mercredi 17 décembre 2014

Daoud MC

Auteur-compositeur-interprète, Daoud MC n’en est pas à son coup d’essai, présent dans le circuit depuis déjà près de deux décennies. Maximum Dose est pourtant son premier projet 100% reggae : un concentré de bonnes vibrations.
Né en 1979, Daoud MC apprend très tôt le piano et écrit ses premiers textes dès l’âge de 10 ans. Il monte pour la première fois sur scène, en 1992, à la fête de fin d’année de son collège. Sa carrière démarre sans attendre, trois ans plus tard, dans le mouvement hip-hop, au sein du groupe Deblé-Men, attiré par le groove de cette musique, et aussi par la danse et le graff. Leur premier disque sort en 1997 (Vigi-Pirates), puis trois maxi-vinyle, l’album Tout Système A Une Faille en 2001, sans oublier des titres sur des mixtapes, avant que l’aventure touche à sa fin… Il démarre sa carrière solo en 2003, par le maxi Illegal Concept, en téléchargement gratuit avec Suspekt Corp, qu’il fait suivre, deux ans plus tard, de l’album 25, sur lequel figure un featuring avec Daddy Mory. Bien qu’il ait toujours baigné dans les vibrations reggae-ragga, le hip-hop reste encore largement la dominante. Lui vient alors l’idée d’un projet exclusivement reggae. C’est chose faite avec Maximum Dose qui contient sept titres, dont les premiers singles « Je Me Vois Bien Différent » et « Sous Contrôle » ont été mis en clip. Composé et enregistré entre ses murs, l’EP a ensuite été mixé au Demolisha Studio en Seine-Saint-Denis. Pour faire vivre ses nouveaux titres sur scène, Daoud MC s’accompagne du Bass Culture band des Yvelines, qui existe depuis plus de 30 ans, dont le membre fondateur n’est autre que son oncle, Slimane, aka Dubrise. Après avoir suivi le groupe depuis tout petit, voilà qu’il le rejoint de l’autre côté de la scène ! « La musique est un défouloir, un moyen à la fois de m’amuser et d’exprimer ce que j’ai sur le cœur. J’aimerais avoir plus de temps à consacrer à cette passion, pour dire à tout le monde : regarde-toi, respecte-toi, aime-toi ! Je chante ce que je vis et ce que je vois. Et je vis à Babylone… On peut dire que c’est un constat sur ce que nous devenons en évoluant dans notre société. Aujourd’hui, je paie des impôts et j’ai deux enfants à élever, c’est ce qui m’inspire… » Des concerts sont en préparation, tout comme le tournage d’un troisième clip extrait de Maximum Dose : une seule recommandation, respectez la posologie prescrite !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #38 - octobre/novembre 2014)

lundi 15 décembre 2014

Rastas du Coeur

La généreuse idée des Rastas du Cœur est née en 2011 avec la création de l’association Chap’Asso, à La Chapelle-au-Riboul. Ce village, situé en Mayenne, répond positivement à l’initiative de Taleb Abdourahman, bénévole depuis longtemps déjà dans de nombreuses associations de la région, dont Réel Son de Nantes, organisatrice de concerts reggae…
Le principe des Rastas du Cœur est simple : proposer un évènement musical spécifiquement reggae dont l’entrée est accessible au public en contrepartie de 5 kilos de denrées non périssables, reversées ensuite à des organismes caritatifs, comme Les Restos du Cœur, Le Secours Populaire, La Croix Rouge, etc. Pour ce faire, tous les intervenants doivent participer bénévolement. Chap’Asso organise le premier Rastas du Cœur en février 2011, dans leur commune, avec à l’affiche One Seed, Albinos Williams et Rastamytho. La première graine est semée, une tonne de denrées est récoltée ! Progressivement, contactés par toute sorte de structures, d’autres concerts, respectant la charte du concept, ont lieu, d’abord dans l’Ouest et le Nord, puis dans tout le pays. Proposant un plateau musical de trois groupes qui inclut la logistique technique ou la possibilité de faire sa propre programmation, avec affiches et prospectus à disposition, le bilan de ces quatre années est des plus positifs : plus d’une centaine d’événements ont été organisés, plus de 450 artistes y ont participés, plus de 5000 bénévoles ont prêté main forte… et plus de 400 000 repas ont pu être distribués ! Foodj, du label indépendant Madrigal, a permis la réalisation de la compilation des Rastas du Cœur intitulée Laisse Ta Trace, où figurent artistes français (Naâman, Positiv Young Lion, Daddy Clean…) et africains (Beta Simon…). Pour l’éditer et pouvoir l’offrir au public présent à chaque Rastas du Cœur, une date exceptionnelle payante aura lieu mi-octobre avec Naâman. L’association organise également le Festival solidaire La Ribouldingue, chaque année, le premier week-end de septembre. Pour voir toujours plus grand, Chap’Asso travaille à l’extension de la chaîne de solidarité à toute l’Europe. Les Rastas du Cœur n’ont sans doute pas fini de gagner du terrain !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #38 - octobre/novembre 2014)

