samedi 13 mai 2017

Danakil (01 avril 2017 - La BAM - Metz)

Le samedi 1er avril dernier, Danakil était en concert à la BAM à Metz pour la tournée de leur cinquième album studio (sans compter les live et les versions dub), La Rue Raisonne, avec Volodia en première partie et même le Chaka Meka sound system, pour accueillir les massives dès l’ouverture des portes avec leur mix reggae-dancehall.
Régulier depuis ses débuts, espaçant chaque album d’environ deux à trois ans, toujours suivi d’une grosse tournée sur tout le territoire, Danakil a vu son public s’agrandir au fur et à mesure, remplir les salles de musiques actuelles et les festivals à sa venue. D’ailleurs, leur précédent passage ici-même remontait à novembre 2014. Cette nouvelle date n’a pas échappé aux fans des premières heures comme aux plus récents qui ont investi les lieux, prêts à voyager dans les productions musicales du groupe de ses dix années. C’est « Le Champ de Roses » qui ouvre la danse. Les singles de La Rue Raisonne sont déjà connus de tous, « Back Again », « 32 Mars », « Mediatox », comme les incontournables « Mon Ile », « Les Vieillards », « Marley »… Le public est conquis par toutes ces bonnes vibrations, fidèles à ce qu’il attendait. La cohésion entre Balik, Natty Jean et leurs musiciens est toujours au rendez-vous et du meilleur effet. Avec un stand Baco Records bien garni, chacun a pu prolonger le plaisir à sa guise, avant de se mettre sur le retour. Pour ceux qui ne souhaitaient pas en rester là, Zion Way Hi-Fi prenait le relais Place des Charrons, dès minuit, avec du reggae-dub dans les enceintes. Ce soir-là, tout était réuni pour que la BAM raisonne !

Simba

mercredi 10 mai 2017

Stephen Marley - The Revelation: Pt.2 The Fruit Of Life

On sait que Stephen Marley est plutôt du genre à prendre son temps avant de présenter un nouvel album – d’ailleurs, il n’en a que trois à son actif, sans compter la version acoustique de Mind Control – et on ne peut pas lui en vouloir pour ça, étant donné la qualité de ses pièces ! Cinq ans qu’on entendait la seconde partie de la fameuse trilogie, The Revelation. En guise d’ouverture, The Root Of Life avait frappé très fort avec son atmosphère finement travaillée, au croisement du reggae et du hip-hop, et en permanence dans cette vibration qui transcende la musique elle-même, d’un recueil de textes et de mélodies qui ne pouvait pas rester dans le tiroir et qui devait impérativement voir le jour ; de la nourriture pour l’âme, pour le corps et l’esprit, qui va bien plus loin que notre monde étriqué – à la manière d’un Distant Relatives… « Jah Army » et « Break Us Apart » feat. Capleton ont fait le tour du monde. The Fruit Of Life est exactement ce qu’on espérait pour poursuivre cette révélation. Stephen se montre encore plus doué pour mélanger les styles, brouiller les pistes, sans laisser la moindre démarcation. Les effets de « Rockstone », première bombe lâchée il y a plus de deux ans, ont été du même acabit que ceux de « Jah Army », comment résister ?! Ce second volet est truffé de combinaisons et on ne sait plus où donner de la tête ! « Scars On My Feet » feat Waka Flocka reste dans le crâne pendant des heures, « Pleasure or Pain » feat. Busta Rhymes et Konshens envoie du très lourd, « Ghetto Boy » feat. Bounty Killer et Cobra  est tout aussi puissant… Il n’y a pas moins de 19 pistes sur cet album et chacune compte. L’objet lui-même a été conçu pour refléter cet aspect à la fois précieux et spirituel qui émane logiquement de ce projet. C’est le genre d’albums qu’on écoute en boucle et qui délivre tout doucement, à chaque fois, quelques unes de ses subtilités. Arrêtez-vous sur les mots, les voix, les instruments, les notes ; lisez entre les lignes ; plongez-vous totalement dans les productions de l’esprit de Stephen Marley, vous en reviendrez changé… On ose à peine imaginer ce qu’il nous réserve pour le volet final et ce qu’engendrera la réunion des trois parties… Profitons-en déjà pour rassasier, encore et encore, nos oreilles avec ces deux délicieux chapitres. La révélation est en marche !

