lundi 31 mars 2014

I-Mast

Originaire de Commercy dans la Meuse, I-Mast propose aujourd’hui son premier album, Garde Espoir, après une année d’enregistrement au studio Austrasia avec Nicolas Gardel, producteur de l’album, et en partenariat avec l’association Troglozik.
En 2005, Jonathan Van Den Bliek, chanteur et batteur, et Etienne Jeandinot, son cousin et bassiste, trouvent une remarquable alchimie avec Vincent Lombard, guitariste, Baptiste Dupont, claviers, et Stéphane Odinot, effets et samples, chacun ayant exercé, jusque-là, dans des groupes à l’esthétique majoritairement rock. Le déclic de composer ensemble une musique positive, fédératrice et accessible leur vient lors d’un concert de reggae. Ils enregistrent, en 2008, l’EP 6 titres Babylone, première expérience de studio et premier support pour présenter le groupe au public et aux professionnels. Le 5 octobre dernier est sorti l’album Garde Espoir, qui réunit 12 titres, dont la version dub de « Riddim Acoustique » et un featuring avec le chanteur de Tidacoustyk, « Dancehall ». Dans la même lignée que Babylone, encore plus soigné au niveau des textes et des sonorités, Garde Espoir reflète leur style et la vision du monde qu’ils véhiculent, celle d’avoir la force de toujours y croire, au travers de thèmes variés, marqués par les rythmes et les valeurs inhérentes au roots reggae, tout en incorporant leur touche personnelle, au détour de solos de guitare ou de sonorités hip-hop, ska… Le premier clip « Sans Larmes Et Sans Peine » a été réalisé par Justine Claussin et Gaétan Nobilet. Avec plus d’une centaine de dates à leur agenda, cette année devrait permette à I-Mast de jouer Garde Espoir sur de plus en plus de scènes.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

samedi 29 mars 2014

Lexy

Il était écrit que Lexy, de son vrai nom Alexandra Beausir, ferait de la musique… Elle y est initiée par son père, artiste musicien, et par son frère Bruno, plus connu sous le nom de Doc Gynéco. La chanteuse, d’origine guadeloupéenne, présente son premier single, « Make Me Feel ».
Dès l’âge de 12 ans, Lexy enregistre des chansons écrites par son père et travaille sa voix avec assiduité pour en explorer toutes les possibilités. Elle intégre des chorales gospel et devient chanteuse lead. Grâce à son talent, elle se fait rapidement remarquée et est sollicitée pour jouer lors d’évènements culturels ou de piano bars, puis pour faire les chœurs d’artistes jamaïcains comme Jah Thunder… Les occasions se multiplient, et, de fil en aiguille, Lexy se retrouve à partager la scène avec des noms de plus en plus reconnus (Luciano, Jimmy Cliff, Sanchez, Marcia Griffith, Sizzla…). Aujourd’hui, enrichie par toutes ces expériences, Lexy a décidé de prendre son envol, puisqu’elle compose et écrit ses propres textes. Son premier single, « Make Me Feel », est sorti sur le label Alizées Records et le King Riddim produit par Christopher Birch. Même si le reggae-dancehall reste son style de prédilection, elle compte bien mélanger les genres et affectionne également de se poser sur du R&B, de la soul et du blues. Sentimentale dans l’âme, ses textes parlent essentiellement d’amour, bien sûr, mais aussi de la vie, de faits de société ou de politique. Lexy sera accompagnée du Firehouse Crew sur certaines prochaines dates. D’ailleurs, ce sont les musiciens du band qui ont commencé à lui donner ce diminutif, qu’elle a trouvé parfait pour son projet solo. Des titres sont à paraître sur plusieurs compilations reggae, avant la sortie d’un maxi 5 pistes, qui en dira davantage sur ses envies musicales et son univers. Lexy a bien l’intention de nous faire découvrir, au fur et à mesure, ses nombreuses facettes. On est prêt.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

