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mardi 8 février 2011

Sly Asher - Le Temps (Ma Mia Productions)

Avec Le Temps, Sly Asher propose un album coloré, conscient, même militant pour lequel il s’est entouré des talents du Lion Stepper Band. S’y mêlent ses racines africaines, la spiritualité rasta, l’esprit de fête et les vibrations reggae. Que ce soit en maniant la langue française ou anglaise, Sly Asher distille ses profonds messages sur des rythmiques travaillées qui font monter la sauce à renfort de saxo, trombones et chœurs bien sollicités. En 14 morceaux, Sly Asher se présente comme un rasta militant armé de ses textes pour poursuivre la quête du bien et le Lion Stepper Band comme un groupe de musiciens à prendre largement au sérieux. Avec le titre d’ouverture « Jahovia », le ton est donné, suivi de près par « Armagedeon », « Natty Dread », « True Rasta » ou « Crucial World », quelques infimes traces de l’influence de ses prédécesseurs, Alpha Blondy ou Tiken Jah Fakoly se laissent sentir, pères desquels il se détache notamment par le timbre et le maniement de sa voix ainsi que la touche personnelle qu’il apporte à sa musique. Un album qui transpire de bonnes vibrations, où Jah est à l’honneur de la première à la dernière minute d’écoute et qui pourrait bien vous faire pousser les décibels plus d’une fois. 

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #12 - juin/juillet 2010)

Mathieu Ruben - Genèses (Live'Up)

Sorti l’été dernier sur les plateformes de téléchargement, le premier album de Mathieu Ruben, Genèses, vient tout juste d’atteindre les bacs. Le chanteur-toasteur annonce son créneau : textes et instrumentaux peaufinés. On est là en présence d’un véritable opus, qui plus est réalisé et mixé par Tyrone Downie. L’intro « M Ruben 1991-2003 » atteste que, malgré son jeune âge, l’amour et la pratique du reggae durent depuis longtemps déjà. A l’écoute des 18 morceaux qui composent Genèses, on passe par différents styles et thèmes, le tout formant un album harmonieux. Plusieurs titres notables avec des invités qui le sont tout autant tels que « Plus d’Amour » avec Yaniss Odua ou encore le léger mais non moi réussi « Sex Symbol » feat. Kiprich. Entre new roots aux lyrics conscients (« Love n Unity », « Rastafari Forever », « Praise Jah ») et dancehall qui fait monter l’ambiance (« Gangsta Party », « J’Aime Trop Ca », « RDF Massive & Crew »), le dosage est bien maîtrisé. Une mention spéciale pour « Aux 4 Coins » au texte frappant de réalité sur une rythmique new roots qui prend bien. Même si certains morceaux retiennent moins l’attention, c’est un premier coup d’essai réussi et enthousiasmant. Mathieu Ruben pose ici son identité musicale et incite à rester alerte pour la suite. Un album qui donne un véritable coup de jeune à la scène reggae française !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #12 - juin/juillet 2010)

Alborosie (31 mars 2010 - Kulturfabrik - Esch sur Alzette - Luxembourg)

Evènement de taille en ce dernier jour du mois de mars : la venue à la Kulturfabrik à Esch sur Alzette du plus célèbre rasta sicilien, j’ai nommé Alborosie, accompagné pour l’occasion du Shengen Band. En tournée promotionnelle pour Escape From Babylon sorti l’année passée, l’association Melting Pot et la Kulturfabrik ont saisi l’opportunité d’inviter sur scène l’un des artistes les plus en vue de la scène reggae actuelle. Pour compléter le tableau, place est faite à deux premières parties françaises : Les Colocks originaire de la capitale et Tony Nephtali, jeune artiste lorrain en devenir. Au vu de ce programme alléchant, le public a répondu à l’appel et investit aisément les lieux de la Kulturfabrik. En guise d’introduction, Tony Nephtali en session acoustique pour se mettre en jambes. Il travaille actuellement sur un premier album qui permettra d’apprécier son univers. Les Colocks, groupe parisien en pleine ascension, prennent la relève. Ils viennent de sortir leur premier opus intitulé Construire nos vies et pourraient bien se faire une place aux côtés de groupes français tels que Sinsemilia ou Danakil. En moins d’une heure, ils insufflent leur flow interprétant notamment leur titre phare qui donne son nom à l’album. Le public se laisse porter, échauffé pour le grand moment de la soirée qui ne saurait tarder. 22h30 : arrivée sur scène d’Alborosie. Ces dernières années, il s’est installé comme une des références de la scène reggae européenne. Si aujourd’hui l’artiste a complètement intégré la culture rasta et vit à la capitale jamaïcaine, la place qu’il a su se faire reste inégalable. Pas de perte de temps, Alborosie et son band lancent les premières notes du morceau poignant « No Cocaine » suivi par le single hit « Herbalist ». C’est suffisant pour emporter avec lui tout le public présent. Titres de l’album et singles incontournables s’enchaînent sans discontinuer. On notera particulièrement le morceau « Free Rototom » dédié au Rototom Sunsplash Festival ainsi que, lors du rappel, son tube « Greetings » en featuring avec Etana et interprété pour l’occasion avec l’une des choristes. Pour clore le show sur une note d’unité, il interprète « One Love » de Bob Marley. Alborosie a su conquérir son public. Minuit passé, Alborosie quitte la scène. Le public rejoint l’extérieur satisfait et même comblé. 

