mardi 7 février 2012

Abdou Day / Raggadikal Sound (16 décembre 2011 - Le Nimby - Thionville)

Vendredi 16 décembre 2011, Abdou Day était en concert acoustique au Nimby à Thionville accompagné de Raggadikal Sound pour quelques heures de reggae music. Entrée gratuite, aucune raison de s’en priver !
Abdou Day est l’un des artistes lorrains les plus remarquables de la scène reggae, par les années accumulées, ses concerts et albums, et son reggae malgache inimitable. Que ce soit en acoustique ou avec ses musiciens, il a toujours de quoi apporter un peu de soleil et de chaleur dans les lieux qu’il parcourt. Le Nimby n’est pas bien grand mais la convivialité est là, et c’est plutôt recommandé en ce soir de tempête. Vers 22h, Abdou Day et le guitariste qui l’accompagne sont prêts. Avec ses albums Libre et Tous Egaux, nombreux le connaissent déjà, tout comme les paroles de ses chansons, « Elle », « Your Love », « Andeha Ahia Atsika »… Agréable prestation qui fait passer un bon moment musical et humain. Et puisqu’il n’est pas encore l’heure de rentrer chez soi, Raggadikal enchaîne avec une petite sélection reggae dancehall.
Prochaine session acoustique au Nimby jeudi 19 janvier avec Tony Nephtali, soyez au rendez-vous !

Simba


(pour Reggae-Est)

dimanche 5 février 2012

Biga*Ranx - Fast Style Hero

Biga*Ranx termine l’année 2011 enfin lesté de son premier album, On Time, qui révèle toute l’identité singulière du prodige du fast style.
Celui qui, dès l’adolescence, écoutait en boucle Supercat, Vybz Kartel, Alton Ellis, et montait le Bandalero sound system avec DJ Atili, revient sur la réalisation de ce premier opus.

Voici enfin la sortie de ton 1er album ! Comment peux-tu présenter On Time ?
Ça faisait vraiment longtemps que j'attendais de sortir mon premier album. J'ai eu l'occasion de sortir pas mal de singles one shot, mais c'est vrai que la création d'un album est beaucoup plus complexe et nécessite d'être bien entouré. J'ai pris beaucoup de temps pour réfléchir à sa conception, au visuel et à la couleur que je voulais lui donner. Il devait me correspondre et refléter mon identité musicale. On Time est assez éclectique. C'est un bon mix des influences qui sont importantes à mes yeux : un genre de reggae alternatif assez moderne. Grâce à cet album, les gens vont se rendre compte que j'ai de multiples facettes, sur le plan artistique. Ils peuvent s’attendre à des surprises par rapport à ce qu'ils connaissent déjà de moi. J'aime surprendre et être toujours là où on ne m'attend pas !

Où et avec quelle équipe a t-il été enregistré ?
J'ai fait cet album avec mon cercle de potes musiciens. Il a été enregistré entre Tours et Paris, car j'ai eu la chance de rencontrer un label qui m'a permis d'avoir accès à de grands studios, comme le Studio de La Grande Armée. On peut retrouver des riddims d’Olo du collectif Ondubground, mais aussi deux compos de Maffi, un producteur suédois. J'ai aussi beaucoup enrichi les riddims en faisant intervenir d'autres musiciens, comme par exemple Aymeric Simon à la guitare, qui m'accompagnera d'ailleurs bientôt sur scène. Il y a aussi beaucoup de chœurs, auxquels ont participé une chanteuse ainsi que mon backer Green Cross, avec qui je partage le morceau « Sorry For Them ». C’est un peu un hymne contre les haterz, qui dit surtout qu'il est important s'entourer des bonnes personnes pour rester positif, et de toujours croire en ce que l’on fait sans se laisser intimider par les autres. Il y a aussi des featuring avec des personnes qui me sont chères, comme Joseph Cotton ou Governor General Rugged, avec qui j'ai une formation alternative, Mus Bus.

Quels thèmes y sont explorés ?
On Time regroupe des textes conscients inspirés de la vie, mais sans caractère politique, ni même prophétique. Je n'ai pas la prétention de changer le monde, je chante des chansons sur la vie de gens simples. Aussi, il y a beaucoup de morceaux party time parce que je conçois avant tout la musique pour divertir.

