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mercredi 8 juin 2016

Flox - Homegrown (Underdog Records / Differ-Ant)

Le nouvel album de Flox s’intitule Homegrown et il s’agit bien du fruit de ses récoltes personnelles. On sait que Flox aime prendre les choses en main et le temps nécessaire pour obtenir quelque chose de pointu à servir. Que dire de Homegrown ? Nous voilà en présence d’un album totalement inclassable ! Le reggae est là, l’électro aussi. Accompagné des mêmes musiciens que sur scène, Flox n’hésite pas à pousser très loin, quand il le faut, l’instrumental (« Times Up »), la mélodie (« It’s The One »), le rythme (« Cut It »), mais aussi le chant (« A Road »)… Si vous prenez le temps d’écouter attentivement, vous constaterez que les textes permettent chacun de s’immerger dans une histoire sensée. Sans se fixer la moindre limite, Flox sort toujours autant des sentiers battus et ce Homegrown ne déroge pas à la règle. Il s’agirait de nu-reggae, ce n’est pas étonnant puisque Flox a toujours un temps d’avance sur son époque. Pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, bienvenue dans l’univers original du Franco-Britannique basé à Paris, grâce à ce cinquième album, au noyau résolument reggae, où il laisse parler toutes ses envies. Faîtes-vous plaisir !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

lundi 6 juin 2016

Pilah & Joe Pilgrim feat. Ivan-Jah - The Good, The Bad & The Addict (Hammerbass)

Si vous cherchez un album de bon dub qui envoie lourd, ultra-profond dans ses sonorités et dans son atmosphère, avec ou sans réflexion, à faire danser devant les enceintes en oubliant toute notion de temps ou à faire plonger instantanément dans une autre dimension, le nouvel opus de Pilah (Kaly Live Dub/Dub Addict) tombe à point nommé ! Accompagné d’un bout à l’autre de la voix de Joe Pilgrim et du renfort de celle d’Ivan-Jah, Pilah a réuni sept pistes chantées plus trois versions dub sous le titre intriguant The Good, The Bad & The Addict. En fait, Joe Pilgrim est The Good, Pilah est The Bad et Ivan-Jah est The Addict, ce qui laisse à méditer… Chacun a trouvé sa place puisque cet album dub-électro-roots-reggae-stepper ne se décrit pas, il s’écoute et se savoure. Les basses, échos et autres effets se chargent de faire vibrer le corps et l’esprit. Voilà un album plus dub que dub, qui ne peut pas laisser insensible et qui mélange joliment l’originel et le moderne. On se dit que nos trois acolytes ont bien fait de se réunir et que les ingrédients ont été choisis soigneusement. The Good, The Bad & The Addict est un régal, aussi bien pour les adeptes de roots reggae que d’électro-dub. Il suffit d’y goûter !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

samedi 4 juin 2016

Soom T - Free as a Bird (Chapter Two / Wagram)

Le nouvel album de Soom T est comme sa pochette : des couleurs en tout genre dispatchées tout autour de notre chanteuse/MC d’outre-Manche, pour un rendu moderne et authentique. Ce chapitre musical s’intitule Free as a Bird et a été réalisé avec Tom Fire sur le label Chapter Two. L’alchimie est née entre les deux artistes puisque le résultat donne un concentré d’énergie, hétéroclite, original et diversifié, qui tient en 37 minutes, toutes essentielles. Soom T a la grande qualité de ne pas s’enfermer dans un genre, ni dans des codes attendus, ce qui rend sa musique et son style accessibles et appréciés d’un grand nombre, grâce à la large amplitude de son flow, son timbre des plus plaisants, des instrumentales qui débordent de groove et/ou de soul, des textes qui puisent dans la réalité, parfois engagés, parfois imagés, et dont le sens se révèle à différents degrés… Vous avez certainement entendu et vu le premier extrait « Broken Robots », suivi dernièrement par « Hard Time », tous deux toniques à souhait et décalés à leur manière. Les autres titres sont aussi intenses, de « City Zoo » qui démarre au quart de tour à ce « Free as a Bird » inspiré, en passant par le poignant « All I Know »… Cet album passe vite et s’écoute forcément en boucle. Free as a Bird est tellement bon qu’on en redemande encore et encore !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

jeudi 2 juin 2016

Tomawok - Weedamuffin (Apach Prod)