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #12 - juin/juillet 2010)

Fred Lachaize - L'homme de Music Action

Fred Lachaize fait partie de ceux pour qui le reggae est un combat quotidien. Et c’est entouré de l’équipe chevronnée et passionnée de Music Action qu’il développe un festival, un label et des tournées. Ensemble, ils s’activent pour donner une visibilité au reggae, leur domaine de prédilection, mais aussi à la musique soul et funk. Présentation.

L’association Music Action est créée en 1995 à Cissac-Médoc, non loin de Bordeaux. Son objectif initial est le développement culturel en milieu rural au travers des musiques actuelles. Rapidement, l’équipe formée autour de Fred Lachaize monte le projet du Reggae Sun Ska Festival, qui au fil des années est devenu le plus important festival du sud ouest axé sur la culture caribéenne et africaine. Cet été se déroulera la 13ème édition. La dernière s’est d’ailleurs jouée à guichets fermés avec près de 30000 festivaliers.

En 2005, Fred Lachaize insuffle le projet du label indépendant Soulbeats Records qui se veut métissé, international et authentique avec le souhait prononcé lors de sa création de permettre aux artistes de développer leurs supports discographiques. Laissant aussi bien la place à des musiciens soul que reggae, ce label a, à ce jour, sorti plus d’une dizaine d’albums. On y retrouve notamment le nouveau disque de Rebelution, Bright Side Of Life, sorti en mars dernier mais aussi, Do The Right Step de Moonraisers ou encore One Moment In Peace de Sebastian Sturm. Pour les sorties à venir, sont annoncés pour fin mai le nouvel opus des jamaïcains de Rootz Underground, intitulé Gravity, et celui de Sebastian Sturm pour l’automne. De quoi se mettre du bon son dans les oreilles.

Dernier projet en date porté par Fred Lachaize, la société M’A Prod. Dédiée à la production de concerts et tournées, elle prend forme en 2007 pour permettre aux artistes reggae - mais également à quelques noms de la soul, du funk ou même du hip-hop – de mieux circuler et au public d’en apprécier les vibrations. En effet, M’A Prod monte des tournées à l’échelle française, européenne ou même mondiale pour les musiciens parmi les plus influents de la scène reggae actuelle. Leur roster pour l’année 2010 a tout pour impressionner, avec près d’une vingtaine de groupes. Et bon nombre de pointures, parmi lesquels les Jamaïcains The Original Wailers, Pablo Moses, U-Roy ou encore Rootz Underground. Mais aussi, Groundation, Collie Buddz, Aswad, SOJA et enfin, les français Danakil, Yaniss Odua et The Jouby’s. Liste non exhaustive. Et si on ajoute à cela l’organisation de concerts, principalement dans la région bordelaise ou dans la capitale (comme ce fut le cas fin mars dernier avec la venue au Cabaret Sauvage de Broussaï, Rootz Underground et Rebelution), on a un aperçu enthousiasmant de leur vaste champ d’action.
Fred Lachaize a ainsi su développer au fil des années des projets de taille en faveur du reggae. Rendez-vous les 6 et 7 août prochains à Saint-Sauveur (33), chez les disquaires et dans les salles pour une dose de bonnes vibrations ! 