jeudi 27 mars 2014

Lek Sen

Lëk Sèn est déjà de retour avec un nouvel opus, Hope Inna Afreeka, projet musical doublé d’une perspective humanitaire et éducative. Il y a tout juste un an, sortait Tomorrow, son second album, autant reggae que musiques du monde, produit par Chapter Two/Wagram.
Avec Hope Inna Afreeka, c’est un rêve de gosse qui débute pour Lëk Sèn : la totalité des fonds reçus avec cet album seront versés pour la création d’une école de musique pour les enfants de son village natal, Ngor, au Sénégal. L’association Jahsen Creation a été fondée spécialement pour cette sortie, tant le projet lui tient à cœur. Enregistré au studio Happy Face Records à Paris, Hope Inna Afreeka a vu le jour en deux temps, avec la sortie, le 5 novembre, du maxi 4 titres, suivie, le 3 décembre, par l’album complet, tous deux en version digitale. Il reflète ses origines africaines, avec un style qu’il qualifie d’ « urban blues », mélange de blues africain et de musiques modernes (reggae, dancehall, hip-hop…). Sa voix éraillée et son timbre unique habillent agréablement et logiquement, dans les diverses langues qu’il maîtrise, les thèmes de l’éducation, l’éveil des enfants, la nécessité de prise de conscience, la fierté d’être africain, et aussi la manière, tout à fait personnelle, dont il conçoit sa musique. Depuis son premier album, Burn, sorti chez Makasound en octobre 2010 et plébiscité par la scène musiques du monde, le chanteur sénégalais installé à Paris montre qu’il sait allier les genres et qu’il est prêt à repousser toutes les limites, avec ce goût d’écrire, de jouer et d’enregistrer, qui l’anime continuellement. Sur ce dernier album, Lëk Sèn est auteur, compositeur, réalisateur et assure chant, guitare, basse, calebasse… Il s’est entouré de tous les musiciens nécessaires pour lui faire prendre forme : Magou Samb et Adrien Bielher (guitares), Makeda et Young Reg (chœurs), Blondin (basse), Ousmane Kalil Kouyate (kora), Lamine N’Diaye (djembe, chœurs), Avelino Quilez (guitare, chœurs) et Yvo Abadi (percussions). Maintenant que Hope Inna Afreeka est disponible, souhaitons que le rêve de Lëk Sèn devienne réalité, tout comme ceux des jeunes sénégalais de Ngor… Le Hope Inna Afreeka Tour démarre dès février sur les routes.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

mardi 25 mars 2014

Terry Bible

Cinq ans après le street album Zot Ja Sav, Terry Bible présente son premier opus, Large Up, sorti sur le label Greatest Friends, le 5 décembre dernier.
Actif dans le milieu sound system depuis une bonne dizaine d’années, Terry Bible a eu tout le loisir de propager ses vibrations reggae hip-hop, conscientes et réelles, en prenant le micro aux quatre coins de la France et en Europe et avec la diffusion du street album Zot Ja Sav, sur support, puis gratuitement sur Internet, ou encore son apparition sur les compilations KingStone Effect… Avec Large Up, Terry Bible souhaite apporter un message positif, énergique et plein d’espoir. Douze pistes sont réunies sous ce titre, à l’image de la force considérable que génère l’unité. Les compositions sont signées par Highbandi, ami de longue date, lui aussi originaire des Yvelines, qui, même s’il a plutôt l’habitude de travailler sur des productions hip-hop ou électro, ne se prive pas de reggae, et a apporté, à chaque morceau, des touches de musiques actuelles. Les prises de voix ont été faites dans son studio, pour ensuite laisser Rudy Nguyen, du label Greatest Friends, mixer et masteriser le tout. On y retrouve de nouvelles combinaisons en compagnie d’amis avec qui le chanteur apprécie toujours de partager le micro ou la scène : Mota Favela sur « Ne Baisse Jamais Les Bras », dont le clip a servi, quelques mois plus tôt, à annoncer l’arrivée de l’album, Rojah B sur « Reality », ainsi que le chanteur italien El Bombasin sur « Speculazion », et, surtout, Jah Mason sur « Can’t Fight The Music ». Puisqu’ils ont eu plusieurs occasions de se rencontrer au fil des années, Jah Mason était plus que ravi de poser sur ce titre, soutenir l’artiste et le projet. Quant aux visuels, ils ont été réalisés par Mena Kely du collectif Reno Reyns. Large Up est disponible en édition limitée, pressé à 1000 exemplaires, chez Patate Records et quelques magasins spécialisés, et est également téléchargeable sur toutes les plateformes, au prix symbolique, et accessible à tous, de 5 euros ! D’autres clips ne tarderont pas à tourner sur la Toile. A l’aube de la trentaine, Terry Bible a quitté Saint-Quentin-en-Yvelines et rejoint la Suède, ce qui n’empêche pas l’organisation du Large Up Tour, dès février, dans tout l’Hexagone et chez nos voisins limitrophes. Be there !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

