant de voir les évolutions et les échos que peut susciter le dub. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve…

Quels sont les projets que tu as, toi, en tête ?
Dans un premier temps, essentiellement, défendre cet album en live, seul ou avec Willi Williams. Il est question que je retourne en Jamaïque et, aussi, que je diffuse les versions dub des morceaux chantés qui sortent sur l’album.

As-tu des collaborations en vue pour la suite ?
Pour l’instant, c’est un peu tôt pour en parler… J’ai enchaîné énormément d’albums, de tournées, le projet avec High Tone, celui avec Vibronics, puis la tournée, qui a pris quand même deux ans, ce qui a abouti à un album, plus un album live… Le nouveau qui vient juste de sortir, un album dub sûrement après…  Je pense que je vais essayer de prendre un petit peu de temps pour assimiler ce que j’ai pu vivre ces dernières années, analyser les différentes cultures et approches du dub auxquelles on peut être confronter, que ce soit en France avec les High Tone, en Angleterre avec Vibronics, en Jamaïque avec le travail dont je viens de te parler. Il y aura forcément une suite à Brain Damage, mais je ne peux pas encore dire quelle forme elle prendra !

Que peut-on souhaiter pour la suite de Brain Damage ?
Continuer de faire ce que je fais le plus sereinement possible. C’est déjà un combat parce que c’est énormément de travail. Tout ce que je demande, c’est de pouvoir continuer à faire des albums et des tournées !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

mercredi 24 février 2016

Baco Records

En un peu plus de trois ans, Baco Records, le label créé par Danakil, a grandi et pris du galon. Les albums du catalogue commencent à s’accumuler – et pas n’importe lesquels -, à l’instar de tournées qui n’en finissent plus !
« Depuis la naissance du label, nous avons sorti les disques de Danakil, Natty Jean, Brahim, Phases Cachées, Protoje, Papa Style… ce qui fait déjà une bonne dizaine d’albums. Depuis deux belles années maintenant, nous avons démarré notre activité de production de tournées. Chaque sortie d’album appelle sa tournée. Avec, en moyenne, un disque tous les deux ans pour chaque artiste, le rythme est très soutenu ! Notre évolution est liée à une chose primordiale : l’indépendance. Au-delà des signatures d’artistes, le label se développe en essayant au maximum de garantir son autonomie, à tous les niveaux possibles. La prochaine étape aura lieu dès 2016, puisque nous envisageons de prendre en main la distribution de toutes nos références. Les tournées de Danakil, Yaniss Odua et Protoje ont rencontré un vrai succès. Un des points culminants a été certainement le World Reggae Music Tour, où nous avons réuni, le temps de quelques semaines de tournée, entre la France, la Belgique et l’Espagne, les trois groupes sur de grosses jauges. C’est une des forces de notre label : parvenir à harmoniser les publics, les fédérer, le temps d’une soirée, autour d’un plateau hétéroclite et complémentaire. 2016 sera l’année des sorties des nouveaux albums de Danakil, Volodia, Papa Style… et leurs tournées respectives ! Natty Jean et Yaniss Odua sont aussi en train de plancher sur leurs futurs albums. Nous réfléchissons au développement international de nos artistes, Danakil et Phases Cachées ayant planté de belles graines au Canada, notamment. Dans un futur proche, nous aimerions trouver un lieu de création et d’enregistrement, agrandir nos bureaux dans la région bordelaise, afin de répondre aux prévisions de développement de nos activités, et, à terme, y ouvrir notre propre studio… Il y aura une soirée Baco Records à la Maison de la Radio le 16 janvier prochain, au studio 104, prêt à accueillir 900 personnes pour un show exclusif backé par Danakil, qui réunira la quasi-totalité des artistes du label. L’occasion de présenter notre activité à un large public, puisque le show sera multi retransmis sur les ondes du Mouv’, avec notre K-za national à la barre ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