On a déjà pu apprécier les clips de « Gyalist Ina Paris » et « Gipsy Rock » sur Internet. Pourquoi ces choix ? Y en a t-il d'autres de prévus ?
« Gyalist Ina Paris » n'est pas vraiment un clip, mais plutôt un montage amusant pour illustrer la chanson. Quant à « Gipsy Rock », on a écrit le morceau en une nuit et on a fait le clip dans la foulée avec un téléphone portable. J'aime bien ces deux morceaux parce qu'ils me résument bien. Comme je disais précédemment, l’un est conscient, « Gipsy Rock », et l’autre party time, « Gyalist Ina Paris». Bien entendu, d’autres clips à venir rapidement. J'aime beaucoup illustrer mes morceaux, aussi bien avec des petits clips faits à la maison, qu'avec de belles productions bien ficelées.

Ce premier album a été l'occasion d'y inclure « It's a Shame », le titre qui t’a révélé...
J'ai décidé de remettre ce vieux track, mais avec un nouveau riddim. Et pour rester dans la tradition, je l'ai réenregistré en one shot dans les studios. Mes vieux morceaux, je les ai offerts sur le Net, donc autant faire découvrir des nouveautés. J'aime toujours évoluer et laisser libre cours à ma créativité : il y a tellement de sons qui m'inspirent que je ne sais pas si j'aurais assez d'une vie pour faire tout ce que j'aime et sortir tous mes morceaux ! J'espère vraiment que les gens apprécieront l'ensemble de mon univers musical, et pas n’être reconnu que pour un seul titre.

Quelle évolution constates-tu dans ton style et dans tes envies au fil des années ?
J'ai beaucoup posé en patois jamaïcain jusqu'à présent, mais j'aime de plus en plus écrire des chansons en anglais traditionnel. Il y a aussi davantage d'influences hip-hop et électro dans mes morceaux, auxquels j'ajoute des sons moins urbains mais qui me sont chers, comme le blues, la soul, les vieilles sonorités des années 80 etc. En général, j'écoute du dancehall, mais aussi plein d'autres musiques, des vieux classiques de funk ou des nouveautés qu'on peut entendre à la radio. Même si ce n'est pas toujours mon style, il faut reconnaître un certain savoir-faire, voire du talent à bon nombre de titres qu'on qualifie péjorativement de commerciaux, uniquement parce qu'ils sont largement diffusés et plébiscités. J'aime écouter Black Ryno, Robin Finck, Raphael Saadiq, Bootsy Collins, ou encore Vybz Kartel, et même Metronomy ! Je suis de la génération multi-style, qui aime évoluer sans étiquette, et je revendique le droit à la mixité des cultures.

Quand as-tu rejoint X-Ray Production ?
X-Ray m'avait déjà mis sur quelques unes de leurs soirées Here I Come, alors j'ai décidé de les contacter une fois que j'étais prêt à réaliser mon album. On a scellé notre collaboration en mars dernier, et on va être amené à bosser ensemble pendant encore longtemps !

La sortie de l'album est prévu pour octobre, quoi d’autre à l’agenda des prochains mois ?
On va défendre cet album sur scène jusqu'à la fin de l'été prochain et, notamment, lors du Dynamite Tour où on sillonnera la France en compagnie de General Levy et du groupe Papa Style & Baldas. Comme étapes importantes, le 3 décembre à Paris au Cabaret Sauvage, mais aussi à Bordeaux, Lille, Bourges, Lyon… J'ai aussi prévu de faire remixer quelques tracks de l'album par Aphrodite, Chinese Man et bien d'autres. Puis, sortir une série de vinyles où je collaborerai avec différents artistes que j'apprécie. Et, si tu veux tout savoir, j'ai déjà écrit une chanson pour mon prochain album !