jeudi 13 mars 2014

Tairo - Ainsi Soit-Il (Polydor) / Choeurs et Ame (Up Music)

A l’écoute des sons qui jalonnent le parcours de Taïro, il ne fait aucun doute que celui-ci possède la capacité de passer d’un style à un autre avec maîtrise. En 2007, alors que cela fait déjà plus d’une décennie qu’il gravite dans le milieu musical, laissant son flow par-ci par-là, sur des projets qui ne passent pas inaperçus, une vingtaine de singles et featurings, au son ragga-hip-hop, sont regroupés sur la Street Tape. Deux volumes dans le même esprit lui succéderont en 2011 et 2012, élargissant les horizons sans la moindre panne d’inspiration. Entre temps, début 2009, son premier album solo, Chœurs et Ame, permet de le retrouver dans un registre reggae, aux sujets plutôt personnels et réfléchis…
Ainsi Soit-Il est un nouveau chapitre, bien plus large, inclassable dans un genre, qui éclaire d’autres facettes. Les instrumentales sont très variées, et, de ce fait, dans sa globalité, c’est l’album de Taïro le plus abordable pour toutes les oreilles. Si le tempo reggae n’est pas toujours adopté, force est de reconnaître qu’avec un tel opus l’empreinte vocale de Taïro, à laquelle il est si difficile de résister, gagne une très large audience, et qu’à sa manière, le résultat est réussi. Au menu : des chansons rythmées sur la vie (« Je m’en Fous », « Aime La Vie » feat. Youssoupha…), l’amour (« J’étais Prêt », « Elle Va Me Tuer »…), la séduction (« Dilemme », « Tu Me Donnes Chaud »…), l’herbe (« High Grade », « Bonne Weed »…) et un soupçon de thèmes sensés (« Justice », « FS 92 » - sur les traces de « Bout De Métal » de Dar-K…). C’est une affaire de goût mais, dans tous les cas, la voix de Taïro fait son effet !
Profitons-en pour revenir sur Chœurs et Ame, sorti il y a cinq ans. Avec « Je ne t’aime plus », « Si j’avais pas connu cette fille », ou encore « Jamais Eu », ce sont des chansons d’amour intemporelles, dont les mots ont de quoi faire écho à quiconque, que délivre Taïro. D’autres textes ne manquent pas de profondeur et de réflexion, « Je Taille », « Trouve Les Mots » feat. Tarik, « On Se Fait Du Mal » feat. Kery James… Tous sont doués de sens et de subtilité, posés sur des rythmes reggae/hip-hop qui en font émerger l’authenticité. L’âme y est explorée avec une certaine émotion et humanité, qui donne à l’ensemble une atmosphère touchante et vraie. Puisque tous les ingrédients se marient harmonieusement dans cette vibration, il y a de quoi apprécié que le chanteur y ait consacré quelques efforts.
Finalement, Ainsi Soit-Il est tout indiqué pour s’offrir un moment de distraction en tout genre, Chœurs et Ame est à prescrire pour s’engouffrer dans les émotions humaines, et les trois street albums sont eux des livres ouverts, faisant place aux fruits de bonnes rencontres, aussi prolifiques qu’agréables. Voilà qui laisse tout le loisir à chacun de prendre dans la discographie de Taïro ce qui lui plaît en fonction du moment !