Simba

Tracklist :
01. Intro
02. Babylon feat. Junior Reid & Dread Prez
03. Revelation Party feat. Jo Mersa Marley
04. So Unjust feat. Rakim & Kardinal Official
05. Walking Away
06. The Lions Roars feat. Rick Ross & Ky-Mani Marley
07. Scars On My Feet feat. Waka Flocka
08. Pleasure Or Pain feat. Busta Rhymes & Konshens
09. Perfect Picture feat. Damian « Jr Gong » Marley
10. Father Of The Man feat. Wyclef Jean
11. Music Is Alive feat. Pain Killer & Damian « Jr Gong » Marley
12. So Strong feat. Shaggy
13. Thorn Or A Rose feat. Black Thought
14. Paradise feat. Twista and Jasmin Karma
15. Tonight (It’s A Party) feat. DJ Khaled, Waka Flocka & Iggy Azalea
16. Ghetto Boy feat. Bounty Killer & Cobra
17. Rockstone feat. Capleton & Sizzla
18. When She Dances feat. Pitbull
19. It’s Alright

dimanche 7 mai 2017

Barrington Levy - AcousticaLevy (Doctor Dread / Heartbeat)

Il est des artistes qui obtiennent le statut de légende bien avant de nous avoir quittés, tant leurs œuvres sont reconnues exceptionnelles et intemporelles, Barrington Levy est de ceux-là. Depuis la fin des années 1970, Barrington a eu le temps de sortir (et ressortir) des dizaines d’albums, d’enregistrer des milliers de morceaux, dont certains d’une importance capitale. Que se serait-il passé sans « Black Roses », « Murderer », « Here I Come », « Under Mi Sensi »… ? Ce qu’il est beau de constater qu’ils font toujours le même effet à chaque nouvelle génération amatrice de sons jamaïcains qui les découvre ! Grâce à sa voix sublime, ses envolées et gimmicks reconnaissables entre mille, le style reggae/rub-a-dub de Barrington Levy est indispensable, faisant partie des artistes vers lesquels on se tourne toujours avec la certitude d’être comblé. Et voilà qu’un album un peu particulier a fait son apparition au printemps 2015, pour notre plus grand plaisir : un album 100% acoustique du meilleur de ses hits + 2 inédits (« Life Is Great » feat. Patrice et « Times Hard »), délicatement intitulé AcousticaLevy. Un pur délice ! La voix de Barrington est toujours aussi magnifique, accompagnée d’une guitare (sauf « Vice Versa Love » au clavier) et de quelques légers chœurs, en toute simplicité, pour faire briller sans artifice l’essence même de sa musique. Cet album a la grande qualité de ne pas devenir ennuyeux à la longue et de proposer une agréable sélection de morceaux. On n’aurait pas pu imaginer l’absence des titres cités plus hauts. Les quinze pistes sont d’une pure beauté. On frissonne dès les premières notes de « Murdera » et, en particulier, sur « Black Roses », « Times Hard », « Vibes Is Right »… Une véritable merveille qui met pleinement en valeur les talents qui ont fait sa réputation. Gardez ce disque à portée de main – en l’occurrence, ce sera non loin de la compilation Sweet Reggae Music absolument géniale, sortie chez VP Records en 2012, 2 CDs soit 40 morceaux du Barrington des débuts (de 1979 à 1984), qu’on ne résiste pas à remettre régulièrement dans le lecteur – AcousticaLevy mettra tout le monde d’accord ! On rêverait volontiers à un volume 2 tout aussi éblouissant et consistant en temps voulu… Respect Barrington !

Simba

Tracklist :
01. Murdera
02. Life Is Great feat. Patrice
03. Unda Mi Sensi
04. Be Strong
05. Prison Oval
06. She’s Mine
07. Black Roses
08. Teach The Youth
09. Things Friends
10. Times Hard
11. Here I Come
12. Don’t Run Away
13. Only You
14. Vice Versa Love
15. Vibes Is Right

jeudi 4 mai 2017

Skarra Mucci - Dancehall President (Undisputed Records)

