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mercredi 12 avril 2017

Païaka

Comme pour leur précédent projet, Red, rebaptisé Redder Than Red une fois remixé par The Dub Shepherds, l’album Alive Anyway devient Alive In Many Ways, après être passé entre les mains d’une poignée de producteurs connaisseurs : Mahom, Dubmatix, TelDem Com’Unity, Ashkabad… Les huit pistes choisies pour compléter l’opus original sont disponibles en téléchargement depuis le 28 octobre et ont aussi donné naissance à un beau double vinyle qui réunit le tout, sorti le 11 novembre dernier, en édition limitée !
« Alive In Many Ways est un album remix de nos morceaux. Nous avons laissé les manettes à des artistes de différents horizons. On retrouve un peu de tout sur cette galette : électro, dub, dubstep… Pourtant, il y a une trame qui apparaît clairement en l'écoutant, celle de l'ouverture, du voyage, du changement… Nous sommes tous férus de dub et de musiques expérimentales, c’était logique de voir nos titres continuer leur vie autrement. Nous n’avons contacté que des artistes dont nous apprécions vraiment le travail. Nous avons découvert Ashkabad par hasard, en surfant sur le Net, et nous avons tout de suite accroché. Certains, comme Mahom et les Dub Shepherds, sont de véritables amis. Nous leur faisons une totale confiance, il était évident de travailler avec eux ! Nous entretenons aussi des relations amicales avec The Imposture et TelDem Com'unity depuis longtemps. James Laffite n'est autre que le trompettiste du groupe, un musicien complet qui passe beaucoup de temps à composer et arranger ses propres projets, dans des styles aussi variés que le rock, l'électro, le dub… Et enfin, travailler avec Dubmatix était un honneur, c’est une véritable pointure ! Ils connaissent tous notre univers, nous apprécions le leur, ça ne pouvait qu’être positif. Pour qu'ils soient le plus à l'aise possible et qu'ils se concentrent sur ce qui les inspire, nous les avons laissés totalement libres dans le choix des morceaux. (…) Depuis le début, nous savions qu’Alive In Many Ways aurait une version vinyle, c’est pourquoi il était préférable que quelques-uns restent à l’écart. Certains sont plus propices que d’autres à être remixés. La métamorphose de nos titres s'est presque déroulée sous nos yeux, c'était très intéressant ! « Tomorrow People » est proposé en deux versions, par Ashkabad et The Imposture, mais il n'y a qu'à les écouter pour se rendre compte qu’elles ont chacune leur place. Il était juste impossible pour nous de choisir ! C’est enrichissant de voir comment un même titre peut être travaillé dans des directions très différentes. C’est aussi ça la musique ! En ce moment, nous sommes en pleine période de composition, et il y a encore beaucoup de boulot… Nous ne pouvons en dire plus pour l’instant car, chez Païaka, composer est un processus assez long. Ce qui vous laisse le temps d’écouter Alive In Many Ways !  »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #52 - février/mars 2017)

mardi 8 septembre 2015

Païaka - Alive Anyway (Flower Coast Records/Musicast)

La réalisation de l’EP Red et de son versant dub Redder Than Red avec The Dub Shepherds a visiblement suffi à Païaka pour se sentir enfin prêt à se pencher sur son premier album avec la maturité nécessaire pour qu’il suscite un réel engouement dès sa sortie. Alive Anyway vaut le détour. Déjà en visionnant le clip, très réussi, de « Like A Candle », il y avait de quoi pressentir que les Clermontois n’allaient pas passer inaperçus avec cet album vivant et vibrant. La recette musicale du groupe est originale et savamment étudiée : entre reggae énergique et roots aérien, on y trouve également un brin de dub, de soul et des constructions jazzy voire rock. Les rythmiques sont impeccablement construites et les harmonies vocales sont subtilement délicates. Côté textes, Païaka poursuit une tradition bien jamaïcaine de dénonciation des injustices, avec un discours salvateur, authentique et sincère. Alive Anyway est définitivement un album riche et puissant qu’on a simplement envie d’écouter encore et encore.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

samedi 2 mai 2015

Païaka - Avec le sourire

A l’été 2012, deux ans après la naissance du groupe, Païaka faisait son entrée avec un premier EP intitulé Red, suivi, début 2014, par son remix, Redder Than Red, issu de leur rencontre avec The Dub Shepherds. Les huit musiciens de Païaka continuent sur leur lancée avec la sortie de l’album Alive Anyway, fruit de leur détermination collective et d’un travail soigné. Entrevue – très conviviale – avec la formation auvergnate.