Simba

Tracklist « Ainsi Soit-Il » :                              
01. Je m’en fous                                             
02. Aime la vie feat. Youssoupha                     
03. Dilemme                                                   
04. Love love love                                           
05. Justice                                                      
06. Elle va me tuer                                          
07. J’étais prêt                                               
08. High Grade                                                
09. Bébé toute seule                                        
10. Tu me donnes chaud                                  
11. La roue tourne feat. Kalash                        
12. FS 92                                                        
13. Mélodie feat. Merlot                                  
14. Ainsi soit-il
15. Bonus Track : Bonne weed

Tracklist « Chœurs et Ame » :
01. Je ne t’aime plus
02. Je taille
03. Si j’avais pas connu cette fille
04. L’animal geint
05. Jusqu’au bout
06. Trouve les mots feat. Tarik
07. On s’fait du mal feat. Kery James
08. Dis-moi ce que tu décides
09. Jamais eu
10. Dans cette ville feat. Sandra Nkake
11. Mama
12. Elle vit
13. Bonus Track : Jamais eu (version soul)

vendredi 7 mars 2014

Raphael - Mind vs Heart (IrieVibrations Records)

Avec son premier album solo Mind vs Heart, Raphael, chanteur du groupe italien Eazy Skankers depuis plus de 10 ans, ouvre grand les portes de l’international. Un tel opus, sur le label de toute confiance IrieVibrations Records, lui permet de rejoindre d’emblée la lignée des artistes européens qui portent très hauts les couleurs du reggae music, jusqu’à gommer les frontières… Après l’EP My Name Is Raphael, impossible pour lui de résister à l’envie de composer son propre album, et l’inspiration ne lui a pas fait défaut ! L’expression « Mind vs Heart » reflète ce que nous vivons chaque jour, tiraillé entre ce que nous dicte notre esprit et notre cœur… Le titre éponyme s’attarde précisément sur cette dualité et, en bonne ligne directrice, la tracklist regroupe toute sorte de thèmes universels qui l’évoquent, explorant sans retenue le new-roots. Comment ne pas penser à certains moments à notre italien-jamaïcain préféré, Alborosie ! Les featuring de l’album offrent une bonne dose d’adrénaline, « Step Up » avec Tiwony et « What About Us » avec Skarra Mucci, mais toutes les pistes s’avèrent absolument indispensables ! Rien ne saurait plus difficile que de devoir en conseiller plus particulièrement certaines. Chacune a ce petit quelque chose qui titille l’oreille, quelques paroles, quelques notes… qui suffisent à emmener dans la danse. Jugez-en par vous-même !

Simba

Tracklist :
01. Intro
02. Laid Back
03. Wine With Me
04. Soundblaster
05. Mind vs Heart
06. Inna Dis Ya Time
07. In Every Style
08. Duppies Inna Dance
09. Knocking
10. If Jah Is With You
11. Time
12. Gideon
13. Step Up feat. Tiwony
14. She Cry
15. What About Us feat. Skarra Mucci
+ bonus tracks

dimanche 2 mars 2014

Patko - Just Take It Easy (Youz Prod)

Patko et son premier album Just Take It Easy comptent parmi les révélations avérées de l’année 2013. En effet, voilà un album new-roots multiculturel avec tout ce qu’il y a de plus plaisant : du groove, un flow de circonstance et des textes raisonnés. Après une courte et douce introduction au son du piano, « Mama » suscite immédiatement l’enthousiasme, par son rythme attrayant accompagné de paroles attachantes… Vient ensuite « Ghetto Youth », puis le très convaincant, « Just Take It Easy », qui, dès les premières notes, a tout du titre-phare, repris en chœur partout sur son passage ! Autre moment fort de l’album, « Dom-Tom » atteste que Patko est également très à l’aise avec des rythmiques plus dancehall et sait faire jouer son flow en toute circonstance. Cependant, « No Gun », « Music Is My Life », « Neg », « Hold On »… n’ont rien pour déplaire ! Sans occulter l’importance des musiciens dont il s’est entouré, Patko démontre un réel talent de composition et un sens de la structure qui permet à chaque piste de se révéler, tout en ayant sa juste place dans l’ensemble et en emportant avec aisance l’auditeur. Pour finir, la version acoustique de « Mama », à l’émotion accentuée, est encore plus prenante que l’originale. Il est déjà temps de sonner l’outro, parfaite réponse à l’intro, la boucle est bouclée, et nous quittons l’univers si agréable de Patko… Les 40 minutes sont passées bien vite, mais c’est sans importance, puisqu’il n’y a que du bon ! Just Take It Easy…

