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jeudi 10 septembre 2015

Rockerz Islandz - Radio Caraïbes

Il y a un peu moins d’un an, la web radio Rockerz Islandz faisait son apparition sur la Toile. L’idée est née de l’envie de créer un média spécialisé dancehall, soca, lovers rock, reggae… qui en profiterait également pour valoriser la sphère musicale où s’entrecroisent les influences caribéennes et françaises.

Constatant que les titres de l’âge d’or de ces styles musicaux sont peu diffusés alors que la demande est forte, la programmation de Rockerz Islandz alternent anciens classiques et hits très actuels, naviguant depuis le début des années 1990 et aujourd’hui. 10% de nouveautés pour 70% d’anciens titres et 20% de gros hits. Pour ce faire, ce sont 1200 chansons qui font partie de la sélection en rotation continue sur la web radio ! Les contributeurs de Rockerz Islandz viennent de partout dans le monde – Martinique, Guadeloupe, France, Trinidad, Barbades, Miami, New-York – et font des réunions hebdomadaires, via Skype, pour discuter et prendre les bonnes décisions. Tout en étant un média international, Rockerz Islandz consacre plus d’un quart de sa programmation à la scène reggae/dancehall francophone. La web radio est bien sûr accessible sur le Net (www.rockerzislandz.com), mais aussi en application gratuite pour tablettes et smartphones, boostée par les services de communication de Omax6mum, et de plateformes telles que iTunes Radio, Windows Media Radio… Les membres de l’équipe ne cessent de suivre l’actualité du dancehall, reggae, soca… tout en recevant des propositions via musicsubmission@rockerzislandz.com, ce qui leur a permis, notamment, de découvrir des artistes de tout horizon, du Ghana, du Canada, ou encore de Grande-Bretagne… Même si la radio est encore toute jeune, les résultats sont là, puisqu’elle a déjà cumulé plus de 300 000 auditeurs ! Une forte audience se fait d’ores et déjà sentir aux Etats-Unis, au Japon, en Allemagne, mais aussi en France et en Jamaïque. « Dans un monde hyper-connecté avec les tablettes et surtout les smartphones qui sont presque devenus l’extension de nos mains, et avec plus d’un français sur deux qui en possède un, jamais la musique n’a été aussi consommée, diffusée, diffusable, instantanément aux quatre coins du globe ! La problématique qui demeure, c’est de trouver un modèle économique pour produire de la musique de qualité qui ne sera probablement pas ou peu achetée… », explique Don Miguel, à la tête, entre autres, du fameux label Don Music. Les projets vont bon train : des sessions exclusives soca, reggae et dancehall assurées par des DJs renommés des Antilles, de Trinidad ou de France devraient arriver d’ici peu. En parallèle de l’activité radiophonique, Rockerz Islandz songe à développer du merchandising et de l’événementiel… Autre projet : postuler pour la radio numérique terrestre. Rockerz Islandz compte bien suivre l’ère du temps sans perdre de vue sa ligne directrice !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

mardi 8 septembre 2015

Païaka - Alive Anyway (Flower Coast Records/Musicast)

La réalisation de l’EP Red et de son versant dub Redder Than Red avec The Dub Shepherds a visiblement suffi à Païaka pour se sentir enfin prêt à se pencher sur son premier album avec la maturité nécessaire pour qu’il suscite un réel engouement dès sa sortie. Alive Anyway vaut le détour. Déjà en visionnant le clip, très réussi, de « Like A Candle », il y avait de quoi pressentir que les Clermontois n’allaient pas passer inaperçus avec cet album vivant et vibrant. La recette musicale du groupe est originale et savamment étudiée : entre reggae énergique et roots aérien, on y trouve également un brin de dub, de soul et des constructions jazzy voire rock. Les rythmiques sont impeccablement construites et les harmonies vocales sont subtilement délicates. Côté textes, Païaka poursuit une tradition bien jamaïcaine de dénonciation des injustices, avec un discours salvateur, authentique et sincère. Alive Anyway est définitivement un album riche et puissant qu’on a simplement envie d’écouter encore et encore.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

dimanche 6 septembre 2015

Sebastian Sturm & Exile Airline - The Kingston Session (Root Down Records)