Simba


http://www.bigaranx.com

(pour Reggae Vibes Magazine #21 - décembre 2011/janvier 2012)

samedi 4 février 2012

Papa Style & Baldas - Nouveaux Souffles (X-Ray Prod)

Troisième album, déjà, de Papa Style & Baldas, Nouveaux Souffles est rafraichissant et donne un certain coup de fouet. Le groupe aime explorer les genres : du reggae (« Nouveau Souffle » feat. Dub Inc et Danakil, « Baldas Bambaataa », « Exode » feat. Fabulous Fab), au festif (« Dirty Reggae »), du dancehall (« Hard Flip »), au ska (« Keep Me », « Un Monde Meilleur » feat. David Cairol), du funk (« Les Faussaires » feat. Balik et « No Overtaking » feat. Biga*Ranx), à des sonorités exotiques (« Babetou Reprezent »), ils confirment ainsi leur côté atypique et décalé. Un ensemble varié dont certains devraient apprécier les différentes vagues, mais qui pourrait faire sauter quelques pistes à d’autres. Avec Papa Style & Baldas, le voyage musical est entraînant et divertissant. Rien de très surprenant, mais la vibration est positive et dansante, les lyrics conscients ou distrayants. Ce sont quand même les morceaux reggae et les featuring qui sont les plus convaincants. Une telle énergie incite de voir le groupe sur scène à la première occasion.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #21 - décembre 2011/janvier 2012)

vendredi 3 février 2012

Biga*Ranx - On Time (X-Ray Prod)

En quelques années à se faire remarquer pour ses prestations scéniques et de studio - mais sans aucun album en poche, Biga*Ranx est désormais paré. Remarqué depuis « It’s A Shame », nombreux sont ceux que son talent a laissés bouche bée. Biga*Ranx n’est pas époustouflant que par le débit et la justesse de son flow, rien ne semble lui résister, prêt à relever n’importe quel défi musical haut la main. Sur cet album inclassable, éclectique - et qu’on verrait bien s’exporter hors de nos frontières, Biga exprime les différentes facettes de sa personnalité, exploitant toutes ses capacités. 16 titres ou 50 minutes qui traversent les styles (hip-hop, électro, soul, funk…), sans perdre la main ni le niveau, avec des invités présents juste là où il faut (Governor General Rugged, Joseph Cotton, Green Cross…). Biga*Ranx frappe fort, ne rentrant dans aucune case. Pourquoi le brider, ce dont il est capable vaut le détour ! « Gyalist Ina Paris » et « Gipsy Rock » annonçaient déjà la couleur, avec des rythmes enrichis de sonorités bien trouvées. Certains morceaux (« Bad Boy Comedy », « Brigante Life », « Sorry For Them ») s’inscrivent dans la lignée de « It’s A Shame », qui n’a rien perdu en se voyant attribué un nouveau riddim, bien au contraire. D’autres sont plus surprenants (« Magic Super Love », « Life We Love », « Parisienne », « Banana Spliff »). Quoi qu’il en soit, il nous emmène aisément avec lui et le son claque du début à la fin. Ne faites pas l’erreur de passer à côté d’On Time, voilà un album qui risque de tourner un bon moment !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #21 - décembre 2011/janvier 2012)

jeudi 2 février 2012

Joshua Alo

Né sur l’île d’Oahu à Hawaii, Joshua Alo grandit avec son ukulélé et sa guitare sous le bras. Le contraste entre le cadre paradisiaque des îles et une économie difficile l’amène à s’orienter vers le mouvement révolutionnaire de la musique reggae, souhaitant répandre solidarité et paix.
Petit, il baigne dans la musique traditionnelle hawaïenne, apprend le ukulélé à l’école et se retrouve rapidement à jouer, au fond de la classe, des airs de Bob Marley ou Israel Kamakawiwo’ole (le Bob Marley local). A 18 ans, Joshua quitte son île natale pour partir à la découverte du monde. Musicien autodidacte, il voyage en Europe et, en 2007, rencontre Irko, en Italie, qui lui propose d’enregistrer son premier album. Answer Your Calling se fait remarquer, notamment avec les titres « Angel » et « Dreaming ». Exprimant pleinement ses influences, le ukulélé et la guitare acoustique y dominent. Installé en Belgique depuis deux ans, il enregistre à Bruxelles son second opus, Orchid Unknown, à la vibration roots moderne. Celui-ci représente un nouveau chapitre de sa vie. Chaque chanson contient un message d’espoir, pouvant faire sens à celui qui écoute : toujours discerner la lumière dans la pénombre, être fort face aux difficultés… Ce reggae roots spirituel, teinté du style hawaïen, est toute l’originalité de Joshua Alo. Il nous propose de méditer sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure, chantant clairement et simplement pour que même les enfants puissent comprendre. Sa musique parle des combats menés en traversant la vie. Inspiré par la foi, c’est parce qu’il pense ne pas être seul à les vivre qu’il prend plaisir à les mettre en musique. Le clip de « Keep », tourné à Hawaii, est le premier extrait de ce second album. N’ayant pas encore rencontré le public français, la tournée accompagnant Orchid Unknown offrira certainement cette opportunité dans les prochains mois.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #21 - décembre 2011/janvier 2012)

