samedi 19 février 2011

Dar-K

Avec son nouvel album Crescendo, Dar-K attire le projecteur sur lui et continue d’essayer d’avancer vers de nouveaux sommets.
Originaire de Normandie, c’est dans le hip-hop que verse Dar-K à l’adolescence écoutant en boucle Assassin, NTM, Nas ou le Wu Tang Clan. Avec Raggasonic, il se prend une claque musicale et se dit qu’il veut faire la même chose : du ragga. Au collège, s’ennuyant en cours, il écrit des lyrics toute la journée et fait ses débuts au croisement du ragga et du hip-hop. En 2002, il rencontre Killah Bee du 220 sound system qui lui trouve un potentiel et lui propose de venir chanter dans leurs soirées. Pendant plusieurs années, il tourne avec le 220 un peu partout en France, même jusqu’à Oslo en Norvège, et se forme à la dure école des sound systems. En 2003, il sort son premier street album qui reçoit un bon accueil. Il rencontre le musicien David Bustany avec lequel il décide de se lancer dans la réalisation d’un véritable premier album. De là, ils créent ensemble le label Arkaya Music pour se produire eux-mêmes. Il en sortira en juin 2009, Sur La Route De Zion, où Dar-K montre une autre facette de sa personnalité artistique. Pas de dancehall ni de hip-hop mais du reggae. S’il n’emploie que la langue française, c’est pour notre plus grand plaisir étant donné qu’il effectue un brillant travail d’écriture comme en atteste, par exemple, le titre « Bout De Métal ». Dans ses textes, l’artiste transmet sa vision du monde, parle de son vécu et, parfois, invente une histoire pour habiller un message. En juin dernier est sorti son nouvel opus, Crescendo, qui représente bien toutes ses influences allant du roots au dancehall en passant par le hip-hop. En faisant son petit bout de chemin, Dar-K a eu l’occasion de partager la scène avec Alborosie, Million Stylez ou encore Buju Banton. Cet été, c’est même le Rototom Sunsplash Festival qui l’a accueilli ! Pour les mois à venir, on le retrouvera sur les routes avec le Arkaya Music Band. A ne manquer sous aucun prétexte !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #14 - octobre/novembre 2010)

Tidacoustyk

Derrière ce nom évocateur se cache un duo guitare-chant formé par Nico et Tida, originaires de Lorraine. 2006 marque l’année de leur rencontre et le début d’une aventure musicale.
A l’époque, Original Tida fait partie du collectif de chanteurs Bud Connection qui débute avec le Kryptonic sound system. Ils fondent l’association Melting Pot à Thionville, qui jouera un rôle prépondérant dans leurs premiers pas scéniques, et souhaitent monter le Melting Band pour accompagner la Bud Connection, avec Nico à la guitare. Le projet du band tombe à l’eau et nos deux survivants se retrouvent naturellement à partager ensemble leurs vibrations. A plusieurs occasions, ils improvisent en guitare-voix, ce qui fait naître l’idée du duo Tidacoustyk. Leurs envies musicales concordent : proposer du reggae, mais à leur sauce. Tida se consacre aux textes qui sont un constat sur la vie de tous les jours et un message d’espoir pour l’avenir. Il les interprète en français dans une sonorité reggae-ragga évidente. Pour sa part, Nico prend en charge la partie instrumentale à laquelle il apporte ses diverses influences qui peuvent aller vers la soul, la samba ou la bossa nova. L’alchimie prend ! A l’été 2008, ils partent deux semaines en vadrouille dans le Sud, c’est la naissance de Tidacoustyk. S’en suit une période qu’ils consacrent à peaufiner leurs morceaux et à trouver leur style. Ils multiplient également les scènes lors de belles premières parties telles que Inna De Yard, Tonton David ou Ziggi. Le travail a porté ses fruits et voit naître aujourd’hui un premier album intitulé Prologue. Il regroupe huit morceaux qui traversent diverses ambiances : du roots au ragga en passant entre autre par le blues. Ce premier opus réunit les travaux de Tidacoustyk depuis deux ans. Les prochains mois vont servir à le défendre sur scène et à travailler sur le second album déjà en préparation. Nos deux acolytes ne sont pas prêts de s’arrêter en si bon chemin !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #14 - octobre/novembre 2010)