Le 26 janvier sort votre premier album, Alive Anyway. Comment s’est déroulée sa réalisation ?
Red était plutôt un recueil des deux premières années du groupe et on parlait déjà, à ce moment-là, du disque suivant. On voulait que ce soit un album réfléchi et abouti, avec une vraie esthétique et une cohérence entre les morceaux. En 2012, on a donc commencé à travailler sur de nouveaux riddims, parallèlement à la tournée de Red. Les premières sessions de la maquette ont débuté en 2013, on en a fait plusieurs sur l’année pour faire mûrir les compositions et les arrangements. En décembre 2013, on a démarré les premières sessions et, début 2014, on est entrés en studio pour les prises rythmiques définitives. De février à juin, on a enregistré les claviers, guitares, cuivres et percussions additionnelles, les chœurs et les voix lead. Le mixage a eu lieu en juillet/août 2014, et on a travaillé sur le mastering en septembre. L’objectif était de prendre le temps pour faire les meilleurs choix à chaque étape. Pour nous, Alive Anyway est l’aboutissement de deux années de recherche et de création, aussi bien identitaire que musicale.

Le titre est plutôt positif. Quel était l’état d’esprit du groupe à la naissance de ce projet ?
Le titre est tiré de la cinquième chanson de l’album, « One Man Is Smiling », qui parle de la chaleur que peut transmettre un sourire, à la fois simple et inexplicable. C’est aussi une sorte de synthèse de tous les sujets évoqués dans cet album. Beaucoup parlent d’une quête d’identité, individuelle ou collective, et notre recherche musicale va aussi dans ce sens. Chacun contribue à un monde rempli de diversités, de merveilles mais aussi d’atrocités. A partir de là, nos textes, qu’ils soient légers ou graves, sont optimistes sur notre monde et sa capacité à réagir face aux défis qui lui sont lancés.

Comment s’est répartie la composition des titres entre les membres du groupe ?
Dans Païaka, on a un processus de composition vraiment collectif. Produire un morceau est quelque chose d’assez long, d’autant plus qu’il faut que chacun des huit musiciens s’y retrouvent ! En période de création, il y a beaucoup de débats et d’argumentation, chacun se permet de donner son avis sur la partie des autres. On a toujours fonctionné ainsi, ce qui nous a appris à communiquer sainement et contribué à souder le groupe.

Où et avec qui a été enregistré l’album ?
Il a été enregistré à Improve Tone Studios, dans la campagne auvergnate. On connaissait bien les lieux, puisque c’est là qu’on a enregistré notre premier EP ! Le studio a été créé quasiment en même temps que le groupe. Il évolue au même rythme que nous et la relation avec le gérant est vraiment bonne. Pour les prises et le mixage, nous avons travaillé avec Antoine Aubert, notre ingénieur du son, qui a fait un boulot remarquable du début à la fin. Sur les prises, nous avons eu l’appui et l’expérience de Stéphane Blaëss (Fela Kuti, No More Babylon…).

Le premier extrait, « Like A Candle », est disponible en single et en clip depuis le 24 novembre. Que raconte ce morceau ? Pourquoi ce choix d’un clip réalisé en plan-séquence ?
Notre vie, on la voit dans le prisme de la musique depuis deux ou trois ans maintenant, et peu importe ce qu’en disent les autres, les remarques, les critiques et les obstacles… Ce que nous voulons, c’est profiter de cette chance de pouvoir vivre de sa passion. Nous faisons beaucoup de sacrifices pour cela, passons beaucoup de temps sur les routes, en répétition, en résidence, en studio… Le temps passe très vite quand tu as ce rythme de vie, tu ne t’économises pas. Un peu comme une bougie : plus la flamme est belle, plus la mèche se consume. On assume ce choix et c’est ce qu’explique « Like A Candle ». En racontant l’histoire de la chanson à Alice, la réalisatrice, nous avons décidé de filmer le processus de création d’un morceau, de l’idée de départ jusqu’au concert. Le plan-séquence était évident. Pas de montage, pas de retouche ! Nous avons aimé soigner les détails, quitte à ne pas se simplifier la vie. Si tu regardes le clip, on change de vêtements à chaque scène, ce qui est une petite performance pour un plan-séquence !

Pourquoi avoir illustré la pochette de l’album avec le dessin d’une main colorée ?
Une main colorée… et ouverte ! On voulait mettre en image ce concept d’appartenance au monde vivant et à l’humanité. On a beaucoup discuté avec Lucie Auclair (artwork) et Quentin Pigeat (infographie) avant de les lancer sur le projet. Il y a eu un vrai travail d’équipe, d’échange et de réflexion.  Au final, cette main était une proposition de leur part, qui a tout de suite fait l’unanimité dans le groupe. Ils ont fait un super boulot sur cette pochette !

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Sur les arrangements live des nouveaux titres, pour que les morceaux soient percutants en concert. Nous allons aussi chercher à mettre en avant chacun des musiciens et profiter du projet dub Redder Than Red pour aller plus loin dans les effets. Nous entrons d’ailleurs bientôt en résidence pour finaliser ce boulot. Nous avons vraiment hâte de repartir en tournée ! Sinon, nous projetons de travailler sur un second clip. Il est aussi question d’un vinyle avec des remixes ou des versions dubs… Bien sûr, nous pensons déjà au prochain album, c’est plus fort que nous !