mercredi 1 février 2012

Jupiter & Ma Shi Faï

Today & Tomorrow est le premier album de Jupiter & Ma Shi Faï. Du roots reggae jamaïcain à la spiritualité Baye Fall sénégalaise. Un message de paix et de tolérance, et la volonté de lutter pour le droit des opprimés. Une musique née au carrefour de l’Afrique, l’Europe et la Jamaïque.
Nommé à sa création, en 2005, Jupiter & Massive 5, le groupe réunit cinq musiciens autour d’un chanteur charismatique Jupiter Diop, originaire du Sénégal, qui baigne à la fois dans la musique traditionnelle de son pays, le reggae, le hip-hop, le blues... Basée à Bruxelles, la formation monte sur de nombreuses scènes belges, se faisant remarquer par la qualité de ses prestations. Ils font même une tournée, en février-mars 2008, en Gambie et au Sénégal, profitant de l’occasion pour y tourner un clip. Renommé Jupiter & Ma Shi Faï (qui signifie « je suis le remède » en wolof) lorsqu’ils amorcent le travail du premier album, le groupe élargit ses influences, ajoutant de nouveaux instruments comme le clavier, le violon ou le sabar, percussion sénégalaise. Autour de Jupiter Diop au chant lead, Johan Serck à l’harmonica, Jérémy Michel à la guitare lead, Pascal Hauben à la basse, Jérémie Dupuy à la batterie, Julien Bosuma aux claviers, François Cesko à la guitare rythmique et, Sylvie Nawasadio et Nicole Letuppe aux chœurs. Enregistré en autoproduction et mixé au studio de Jérémy Michel, également ingénieur du son, Today & Tomorrow propose un son neuf, mêlant au reggae, blues, rock, afrobeat et spiritualité Baye Fall. Véritable mode de vie détaché de toute possession matérielle, l’essence de ce mouvement est d’orienter ses actions en fonction de Dieu, et non des autres. Partage, don de soi, foi en l’être humain y sont proclamés, le travail ayant aussi une valeur importante. Disponible depuis le printemps, ce premier album permet d’apprécier la voix rauque et puissante de Jupiter Diop, des passages dub rappelant les grands maîtres des seventies et même des moments psychédéliques. Tradition et modernité s’y côtoient. Aussi, la sortie officielle de l’album au Sénégal est prévue pour cet automne. Assurément, des nouvelles du groupe ne se feront pas attendre…

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #21 - décembre 2011/janvier 2012)