dimanche 21 février 2016

Soom T

Dans la catégorie voix féminine au flow qui envoie de l’autre côté de la Manche, Soom T a de quoi se défendre. Ses prouesses répétées au micro au côté, entre autres, de Mungo’s Hifi et Jahtari, ont su faire parler d’elle. Son album Free As A Bird est sorti le 13 novembre.
Fille d’émigrés hindous, Soom T grandit à Glasgow, dans le nord de l’Ecosse. Egalement musicien, son frère joue dans un groupe de punk-métal, Question Authority. Il n’y sera pas pour rien dans son élan vers la musique, lui faisant découvrir Cypress Hill, Body Count, Rage Against The Machine, Panthera ou Tupak Shakur. Les ondes médiatiques se chargent de poursuivre son éducation musicale dans toutes les largeurs, en passant par Tori Amos, Björk, Queen, Blur, Desiree… Touchée par leurs valeurs, Soom T porte un profond respect à de grands hommes tels que Martin Luther King, William Tyndale, Malcom X, Georges Washington, Jésus-Christ… Dès l’adolescence, elle baigne dans la foi chrétienne. Par la suite, tant qu’à prendre un micro et à utiliser les mots, elle n’hésite pas non plus à tenir des propos engagés et à s’exprimer sur les droits de la femme. Au final, son style est un parfait mix de son éducation traditionnelle et de la réalité actuelle. Elle veut sa musique aussi expressive que possible, piochant dans les forces de chaque genre, du reggae à l’électro en passant par le hip-hop et la soul. Elle a 17 ans quand elle commence à rapper avec l’accent américain. La chanteuse évolue au sein du groupe de hip-hop électro qu’elle a fondé, Soom T & The Monkeytribe, jusqu’à ses 25 ans, et collabore également avec The Orb. Elle monte ensuite son propre label Renegade Masters, à l’image de sa quête de liberté et d’indépendance, qui est aussi la raison principale qui met fin au groupe, continuant son parcours en solo. Son flow impressionnant n’a pas tardé à attirer toutes les oreilles vers elle. Cette envie de liberté pure est exactement ce qui émane de son album, intitulé Free As A Bird. Il s’agit d’un élégant mélange des genres, hip-hop, soul, reggae, ragga… laissant toujours planer ses origines sound system underground. Le single et premier extrait, « Broken Robots », a fait des ravages en à peine quelques semaines. Soom T a réalisé Free As A Bird en compagnie de Tom Fire, et a récemment posé sur son album pour « Take a Walk ». Vous voilà prévenus !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

jeudi 18 février 2016

Natural Mighty

Quatre ans après la sortie de leur premier album éponyme, les parisiens de Natural Mighty proposent un EP 6 titres, Good Time, regroupant des morceaux nés en live qui méritaient d’être rejoués en studio. Un concentré de bonnes vibrations, avant un nouvel album annoncé pour 2016.
Le groupe prend forme en 2007, à Paris. Actuellement composé de sept membres, de nombreux musiciens sont entrés dans la famille à un moment ou un autre. Réunis dans un cadre très nature lors de l’enregistrement de leur premier opus, le nom Natural Mighty a coulé de sources, notamment grâce à son dérivé, son double sens : Nature Almighty. Tous reconnaissent avoir commencé à faire de la musique approximativement vers la fin de l’adolescence. C’est cette passion commune pour le roots qui les a amenés à se rencontrer. Ils tombent également tous d’accord lorsqu’il s’agit de Bob Marley, The Gladiators, Steel Pulse, Groundation… même si leurs influences respectives peuvent variées. Le premier album, qui porte simplement le nom du groupe, sort en 2011. Il marque le début du style et de la touche Natural Mighty. Avec des morceaux comme « War » ou « Music », il illustre la diversité des influences du groupe et ses richesses. Un nouvel EP, intitulé Good Time, est sorti le 28 septembre. Six titres qui sont nés sur scène et sur lesquels le public se mettait immédiatement à danser, maintenant réunis au format EP digital, pour leur offrir une seconde vie au-delà des concerts. Si quatre années séparent l’album de ce nouvel EP, c’est du temps qui a servi à faire des dates et à reformer l’équipe en fonction des objectifs et des possibilités de chacun. Good Time est disponible sur toutes les bonnes plateformes de téléchargement. Natural Mighty travaille d’ores et déjà sur son second album. Ce qu’ils peuvent en dire ? « Le second opus racontera une histoire de la première à la dernière chanson, avec un thème fort et universel, le tout livré dans un reggae bien roots… La sortie de cet album en autoproduction devrait avoir lieu au printemps 2016. Nous avons aussi énormément envie de partager notre musique sur scène avec notre public ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