Vous cherchez un album pêchu, qui annule toute trace de fatigue ou de contrariété, Dancehall President de Skarra Mucci (disponible depuis le 13 mai 2016 chez Undisputed Records) est exactement ce qu’il vous faut. Dans le même esprit que ses prédécesseurs, Greater Than Great et Return Of The Raggamuffin, voilà un nouveau concentré de ragga-dancehall terriblement efficace, mais pas que… En effet, bon nombre de titres ont la carrure irrésistible pour enflammer le dancefloor, tourner massivement dans les enceintes et écouteurs, comme dans toute sorte de clubs et sound systems, calibrer pour faire bouger les hanches, la tête, et plier les genoux : « Number One », « Handz Ina Di Air », « Show Time », « Dancehall President »… Le King of Dancehall incontesté est d’ailleurs au rendez-vous sur le titre « Sunlight », et quand deux maîtres de la même catégorie se rencontrent, les étincelles prennent feu ! Skarra ne se prive pas non plus de se parer d’une nouvelle hymne en compagnie de notre cher Yaniss Odua, « Raggamuffin School » ! Une fois ses prouesses réalisées haut-la-main, Skarra se permet de glisser vers des rythmiques avoisinantes – dansantes en toutes circonstances, surtout quand on possède un flow qui fait tout rebondir sur son passage – notamment le très old shcool « Mr Walker », les plus roots « Original » feat. Mandinka, « It’s For Real » feat. Horace Andy et le love tune « Somebody New »… On effleure légèrement l’électro en fin d’album sur « The Song » feat. Willy William et le hip-hop sur « It Wasn’t I ». Les visuels sont à nouveau signés Florian Weigel, qui continue de nous entraîner dans l’univers déjanté du chanteur. On peut dire que la casquette de « Dancehall President » va bien à Skarra Mucci, d’autant plus qu’il sait apporter de la fraîcheur à sa musique sans en altérer la cohérence. On en redemande, du très lourd !

Simba

Tracklist :
01. Sound Killer
02. Number One
03. Turn It Up Loud
04. Handz Ina Di Air
05. Sunlight feat. Beenie Man
06. Show Time
07. Dancehall President
08. Higher Than High feat. Mandinka
09. Mr Walker
10. Original feat. Mandinka
11. Raggamuffin School feat. Yaniss Odua
12. It’s For Real feat. Horace Andy
13. Somebody New
14. The Song feat. Willy William
15. It Wasn’t I

lundi 1 mai 2017

Alborosie - Freedom & Fyah (VP Records)

Parmi les chroniques qui se doivent d’être faites – même avec un an de retard et même si l’album semble déjà connu de tous, on commencera par Alborosie : Freedom & Fyah. Le genre d’album qui a conquis d’emblée tous les fans inconditionnels d’Albo, comme tous les amateurs de son à la fois roots et actuel, s’inscrivant sans discuter dans la liste des indispensables, qui posent une pierre, essentielle et porteuse, à l’édifice des musiques jamaïcaines. Pas besoin de plus de treize titres pour obtenir une bande-son absolument parfaite. Les hits s’enchaînent dangereusement et on pourrait pull up toutes les pistes ! Après une courte introduction, Freedom & Fyah s’ouvre sur « Can’t Cool », dont les premières notes suffisent à adhérer, suivie par « Fly 420 » feat. Sugus et du captivant « Cry ». L’excellent « Strolling » arrive à point nommé, en combinaison avec l’autre magicien du reggae, qui provoque lui aussi instantanément sur son passage une forte addiction auditive, Protoje, ainsi que les premiers extraits et clips découverts durant le printemps-été 2015, « Rocky Road » et « Poser ». Autant dire qu’à mi-chemin du voyage, il est déjà certain que cet album va tourner partout, et sans prendre une seule ride ! Puppa Albo a tout de même concocté un morceau clairement dancehall, qui prend bien, « Judgement », et a convié un autre artiste de marque, Ky-Mani Marley sur « Life To Me ». « Rich » est des plus entêtants, puis l’album conclut avec trois combinaisons purement reggae roots, « Carry On », « Everything » et « Zion Youth ». Comme si ça ne suffisait pas que tous ses albums soient plébiscités, Freedom & Fyah enfonce encore le clou. Alborosie sait faire du reggae mieux que personne. Il détient les recettes du dosage parfait pour faire sonner chaque chanson, qu’on les écoute individuellement ou qu’on lance n’importe quel album, nous faire chanter et danser juste sur les bons rythmes, nous apaiser, nous faire ressentir et réfléchir parfois, nous donner envie de l’écouter encore et encore, et de venir le voir en concert accompagné de son Shengen Band à la moindre occasion… Il garde sa patte incomparable, sa voix et son flow si efficaces, reste fidèle à l’artiste qu’on connaît maintenant depuis plus de dix ans, sans pour autant tomber dans la répétition, tout en étant attentif aux nouvelles sonorités qui émergent. On le savait déjà, mais on ne peut que le rappeler à nouveau, Alborosie compte assurément parmi les artistes les plus talentueux de sa génération. Le bien qu’il fait à nos oreilles et à nos âmes est sans commune mesure. Album de l’année 2016, quoi de plus normal, un véritable coup de maître !