mardi 31 janvier 2012

Meta & The Cornerstones

Meta & The Cornerstones est une formation new-yorkaise au reggae roots rimant avec paix, amour et harmonie.
Originaire du Sénégal, Meta Dia grandit en écoutant les sons joués par sa mère, Bob Marley, Gregory Isaacs ou encore Morgan Heritage. A l’adolescence, il se laisse entraîner dans les vibrations hip-hop et devient un artiste armé de revendications politiques, désapprouvé par le gouvernement sénégalais sous le nom de Meta Crazy. Naturellement, il revient vers la grandeur du reggae, adoucit le moyen d’expression et la forme du message, et reprend son véritable nom, Meta Dia. Il part ensuite pour New-York, ce qui lui permet de maîtriser mieux l’anglais et de jouer pleinement sa musique, dans une ville dont il apprécie la multi-culturalité. A partir de 2005, Meta Dia rencontre, à New-York, les musiciens du groupe (Aya Kato, Shahar Mintz, Daniel Serrato, Adrian Djoman, Freddy McCondichie et Larry McDonald), pour composer ensemble une musique spirituelle pour l’âme, un reggae roots au message positif et élévateur, exprimé en anglais, en wolof, sa langue natale, et en français. En 2008 sort Forward Music, un premier album autoproduit enregistré entre Brooklyn et Washington DC qui annonce la voie choisie par le groupe. Un remix du titre « Somewhere In Africa », en combinaison avec Peetah Morgan, est sorti début 2010. Pour le second opus, Ancient Power, ils souhaitent marquer davantage le lien entre l’Afrique et la Jamaïque, avec notamment Sidney Mills de Steel Pulse pour co-produire l’album au côté de Meta Dia. Il est enregistré au mythique studio Tuff Gong de Kingston, invitant, entre autres, les musiciens Dean Fraser, Squidly Cole, Mickey Chung, mais aussi Damian Marley et Capleton. Meta Dia a l’honneur d’ouvrir en acoustique sur la tournée française de Dub Inc en ce mois de novembre. Finissant les dernières retouches de l’album, l’Ancient Power Tour sera certainement un événement de l’été prochain à ne pas manquer !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #21 - décembre 2011/janvier 2012)

lundi 30 janvier 2012

Baron Black

Voilà près de deux décennies que Baron Black est devenu une figure de la scène reggae dancehall. 2011 est pourtant l’année de son premier album solo. Celui-ci s’intitule Tradisyon Mwen et révèle les facettes restées dans l’ombre du Martiniquais.
En fondant au début des années 1990, avec son alter-ego King Kalabash, la Big Famili, union de forces artistiques, Baron Black participe à plusieurs disques, des centaines de scènes et de nombreux featuring. Des années d’expérience accumulées jusqu’à sentir l’envie de ce premier album solo. Il compose le titre d’ouverture, « Man Mwe »,  pour sa mère alors qu’elle est condamnée par la maladie. Ce sera le point de départ du projet : réaliser un opus orienté vers les racines et les traditions, revenir sur l’identité de tout un peuple. Des textes en créole sur des instrumentaux calés sur le tempo du nyabinghi. Mêlant retour vers les origines et réalité actuelle, Baron Black aborde aussi bien les inégalités sociales et l’amour que ce qui touche directement à l’actualité, comme les guerres, les grèves… Lui qu’on avait l’habitude de côtoyer en vrai toaster adopte sur certains titres un chant à la manière des anciens, à qui il doit toute l’inspiration de cet album authentique. Ceci n’est pas si surprenant puisqu’il s’avoue influencé aussi bien par U-Roy, Capleton, Tiger que Gregory Isaacs, Dennis Brown ou Garnett Silk. Enregistré dans son studio Black House à Pantin, trois années ont été nécessaires pour réunir la matière sonore de Tradisyon Mwen. L’aventure n’a pas manqué d’accueillir quelques invités au passage, comme Neg Lyrical et Natwal. Des concerts acoustiques pour présenter les vibrations de cet opus sont prévus pour l’année prochaine. En attendant, Baron Black et King Kalabash sont toujours parés pour le sound system et un nouveau street album de la Big Famili est également en préparation.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #21 - décembre 2011/janvier 2012)