samedi 13 décembre 2014

Jadawee I

Après s’être fait la main en préparant, en totale autoproduction, l’album Rise Up, sorti en 2005, et un EP avec le Freedom Iration Band, Jadawee I présente, trois ans plus tard, un nouvel opus intitulé Golden Life, pour lequel il n’a pas manqué de voir les choses en grand.
Originaire de Seine-et-Marne, David, de son prénom d’usage, est né dans une famille de musiciens. Il s’oriente très tôt vers le piano, influencé par les grands maîtres du jazz (Monty Alexander, Ernest Ranglin, Dean Fraser, Wynston Kelly, Dave Brubeck, Duke Ellington…), et le chant, grâce à Bob Marley et aux Jamaïcains Bobo Shanti (Sizzla, Capleton, Jah Mason…), qui le touchent également sur le plan spirituel. Après quelques années de voyages et de découvertes autour du globe, son amour de la musique le pousse à explorer ses envies et à les concrétiser, malgré des moyens restreints, permettant ainsi les premières sorties. Pendant cinq ans, le Freedom Iration Band l’accompagne jouer ses morceaux en public. Jadawee I fait également partie du Sion I Crew, qui réunit autour de son sound system des chanteurs d’horizons divers, dans le but de diffuser des musiques conscientes et un message d’unité. Fort de toutes ses expériences, Jadawee I a sollicité sa section chœurs, des musiciens de Rezone, du Cactus Roots Band… et rejoint le Fifth Floor Studio de Paris pour enregistrer ce nouvel opus dans les meilleures conditions possibles. Inspiré par la connaissance Rastafari qu’il considère comme sa source, il propose un reggae nu-roots lumineux et conscient, énergique et engagé, parsemé d’influences roots-rock ou roots-jazz, pour voyager, dans tous les sens du terme. Cet éveil des consciences passe par des thèmes essentiels : l’amour, l’unité, la justice, la spiritualité, la gratitude, l’écologie… La sortie de l’album Golden Life, « Time of Reconnection », d’abord programmée pour le 7 avril, a eu lieu le 29 septembre. Le printemps a été l’occasion de travailler à la réalisation d’un clip, avant d’amener l’album sur les scènes, en compagnie du Frère2Roots Band. Jadawee I n’a qu’une envie : celle de connecter le plus grand nombre possible autour de ses belles vibrations.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #38 - octobre/novembre 2014)

jeudi 11 décembre 2014

Tiwony

En attendant la sortie toute proche de son nouvel album, Roots Rebel, Tiwony frappe fort avec la mixtape Plis Roots, disponible en téléchargement gratuit sur la Toile. Un Best Of Roots des meilleurs tunes de ces dernières années mixé par Polino, de l’inimitable Stand Tall sound system. Du lourd comme on aime !
Voilà un bail que Tiwony compte parmi les artistes antillais en qui on peut avoir toute confiance pour délivrer de bonnes vibrations, roots reggae comme dancehall. Quel plaisir lorsque celui-ci a annoncé l’arrivée d’une mixtape en téléchargement gratuit, disponible le jour bien choisi de la Fête de la musique, regroupant ses meilleurs sons roots, naturellement réunis sous le titre Plis Roots. 33 titres confiés à Selecta Polino, pour traverser les dix dernières années du MC, en passant forcément par « Priyé Jah », « L’Union Fait La Force », « Mon Continent »… Une poignée de combinaisons qui avaient ravi nos oreilles : « Faut Qu’On Soit Fort » feat. Straïka D et Féfé Typical, « Jamais Le Mal Ne L’Emporte » feat. Féfé Typical, « Reine Sans Couronne » feat. Taïro, « Give Thanks » feat. Jah Defender… Et ce n’est là qu’un tout petit aperçu de cette belle sélection. Pour clore le mix, une exclusivité, le premier single issu de l’album Roots Rebel, dont la sortie est prévue pour la fin de l’année : « Big Up » produit par Bost & Bim. Le mieux pour se rendre compte du beau cadeau qui nous est fait ici est encore de se précipiter sur son ordinateur pour le télécharger, si ce n’est pas déjà fait. Tout y est pour apprécier le parcours musical de Tiwony, en donnant l’envie irrépressible d’écouter le prochain. Il aura fallu trois ans à notre Lion indomptable pour obtenir le résultat escompté. Soyez prévenus, il s’agit de son meilleur album… On a vraiment hâte !

Simba

https://www.facebook.com/TIWONY.OFFICIAL

(pour Reggae Vibes Magazine #38 - octobre/novembre 2014)

mardi 9 décembre 2014

Martin Zobel & Soulrise - Show Must Go On

Après Land Of The Free sorti en 2012, Martin Zobel et son Soulrise Band sont de retour avec un nouvel album, intitulé Keep Planting Seeds, empli d’espoir et de bonnes vibrations roots reggae. Interview avec Martin Zobel pour en savoir un peu plus sur ce nouvel opus, et aussi l’histoire et l’esprit de Soulrise