Simba

Tracklist :
01. The Prophecy
02. Can’t Cool
03. Fly 420 feat. Sugus
04. Cry
05. Strolling feat. Protoje
06. Rocky Road
07. Poser
08. Judgement
09. Life To Me feat. Ky-Mani Marley
10. Rich
11. Carry On feat. Sandy Smith
12. Everything feat. Roots Radics & Pupa Avril
13. Zion Youth feat. Sugus

vendredi 21 avril 2017

Marcel Salem - Interview

Bien que Marcel pratique le reggae depuis déjà un bon quart de siècle, son troisième album, Les Charognards, n’est sorti que le 3 décembre dernier, huit ans après Africa Vigilance. Comme toujours, Salem exprime ce que lui fait ressentir son cœur, l’humanité qui est en lui et lui fait dénoncer l’injustice qui perdure. Aidé en cela par une foi inébranlable en l’Afrique… et par quelques pouvoirs occultes.

Il se souvient de son père lui disant « tant que tu vis, tu peux apprendre »… Ces mots sont devenus son credo tout au long de son parcours, où finissent par se rejoindre les effets de l’aventure et la musique pour apaiser l’âme. L’univers de Salem entremêle reggae et tradition africaine, avec forcément beaucoup de choses à dire.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis un artiste sénégalais, auteur-compositeur-interprète, qui fait du reggae depuis maintenant vingt-cinq ans. Après avoir fait de la boxe,  je suis parti tenter l'aventure pendant douze ans dans toute l'Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, où j'écrivais, le soir, allongé sur mes cartons, ce que je ressentais au plus profond de moi, en m'accompagnant d'une vieille guitare. Pas facile, l'aventure…

Quand as-tu commencé à faire de la musique et à chanter ?
Je crois avoir toujours fait de la musique. Par contre, j'ai commencé à composer, en 1986, en Côte d'Ivoire et, surtout, lorsque je suis rentré au Sénégal, avec 800 Francs CFA (1,20 €) en poche, des douze années de ce long périple.  J'ai eu besoin d’exprimer ma douleur en chantant, notamment, d’avoir perdu toute trace de mon jeune frère qui était venu me rejoindre… 

Quel souvenir gardes-tu de la musique au Sénégal pendant ton enfance ?
Les chants en latin que chantait mon père à l'église le dimanche. Je suis toujours ému par ces moments lorsque je me les remémore.

Tu dis avoir été boxeur professionnel. Comment ça s’est passé ? Que retiens-tu de cette expérience ?
Oui, j'ai fait de la boxe pendant dix ans, entre 1975 et 1985. J'ai gagné 28 combats sur 32 ! Le dernier a eu lieu en Côte d'Ivoire. Je dirais que la boxe m'a beaucoup appris sur le respect de l'autre.

Tu as aussi beaucoup voyagé. Que t’ont apporté ces voyages sur le plan musical ?
L'aventure, comme je l'ai vécue, pendant douze ans, sans un sou, vivant de petits boulots qui permettent juste de manger le soir, ne peut qu'enrichir l’inspiration musicale. Une seule vie ne suffit pas pour écrire tout ce qui a été vu, entendu, enduré…

En dix ans, tu as sorti trois albums. Peux-tu présenter ta discographie ?
Le premier est Carroye 44, sorti en 2006, dont le titre est un hommage aux tirailleurs sénégalais. La chanson « Baapa » parlait, elle, du retour à la terre. Second album, en 2008, Africa Vigilance, car l'Afrique est un puits sans fond regorgeant de matières premières dans lequel vient se servir le monde entier pendant que la population ne mange pas à sa faim… Le troisième s’intitule Les Charognards, sorti le 9 décembre. Nous voyons les mêmes dirigeants au pouvoir depuis vingt, trente ou quarante ans, qui, non seulement ne le quittent pas, mais placent leurs propres fils pour leur succéder, sans parler de leur familles qui pillent les richesses du pays et liquident ou enferment tout opposant. Je voulais parler de tous ces gouvernants africains qui se prennent pour des rois, s'enrichissent sur le dos de leur peuple, de ces accords avec les Occidentaux pour nous maintenir dans la pauvreté… Les journalistes disent que je suis réactionnaire. Je suis comme je suis, je revendiquerai toute ma vie, et, malheureusement, de plus en plus, étant donné le chaos dans lequel le monde entier se trouve…