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #12 - juin/juillet 2010)

Sly Asher

Le 15 mars dernier est sorti Le Temps, l’album de Sly Asher enregistré avec le Lion Stepper Band. Originaire de Côte d’Ivoire et fort d’un lourd passif placé sur le sceau roots rock reggae, l’artiste commence à conquérir l’Europe.
Dès 1985, il entame sa carrière de bassiste qui le fera voyager sur les terres africaines notamment au Ghana, au Nigeria ou en Afrique du sud. Il débute dans l’orchestre de l’ANAM à Abidjan pour ensuite jouer pour les Douze Tribus d’Israel. Plusieurs expériences de groupe se succèdent jusqu’à ce qu’il fonde The Rooters où il joue et chante ses propres compositions. En 1998 est enregistré l’album Prions avec le United Vibes Band et il signe à la fin de la même année avec Alpha Blondy Distribution, ce qui permet à ce premier album de bénéficier d’un coup de projecteur. Celui-ci concentre toutes les vibrations spirituelles qu’il a pu emmagasiner depuis ses débuts dans la musique. Complètement polyvalent, on le retrouve au chant, à la basse, à la guitare ainsi qu’aux arrangements. Les retombées de cet album lui donnent l’occasion de partager la scène avec de grands noms tels qu’Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly, Steel Pulse, Rita Marley ou Ijahman. En mai 2000, il commence à sillonner l’Europe, foulant la scène en France, Espagne, Hongrie… En véritable rastaman, Sly mêle dans ses propos son vécu et sa quête spirituelle, qu’il poursuit depuis plusieurs années en hommage à Jah Rastafari. En 1989, son voyage au Ghana l’avait conduit à devenir un guerrier de la tribu Asher combattant l’injustice et l’intolérance, puis à se retirer dans la communauté rasta Ethiopia World Federation, ce qui lui ouvre un nouvel horizon. Pour son second album, intitulé Le Temps, Sly s’est entouré du Lion Stepper Band. Ensemble, ils ont enregistré 14 morceaux dans cette lignée consciente et rasta. Chantant aussi bien en français qu’en anglais, Sly Asher a des choses à dire et ses morceaux puissants mais aussi dansants en sont le résultat. Un talent à suivre !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #12 - juin/juillet 2010)

Straight Up Sound

Soirées, productions, mixtapes… Dans le milieu du sound system français, les membres du Straight Up Sound de Paris se distinguent par leur travail d’acharnés.
1999 est l’année qui voit naître le Straight Up sound puisque cet été là, DJ Weedim et Bus’High se rencontrent dans le sud de la France. Le premier est un passionné de hip-hop, le second accro au reggae : la connexion est immédiate. A leur côté, une graphiste de choc nommée Eleegal à qui on doit l’ensemble de leurs visuels. Au départ, la motivation de monter un sound system fait écho au souhait de faire découvrir au public plus ou moins connaisseur des titres uniquement pressés sur vinyls et de les faire danser. D’abord axés sur les soirées et les mixtapes, avec l’arrivée de Kross D il y a deux ans, ils se lancent également dans la production. L’équipe est alors au complet. Parmi leurs nombreuses mixtapes, on notera la série des Reggae Crunk Shit où se mêlent harmonieusement reggae, hip-hop, remix et dubplates. Ils sont aussi à l’origine de près d’une dizaine de street albums d’artistes jamaïcains dont les notables Sherlock Di World Lock avec Konshens et Crunkhall King vol. 1 et 2 avec Jah Knight. Ces messieurs n’oublient pas non plus de jouer en live devant les massives, que ce soit à Paris, en France ou en Europe. Le Straight Up sound possède sa résidence au Twenty One sound bar Paris 11ème avec le vendredi les Futuristic Drop en compagnie de DJ Weedim (qu’on retrouve également une fois par mois au Gibus pour les Got Swag Party) et le samedi les Jammin Highway orchestré par Bus’High. Côté actualité, ces connaisseurs nous prévoient du lourd pour les prochains mois avec la sortie du nouvel album de Mad Killah, les street albums de Konshens et Bramma dans les bacs des grands disquaires, le volume 10 de la compilation Reggae Crunk Shit, et le nouveau single « Step ina di club » de Jah Knight. Retrouvez les mixtapes de DJ Weedim et Bus’High avec les nouveautés de chaque semaine à l’adresse : www.straightupsound.podomatic.com. Deux mixtapes sont mises en ligne toutes les semaines, Jamming Highway pour le reggae dancehall et Futuristic Drop pour le hip-hop. Rien que ça !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #12 - juin/juillet 2010)