Avec un titre comme Weedamuffin, le nouvel album de Tomawok ne peut que sentir très bon. L’Apache a mis en boîte treize morceaux bien énergiques, dont quatre combinaisons absolument énormes : « African Children » avec Sizzla, « No One We Fear » avec Ward 21, « Jamaican Herb » avec Max Romeo et « Good Ganja Weed » avec Perfect, Spectacular et Ksir Makoza. Sur une trame de fond plutôt reggae, parsemée d’ailleurs de quelques clins d’œil aux musiques jamaïcaines (Burro Banton, Barrington Levy, Horace Andy…), les rythmiques, quel que soit leur style, envoient toutes du lourd. Son flow malléable trouve toujours la cadence appropriée à chaque circonstance, du roots à la jungle en passant par le ska et le dancehall. Il reste, bien évidemment, fidèle à son thème de prédilection – comme vous l’aurez vite remarqué ! – et se montre aussi à l’aise sur un titre conscient (« Revolution ») que sur un bon dancehall divertissant (« Mystic Marabout »), qu’il soit question de sa voix ou de ses mots. Quand Tomawok est aux commandes, la sauce prend à tous les coups ! Voilà un album vraiment réussi, bien ficelé, où les détails de chaque morceau sont soignés, et où les big tunes n’en finissent plus de s’enchaîner ! Ce Weedamuffin de Tomawok est juste une tuerie musicale !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

mardi 31 mai 2016

Junior Kelly - Urban Poet (Irievibrations Records / Socadisc)

Voilà un bon moment maintenant que Junior Kelly est une valeur sûre du reggae. Toutefois, avec le temps, la fréquence de ses gros hits et de ses albums essentiels a peu à peu diminué. Comment ne pas penser à « Love So Nice », « Bless » ou « Smile » ? On attendait avec impatience une nouvelle sortie qui ferait l’effet d’une bombe. Urban Poet, son dixième album studio, est exactement ce qu’on avait envie d’entendre de Junior Kelly. Des titres comme « No Dig It Up » et « Power To The People » ont tout ce qu’il faut pour être les nouvelles hymnes du chanteur qui remueront les foules tout autour du globe. A cette dominante reggae qu’on lui connaît et qu’il maîtrise avec brio, il ajoute quelques atmosphères dancehall, soul, R&B et jazz qui se fondent parfaitement dans l’atmosphère de ce disque très riche. On aurait presque l’impression d’être en présence d’un « best of » tant les quinze chansons réunies ici sont de haut niveau ! Quel plaisir de constater que l’inspiration et le talent du chanteur sont intacts. Junior Kelly est sans aucun doute un poète urbain. Il a toujours ce grain de voix reconnaissable qui a des choses à exprimer et ne laisse froide aucune bonne instrumentale. Il va sans dire que tout le monde s’entendra bientôt pour classer déjà cet album parmi ses indispensables et meilleurs. Urban Poet a vraiment toute l’étoffe d’un grand cru !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

dimanche 29 mai 2016

Joe Pilgrim & The Ligerians - Intuitions (Soulnurse Records)