On sent que beaucoup de thèmes de l’album sont durs, voire tristes… Tu chantes en français mais aussi en patois. De quels dialectes s’agit-il ? T’arrive-t-il de chanter en anglais ?
L’inspiration vient de la vie en général, de ce qui se passe chaque jour, chaque heure… Non, je ne  chante pas en anglais, mais en sérère, mon dialecte natal, afin qu’il ne disparaisse jamais, en wolof, la langue nationale du Sénégal, en mandingue et en français, que j'ai appris bien plus tard.

Pourquoi s’est-il passé huit ans entre ton deuxième album et Les Charognards ?
Sortir un album a un coût très élevé. Je suis en autoproduction. Je préférerais sortir un album tous les deux ans, mais ce n’est pas possible dans ce contexte, et comme ça ne m’intéresse pas de sortir des albums commerciaux, ça prend du temps…

Quand et où a été enregistré l’album ?
J'ai enregistré cet album au mois d'avril 2016 à l'Auditorium de Saint Ouen à Paris avec Valess Assouan (basse), Eric Rico Delloye (batterie), Alex Armel (guitare), David Thierry Desert (percussions), Nana (chœurs), Philippe SlominskI (trompette), Thierry Farrugia (saxophone ténor), Michael Joussein (trombone) et Julien Daian (saxophone soprano).

Quels sont tes projets pour 2017 ?
D’abord, il va y avoir le concert au Zèbre de Belleville à Paris, le 4 février, ensuite direction le Sénégal pour trois concerts et la promotion de l'album, puis continuer vers le Burkina Faso…

Simba

https://www.facebook.com/marcelsalemofficiel

(pour Reggae Vibes Magazine #52 - février/mars 2017)

mardi 18 avril 2017

Meta & The Cornerstones - Messager d'harmonie

Installé depuis quelques temps à New York, le sénégalais Meta Dia et ses musiciens de The Cornerstones, sont de retour avec un nouvel album intitulé Hira, disponible le 17 février. Amour et spiritualité sont encore au rendez-vous de ce nouvel opus au reggae roots unique, qui colle des frissons, inspiré par la paix.

Bonjour Meta, peux-tu te présenter aux lecteurs de Reggae Vibes ?
Salutations à tous ! C’est un plaisir et un honneur, big up à Reggae Vibes Magazine et merci pour cet interview. Mon nom est Meta Dia, la pierre angulaire de Meta and The Cornerstones. Je suis né et j’ai grandi au Sénégal, mais je vis à New York maintenant. Je suis chanteur et compositeur, producteur de musique et messager de la paix, l’amour et l’harmonie.

Comment vas-tu ? As-tu joué de la musique aujourd’hui ?
Je suis reconnaissant, je remercie Dieu tout-puissant ! Je vis musique, donc je suis toujours en harmonie avec le monde, exprimant ce qui s’y passe avec mon stylo ou ma guitare. L’esprit chante toujours, qu’il soit content ou triste.

Hira, votre troisième album, sera disponible le 17 février. Peux-tu nous raconter l’histoire de son titre ?
Le titre m’est venu naturellement. Comme chacun sait, la vie est faite de hauts et de bas, d’obscurité et de lumière. Plus tu avances, plus tu apprends. Hira est une grotte dans les montagnes de la Mecque où le prophète a reçu le message divin par l’ange Gabriel. L‘idée que je partage à travers cet album se formule par une question : mais que se passe-t-il dans le monde actuellement ? La religion est utilisée pour promouvoir la haine, faire des reproches, ou alors elle est mal comprise par un petit groupe de personnes qui ont juste besoin d’ouvrir leurs cœurs. Les messagers sont venus avec des livres et de la réflexion, une fondation pure et spirituelle de la paix, un seul dieu. La patience est une vertu. Manifeste ton amour, voyage, fais briller tes lumières tout au long du chemin, apprends, pardonne, réalise de bonnes actions, transmets de l’amour et de la gentillesse et garde un cœur bon ! Métaphoriquement, Hira signifie l’esprit. Il faut se représenter de manière créative l’esprit comme une grotte. Automatiquement, la grotte nous paraît sombre. Pour voir la lumière, il faut être face à l’obscurité. Pour surmonter la peur, écoute l’ange – je veux dire la conscience, la voix intérieure – et tu verras la lumière.