A Grand Day Out était le quatrième album de Sebastian Sturm et le second en compagnie de Exile Airline. Le nouveau venu, concrétisé grâce à un appel au don qui a dépassé leurs espérances, The Kingston Session, arrive mi-avril. Encore un concentré de bonnes vibrations, comme en a l’habitude Sebastian Sturm, suscitant d’emblée l’envie irrépressible de sa compagnie musicale. Depuis This Change Is Nice, Sebastian Sturm n’a cessé de convaincre progressivement les uns et les autres qu’il possédait un grand talent pour délivrer avec sa musique une émotion particulière à chaque nouvelle douceur. Le roots lui va bien et le chanteur ne semble pas en panne d’inspiration, puisque ces albums s’enchaînent à, à peu près, deux ans d’intervalle. The Kingston Session est un album-concept qui répond à la tradition du jam & live : juste deux jours passés au studio Harry J avec Samuel Clayton Jr pour enregistrer en prise directe les neuf versions réunies ici, afin d’offrir un son brut et authentique, pour révéler tout le meilleur de leur roots reggae. On y retrouve les titres phares des précédents albums, hautement revisités mais sans être dénaturés. Difficile de résister à pareille tracklist, encore plus quand on sait l’envoûtement que provoque le grain vocal de Sebastian Sturm sur les lignes instrumentales jouées par Exile Airline. Que du bonheur !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

vendredi 4 septembre 2015

The Banyans - For Better Days (Khanti Records/Socadisc)

Depuis qu’on a fait leur connaissance, les Banyans ont parcouru bien du chemin. Leur nouvel opus For Better Days en est la preuve formelle. Nous voilà en présence d’un album qui rend enthousiaste dès les premières minutes d’écoute. On en oublierait presque que nos musiciens sont originaires de l’Hexagone, tant l’alchimie prend immédiatement ! L’album sonne profondément roots et devrait convaincre même ceux qui sont réticents quand les mots reggae et français se côtoient d’un peu trop près, d’autant plus qu’ils n’en affichent que la nationalité, puisque les textes sont tous en anglais. Le charme de ce For Better Days opère et a parfaitement l’étoffe pour faire de l’ombre aux albums de certains jeunes jamaïcains attendus sur ce créneau. Le groupe est parvenu à une belle osmose entre la voix de Devi et leurs instruments, mis au service du vrai roots reggae. Le titre de l’album laisse peu de doutes concernant la vision du monde qu’ils souhaitent défendre : des jours meilleurs… et l’énergie de refaire le monde. La présence de Johnny Osbourne, Big Youth et Maranto ne fait que contribuer à son atmosphère universelle quelque peu mystique. On avait déjà beaucoup aimé Steppin’ Forward en 2013, les Banyans frappent encore plus fort avec For Better Days !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

mercredi 2 septembre 2015

Maya Vibes - Viser Plus Loin (Sweet Vibes Music/Musicast)

Si vous cherchez un album qui possède la capacité simultanée d’apaiser, de faire méditer et de donner une bonne dose de motivation, Maya Vibes a ce qu’il faut pour vous. Son premier opus, Viser Plus Loin, est la meilleure ordonnance et aussi le bon moyen pour faire plus ample connaissance avec le chanteur, dont on espérait bien un premier effort d’un tel acabit. Mission accomplie, puisque Maya Vibes y expose avec sincérité son style, sans clichés, ni banalités. Ce sont des vibrations humaines proprement capturées, pour faire autant de bien à nos oreilles qu’à nos âmes. Le titre éponyme en ouverture plante le décor, avec un instrumental qui sait comment trotter dans la tête et semer habilement les graines de la persévérance. Chaque titre contient quelques mots, quelques flows qui ne laissent pas nos oreilles indifférentes. Qu’il chante, toaste ou rappe, Maya Vibes parvient à exprimer clairement des idées qui font écho à nos propres pensées, en accentuer aussi le sens grâce à des mélodies appropriées à chaque circonstance, taillées sur mesure. Au final, on prend vite goût à cet album et, connaissant le jeune âge de Maya Vibes, on se dit qu’il pourrait bien aller très loin.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

lundi 31 août 2015

Rootz Underground - Raviver la flamme

Les Jamaïcains de Rootz Underground sont de retour avec un nouvel album, Return of the Righteous vol.1, à sortir le 30 mars. Accompagné d’une tournée française au mois d’avril pour mettre les pendules à l’heure roots, le groupe entrouvre les portes de ce nouvel opus.