Rien qu’à la vue de la pochette et du titre de cet album, on sent déjà la vague mystique, voire tribale, qui en émane. Dans un style profondément roots porté par The Ligerians et la voix envoûtante de Joe Pilgrim, qui amène aisément dans ses lignes une dimension hautement spirituelle, Intuitions nous transporte dans une atmosphère apaisante et profonde. Comme une invitation à la méditation, il s’agit de l’exploration du for intérieur, au rythme des battements du cœur, juste en suivant la voix et aussi les chœurs, délicatement posés sur les instruments qui baladent leurs sonorités aux effets assurés… Les contes de Pilgrim se dévoilent en quatre chapitres, de trois pistes chacun : « Illusions and Crisis », « The Sparkling Light », « Intuitions » et « Incarnations ». Cet album nécessite certainement de prendre le temps de découvrir et d’apprécier toutes ses dimensions pour reconnaître la puissance de son ensemble. La recette de ce roots dub à la fois introspectif et collectif est plutôt enivrante. Si vous hésitez encore, commencez par visionner sur la Toile le clip de « Lion ». Il ne devrait pas en falloir plus pour vous donner envie d’écouter en intégralité Intuitions. Voilà de la nourriture pour l’esprit, autant qu’un régal pour les oreilles !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

vendredi 27 mai 2016

Naâman - Resistance

Avec son Deep Rockers, Naâman a conquis les foules en un rien de temps. Un nouvel album, Rays of Resistance, est disponible depuis le 30 octobre chez SoulBeats Records. Rencontre avec le chanteur, pour faire le bilan de ce premier essai et nous présenter sa suite, alors qu’il se ressource en terre hindoue.

Bonjour Naâman, s’il est temps de parler de ton nouvel album Rays of Resistance, que retiens-tu de 2015 ?
2015 a été une année particulièrement marquante pour moi, puisqu’elle a commencé par un recentrage, grâce à mes voyages au Népal, en Inde, puis au Liban, suivi d’un break de trois semaines en Jamaïque, où j’ai écrit la majeure partie de mon album Rays of Resistance. Sont venus ensuite les deux mois d’enregistrement au studio Haxo à Paris, puis la tournée estivale et la sortie de l’album. Nous avons eu la chance de jouer à de magnifiques festivals, les Francofolies de la Rochelle ou encore le Rototom Sunsplash à Benicassim, en Espagne… La tournée d’automne a été marquée par les terribles évènements du 13 novembre, qui nous ont tous profondément touchés… Au delà de la blessure, mon équipe et moi-même avons, à ce moment-là, pris réellement conscience du pouvoir de la musique et de son message d’amour. Nous sommes davantage soudés, c’est une raison supplémentaire de s’accrocher et continuer.

Que s’est-il passé depuis Deep Rockers Back A Yard ?
Depuis la sortie de l’album Back A Yard, il y a eu des concerts un peu partout, du Canada à la Chine, en passant par la Russie et la Nouvelle Calédonie… J’ai aussi fait plusieurs allers-retours en Jamaïque, où j’ai donné quelques lives avec des musiciens locaux. J’y ai d’ailleurs rencontré Massy et Triple avec qui on a enregistré l’EP Know Yourself. Ce projet a été l’occasion, pour notre association 1001prods, de créer le label Big Scoop Records, géré par Fatbabs, Peter LB et moi-même. Tout ce qui s’est passé ces trois dernières années a été l’occasion de renforcer nos liens, synchroniser et perfectionner le travail. Aujourd’hui, tout va pour le mieux, c’est un immense plaisir de travailler avec ceux qu’on aime !

Quand as-tu commencé à bosser sur ton album Rays of Resistance ?
Le travail démarre toujours avant qu’on s’en rende compte… Par exemple, le morceau « Karma » a été écrit sur la route en tournée, il y a au moins deux ans… « Garden of Destiny », avec Massy et Triple, date de l’été 2014, tout comme « My Days » avec Soom T… On a vraiment commencé à parler d’album avant que je parte au Népal en novembre. Fatbabs avait déjà des tas d’idées de riddims et les a travaillés avec les musiciens jusqu’à mon retour en France en mars 2015. C’est là que nous sommes entrés en studio et que nous avons débuté les enregistrements.

Comment présentes-tu ce nouveau projet ?
Cet album est un mélange de plein d’influences, les styles sont très variés. Nous nous sommes permis d’aller au fond des choses, sans trop se soucier de la durée ou de l’homogénéité. Sa particularité, c’est ce mélange de soul, reggae, hip hop, parfois blues, dans une énergie consciente et positive. 