Quand as-tu commencé à écrire les chansons de Hira ? Qu’avais-tu à l’esprit à ce moment-là ?
En fait, je ne peux pas vraiment dire quand j’ai commence à les écrire. Certaines sont anciennes, d’autres plus récentes, toutes réunies pour répandre le même message de paix. La guerre a toujours été présente sur terre, partout, de différentes manières. Déjà enfant, je me souviens avoir toujours cru en la paix, parce que quand quelqu’un est blessé, ça a des répercussions quelque part. Les thèmes n’ont pas changé, ma vérité est toujours la même. Mon premier album Forward Music abordait la paix, l’amour et l’harmonie. Mon second album Ancient Power était au sujet de la paix pour l’Afrique et l’expérience de mes voyages à Mayan River, Bahia, Jamaica… savoir ériger des ponts, aller partout avec de l’amour… Le nouvel album parle de spiritualité, rappelant aux frères et sœurs de ne pas être effrayé, de ne pas juger l’islam comme quelque chose de négatif, car l’islam est paix (salaam).

Comment s’est passée la réalisation de cet album ?
Nous avons commencé par réunir des fonds en demandant à nos fans, nos familles et amis de nous soutenir grâce à leur argent, leur temps, leurs efforts, leurs conseils, leur motivation et leur amour. Je les remercie tous ! Cet album a été enregistré en Angleterre au Real World Studio de Peter Gabriel, un lieu très beau et inspirant. J’ai produit l’ensemble de l’album et l’ai arrangé avec les Cornerstones. Nous avons contacté d’excellents musiciens des quatre coins du monde, issus de différents milieux musicaux. Du flamenco, de la bossa nova, du jazz classique du Ghana, de la soul-rock orientale avec une section de cuivres mélancolique des Pays-Bas pour donner de la texture et l’insérer dans une structure roots reggae. Nous avons fait des enregistrements dans différents studios, en France, aux Pays-Bas, à New York, puis l’album a été mixé aux Etats-Unis et en Jamaïque par Shane Brown (Jukeboxxx), James Bonzai Caruso et moi-même.

Qui est Concha Buika qui apparaît sur deux chansons, « Do » et « Regardless » ?
Concha Buika est une des meilleures vocalistes féminines, elle a d’ailleurs gagné un Grammy Award. Son chant me touche le cœur. Nous étions censés enregistrer une seule chanson mais les vibrations étaient si bonnes que nous en avons finalement fait deux ! Et nous travaillerons bientôt à nouveau ensemble…

Le premier album Forward Music est sorti en 2008, puis Ancient Power, en 2013… Que s’est-il passé pour le groupe depuis 2008 ?
Nous avons grandi et appris, en voyageant, en appréciant, en méditant, en pardonnant, en explorant… Le groupe est toujours le même. Il y a eu quelques transitions, de nouveaux musiciens nous ont rejoints, mais nous faisons tous partie de cette aventure. Parfois une mission appelle quelqu’un pour quelque chose, mais le plus important est que le message et la musique soient toujours là. La musique n’a pas de limites, elle rend libre.

Joueras-tu bientôt en France avec les Cornerstones ?
Oui, nous annoncerons bientôt les dates. Pour l’instant, nous sommes concentrés sur la sortie de Hira, le 17 février, avec la grâce de Dieu.

Connais-tu des artistes de reggae français ?
Oui, bien sûr ! Je pourrais tous les citer mais il n’y aurait pas assez de place dans le magazine. (rires) J’ai juste envie de dire « big up » à tous les groupes, chanteurs, médias, organisateurs, labels, festivals, fans et passionnés qui font vivre le reggae en France !