Simba

Tracklist :
01. Intro
02. Mama
03. Ghetto Youth
04. Just Take It Easy
05. Jealousy
06. Dom-Tom
07. No Gun
08. Music Is My Life
09. Neg
10. Hold On
11. Mama (acoustic version)
12. Outro

mercredi 19 février 2014

Vanupié - Libre comme l'air

Depuis 2004, Vanupié ne quitte plus sa guitare pour jouer ses mélodies, du métro parisien jusqu’aux festivals et salles de musiques actuelles. Son premier album, FreeBirds, est disponible depuis le 22 octobre. Rencontre avec un artiste que l’évasion et la liberté inspirent.

Peux-tu présenter ton parcours aux lecteurs de Reggae Vibes ?
J’ai commencé la musique aux alentours de 8-9 ans et je n’ai plus lâché la guitare. Je faisais des petits concerts dans la cour de l’école, du collège et du lycée. Ensuite, j’ai travaillé pendant sept ans dans la publicité, en tant que directeur artistique et concepteur-rédacteur. Vers 25 ans, je me suis arrêté pour essayer d’avoir une vie un peu plus cool, plus libre. C’est là, en 2004-2005, que je me suis vraiment mis à faire de la musique professionnellement.

FreeBirds est donc ton premier album ?
Oui. En 2009, j’ai fait un 4 titres, I Land, une sorte de pré-prod du disque, pour trouver des partenaires, un peu d’argent, quelques diffusions… On a réenregistré les 4 titres pour les mettre sur l’album : « May I », « Good Morning », « Homeless » et « Heartfully Speaking ».

Comment se sont passés la composition et l’enregistrement de l’album ?
Après avoir fait I Land et ne pas avoir trouvé de partenaires, j’ai acheté du matos et j’ai commencé à faire ça moi-même. Au bout de quatre ans de boulot tout seul chez moi, j’ai rencontré Flox, artiste dub-électro anglais, et on a parlé de ce que j’avais envie de faire. J’étais vraiment fan de sa musique depuis longtemps. Il s’est mis à enregistrer les morceaux avec moi et ça a pris un an. On a gardé beaucoup de choses que j’avais faites chez moi pendant ces quatre années. Le reste a été enregistré chez Flox, pour les basses, les claviers… On a fait les batteries dans un autre studio, un peu plus grand, pour avoir de la place. L’enregistrement s’est fini en janvier, mais après, il y a encore eu beaucoup de boulot, avec le mastering, les visuels, la promo… On a pris le temps de tout faire dans de bonnes conditions. Le clip de « Close By » a ainsi été mis en ligne récemment sur Internet. Je suis en train de voir quel autre morceau je voudrais clipper. Ce sont des choses qui prennent beaucoup de temps. C’est quasiment aussi long de faire un clip que de composer un titre… Il y aura d’autres sorties début janvier et l’année prochaine.

De quels instruments joues-tu ?
Sur scène, je fais de la guitare et je chante. Pour enregistrer, j’ai touché un peu à tout, les claviers, les cuivres, les percussions… Flox joue, lui aussi, beaucoup d’instruments. Il fait les basses et pas mal de chœurs. On y a mis tout ce qu’on savait faire tous les deux. Il n’y a que deux autres musiciens, pour la batterie et pour le solo de claviers sur « Livin’in I Music ».

Comment as-tu choisi le titre de l’album ?
FreeBirds, ça donne une idée de liberté qui me plaît bien. C’est vraiment dans cet esprit là que j’ai commencé à faire de la musique, à raconter des choses aux gens, pour me libérer et pour libérer un peu tout le monde des trucs qu’on se met dans la tête.