Es-tu retourné en Jamaïque pour les enregistrements ? Avec qui as-tu travaillé ?
Nous avons choisi d’enregistrer l’album à Paris. Le premier ayant été fait à Kingston, nous nous sommes dit que ce serait bien de faire celui-ci 100% maison avec le Deep Rockers crew. Nous avons donc investi les studios Haxo, avec nos collègues Exl et Vinz, qui avaient déjà travaillé sur Back A Yard et Know Yourself en tant qu’ingénieurs. Pour le mastering, nous avons fait ça à La Source avec Jean-Pierre Chalbos. Nous avons eu le plaisir de travailler avec les choristes de Groundation, Kim et Sherida, qui ont fait un travail incroyable sur plusieurs titres. Je pense aussi à mon ami et artiste Adil Smaali qui a magnifié le morceau « Hopeful World » par sa prestation.

Tu es toujours accompagné de ton acolyte Fatbabs ! Vos envies musicales évoluent-elles dans le même sens ?
Fatbabs est le bras droit, on roule ensemble. Nos envies et goûts musicaux évoluent dans le même sens. Même si on n’a pas les mêmes influences, on aime les mêmes choses. Différentes racines, un seul arbre !

Que signifie pour toi le titre Rays of Resistance ?
Le mot « rays » fait référence à cette flamme intérieure qui brûle en chacun de nous. C’est en se reconnectant avec soi-même, avec son essence, que l’on peut se délester de ce qui nous empêche de briller. C’est de là que peut naitre la vraie « résistance », celle qui fait que l’amour reste vainqueur malgré le tumulte de nos émotions. Un homme libre est apte à penser consciencieusement et à mettre en place des solutions alternatives accessibles à tous, ce qui amènera à un éveil de la population et, qui sait, peut être à une réécriture de la constitution par le peuple pour le peuple ! Rays of Resistance est un appel à l’éveil, mêlé de vibes positives et de textes conscients.

Quelles ont été tes sources d’inspiration pour écrire les morceaux de cet album ?
Je m’inspire de tout ce qui m’entoure : les gens rencontrés, les paysages parcourus, les événements passés et les émotions traversées… J’ai une grande foi en l’humanité et c’est elle qui me donne l’envie d’écrire et de chanter. C’est elle qui est à la base de tous mes textes, diluée parmi les différents thèmes abordés. Il m’est aussi arrivé certaines choses ces dernières années qui ont poussé ma réflexion et alerté davantage ma conscience. Cette recherche de vérité, cette spiritualité, est ma principale source d’inspiration, aussi bien dans la vie que dans ma musique.

Quelle est l’histoire du morceau d’ouverture « Resistance » ?
Quand j’ai quitté la France en novembre 2014, l’assassinat du jeune manifestant Rémy Fraisse par les forces de l’ordre m’a profondément touché. Comment un jeune français faisant entendre sa voix chez lui pour protéger l’environnement ou quoique ce soit d’autre peut-il se faire tuer par son propre gouvernement ? Qui décide de nos vies ?... A mon retour, peu après les attentats de Charlie Hebdo, toute une trainée politique s’était réunie hypocritement pour la liberté d’expression. Le contraste a été fort et a fait monter en moi un sentiment de révolte face à leur manipulation aussi grossière qu’insultante. Jusqu’à quand va-t-on laisser une poignée de voleurs et d’assassins décider du sort de nos vies ? Les temps changent, les gens comprennent, et les nouvelles générations seront de plus en plus décidées à reprendre le contrôle du pays, trop longtemps laissé à une minorité malintentionnée… 

Y a-t-il un titre qui a été plus difficile à finaliser que les autres ?
« Pop Dem Bubble » a été pour moi le morceau le plus difficile à finaliser, car il ressemble beaucoup à ce qu’on a fait sur Back A Yard. J’ai du mal à trouver l’inspiration quand je tourne autour d’un même style. J’ai presque eu l’impression de travailler sur un deuxième « Skanking Shoes » !