Qui est Rootz Underground ?
Rootz Underground est l’âme du roots rock reggae. Nous entretenons la flamme de l’authentique roots reggae afin qu’il remplisse les missions dictées par le Tout-Puissant. Nous représentons la Jamaïque et parcourons le monde pour partager cet esprit d’unité et d’amour.

Quand avez-vous commencé à jouer ensemble ?
Nous avons commencé à faire de la musique ensemble en l’an 2000, entre amis, juste pour le plaisir. Puis nos objectifs ont évolué avec l’envie de jouer du reggae partout dans le monde.

Il y a beaucoup de chanteurs/toasteurs/deejays en Jamaïque actuellement, mais moins de groupes, comme vous…
C’est vrai, il y a assez peu de groupes en Jamaïque, mais nous avons vu ce nombre croître considérablement depuis nos débuts. Nous n’avons pas vraiment choisi d’être un groupe. Nous voulions jouer de la musique entres potes, pour le plaisir, en suivant les vibrations du Tout-Puissant. Naturellement, à un moment, nous avons réalisé ce qu’ensemble nous pouvions apporter aux autres. Voilà pourquoi nous partageons la musique de cette manière. C’est plutôt elle qui nous a choisis ! 

Le titre de votre album est Return of The Righteous vol.1 (Le Retour des Justes). Comment l’avez-vous choisi ?
Nous avons choisi ce titre par rapport aux sentiments d’espoir et d’optimisme que nous partageons dans ces temps incertains. Et aussi car nous voyons autour de nous l’accroissement de l’esprit du bien ; la partie du reggae qui touche le cœur des gens y contribue.

Que signifie « righteous » pour vous ?
 « Righteous » signifie simplement celui qui est juste, celui qui a du cœur. Une personne vertueuse tente toujours de tirer vers le haut ceux qui sont autour d’elle.

Quand avez-vous commencé à travailler sur cet album ?
Les chansons de cet album ont été écrites à différents moments. Certaines, récemment, et d’autres, il y a longtemps déjà. Certaines ont aussi été enregistrées. Ce sont des pièces de nos vies et de notre musique ensemble destinées à raconter l’histoire d’une nouvelle étape de notre parcours.

Où et quand l’avez-vous enregistré ?
Comme nous l’avons dit, ça s’est fait à différents moments et donc à différents endroits. Différents studios du côté de Kingston, mais aussi en France, à Wendo Guenet, à Paris…

Quelques mots sur « Kingston Town » avec Toots & The Maytals ?
C’est la chanson que nous avons enregistrée à Paris. Puis Toots a fait sa partie à Kingston. C’était très excitant pour nous de travailler avec Toots. Comme nous le savons tous, c’est une figure très importante de l’histoire du reggae ! C’est un honneur pour nous d’avoir travaillé sur cette adaptation d’une ballade folk américaine, « House of the Rising Sun », avec lui.

Et à propos des autres combinaisons, avec Timeka Marshall et Sezi ?
 « Ban Mi », avec Timeka Marshall, est une hymne de la rue qui parle du fait de suivre la mauvaise voie juste pour être populaire et qui dénonce la censure. « Free », avec Sezi, est un énergique voyage « rasta-delic » à la recherche de la liberté d’expression qui est en chacun de nous.

La pochette est assez énigmatique. Comment la décririez-vous ?
La pochette de Return of the Righteous représente l’idée d’être pris au piège derrière les portes et barrières que Babylone essaie de mettre devant nous. Mais il y a des choses beaucoup plus belles, beaucoup plus agréables, derrière ces barrières... Celles-ci sont en vue et à notre portée. C’est le reggae qui en est la clé.