lundi 15 février 2016

Samskara

Un an après la sortie de son premier album Mise au Vert, Samskara est heureux d’assister à une nouvelle distribution, nationale cette fois, grâce à Keyzit. Au fil de l’eau, les choses se sont accélérées pour le groupe, qui planche assidûment sur son second projet.
« Depuis la sortie de Mise au Vert, en septembre 2014, on a continué, comme à notre habitude, à partager notre temps entre l’écriture, la composition, l’enregistrement de nouveaux morceaux, les dates de concert et le temps consacré à la promotion du groupe. En janvier 2015, Samskara a été nommé « Révélation Française » aux Victoires du Reggae (Reggae.fr) ; en mars, nous avons été sélectionnés pour faire partie des artistes Starter, dispositif d’accompagnement du Combo95 ; en juin, notre son et notre nom ont traversé l’Atlantique grâce au magazine numérique Irie Mag ; puis, il y a eu la mise en ligne du clip de « De L’Air ! » sur YouTube ; en juillet, « Sans Conscience » faisait partie de la playlist de la compilation Underground Reggae… Nous avons fait une quarantaine de concerts depuis septembre 2014, dont des premières parties sympas et remplies de rigolade, avec Skarra Mucci, Mo’Kalamity, Danakil et Protoje & The Indiggnation… Le 18 septembre dernier, Mise au Vert a connu une sortie nationale grâce à la rencontre avec Keyzit (maison de disque et de distribution) qui nous a contactés en exprimant le souhait de distribuer notre album. Nous sommes désormais en contrat avec eux pour deux ans. Actuellement, nous travaillons sur le prochain opus, nous sommes en plein choix des titres qui vont le composer. Pour Mise au Vert, c’est Vince (guitariste) et Syla (MC) qui avaient signé la majeure partie des morceaux. Ghilou Bwoy est aussi de la partie cette fois. Il a concocté des tueries, notamment les titres « Respect », qui rend hommage aux pères fondateurs du reggae, « Ensemble » et « Tour 4 », qui parlent du vivre ensemble et de l’appel irrésistible des grands espaces… Nous nous donnons à peu près un an à compter de la réédition du premier album pour pouvoir réaliser un second d’aussi bonne qualité technique. Pour l’année à venir, nous comptons continuer à tourner, faire un maximum de concerts pour le plaisir d’être ensemble, provoquer des sourires, voire faire danser les gens – d’ailleurs, nous cherchons un tourneur ! – et, aussi, sortir les premiers singles du second opus, lui-même prévu pour septembre 2016 ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

mercredi 10 février 2016

Skarra Mucci - Greater Than Great (Rawkaz Clan Records / Undisputed Records)

Dans le genre « album qui efface n’importe quel réveil difficile et/ou donne un coup de fouet en à peine quelques minutes », Greater Than Great fait l’unanimité ! Return of the Raggamuffin possédait déjà cette brillante qualité. Skarra Mucci est un maître confirmé en matière de ragga, il sait faire bouger les hanches, jouer à la perfection de son flow et de sa voix sur des riddims qui donnent instantanément envie d’onduler son corps. Le M.C. a l’art et la manière de rendre toute sa noblesse au ragga, au dancehall, à une époque où les nouveautés du genre ne retiennent pas toujours l’attention plus de quelques instants… Avec l’incroyable Skarra Mucci, on oublie toute notion de temps, seule la musique compte : la faire sonner avec authenticité et surtout faire kiffer autant que possible ! La leçon est efficace et on peut dire qu’il maîtrise ses recettes ! Les big tunes s’enchaînent généreusement, avec 16 morceaux vraiment bouillants, dont « Love Train » feat. Alex, « Life So Rich », « Bomboclaat » feat. Perfect, « My Sound »… Certains riddims sont loin d’être inconnus, toujours pour le meilleur effet (Stop That Sound, After Laughter (Come Tears), Swing Heavy, Impossible…). Rajoutons que l’album a été produit par le Rawkaz Clan et Undisputed Records ; les visuels sont signés Florian Weigel. Greater Than Great porte vraiment bien son nom !