Quelques mots à propos des invités qu’on trouve sur cet album : Nemir, Soom T, Massy The Creator & Triple…
Tous les invités sont des artistes dont nous apprécions le travail. Soom T, Massy et Triple sont des amis. Le côté humain est primordial, on obtient toujours un meilleurs rendu en travaillant avec des gens qu’on apprécie ! Nous avons emmené Soom T dans un univers différent de ce qu’elle fait d’habitude en l’invitant sur le morceau « My Days ». Nemir nous a fait le plaisir de participer au titre « Those Rays ». C’est un excellent artiste, dont on attend l’album avec impatience !

La tournée de Rays of Resistance a démarré quelques jours après sa sortie. Y a-t-il encore beaucoup de concerts au programme ?
La tournée va continuer jusqu’en octobre probablement. Il y aura encore beaucoup de dates, de festivals, en France et à l’étranger. Toute l’équipe est très motivée !

Comment avez-vous travaillé le nouveau show ?
C’est la première fois que mes musiciens jouent vraiment leur album sur scène, on l’a donc préparé avec plus de connaissance, d’amour et d’investissement. C’était aussi l’occasion pour nous de jouer des styles plus variés. Avoir un show de presque deux heures permet d’aller plus loin dans la musique. On est tous plutôt jeune dans le métier et c’est intéressant de voir la progression, les idées naissantes et les nouvelles possibilités. Mike, de Sinsemilia, nous file toujours un coup de main pour la mise en place du live. C’est un ami et une excellente référence dans d’innombrables domaines !

Pour finir, qu’écoutes-tu en ce moment ?
Mon petit frère a remis la main sur un vieux disque dur que j’avais adolescent ! J’écoute donc une playlist, aussi variée qu’interminable, de vieux roots, qui accompagne parfaitement l’écriture du prochain album, posé dans un backyard au sud de l’Inde !

Quels sont tes plans pour 2016 ?
2016 sera une année chargée de concerts, d’écriture et de composition. Mes plans sont de garder l’équilibre, alimenter la flamme… La suite vient toujours toute seule…

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

mercredi 25 mai 2016

LMK - Jardin secret

La jeune et talentueuse LMK vient tout juste de sortir son premier album, Musical Garden, un an après avoir fait les présentations avec le très convaincant EP Starting Block. Rencontre avec une artiste qui déborde autant d’inspiration que de motivation et avec laquelle il va falloir compter pour longtemps.

Peux-tu présenter ton parcours en quelques mots ?
J'ai 21 ans et je suis originaire d'Annecy, en Haute-Savoie. Je suis née dans une famille de musiciens, j'ai eu la chance de commencer la musique très jeune. J'ai fait de la harpe pendant plus de dix ans et je chante aussi depuis toute petite, mais c'est vraiment à l’âge de 15 ans que j'ai commencé à sortir de ma salle de bain ! (rires)

Quels sont les trois albums qui t’ont le plus marquée et influencée, tous styles confondus ?
Il y en a beaucoup ! Mais si je ne devais en choisir que trois, ce serait The Score des Fugees, Distant Relatives de Nas & Damian Marley et Escape From Babylon d’Alborosie.

Tu as commencé en prenant le micro avec Anesthésia Sound, en Haute-Savoie. Quel souvenir gardes-tu de cette époque ?
Ah, c'était la belle époque ! J'en garde vraiment un souvenir génial, car c'est là que tout a démarré pour moi, autant comme chanteuse que spectatrice, car je ne connaissais pas du tout le milieu des sound systems. Je leur serai toujours reconnaissante de m'avoir fait découvrir cet univers et, surtout, de m'avoir poussée à prendre le micro.