Quand est né le groupe Martin Zobel & Soulrise Band ?
J’ai vraiment commencé à faire de la musique et à donner de petits concerts en 2004. Juste moi et ma guitare, et ça a duré comme ça pendant plusieurs années. Je n’avais pas du tout prévu de devenir musicien ! Je jouais juste mes chansons de temps en temps et, à un moment, un autre groupe, qui était en pleine tournée, m’a vu et m’a demandé si je voulais faire leur première partie sur toutes leurs dates. J’ai dit oui et je suis parti en tournée avec eux. Quand les promoteurs demandaient comment m’annoncer, on utilisait juste mon vrai nom, parce que je ne pensais pas que cela comptait. Les gens ont commencé à me connaître, j’ai fait encore plus de concerts et il était trop tard pour trouver un nom d’artiste. Voilà pourquoi j’utilise encore mon vrai nom aujourd’hui !
J’ai rencontré des musiciens sur la route et, quand nous avons décidé de former un groupe, Soulrise est né. Mais ça avait peu à voir avec le Soulrise Band d’aujourd’hui. Ce n’était pas vraiment reggae, c’était plus un chanteur avec une touche de reggae. Les premiers membres du groupe, qui en font toujours partie aujourd’hui, l’ont rejoint en 2007 et, à partir de là, le projet a évolué. Nous nous sommes alors plongés profondément dans le reggae. La majeure partie du groupe n’a pas changé depuis 2011. C’est devenu ma seconde famille !

Qui sont les musiciens du Soulrise Band ?
Le Soulrise Band est un groupe très spécial : chacun des membres est extrêmement talentueux ! Ce sont des musiciens extraordinaires, qui aiment le travail fait à la main, le roots reggae music analogique ! Et, au-delà de ça, ce sont des personnes formidables, comme je l’ai dit, ma seconde famille. Je suis extrêmement reconnaissant d’en faire partie.
A la batterie, nous avons aDUBta, aka 3in1, un batteur exceptionnel ! Je n’en connais pas d’autres en Allemagne qui puisse jouer du roots comme lui ! Nous avons l’habitude de l’appeler aDUBta, mais le premier jour où nous étions au studio pour enregistrer Land Of The Free, Fully l’a appelé 3in1, parce qu’il a dit que aDUBta joue comme trois de ces batteurs préférés à lui tout seul (Santa Davis, Sly Dunbar et Horsemouth) !
A la basse, pendant toutes ces années, nous avons eu Dublex, avec là aussi, un maximum de vibrations. Même les grands du genre, comme Aston Family Man Barrett et Fully Fullwood, le félicitaient ! Malheureusement, en novembre de l’année dernière, Dublex nous a soudainement quittés, à l’âge de 33 ans… et il a laissé un vide profond dans le groupe. C’est aussi pour cette raison que, sur le nouvel album, Fully Fullwood a pris la basse à la place de Dublex… Maintenant, notre nouveau bassiste est une fille, Sumalee. Elle est très petite – à peu près la taille d’un Ampeg 8x10 (rires) – et toute fine, mais sa basse est énorme ! Tu devrais la voir et l’entendre, tu n’en reviendrais pas !
A l’orgue, clavinet et mélodica, nous avons Andy Haslacher, le dernier à avoir rejoint le groupe. Il a un super feeling avec le son et les instruments. Il écoute toujours très attentivement ce qu’il se passe musicalement dans le groupe et y répond instantanément. C’est ce que j’aime chez lui.
Au piano, synthé et chœurs, nous avons Jan Geuer, qui est un génie ! En fait, c’est un bassiste, mais c’est aussi un chanteur d’enfer. Il a commencé dans le Soulrise Band comme choriste. Au bout d’un moment, nous avions besoin d’un second clavier et, comme il a plusieurs cordes à son arc, nous lui avons demandé s’il pouvait en jouer. Il a dit quelque chose comme « oui, je pense que je peux apprendre », et maintenant, il assure grave ! Je suis sûr que si on lui demandait de réparer une voiture en même temps que de donner un concert, il pourrait le faire ! (rires)
Egalement aux chœurs, nous avons Jennifer Washington. Jenny est une chanteuse incroyable. Je pense que c’est une des plus grandes artistes reggae féminines que l’Allemagne a à offrir. Reggaeville a même écrit qu’elle faisait partie des meilleures artistes féminines d’Europe actuellement ! Je suis très honorée qu’elle soit dans le groupe !
Le dernier, mais non des moindres, Daniel Rickler, à la guitare lead. Ce mec a quitté l’école quand il avait 16 ans pour étudier la guitare. Je pense que depuis, il n’a fait que ça ! Vous pouvez penser que j’exagère, mais pourtant non. Selon moi, et je suis sûr que beaucoup seraient d’accord, c’est le meilleur guitariste de roots reggae que nous avons en Allemagne en ce moment !
Donc, tu vois, je suis très fier de mon groupe, mais il y a de bonnes raisons !

Votre musique est vraiment roots reggae. Quels sont les artistes qui vous ont influencés ?
Probablement trop pour les citer tous ici ! En dehors des évidents Bob Marley, Peter Tosh… je dirais The Gladiators, The Abyssinians, Culture, Max Romeo… pour en nommer quelques-uns. Ce qui nous influence essentiellement est le son chaleureux et naturel de ces enregistrements. On peut entendre ce qu’il se passe dans la musique. Il y a des musiciens qui ont une certaine vibration quand ils jouent ensemble. Comparé à aujourd’hui où on dit juste « faisons un nouveau riddim », c’est une autre mentalité. Je trouve que le reggae vintage est très rafraîchissant.