Quel est ton souhait pour 2017 ?
La paix dans le monde.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #52 - février/mars 2017)

samedi 15 avril 2017

Ras Divarius

L’instrument que Ras Divarius ne quitte plus depuis qu’il a quatre ans est bien celui qu’évoque logiquement son nom : le violon. Voilà trois années que le musicien en a fait sa marque de fabrique, ayant la bonne idée de faire glisser son archet sur des rythmiques reggae-dub, en studio d’enregistrement comme en live, lors de sessions en sound system. Frissons garantis !
Lorsque Ras Divarius revient sur ce qui l’a poussé à choisir le reggae, il explique que la découverte de ce genre musical s’est faite un jour très marquant pour lui, où sa vie s’est trouvée en grand danger… Epreuve difficile qu’il surmonte grâce à sa force morale et à cet amour grandissant pour la musique, en particulier le reggae-dub. Au moment où il fait la connaissance du sound system, avec ses murs d’enceintes, ses basses et ses rythmes interminables, l’envie lui vient d’essayer de poser sa touche personnelle. La rencontre du violon et des basses semble posséder la capacité de rendre les vibrations encore plus intenses… « Ce qui m’attire dans le reggae et le dub, c’est avant tout la musique en elle-même, ses sonorités, et aussi le côté underground ainsi que le message : paix, amour, tolérance, respect… Je fais de la scène depuis plus de dix ans. J’ai tourné avec de nombreuses formations, dans des styles très variés, mais, lorsque j’ai découvert le sound system, ce fut une évidence absolue : cette vibration, ces énergies, il y avait quelque chose à faire ! » Les premières prestations données par Ras Divarius ont lieu au printemps 2013, au Sound Meeting #3 et à la Dub Station #40 à Paris, avec Dub Livity. Leur dubmaker, Simon, est d’ailleurs à l’origine du pseudonyme tout indiqué du violoniste. Des collaborations solides sont nées, notamment avec Rootical Attack et Ashanti Selah, et de nouvelles ne cessent d’apparaître au fil des rencontres, avec, entre autres, Steppin’ Forward, Blackboard Jungle, Aba Shanti, Tozer, Zion Way, Mystical Rising… Dernières sorties en date pour apprécier les sublimes notes du musicien : « Gypsy Dub » avec Weeding Dub, « Violin Step » avec Ashanti Selah et Alpha Steppa, « Violin Dub » avec Michael Exodus (Exodub EP), ainsi qu’une apparition sur Sound From The Ark de The Rockers Disciples meets The Producers avec Blackboard Jungle. Et de nouveaux morceaux sont encore sur le point d’arriver… Touchant également à d’autres instruments, comme le piano, la guitare, le mélodica…, Ras Divarius travaille sur un premier album qu’il compte présenter cette année. En parallèle, l’artiste devrait plancher sur la mise en musique d’un spectacle de danse, ainsi que sur un documentaire… Même avec toutes ces occupations, il ne manquera pas d’en profiter pour jammer dès que l’occasion se présente !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #52 - février/mars 2017)