Quel est le premier morceau que tu as enregistré ? C’était où ?
Le tout premier morceau que j'ai enregistré était un freestyle en featuring avec Nainx, un pote d’Annecy, qui avait de quoi enregistrer chez lui. Je me rappelle que j'étais vraiment stressée à l'idée d'entendre ma voix dans les enceintes…

Tu as commencé à travailler sur ton premier EP, Starting Block, en septembre 2013. Quel a été l’élément déclencheur ?
Je suis partie habiter à Lyon après le bac pour faire des études dans la mode – que j'ai vite arrêtées pour la musique, d'ailleurs. C'est là-bas que j'ai rencontré mon manager Doan, qui organisait beaucoup d'événements dans ce secteur. Il a commencé par me programmer sur de belles premières parties, puis il m'a proposé de produire un EP avec sa structure GCL Production, avec laquelle je travaille toujours actuellement.

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ce projet et ce qu’il t’a apporté ?
Avec du recul, je suis toujours assez dure avec moi-même pour ce qui concerne mes projets. Cela dit, je suis plutôt fière de Starting Block car c'est le tout premier. Il représente mes premières sessions dans un vrai studio. De plus, il m'a servi de carte de visite pour pouvoir faire de la scène et me faire connaître dans le milieu.

Ton premier album, Musical Garden, est sorti le 2 octobre chez SoulBeats Records et montre ta manière de toucher à différents styles : reggae, hip-hop, électro, acoustique… Que dirais-tu pour nous inviter à entrer dans ton jardin musical ?
Effectivement, on retrouve beaucoup de styles sur cet album. Je pense qu'il ne faut pas l'aborder comme un album reggae, mais plutôt comme un album influencé par le reggae. Je suis très éclectique dans la musique que j'écoute au quotidien donc, forcément, dans ma propre musique aussi. Si vous n'aimez pas les premières chansons, peut-être trouverez-vous votre bonheur dans les suivantes !

La sortie de l’album était annoncée initialement pour le début de l’année. Pourquoi a-t-elle été décalée ?
Nous avions effectivement le projet de sortir l'album en début d'année 2015, mais de nombreux paramètres nous ont retardés… Ce n'est pas simple de sortir un album !

Il paraît que tu travailles sur un EP avec ManuDigital et Jamafra… Peux-tu nous en dire quelques mots ?
Il y avait bien un EP prévu avec ManuDigital et Jamafra, mais nous avons dû le mettre de côté pour l'instant, faute de temps.

As-tu participé à d’autres projets ?
Oui. J'ai notamment travaillé sur un single avec le label Undisputed Records, qui a été mis en clip au mois de novembre et qui sortira prochainement.

On trouve ta présence sur l’album de Dubmatix, The French Sessions. Quand l’as-tu rencontré ?
La collaboration avec Dubmatix s'est faite grâce à son manager que j'ai rencontré au Reggae Sun Ska 2014 et qui m'a proposé de participer au projet. J'ai bien évidemment accepté !

Comment s’est passée la Tournée des Plages organisée par le Reggae Sun Ska ?
Je garde de très bons souvenirs de la Tournée des Plages. En plus d'avoir pu me faire connaître dans une région où je n'étais pas encore beaucoup allée, j'ai découvert des endroits magnifiques ! La tournée m'a aussi apporté beaucoup d'expérience scénique, car nous avons enchaîné plus de quinze dates. Nous étions vraiment une bonne équipe, nous avons passé des moments inoubliables.

Tu as enchaîné les concerts ces derniers temps. Pourra-t-on te retrouver sur toutes les routes de France dans les prochains mois ?
Oui. L'année 2016 s'annonce tout aussi chargée que 2015 ! Vous pouvez retrouver les dates sur ma page Facebook LMK.

Quels sont tes projets et souhaits pour 2016 ?
Mes projets pour 2016, ce sont des shows à travers toute la France et aller de plus en plus fréquemment à l’étranger, et le plus loin possible… Certains concerts seront accompagnés d’un live band, c’est quelque chose que je souhaite développer. Côté studio, j’ai quelques singles à sortir en début d’année, des featurings en préparation et un nouvel album qui verra aussi le jour courant 2016… Etant en train d'étudier plusieurs possibilités et la couleur à lui donner, je ne peux pas vous en dire plus pour le moment… Restez connectés !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)