Votre premier album ensemble a été One Future, sorti en 2010, avec Irievibrations Records, c’est bien cela ?
Oui, c’est en partie vrai. Il n’y avait que Daniel et Dublex qui faisaient déjà partie du Soulrise Band, quand nous avons enregistré One Future. C’était notre première expérience à jouer vraiment du reggae. Et une approche complètement différente : nous avons enregistré tout piste par piste et, parfois, nous avons fait plusieurs prises parce que nous voulions que ce soit parfait. Tout était édité sur l’ordinateur. Au moment où il est sorti, j’ai vraiment aimé. Mais après avoir goûté à l’expérience des sessions d’enregistrement analogiques, en direct, et entendu le son que cela donnait, j’étais totalement époustouflé par la différence !

Que s’est-il passé pour le groupe depuis la sortie de Land Of The Free en 2012 ?
Land Of The Free a changé beaucoup de choses pour nous. L’album a été numéro 1 des charts reggae allemands et, tout d’un coup, nous avons été vus et appréciés par une bien plus large audience, pas uniquement en Allemagne, mais aussi dans les autres pays d’Europe, et même aux Etats-Unis, en Amérique Latine… Nous avons fait une tournée en Allemagne, Autriche et Suisse et, l’hiver 2012, nous avons fait notre première tournée américaine, incluant plusieurs émissions de radio, c’était super ! Au final, nous avons joué dans les plus grands festivals, ici, en Allemagne, comme le Summerjam. Tout ça a constitué un grand pas en avant pour nous.

Quand avez-vous commencé à travailler sur Keep Planting Seeds ?
Nous avons commencé à travailler sur les chansons l’été 2013, avec une entière pré-production faite dans mon studio, au sud de l’Allemagne. Ce studio, j’ai commencé à le construire juste après les enregistrements de Land Of The Free. J’étais tellement inspiré par le son analogique que je voulais qu’il soit le plus analogique possible. Ainsi, l’Analogvibes studio dispose d’une console analogique et de beaucoup d’effets qui ont été fabriqués dans les années 1960-70, et il a même une machine à bandes.  Nous nous y sommes retrouvés un certain nombre de fois, nous avons jammé pendant 3-4 jours et nous avons tout enregistré. Ensuite, nous avons écouté et choisi les idées que nous aimions. Les enregistrements étaient prévus pour décembre 2013, donc nous nous sommes vus un peu avant pour répéter les chansons que nous voulions sur l’album.

Ce nouvel album a été enregistré dans un contexte inhabituel, le décès de votre bassiste Dublex… Comment peux-tu résumer l’esprit et l’inspiration de cet album ?
Comme je l’ai dit, nous avons commencé à travailler sur l’album à l’été 2013. Au printemps, la tumeur au cerveau de Dublex a été diagnostiquée. Je me souviens encore quand tout a commencé, car nous avions un concert avec Groundation, en Allemagne, la nuit juste avant l’intervention. Il était à l’hôpital tout l’été, nous l’avons sorti de là une paire de fois sans que sa famille ne le sache. Lex vivait pour la musique et ne pas pouvoir jouer de la basse le rendait complètement fou. Une fois, nous l’avons sorti de l’hôpital et avons jammé dans notre studio. Il nous répétait souvent que jouer de la musique avec nous l’aider à garder la force de surmonter cette épreuve. Une autre fois, nous l’avons sorti parce que nous étions programmé au Summerjam Festival et ça avait toujours été le rêve de Dublex de jouer là, alors nous devions le faire !
Pour revenir sur le nouvel album, pendant cette période, il m’appelait souvent en me disant qu’il avait des idées pour l’album, mais il n’avait pas la possibilité de les enregistrer. J’ai pris du matériel d’enregistrement portable, une basse et ma guitare acoustique, j’ai roulé 150 km jusqu’à l’hôpital et nous avons enregistré ses idées directement dans sa chambre. Nous les avons ensuite utilisées et créé des chansons en fonction d’elles. Musicalement, on peut dire qu’il y a un peu de Dublex dans cet album. Mais l’esprit et l’inspiration qu’il a contribué à apporter à cet album va bien plus loin que ça. Il faut que tu saches que Dublex est l’un des mecs les plus sympa que j’ai connu, mais il était aussi celui qui nous rappelait toujours la chance que nous avions de vivre ce que nous vivions, que nous vivions notre rêve et que nous avions trouvé notre liberté dans la musique. Parce que lorsque nous jouons de la musique et célébrons le roots reggae ensemble, nous pouvons oublier nos peurs, nos peines, notre douleur. Là, si tu reprends ce que j’ai dit, tu as déjà le titre de deux chansons ! Même si le titre de l’album est inspiré par Lex, d’une certaine manière, nous avons traversé une période très difficile après sa mort, mais nous voulons continuer de planter des graines !