mercredi 12 avril 2017

Païaka

Comme pour leur précédent projet, Red, rebaptisé Redder Than Red une fois remixé par The Dub Shepherds, l’album Alive Anyway devient Alive In Many Ways, après être passé entre les mains d’une poignée de producteurs connaisseurs : Mahom, Dubmatix, TelDem Com’Unity, Ashkabad… Les huit pistes choisies pour compléter l’opus original sont disponibles en téléchargement depuis le 28 octobre et ont aussi donné naissance à un beau double vinyle qui réunit le tout, sorti le 11 novembre dernier, en édition limitée !
« Alive In Many Ways est un album remix de nos morceaux. Nous avons laissé les manettes à des artistes de différents horizons. On retrouve un peu de tout sur cette galette : électro, dub, dubstep… Pourtant, il y a une trame qui apparaît clairement en l'écoutant, celle de l'ouverture, du voyage, du changement… Nous sommes tous férus de dub et de musiques expérimentales, c’était logique de voir nos titres continuer leur vie autrement. Nous n’avons contacté que des artistes dont nous apprécions vraiment le travail. Nous avons découvert Ashkabad par hasard, en surfant sur le Net, et nous avons tout de suite accroché. Certains, comme Mahom et les Dub Shepherds, sont de véritables amis. Nous leur faisons une totale confiance, il était évident de travailler avec eux ! Nous entretenons aussi des relations amicales avec The Imposture et TelDem Com'unity depuis longtemps. James Laffite n'est autre que le trompettiste du groupe, un musicien complet qui passe beaucoup de temps à composer et arranger ses propres projets, dans des styles aussi variés que le rock, l'électro, le dub… Et enfin, travailler avec Dubmatix était un honneur, c’est une véritable pointure ! Ils connaissent tous notre univers, nous apprécions le leur, ça ne pouvait qu’être positif. Pour qu'ils soient le plus à l'aise possible et qu'ils se concentrent sur ce qui les inspire, nous les avons laissés totalement libres dans le choix des morceaux. (…) Depuis le début, nous savions qu’Alive In Many Ways aurait une version vinyle, c’est pourquoi il était préférable que quelques-uns restent à l’écart. Certains sont plus propices que d’autres à être remixés. La métamorphose de nos titres s'est presque déroulée sous nos yeux, c'était très intéressant ! « Tomorrow People » est proposé en deux versions, par Ashkabad et The Imposture, mais il n'y a qu'à les écouter pour se rendre compte qu’elles ont chacune leur place. Il était juste impossible pour nous de choisir ! C’est enrichissant de voir comment un même titre peut être travaillé dans des directions très différentes. C’est aussi ça la musique ! En ce moment, nous sommes en pleine période de composition, et il y a encore beaucoup de boulot… Nous ne pouvons en dire plus pour l’instant car, chez Païaka, composer est un processus assez long. Ce qui vous laisse le temps d’écouter Alive In Many Ways !  »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #52 - février/mars 2017)

dimanche 9 avril 2017

Resonators

Le combo anglais de Brighton, Resonators, a désormais un troisième album en poche, Imaginary People, sorti le 30 septembre dernier. Après avoir passé une bonne partie des quatre dernières années sur les routes à écumer les festivals, ce nouvel opus reggae-dub ouvre les portes de l’imagination au fil des neuf titres qu’il présente.
Né en 2006, le groupe Resonators est formé d’un duo de chanteuses et de six musiciens : Faye Houston, Kassia Zermon, George Berrills, Seth Tuffnell, Leroy Horns, Joe Atherton, Mike Shirley et Abraham Moughrabi. Batterie et basse étaient là en premier et ont posé les fondations du groupe. Les autres sont arrivés ensuite, au fur et à mesure de rencontres autant amicales que musicales. Dix ans plus tard, voilà qui représente beaucoup de temps passé ensemble, de musique jouée, de rigolades en tout genre… C’est toute cette richesse humaine qu’ils considèrent comme l’essence même de l’énergie que le groupe donne sur scène comme sur album. Si le reggae roots tient une place centrale dans leur musique depuis le début, attirés aussi par d’autres influences, il leur est tout naturel d’y apporter quelques touches soul, jazz, hip-hop, électro… Ce que Resonators aime dans le reggae-dub, ce sont les rythmes, le mouvement, l’énergie, la sincérité, la culture… Le dub permet d’élargir à l’infini les possibilités du reggae. Leur premier album éponyme est sorti en 2010. Ils ont ensuite fait quelques singles 7’’ avec Wahwah45s, avant un deuxième, The Constant, en 2012. Voici venu Imaginary People. Quand on leur demande comment parler de leur musique et de ce nouvel album, ils répondent : « Un reggae profond, plein d’âme, à l’attitude nerveuse et avec des bains psychédéliques de dub ! Cet album est très roots, parsemé de quelques moments hypnotiques. Chaque chanson raconte une histoire. Il y a des messages à propos de la confiance, le pardon, la guérison… L’album aborde des sujets difficiles et propose une approche positive contre les forces négatives qu’il y a dans le monde. » Réaliser Imaginary People a été un long processus. Les Resonators ont retrouvé Darren Mathers, avec qui ils travaillent depuis leur premier projet, pour les enregistrements de la section rythmique au 811 Studio à Cowfold, ainsi qu’à son propre studio, Jamtone, pour les cuivres et les percussions. Il s’est aussi chargé de mixer entièrement cet album. Abraham Moughrabi a enregistré guitares, claviers et voix à son studio Jinn, à Brighton. L’album étant déjà disponible depuis quelques mois, en CD, vinyle et digital, les Resonators continuent activement de faire de la musique, entre concerts et compos, et passeront par la France d’ici quelques semaines. Encore une bonne nouvelle !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #52 - février/mars 2017)