dimanche 29 janvier 2012

Noble Society

Noble Society est un collectif de musiciens à l’énergie positive : Jahdan Blakkamoore, Diego Fuego Campo et Delie Red X - nés respectivement en Guyane, Espagne et Jamaïque, mais qui ont tous grandis dans les quartiers de Brooklyn - en forment le noyau dur.
Il y a de cela une dizaine d’années, Jahdan et Diego se rencontrent lors d’une session studio de Afu Ra à Brooklyn, alors que Delie est le cousin d’un ami d’enfance de Jahdan. Ensemble, ils composent une musique éclectique et porteuse d’un message profond, qui se veut social, transcendant les barrières et créant ponts et connexions, avec un son urbain variant entre hip-hop et reggae-dancehall, explorant sans limites des sonorités flamenco, cumbia, dubstep, jazz, bossa-bova, ambient grooves… Influencé en premier lieu par sa grand-mère et les musiciens de sa famille, Jahdan se laisse charmer par les talents de Bob Marley, Jimmy Cliff, Skatalites, Stevie Wonder ou Diana Ross. Pour Diego également, les influences en matière de bonne musique sont variées, citant aussi bien The Fugees, James Brown, Lil Wayne que Sizzla, Peter Tosh et Martin Luther King, ou encore Mozart et Bach. Leur inspiration provient simplement de la vie, des actes commis, de ce qu’il se passe autour, et de ce qui les touche. Leur troisième opus, PPM (pour Powerful, Painful, Music) a été co-produit avec l’équipe française d’Ovaground. Certains instrumentaux composés dans l’hexagone, les sessions vocales enregistrées à New York, le mixage réalisé à Londres… Le message développé tout au long de PPM suggère conscience, connaissance, créativité et indépendance. Sur scène, Jahdan Blakkamoore et Delie Red X au chant, Diego Fuego Campo à la guitare, sont accompagnés de Rory Jackson à la basse, Madhu Sidappa à la batterie, Borahm Lee aux claviers, Troy au saxophone et Omar à la trompette. Avant une tournée européenne de Noble Society l’année prochaine, “4 Life”, le premier vidéo clip extrait de l’album, est visible sur Internet et sera suivi d’une mixtape. Laissez-vous contaminer par l’énergie explosive de Noble Society.

Simba

http://noblesociety.com

(pour Reggae Vibes Magazine #21 - décembre 2011/janvier 2012)

samedi 28 janvier 2012

Dar-K

Depuis la sortie, au printemps 2010, de son second album Crescendo, Dar-K ne cesse de faire parler de lui, poursuivant ses efforts pour aller toujours plus haut.
Après des débuts en sound system et un premier album, Sur La Route De Zion, sorti en 2009, Dar-K enchaîne avec la sortie de Crescendo, marquée par une soirée d’envergure organisée par son label Arkaya Music, au Cargo à Caen, en juin 2010, accueillant pour invités Lyricson et Nico D, déjà présents sur ses albums. Les clips de « Ma Génération » et « Le Sourire du Ghetto » font leur apparition sur la toile, révélant cette atmosphère réaliste et humaniste du chanteur. Les concerts dans toute la France se multiplient ainsi qu’un passage au Rototom Sunsplash Festival espagnol, en août 2010, puis d’un second, l’été dernier, après leur victoire à l’European Reggae Contest pour représenter la France, se démarquant de Rod Anton & The Ligerians et San Jyla. Devancés par les allemands de Dub à la Pub, Dar-K et le Arkaya Music Band remportent la seconde place à la finale à Barcelone avec le Prix Spécial du jury qui leur vaut d’être programmés en tête d’affiche de la Lion Stage le premier jour du Rototom Festival. Ils saisissent également l’opportunité de jouer au festival off du Reggae Sun Ska à Pauillac. Depuis le 28 mai dernier est disponible la street tape Maximum 2 où Dar-K revient avec du fast style, des productions ragga-hip-hop, mais aussi des riddims reggae comme le Longtime de Special Delivery. Le troisième album est en pleine préparation, sortie annoncée pour 2012. Dar-K laisse entendre qu’il toucherait bien au reggae acoustique et au plaisir de reprendre la guitare sur scène, de continuer de sortir des clichés du reggae et de s’affirmer toujours par la subtilité avec laquelle il manipule les mots. D’ici-là, le documentaire Crescendo, nous entraînant dans le quotidien et le parcours du groupe, des débuts jusqu’à leur premier passage au Rototom, sera diffusé sur Demain TV et Normandie TV. Le label prévoit également d’autres clips, ambitionnant de compléter la musique par l’image. Et toujours des concerts un peu partout en France… Toutes les dates disponibles sur www.dar-k.com.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #21 - décembre 2011/janvier 2012)