Vous avez enregistré les chansons exclusivement en session live analogique au Fully’s Kitchen Studio de Fullwood. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Je t’ai parlé de mon studio. Nous aurions pu enregistrer le nouvel album là, mais nous avons décidé de retourner en Californie, pour plusieurs raisons :
1. Nous voulions encore travailler avec Fully, parce que c’est un génie de la musique ! Il était déjà devenu un vrai ami et un frère pendant que nous travaillions sur Land Of The Free. Depuis le début, il sait exactement comment ça doit sonner.
2. Au studio de Fully, c’est lui le producteur, nous sommes les musiciens, c’est donc lui qui prend les décisions. Si tu sais que tu peux faire confiance au mec qui décide, parce que tu sais qu’il sait exactement ce qu’il fait, c’est un grand avantage !
3. Nous n’étions pas dans notre environnement quotidien, ce qui nous permettait de nous concentrer complètement sur la musique, tu vois ce que je veux dire ?
4. En dehors de ça, travailler avec Fully signifie qu’il n’y aura qu’une seule prise, peut être une deuxième, mais c’est tout. Nous avons du nous y habituer, parce que les erreurs peuvent arriver. Particulièrement dans le reggae, il est question de vibrations et non de perfection. C’est ce que nous a enseigné Fully.
5. Et aussi, la Californie est très agréable ! Particulièrement en hiver, par rapport à l’Allemagne ! (rires)

L’EP 4 titres Inspiration, extrait de Keep Planting Seeds, est disponible en téléchargement gratuit sur la Toile. Est-ce un aperçu de l’album, en quelque sorte ?
Oui, mais seulement deux chansons de l’EP sont sur l’album. Les deux autres sont exclusivement disponibles sur l’EP. Après tout ce qui est arrivé, nous avons été absents pendant un certain temps et, avec cet EP, nous voulions annoncer notre retour, dire merci et offrir quelque chose de spécial à notre public. (http://www.soulrise.analogvibes.net/ / https://soundcloud.com/reggaeville/sets/martin-zobel-soulrise-inspiration-ep)

Y a-t-il des concerts prévus en France et en Europe prochainement ?
Tout d’abord, nous allons faire une tournée en Allemagne, en Autriche et Suisse, en février et mars 2015, et bien sûr, quelques festivals. J’espère que nous donnerons aussi des concerts en France ! Les gens nous disent souvent que nous devrions venir en France, parce que les massives français apprécient vraiment le bon roots reggae. Bien sûr, nous aimerions venir, mais nous n’avons pas encore de tourneur attitré là-bas…

Quels sont les projets pour les prochains mois ?
Nous allons à Paris ! (rires) Keep Planting Seeds est sorti dans beaucoup de pays et il y a encore du travail à faire. Depuis le 17 novembre, le disque est enfin disponible en France, et le 21 novembre arrive une édition vinyl ultra limitée. Nous avons une tournée promotionnelle des radios à Paris, du 26 novembre au 2 décembre, pour présenter Keep Planting Seeds au public français. Pour finir, nous travaillons sur un nouveau set live pour 2015… et nous sommes aussi activement à la recherche de partenaires booking afin de venir jouer en France !

Simba

vendredi 28 novembre 2014

Danakil / Lord Bitum & Raggadikal Sound (14 novembre 2014 - La BAM - Metz)

Depuis la sortie fin février de leur nouvel album Entre Les Lignes, Danakil a multiplié les concerts un peu partout sur le territoire. A la veille du World A Reggae Music Tour, en compagnie de Yaniss Odua et Protoje, les voilà programmés dans une nouvelle salle de musiques actuelles, La Boîte à Musique ou BAM, à Metz, le vendredi 14 novembre, avec en première partie Lord Bitum et Raggadikal Sound.

C’est toujours un plaisir d’apprendre l’ouverture d’un nouveau lieu dédié aux musiques actuelles, qui puisse donner l’occasion d’y trouver des événements de qualité en matière de reggae. A Metz, la BAM est excentrée, se situant du côté de Borny, mais accessible en bus grâce à la ligne A, et vient compléter les espaces des Trinitaires et de l’Arsenal, situés en centre ville. L’ouverture a eu lieu en septembre dernier et sa capacité pouvant aller jusqu’à 1200 spectateurs promet de réserver de beaux moments.
Pour l’heure, nous avons rendez-vous avec Danakil, ce qui assure une agréable soirée. Pour commencer, Natural Mat se charge de mixer une petite sélection dans le bar de la BAM, avant l’arrivée des artistes. Puisque c’est Lord Bitum en première partie et qu’il est accompagné de Raggadikal Sound, dont il est le fondateur, c’est sur la grande scène qu’on retrouve ensuite Natural Mat, prêt à lui donner le tempo. Le premier album solo de Lord Bitum est sorti il y a quelques mois, produit par 149 Records, et il est tout à l’image du chanteur : varié dans les styles (même si la dominante est plutôt roots), sincère dans ses propos, et très positif. Celui-ci s’intitule Même Pas Mort. Si cette prestation est l’occasion de le présenter au public messin, Lord Bitum n’hésite pas également à jouer d’autres titres, issus de son lourd répertoire.
Vient le tour de Danakil, alors que le public est déjà très chaud et en parfaite condition, ce vendredi soir, tant les lieux sont conviviaux et la musique bonne. Après une courte introduction instrumentale, ils démarrent avec « Poupées Russes », également titre d’ouverture d’Entre Les Lignes. Balik, Natty Jean et les sept musiciens qui composent Danakil sont en forme, souriants et complètement disposés à partager leurs bonnes vibrations sans aucune retenue. On sait que Danakil est un bon groupe de scène et ils le prouvent encore ce soir. Les quatre albums sont représentés, avec : « Mali Mali », « Hypocrites », « Les Signes », « Mahatma », « Ne Touche Pas », « L’Avenir », « Free »,  « Les Champs de Roses », « Deux Vieillards », « Mon Ile »… Et, bien sûr, « Marley », dans une version partiellement acoustique, pour finir le rappel avec le percutant « Le Rêve ». Natty Jean en profite également pour annoncer la venue prochaine d’un nouvel album (le premier, Santa Yalla, est sorti en 2012), avec notamment le titre « On m’a dit », qui en donne un avant-goût plutôt enthousiasmant. Pendant plus d’une heure et demi, on chante et on danse sur les morceaux de Danakil, qu’on connaît par cœur, dans une ambiance réellement chaleureuse : le groupe donne le meilleur de lui-même et le public aussi, les bonnes vibrations font l’unanimité. La semaine suivante, c’est Dub Inc qui est programmé à la BAM. Quant à Danakil, pour les inconditionnels, ils seront de retour dans le secteur en mars à la Kulturfabrik à Esch-sur-Alzette !