Votre musique est très profonde. Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Nous sommes six ou sept musiciens dans le groupe et nous apportons chacun des influences musicales très variées, issues des différents genres que nous écoutons. Au niveau des textes, tout vient de nos vies et de celles de ceux qui nous entourent. L’inspiration vient de chez nous, de la Jamaïque, et de toute la beauté, le combat, le triomphe, la joie, la corruption, la compassion… que nous voyons autour de nous. L’inspiration vient des montagnes, des arbres, de toute cette précieuse nature…

Il s’agit de votre troisième album studio, après Movement (2008) er Gravity (2010). Que pensez-vous aujourd’hui de ces précédents albums ?
Ces albums sont des parties de nous-mêmes. Ce sont des chapitres de nos vies qui racontent l’histoire du groupe au fur et à mesure. Si tu veux vraiment connaître la vraie histoire musicale de Rootz Underground, tu peux la trouver dans les pages de tous ces chapitres…

Quand pensez-vous présenter Return of the Righteous vol. 2 ?
Le travail et l’inspiration continuent de lui faire prendre forme, nous espérons pouvoir le sortir d’ici un an ou deux.

Vous avez joué dans beaucoup de pays ces dernières années et vous serez en tournée en France les prochains mois ! Que pouvez-vous dire pour donner envie au public de venir vous voir ?
A tous nos amis et fans français, nous sommes là pour partager avec vous un nouvel épisode de notre histoire grâce au magnifique langage du roots rock reggae. Venez et amenez vos amis ! Vous pourrez aussi récupérer un exemplaire de Return of the Righteous.

Quels sont vos trois souhaits pour le monde ?
Plus d’amour, plus de nature, plus de reggae music… Avec ces trois souhaits, tous les autres sont possibles !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

mercredi 22 juillet 2015

Steff Tej & Ejectés

Le groupe Les Ejectés a fêté en 2013 ses 25 ans de carrière. Devenu depuis Steff Tej & Ejectés, l’événement méritait bien de marquer le coup avec la sortie d’une compilation des meilleurs titres de ce quart de siècle musical : Since 1988 vol.1 sera disponible le 14 avril.
Avant la naissance du groupe, Steff, son fondateur, est immobilisé pendant plusieurs mois chez lui et il en profite pour ressortir tous ses vieux disques, des Clashs, Specials, Blues Brothers, Madness, Toots & The Maytals, Bob Marley, Steel Pulse, Beastie Boys… Après ce voyage dans le temps et une fois de nouveau sur pied, Steff quitte le groupe de punk dont il fait partie et se lance dans cette nouvelle aventure. Six à son commencement, réunis sous l’appellation Les Ejectés, ils sont rejoints en 1992 par des choristes et un guitariste supplémentaire, ce qui les amène à supprimer le déterminant et à ne garder que Ejectés, pour marquer le changement. Depuis 2010, la formule est réduite à trois ou quatre musiciens et devient Steff Tej & Ejectés, avec à la barre, Matthieu (basse et chœurs), Julien (batterie et chœurs), Steff (chant, guitare et harmonica), et, parfois, le renfort de François (clavier). La forme et le nom ont peut-être évolué à plusieurs reprises, mais l’esprit et l’âme du groupe sont restés les mêmes. Le terme « rockskaroots », fruit de leur invention, est idéal pour définir leur style, qui prend principalement sa source dans les musiques jamaïcaines et anglo-saxonnes, mais avec des textes en français ! En 2013, le groupe fête ses 25 ans d’existence ! L’occasion est parfaite pour sortir une compilation retraçant toutes ces années. Il s’agit de Since 1988 vol.1 qui sort le 14 avril sur leur label Les Disques du Tigre, avec un peu de retard sur la date anniversaire, mais qui explore comme il se doit les 25 ans d’albums du groupe, avec les titres phares, des versions inédites, et un exclusif, le tout remasterisé, et disponible en double vinyle, CD et téléchargement. Il n’a pas été facile de choisir les morceaux à compiler et il aurait même pu s’agir d’un triple album ! La sélection a du être affiné pour finalement n’en garder que 24, et pour l’ordre, le choix s’est porté sur une cohérence globale d’écoute plutôt que sur une chronologie. En 25 ans, les Ejectés ont sorti 9 albums studio (dont un de reprises), 2 lives, une compilation en 1998 (uniquement disponible en Espagne), soit douze projets en tout ! Et aussi, des concerts dans plus d’une vingtaine de pays, des sourires, des rencontres fabuleuses, des découvertes… ce qui n’est pas encore prêt de s’arrêter, puisqu’avec l’arrivée imminente de cette compilation, l’agenda de Steff Tej & Ejectés commence déjà à se remplir pour les prochains mois. Un nouveau titre va également sortir sur un projet du Centre Social Raymond IV de Toulouse, « Je Me Nourris De Mes Amis », un nouvel album est en cours de préparation, un clip avec une équipe de breakdance est aussi en réflexion… Même avec 25 ans dans les jambes, l’Ejecté en chef a toujours autant d’énergie à revendre !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