Et d’où vient ton pseudonyme ?
Ça fait longtemps que je me balade pieds nus, d’ailleurs je joue pieds nus sur scène. Pour la petite histoire, un copain m’a vu arriver à une soirée avec une guitare, des sacs, pieds nus… et m’a dit « t’es vraiment un va-nu-pieds, toi ! ». J’ai trouvé que ça me correspondait bien. Quand on enlève ses chaussures, on sent des choses qu’on ne sent pas quand on en porte…

Quels artistes t’ont le plus marqué et inspiré ?
Pour en citer quelques uns, mais il y en a tellement, Bob Marley déjà ! Je devais avoir 11 ans la première fois que j’ai acheté un disque de Bob. Je me souviens avoir travaillé trois jours entiers dans un champ à ramasser des groseilles pour me payer ce disque-là et je l’ai écouté pendant deux ans ! Je l’ai vraiment décortiqué, j’ai appris à parler anglais avec Bob Marley. Je suis allé plusieurs fois dans les îles, aux Etats-Unis, en Angleterre… Les mélodies que je crée se prêtent plutôt à la langue anglaise. Je suis ouvert à chanter en français, mais c’est plus logique pour moi en anglais. Il y a Simon & Garfunkel que j’ai beaucoup écouté quand j’étais gamin, Flox qui m’a beaucoup aidé pour composer avant même de le connaître, Ben Harper aussi, j’aime sa façon d’aborder le reggae et la musique en général… Ce sont toujours des paroliers qui racontent des choses très concrètes de façon poétique. En termes de couleurs musicales, j’ai mis tout ce que je voulais dans l’album, de l’électro à la funk, en piochant vraiment partout !

Quand as-tu commencé à jouer sur scène ?
J’ai commencé en 2005-2006, ça fait cinq-six ans que je tourne vraiment pas mal. Depuis qu’on a fini l’album, j’ai signé une licence avec une maison de disque et un tourneur, Music Action. Je fais beaucoup de premières parties, notamment avec Groundation, Matisyahu, Sinsemilia… Pour quasiment toutes, je suis seul en acoustique. Il y aura quelques dates en trio et La Cigale, le 6 novembre, avec le band au complet et un guitariste supplémentaire, celui de Flox, Claude Whipple. Je vais encore beaucoup tourner cette année et la prochaine. Regardez bien si on passe près de chez vous !

Quels musiciens t’accompagnent sur scène ?
Jean-Michel Coret à la basse, Gaël Cadoux aux claviers (Electro Deluxe), Nordine Houchat à la guitare (Sinsemilia) et Flox à la batterie. C’est vraiment un honneur d’avoir mon arrangeur et réalisateur sur scène avec moi !

Trois titres de l'album figurent sur la bande originale du film Mon Ame Par Toi Guérie… Comment est née cette collaboration ?
C’est arrivé suite à des concerts en ouverture du documentaire Marley dans plusieurs cinémas du Var, début 2013. Le directeur de ces salles, un ami de François Dupeyron, réalisateur du film, a beaucoup aimé ma musique. Après des échanges et rencontres, François Dupeyron a écouté l'album et m’a dit que c’est ce qu’il voulait sur son film. Les trois titres sont : « If I », « Homeless » et « FreeBirds ».

Quels sont tes projets actuellement ?
Tourner au maximum, faire le plus de concerts possibles, partout dans le monde, pouvoir diffuser largement le premier album. Je joue encore très régulièrement dans le métro à Paris. Dès que je ne suis pas sur une scène, je vais tout de suite jouer dans le métro ! Ensuite, je referai un album et une tournée… C’est ce qui me rend heureux !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #33 - décembre 2013/janvier 2014)