Simba

lundi 17 novembre 2014

Rebelution - Count Me In (87 Music / Easy Star Records)

Le 10 juin dernier était une date à marquer d’une pierre blanche avec la sortie du nouvel album de Rebelution : Count Me In ! Etant déjà tombé sous le charme (et complètement accro) de Courage To Grow, Bright Side Of Life et le triple album Peace Of Mind, il n’y avait pas une minute à perdre pour se mettre ce nouveau disque dans les oreilles. Même s’il ne dure que 40 minutes, les Californiens savent ce qu’ils font, puisque les 11 pistes sonnent à la perfection. Le titre d’ouverture porte le nom de l’album et il est clair qu’on peut leur faire confiance pour nous transporter dans leur roots reggae bien à eux, à la touche américaine reconnaissable, mais si efficace. Puisqu’on succombe complètement à la voix d’Eric Rachmany et à ces délicates mélodies, comment résister ! Parmi les perles de ce nouvel album, « Roots Reggae Music » feat. Don Carlos a toute la vibe pour convaincre en une seule écoute ceux ne se seraient pas encore penchés sur le groupe, tout comme « Hate To Be The One » feat. Collie Buddz. Sinon, « Counterfeit Love », « Notice Me », « More Love »… sont tout aussi goûtus. Le disque se présente dans un boîtier conçu 100% en papier recyclé (à noter que tous les albums de Rebelution existent aussi en version vinyl) et, même si le livret qu’il contient est plutôt simple, toutes les paroles y figurent. On avait déjà remarqué que Rebelution attachait une certaine importance à rendre ses paroles accessibles, étant donné que tous les titres sont disponibles en lyric video sur YouTube ! Il ne leur manque plus que quelques clips pour être vraiment sous tous les fronts (malgré ces 4 albums, ils se comptent sur les doigts d’une seule main !). Enfin, dommage qu’il n’y ait pas eu davantage de dates françaises… car Rebelution en live, c’est juste encore plus enivrant ! Allez, on remet Count Me In au début !

Simba

  
Tracklist : 
01. Count Me In
02. De-Stress
03. More Love
04. Lost In Dreams
05. Fade Away
06. Hate To Be The One feat. Collie Buddz
07. Notice Me
08. Roots Reggae Music feat. Don Carlos
09. Counterfeit Love
10. Against The Grain
11. Invasion

lundi 10 novembre 2014

Tarrus Riley (10 octobre 2014 - NJP - Nancy) / Love Situation (Zojak World Wide)

Chaque année, les NJP nous ont habitués à une soirée reggae de haut niveau, avec une programmation parfaitement ciblée pour les amateurs de ces bonnes vibrations. Après Patrice, Protoje et Yaniss Odua le 18 octobre 2013, la nouvelle édition allait encore faire des heureux !
A l’affiche cette année, le vendredi 10 octobre 2014 : Anthony B, Omar Perry, Tarrus Riley et Naâman, au Chapiteau de la Pépinière, dès 20h, suivi par Flying To Jamaica avec Asher Selector et Irie Crew au Magic Mirror, jusqu’à 4h du matin !
A l’annonce de la programmation, quelques mois plus tôt, c’est Ky-mani Marley qui est cité au côté de Tarrus Riley et Naâman, finalement remplacé, suite à l’annulation de sa tournée d’automne, par deux autres pointures du reggae actuel, Anthony B et Omar Perry. Dans tous les cas, la soirée s’annonçait très chaude ! Quel plaisir de pouvoir enfin apprécier, à Nancy, en live, l’un des chanteurs les plus en vue de la scène new-roots, Tarrus Riley ! Fils de Jimmy Riley, Tarrus a eu de multiples occasions de faire connaître sa belle voix : « She’s Royal », « Stay With You » ou encore le single-hit « Good Girl Gone Bad » feat. Konshens… Tarrus est le genre de chanteur à ne pas faire de faux pas : qu’il s’agisse de sa discographie (Challenges, Parables, Contagious, Mecoustic et le dernier Love Situation), des nombreux titres posés régulièrement sur des riddims (dont la liste est bien trop longue !), de ses textes tantôt lover, tantôt conscients, toujours sincères, de sa voix au chant envoûtant ou au toast approprié en circonstance… Dans cette lignée, sur scène aussi, Tarrus assure, et encore plus en compagnie de Dean Fraser. Puisqu’il emmène Alaine sur sa tournée, la belle a droit à un petit quart d’heure à partager avec le public nancéien. Le temps de quatre morceaux, dont « Without You » et « Ordinary Love », et de toucher un peu le clavier au passage. Même si Tarrus et ses musiciens ne disposent que d’une heure, ils ne perdent pas une seconde, sans pour autant faire sentir une quelconque précipitation. Nous voilà ensorcelés ! Grâce à tous les titres cités plus haut, et aussi « My Day », « Superman », « Burning Desire », « Protect The People », « Come Over », « Rebel »… Un moment de pur bonheur inoubliable !