Simba

Tracklist :
01. Greater Than Great
02. Not Impossible To Me
03. Come Fi Take Ova
04. Love Train feat. Alex
05. Boxing
06. Marihuana
07. Bomboclaat feat. Perfect
08. Forward Inna Di Dance feat. Teacha Dee
09. Life So Rich
10. Dancehall Energy
11. Get Gal aka Mr Pleasure
12. War Dem Get
13. Red ft. Teacha Dee
14. My Sound
15. Tear Drops feat. Alex & Madinka Warrior
16. Bubbler

dimanche 31 janvier 2016

Protoje - Ancient Future (In-Digg-Nation / Baco Records)

Il aurait été impensable de ne pas consacrer quelques mots à l’une des plus belles perles de l’année 2015, l’album de Protoje Ancient Future, même si c’est avec un peu de retard ! Depuis son arrivée, Protoje ne nous a donné que des raisons de lui faire confiance, élevant un peu plus la barre à chaque coup. Il suffit de relire les chroniques de 7 Year Itch et de The 8 Year Affair pour se rappeler tout le bien qu’on en pensait déjà… A eux deux, ces albums comptent bon nombre de bombes musicales qui ont fait des ravages indéniables (« Dread », « Rasta Love » avec Ky-Mani Marley, « J.A. », « Kingston Be Wise », « Who Dem A Program », « This Is Not A Marijuana Song »…). Protoje ne pouvait que poursuivre sur cette lancée et aller encore un peu plus loin. Ancient Future est le genre d’album dont on tombe accro dès la première écoute, tant les hits s’enchaînent : « Protection », « Criminal », « Who Knows » avec Chronixx… et ça continue comme ça jusqu’à la dernière minute : que des chansons au top niveau, du son qui claque, à coller des frissons ! Protoje promène ses lyrics expressifs (disponibles dans le livret de l’album) d’un morceau à l’autre, avec toujours autant d’aisance pour apprivoiser les instrumentales soigneusement articulées, et sans jamais simplement se reposer sur ses lauriers. Ancient Future est un album exceptionnel qui restera, avec certitude, dans les annales musicales jamaïcaines. Avec un tel niveau, on a forcément hâte de découvrir ce que notre soldat nous réserve pour la suite ! Souhaitons aussi un maximum de concerts où partager les vibrations authentiques de cette vague « reggae revival », qui ravive la flamme de l’essence profonde du reggae, ainsi que ses bienfaits, tout en étant parfaitement ancrée dans la réalité de notre époque. Real big up Protoje !

Simba

Tracklist :
01. Protection feat. Mortimer
02. Criminal
03. Who Knows feat. Chronixx
04. All Will Have To Change
05. Stylin’
06. Love Gone Cold feat. Sevana
07. Sudden Flight feat. Jesse Royal & Sevana
08. Bubblin’
09. Answer To Your Name
10. Who Can You Call
11. The Flame feat. Kabaka Pyramid

mercredi 30 décembre 2015

Dubmatix - The French Sessions (SoulBeats Records)