lundi 17 février 2014

Little Dan

Si Le Jour Se Lève est le premier album de Little Dan, pour autant, ce dernier est loin d’être un novice en la matière. Il officiait déjà, en 1993, au sein de Back To The Mother Land, aux côtés de Little P, Soss, Eggy One, Mr Cool et Melaaz.
Little Dan raconte que son premier enregistrement professionnel a été celui du titre « Seulement Si » pour un album d’afro-jazz sorti chez Barclay, en 1999. Il n’a jamais cessé d’user de sa voix pour des compilations, des riddims, des featurings… comme on a pu le constater sur l’album de Sir Samuel avec « Dire Je t’Aime ». Cet opus a d’ailleurs été enregistré à Dig Studio Music, créé par Little Dan et ses acolytes (Dwitty, Biggy, Heavy et DJ Fun). Ce projet de studio lui tient à cœur depuis longtemps et il aura fallu beaucoup d’investissement… Mais quelle joie d’avoir pu déplacer les locaux des Lilas à Paris et accueillir de plus en plus de projets variés. Comme il aime les choses bien faites, la composition de ce premier album a débuté il y a environ trois ans. Little Dan a pris le temps de tout faire exactement comme il le souhaitait, sans hésiter à réenregistrer, à rechercher aussi longtemps que nécessaire les sonorités voulues. Le Jour Se Lève est un album new-roots, où il met l’accent sur la langue française, et il n’aurait pas été le même sans Tyrone Downie aux claviers, Dan Gorgan à la basse, Richacha à la batterie, Ibis de Down Yard Production, DJ Fun et Dwitty pour les instrus… « C’est un projet personnel que j’ai mis plusieurs années à peaufiner. Alors, quand j’en ai eu la vision définitive, ça a été comme un point de départ, de la même manière  que le jour qui se lève… » Le premier clip qui en est extrait a été « Bonnes Vibes », et le titre officiel pour le représenter, « Amis Artistes », à visionner sur la Toile. Il y rend un hommage global aux artistes, quelle que soit leur discipline. Après la sortie le 3 novembre, du Jour Se Lève, Little Dan et le French Roses Band ne manqueront pas de lui offrir un nouvel éclairage sur scène.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #33 - décembre 2013/janvier 2014)

samedi 15 février 2014

Symbiz Sound

Deux frères germano-coréens, Buddysym et Chrislmbiss, sont aux manettes de Symbiz Sound, ovni remarqué de la scène sound system internationale, basé au cœur de Berlin, digne rejeton de la florissante culture underground locale. OneFourFive illustre toute l’ampleur et la diversité de leur son, où dancehall et électro se rencontrent avec ferveur, sur une recette bien épicée destinée aux dancefloors.
Ce premier album des Symbiz Sound, OneFourFive, est un concentré de featurings hauts en couleurs. Ils ont fait appel à quelques voix pour s’approprier leurs instrumentales, Zhi MC des Puppetmastaz, les français de La Méthode, des représentantes de la gent féminine, Lady Chann et Etzia, et d’autres qui ont croisé leur route Spoek Mathambo, Singin Gold, Teacha Dee… Le point commun à tous les morceaux ? 145 beats per minute (bpm), avec lesquels ils n’ont pas hésité à désigner leur album ! A la fois dancehall, reggae, hip-hop, dub, électro, dubstep… l’originalité de Symbiz Sound tient dans leur polyvalence et leur versatilité, auxquelles ils doivent d’être totalement inclassable. Eux considèrent faire de la « bass music », sans discuter des qualificatifs à employer. Ils aiment explorer et essayer, c’est pour cela qu’ils ont choisi de réunir tous ces titres originaux, plutôt que de faire simplement une série de dubplates. Ce sont de véritables compositions, bien que modernes et high tech, toujours issues d’une collaboration personnelle, d’un lien plus ou moins fort qui les connecte avec les artistes. Les rythmiques, énergiques à souhait, ont été conçues dans leur propre home studio de Berlin, tandis que les vocaux ont été confiés à chaque chanteur, qui a pris soin de les mettre en boîte par ses propres moyens. La première prestation qu’ils ont faite ensemble, en tant que Symbiz Sound, a eu lieu en 2010. Avant, chacun gravitait autour de différents projets musicaux, mais les frères n’avaient encore jamais combiné leurs talents. Sur scène, Zhi MC rejoint régulièrement le duo pour entretenir l’alchimie et glisser une subtile touche hip-hop qui leur va comme un gant, même s’ils adoreraient aussi pouvoir être accompagnés des autres invités de l’album. Beaucoup de dates en Allemagne sont notées à leur agenda et, ils l’espèrent, de plus en plus d’occasions de partager leurs basses avec le public français, notamment grâce à l’aide de Music Action dont ils ont rejoint le catalogue. OneFourFive est sorti en France le 5 novembre chez Soulbeats Records, tandis que l’Allemagne l’apprécie depuis plus de six mois. Pas de temps à perdre pour se mettre au goût du jour, d’autant que les Symbiz Sound semblent posséder une large avance sur leur époque…

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #33 - décembre 2013/janvier 2014)