lundi 20 juillet 2015

Suga Roy & Conrad Crystal

The Kings Book, le quatrième album de Suga Roy et Conrad Crystal, est disponible en France depuis le 16 mars. Sorti l’année dernière en Jamaïque et aux Etats-Unis, le voici enfin arrivé de ce côté de l’Atlantique.
Suga Roy et Conrad Crystal commencent très tôt à chanter et ne se consacrent plus qu’à ça, dès qu’ils quittent l’école. Chacun démarre une carrière solo de son côté. Suga Roy fait « Dancehall Nice Again », « Can’t Fool Jah » feat. Jah Mali, « Girl Mission »… Conrad Crystal sort son premier hit avec « True Love Will Never Die », qui sera à l’origine de leur première collaboration, à l’occasion d’une nouvelle version en duo pour Fire Ball Records, label créé par Suga Roy en 2001, dont le Wanga riddim a été la première production. Il y en aura beaucoup d’autres, notamment des albums de Sizzla, Anthony B… et aussi le premier de Suga Roy & The Fire Ball Crew, Meditation, en 2013 – le second étant en préparation. Après l’enregistrement de « True Love Will Never Die », ils entament une nouvelle combinaison en reprenant « Love Overdue » de Gregory Isaacs, puis une troisième « Education Wise »… Ils enregistrent ensemble pour d’autres labels (Digital B, Stone Love, Taxi…), jusqu’à ce que l’idée d’un album à leurs deux noms sonne comme une évidence. Highest Grade sort en 2007. Le premier d’une longue série, puisqu’arrive ensuite Suga Roy & Conrad Crystal meet The Great Reggae Icons en 2009, regroupant des featurings avec les plus grandes voix du reggae (Marcia Griffiths, Toots & The Maytals, U Roy, Max Romeo, Inner Circle, Mighty Diamonds, The Congos, Lee Scratch Perry, Dillinger, Barrington Levy, Eek-A-Mouse, Chaka Demus & Pliers…). Deux ans plus tard, Universal Tribute to Gregory Isaacs atteint les bacs. Le duo fait un hommage à l’un des plus grands chanteurs de l’histoire des musiques jamaïcaines, qui vient alors tout juste de nous quitter, en reprenant dix-huit titres de sa si belle discographie. Les autrichiens de House of Riddim se chargent de quatorze des instrumentaux du projet. Suga Roy et Conrad Crystal sont aujourd’hui de retour avec The Kings Book, un album de roots reggae moderne, produit par Fire Ball et Oneness Records. Chaque chanson est un chapitre de ce livre musical, inspiré de la vie et de leurs expériences personnelles. L’enregistrement a démarré en 2012, lorsqu’ils étaient en Allemagne. Ils ont contacté Morry de Oneness Records, totalement conquis par ses instrumentaux, et lui ont ensuite proposé de faire un album ensemble. Une partie des chansons a donc été enregistrée en Allemagne et le reste en Jamaïque. Tous les instrumentaux ont été composés par Morry et joués par des musiciens européens. Quelques invités ont été sollicités, et pas des moindres : Gappy Ranks, Alborosie, Cocoa Tea, Natural Black et Maikal X. Malheureusement, la tournée française qui devait accompagner la sortie de ce nouvel album a été annulée… Il faudra attendre encore un peu avant d’apprécier le duo jamaïcain sur scène. Suga Roy et Conrad Crystal espèrent bien trouver très prochainement d’autres partenaires qui leur permettront de partager leurs vibrations en live !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)