Profitons également pour s’arrêter quelques instants sur son nouvel album. Il s’intitule Love Situation, sorti en février, et on sait comme le chanteur sait chanter l’amour dans ses bienfaits comme ses complications ! Le premier single a été « 1 2 3 I Love You » et le second « Burning Desire », tous deux bien agréables. Le reste de l’album est dans la même veine, plein de sentiments et de douceur. Plus on l’écoute, plus on y prend goût. La tracklist contient notamment une délicate introduction pour entrer dans l’atmosphère touchante de Love Situation, « Dem A Watch » qui était déjà sorti l’année passée, un remix de « Gimme A Likke One Drop » qu’on avait découvert sur le Tropical Escape riddim, un remix de « To The Limit » feat. Konshens, plusieurs autres combinaisons (« Five Days » feat. Big Youth & Mr Cheeks, « Special Occasion » feat. Whippa Demus, « Sail Away (Stepping Out) » feat. U Roy) et deux interludes (« Welding Skit » et « A Lifetime Skit »), s’achevant par « Food For Thought » en guise d’outro. En tout, ce sont 17 pistes à la vibration rocksteady menées par la belle voix de Tarrus, à laquelle on ne peut pas résister. Parmi ceux qu’on découvre, on a un petit faible pour les titres « Thank You » et « Version Of Love (My Story) », mais, c’est tout l’album qui mérite une attention auditive particulière. Une fois qu’il aura beaucoup tourné, de la même manière que les précédents, il laissera sûrement derrière lui quelques incontournables. Vous l’aurez compris, Tarrus est un artiste à ne pas louper, s’il passe près de chez vous, et dont il est recommandé d’avoir quelques uns de ses albums, si ce n’est tous, à portée de main. Enjoy !

Simba


Tracklist :
01.   Intro – Love Situation
02.   1 2 3 I Love you
03.   Lost For Words (Speechless)
04.   Welding Skit
05.   Burning Desire
06.   A Lifetime Skit
07.   Five Days feat. Big Youth & Mr Cheeks
08.   Cry No More feat. Dean Fraser
09.   Dem A Watch (Wanna See Us Break Up)
10.   Cum Get Your Ish
11.   One Drop Remix
12.   Special Occasion feat. Whippa Demus
13.   To The Limit Remix feat. Konshens
14.   Thank You
15.   Version Of Love (My Story)
16.   Sail Away (Stepping Out) feat. U Roy
17.   Food For Thought

jeudi 6 novembre 2014

SOJA / Raggadikal Sound (30 septembre 2014 - L'Atelier - Luxembourg)

Le mardi 30 septembre dernier, les américains de SOJA s’arrêtaient à L’Atelier à Luxembourg lors de la tournée accompagnant la sortie de leur nouvel album intitulé Amid The Noise And Haste. En première partie, pour chauffer tranquillement la salle pendant l’arrivée du public, Raggadikal Sound.
SOJA est devenu en quelques années un incontournable du continent américain en matière de reggae. Les quatre précédents albums du combo du comté de Washington DC ont donné tout le loisir d’apprécier leur son roots relevé d’une pointe de rock. De Peace In A Time Of War, sorti en 2002, à Strength To Survive, dix ans plus tard, les adeptes de SOJA n’ont cessé de se multiplier, remplissant davantage les salles à chacun de leur passage. Cet automne a été l’occasion d’accueillir ce cinquième album. Dans la continuité des précédents, Jacob Hemphill et ses soldats explorent, cette fois, le thème introspectif de la paix intérieure à laquelle chacun devrait avoir droit… Amid The Noise And Haste compte, entre autres, de nombreux featurings, dont les premiers singles « I Believe » avec Michael Franti et Nahko, et « Your Song » en compagnie de Damian Marley.