Avec sa présence répétée au cours des dernières années sur notre territoire – qu’il est amusant de reconnaître comme son second foyer ! – pas étonnant que le canadien Dubmatix en vienne à nous proposer aujourd’hui un album en collaboration exclusive avec les chanteurs qui ont croisé sa route. Il coulait de source de faire prendre forme musicale à ces bonnes rencontres. Rien qu’à cette idée, on est déjà emballé ! En sus, ces French Sessions convient une partie des talents remarqués de la frémissante jeune scène du reggae-dub hexagonal. Connaissant le don du producteur pour faire monter la sauce, pas besoin de se faire prier pour prendre son billet. Rien de trop attendu, juste ce qu’il faut de prometteur et pointu, en commençant par Guive et Taiwan MC, puis S’Kaya, Jah Jah Man, Volodia, Patko, LMK, Tribuman, Face T, Jr Yellam, Joe Pilgrim. Les rythmes qui skankent sont au rendez-vous, comme les planantes envolées. Le premier extrait est aussi l’hymne du Reggae Sun Ska Festival de cet été, « Are You Ready » de Volodia et LMK. Si Dubmatix n’est pas le premier à nous faire l’honneur de consacrer tout un projet à des artistes français, celui-ci a su donner la bonne inspiration à ses invités, et ainsi allier, d’une belle manière, les sonorités qu’il affectionne au flow singulier de chacun d’entre eux. On savait que le public d’ici appréciait Dubmatix, voilà qu’il nous le rend au centuple !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #44 - octobre/novembre 2015)

mardi 29 décembre 2015

LMK - Musical Garden (SoulBeats Records)

En à peine un an, LMK n’arrête plus de faire parler d’elle – et tout le monde semble s’accorder pour la considérer comme la révélation féminine de la scène reggae d’ici. En effet, la demoiselle a réveillé les masses avec son flow dynamique et l’intéressante empreinte de sa voix, à la fois douce et relevée. Apportant un nouveau souffle, le style « Reggae French Touch », qui fait tant d’adeptes par sa vivacité, n’a apparemment pas encore abattu toutes ses cartes. L’EP Starting Block, sorti fin août 2014, en téléchargement légal, a permis de faire découvrir avec succès une nouvelle artiste en herbe. Un démarrage à point, qui prévenait, en filigrane, de rester connecté, car la suite promettait d’en mettre plein les oreilles ! Le premier album de LMK s’intitule Musical Garden et sort le 2 octobre chez SoulBeats Records. Ne passez pas à côté de cet opus vivifiant, crossover, à la dominante reggae, dans les rythmiques et les thèmes (« Love Is The Key », « Music Is My Life », « Realise It »…), sans se priver de francs virages hip-hop, jungle, électros etc. Finissant, tout en douceur, par trois titres acoustiques, à coller des frissons ! Le résultat est bluffant. LMK suit, sans concession, la voie qui lui était destinée et elle fait du bien. Voilà un « jardin musical » si agréable, qu’on en est déjà devenu herboriste !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #44 - octobre/novembre 2015)

lundi 28 décembre 2015

Wyman Low & The Ravers - Trippin' (Khanti Records)

Du côté de Bordeaux, on trouve Wyman Low & The Ravers. Un nom à retenir, puisque la sortie de leur album Trippin’, prévue pour début 2016, va certainement faire du bruit. On n’a pas pu résister à l’envie de vous en dire déjà quelques mots pour vous mettre dans la confidence. Nos musiciens ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour un résultat qui transpire l’humanité et la sincérité. De retour de ses voyages autour du monde, Low a senti que l’inspiration planait encore dans l’air. Ce qui ressort de ces aventures extraordinaires, une certitude : « open your mind » ! Les textes de Low parlent de liberté, de paix, de respect, d’amour… sur des rythmiques qui rebondissent et battent le pas, s’offrent quelques solos, même des chœurs, exactement là où il faut… De plus, on tombe sans attendre sous le charme de son grain de voix singulier et plein d’âme. Parmi les bonnes surprises de cet opus, une reprise de « No Sympathy » de Peter Tosh s’est glissée au milieu de leurs compositions et l’exercice est plutôt maîtrisé. Du dynamique « Realise » à l’acoustique « No Fish », en passant par le premier single « Rainbow Generation » (dont le clip est déjà disponible), on adhère totalement au style et à l’esprit de Wyman Low & The Ravers. Trippin’ est un album de bon reggae, terriblement efficace !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #44 - octobre/novembre 2015)