Le mot de la fin ?
Nous remercions tous les gens qui militent et défendent la culture, car beaucoup de choses changent en ce moment. En tant que moyen d’expression, elle est et sera toujours menacée. Nous remercions tous ceux qui s’intéressent, la défendent, la mettent en lumière, et qui vivent à travers elle. Big up à tous les lecteurs de Reggae Vibes !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #40 - février/mars 2015)

mardi 8 avril 2014

Paiaka meets The Dub Shepherds

Deux ans après l’enregistrement de l’EP Red, Païaka a confié les pistes qui le composent à des amis proches, The Dub Shepherds, membres du collectif Flower Coast. Redder Than Red en est le résultat.
Avant même que Red ne voit le jour, le groupe clermontois songeait déjà à pousser plus loin et à goûter l’expérience dub. Sorti à l’été 2012, l’EP a eu tout le loisir de tourner et Païaka d’en partager les titres sur scène. Ce n’est qu’un an plus tard que le duo The Dub Shepherds a commencé à mixer ces versions, entre leur propre home studio et le studio Improve Tone, où a déjà été enregistré l’original. « Nous avons totalement laissé le champ libre au duo, connaissant leur talent, leurs influences et leur maîtrise du dub. Nous leur avons laissé les pistes et les clés des morceaux, nous avons seulement réagi aux versions quasi finales qu'ils nous ont fait écouter. Nous voulions laisser la partie dubwise entre leurs mains. Ce projet est clairement une collaboration artistique. Ce n'est pas seulement Païaka remixé, mais vraiment la rencontre entre Païaka et The Dub Shepherds. » Rendez-vous sur les plateformes de téléchargement légal, le 17 février, pour en découvrir toutes les dimensions. A cette occasion, Red connaît une nouvelle sortie nationale dans les bacs et le groupe pense à un vinyl qui regrouperait les deux projets. Aussi, Païaka vient tout juste de rentrer en studio pour l’enregistrement du premier album, dont la sortie est annoncée pour l’automne 2014, avec certainement un aperçu de quelques titres cet été. « Au programme, du roots, du reggae et beaucoup d’énergie ! » Quant à The Dub Shepherds, leur premier album, First Harvest, est déjà dans la boîte et sera disponible au printemps. En parallèle de la sortie de Redder Than Red et de la préparation de l’album, Païaka sera en tournée sur notre territoire dans les prochaines semaines, et même dans toute l’Europe, l’été prochain. Pas de repos pour les braves !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

jeudi 28 mars 2013

Païaka

Le combo clermontois Païaka a sorti, en juin dernier, un nouvel EP intitulé Red. Les huit musiciens de ce groupe formé depuis deux ans distillent un reggae original, chanté en anglais, teinté de jazz et enrichi par une section cuivre. Vibrations chaleureuses et énergiques assurées !
S’inspirant de la scène reggae/dub jamaïcaine, tout en invitant à la réflexion et en délivrant un message de prise de conscience, Païaka parcourt, depuis 2010, les scènes de France et des alentours, ouvrant pour des artistes de renom (Ziggy Marley, Alborosie, Sébastian Sturm, Omar Perry...). Ce nom, Païaka, est né de la contraction de l’adjectif païen et du terme jamaïcain payaka, désignant « à la fois une vision des choses, éloignée de tout mouvement précis et une lutte à mener contre les forces négatives ». Issus de diverses formations de la scène musicale de Clermont-Ferrand, les affinités des musiciens les ont tout naturellement réunis dans ce projet autour d’envies similaires, dont celles de partager et de transmettre, avec leur musique, des émotions intactes. Un premier EP 3 titres est sorti en septembre 2010, qui portait simplement le nom du groupe, pour le présenter et amorcer le mouvement, soutenu par la création du Collectif Flower Coast pour les épauler dans leur développement artistique. Le dernier s’intitule Red, enregistré et mixé au studio Improve Tone de Lezoux (63), en totale autoproduction, et ses 6 titres en disent long sur la voie choisie par Païaka et leur goût du travail bien fait. Martin Domas au chant délivre des messages conscients et critiques sur les travers de la société, sur fond de rythmiques roots aux inspirations jazzy et groovy. Ceci n’est que le reflet des multiples influences qui touchent les musiciens du groupe ayant tous au compteur quelques années d’expérience en la matière, et de leur souhait de proposer un reggae original. Aussi, le clip de « Puff », single extrait de l’EP, est à visionner sur Internet et a été réalisé avec l’équipe de Riot House Production. Après une tournée française de plus de 30 dates partagées entre l’été et l’automne 2012, le groupe reprend le travail de composition et nous prépare un nouvel opus pour 2014. En attendant cette nouvelle sortie, ils reprendront tout au long de l’année le Red Tour entamé en juin dernier. A découvrir sans plus attendre.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #28 - février/mars 2013)