Quatre jours après leur passage au Bataclan à Paris, SOJA était parfaitement en condition pour présenter cet album et revenir sur les précédents, tout au long de ce moment partagé avec le public luxembourgeois. Dès l’ouverture des portes, c’est la queue à l’entrée ! Natural Mat de Raggadikal Sound est déjà sur scène pour mixer de bons sons reggae de tout horizon pendant que la salle se remplit. SOJA arrive sur scène vers 21h30. C’est parti pour un beau moment de live qui restera gravé dans la mémoire de toutes les âmes présentes. Avec les nombreux singles que SOJA a en poche, il y a de quoi faire : « Mentality », « I Don’t Wanna Wait », « Strength To Survive », « Not Done Yet », « Sorry », « You Don’t Know Me »… Et aussi, « Your Song », où le bassiste Bobby Lee se charge du flow de Damian Marley. Il en profite également pour chanter « Be Aware », extrait du second album Get Wiser, où on le retrouvait encore parfois au premier plan derrière le micro. « Shadow » issu de Amid The Noise And Haste et accueillant la voix de Trevor Young (guitariste) aux côtés de celle de Jacob, offre une belle vibration. Bien sûr, le titre que tout le monde espère, et qui fait l’unanimité qu’on soit fan de SOJA ou non, « You and Me », qui figure sur Born In Babylon, se fait attendre, gardé bien au chaud pour arriver juste avant le rappel, aussi chargé en émotions en live qu’en version enregistrée… Globalement, le set est parsemé de moments qui mettent en valeur la place de chaque instrument, chaque musicien, tous indispensables pour obtenir le son si savoureux de SOJA. Le show reflète parfaitement le style et le parcours du groupe, même si avec autant de bons morceaux dans leur répertoire, il y en a forcément quelques uns qui manquent à l’appel.

En voilà un excellent concert que les absents ont eu bien tort de manquer. C’était tellement magique que l’envie de poursuivre avec n’importe quel album de SOJA une fois de retour chez soi est irrépressible ! Si vous n’avez pas encore écouté Amid The Noise And Haste, n’attendez plus pour y goûter. Et si vous n’avez malheureusement pas pu assister ce concert, il va falloir prendre son mal en patience d’ici leur prochaine venue dans le secteur. Dans la même veine, Groundation et Rebelution seront à la Kulturfabrik le 12 novembre prochain, avec, eux aussi, un nouvel album en poche, respectivement A Miracle et Count Me In, vivement recommandés !

Simba

lundi 3 novembre 2014

Clinton Fearon & The Boogie Brown Band / Tony Nephtali & Delphine (14 octobre 2014 - Le Gueulard + - Nilvange)

A l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle salle à l’architecture innovante et dédiée aux musiques actuelles, Le Gueulard +, à Nilvange en Moselle, le premier concert, le mardi 14 octobre, nous réservait le grand Clinton Fearon et son Boogie Brown Band, avec, en première partie, Tony Nephtali et Delphine.

A l’arrivée au Gueulard + à l’heure indiquée, 20h30, l’entrée et le bar sont complètement bondés. On devine que l’inauguration a débuté bien avant le concert pour souhaiter les meilleurs augures à ce nouveau lieu, en place de l’ancienne piscine de Nilvange, enfin prêt à ouvrir ses portes aux public, presque deux ans après le début des travaux, réunissant une salle de concert de 400 places, trois studios de répétition équipés, un centre de ressource… Pour accéder à la salle de concert, il suffit de descendre les escaliers en colimaçon à gauche du bar. Une fois à l’étage inférieur, après avoir poussé une double porte, nous y sommes : une belle scène se trouve face à nous. Quelques marches à descendre, qui forment aussi une sorte de balcon se prolongeant sur les côtés, avant de se trouver au cœur même de la fosse.
Tony Nephtali et Delphine proposent ce soir un show acoustique. Une guitare, quelques percussions et quelques notes de claviers suffisent à accompagner leurs deux voix. Ils chantent notamment des titres de l’EP sortis quelques mois plus tôt (« Jah Brings Love », « No War », « Run », « Love Jah Forever »…). Leur prestation met la salle dans une ambiance décontractée pour apprécier pleinement la légende vivante qui va arriver ensuite.
Peu après 21h30, Clinton Fearon et ses musiciens investissent la scène. Faut-il rappeler que Clinton Fearon a fait partie des Gladiators ? Et qu’on lui doit des titres aussi incontournables que « Rich Man Poor Man » ou « Chatty Chatty Mouth » ? Ceux-ci ne pourront manquer d’être joués ce soir, puisqu’ils sont toujours chantés en chœur, et bien évidemment réservés pour la fin. Ce n’est pas plus mal puisque tous ceux qui les précédent ont aussi un goût bien agréable. Clinton Fearon vient juste de sortir un nouvel album Goodness, au titre parfaitement calibré avec ce qui émane du chanteur musicalement et humainement. « Blame Game » et « Poor Nana » sont là pour le représenter avec grandeur. L’album précédent Heart & Soul nous avait donné l’occasion d’écouter Clinton Fearon en acoustique, seul sur scène avec sa guitare, au Palace à Hayange. Il va sans dire que les deux formules lui vont très bien ! Le Boogie Brown Band est parfaitement dans la cadence. Même si le public était encore un peu frais à leur arrivée sur scène, ils font monter la température en à peine quelques morceaux. Goodness est le dixième album que Clinton Fearon produit lui-même ! Autant dire qu’il ne risque pas d’être à court de bonnes vibrations à partager avec joie et sincérité pendant près de deux heures : « Livin’ Is An Art », « Love Got Mi », « Rocky Road », « Feeling The Same »…

On ressort du Gueulard + avec le sourire aux lèvres et rechargé en bonnes vibrations. On y reviendra avec plaisir. Clinton Fearon en profite pour une petite séance de photos et dédicaces, avec la possibilité également de se procurer albums, t-shirts, affiches… Un seul mot pour résumer cette belle soirée : Goodness !

Simba