Biga*Ranx

En quelques années, celui qu’on appelait Littl’Biga est devenu Biga*Ranx, baptisé ainsi par Joseph Cotton lors d’une rencontre à Paris, gage de la maturité musicale acquise. Du haut de ses 22 ans, déterminé comme jamais, Biga*Ranx a de quoi imposer son style.
Dès l’adolescence, Gabriel Potrowski aka Biga*Ranx baigne dans des vibrations aussi bien reggae que hip-hop. A 16 ans, il commence à rédiger des textes et fait ses débuts au sein du Bandalero sound system à Tours où il est selecta et MC au côté de Atily. En 2006, Il effectue un séjour en Jamaïque où il rencontre, dans les couloirs des studios qu’il parcourt, de nombreux artistes tels que Frisco Kid, Chronicle ou Fantan Mojah. Ce voyage sera une grande source d’inspiration mais lui permettra aussi de mieux comprendre la culture jamaïcaine. Deux ans plus tard, Biga*Ranx part vivre quelques temps à Londres pour s’imprégner de la culture britannique et devenir réellement bilingue. Il y compose de nombreux morceaux en anglais, depuis toujours la langue dans laquelle s’expriment spontanément ses textes. En novembre 2008 sort le single remarqué « Nah Buss » sur le label Furybass. Puis en janvier 2009, Biga*Ranx fait la connaissance de Governor General Rugged, artiste autrichien de la même trempe ; de là naîtra l’album Mus Bus où ils partagent le micro. Celui-ci sort en décembre 2009 en autoproduction dans les deux pays et présente une ambiance qui navigue entre reggae, dancehall, hip-hop et dubstep. Récemment est sorti la mixtape Hot Morning qui regroupe une quarantaine de morceaux solos de Biga*Ranx dans un style dancehall-hip-hop percutant. Continuant de fouler les scènes pour offrir le meilleur de lui-même, il travaille actuellement sur son premier véritable album solo. Nul doute que l’artiste fera encore parler de lui !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #14 - octobre/novembre 2010)

Shaman Culture

Ce groupe de la région parisienne vient de sortir avant l’été, le 18 juin dernier, son premier album intitulé Tchimbe Raid. Présentation d’une équipe fort prometteuse.
Shaman Culture voit le jour en 2006 et connaît différentes formations jusqu’à acquérir sa composition actuelle : au chant, Wallis, d’origine guadeloupéenne, accompagné de six musiciens assurant guitares, basse, batterie, clavier, percussions et auxquels s’ajoutent encore manager, ingénieur ou autre vidéaste. Leur musique s’inscrit dans un registre reggae nu-roots conscient avec une dimension interculturelle. Les rythmiques composées par le groupe piochent dans les différents styles des fondements du reggae parmi lesquels le one drop ou le rockers. Wallis y pose des textes qu’il rédige aussi bien en français, en anglais, qu’en créole. Les messages transmis sont à la fois positifs empreints d’espoir et d’unité mais aussi engagés et combattifs face à un système prônant le matérialisme, l’individualisme et la consommation (comme sur « Quel Monde » ou « Expliquez-Moi »). Derrière le groupe se cache également une association nommée Gwadasham qui leur permet de mettre en place des évènements culturels et de diffuser de bonnes vibrations. Shaman Culture entretient un lien fort avec le sound system parisien Guiding Star, avec qui ils ont mis en place le concept des soirées Live & Sound qui allie leur prestation de groupe à celle du sound system. En 2008, Shaman Culture sort son premier maxi initulé La Maquette, quatre titres dont deux (« Zion » et « My Way ») trouvent leur place sur l’album. Ce récent opus a été enregistré chez Bonj Prod et réuni une douzaine de titres dans une consonance live. On y découvre quatre invités de taille : Bibzo, Original Tonkar, Lyricson et Dub Incorporation ! Un album plein de couleurs à écouter d’urgence ! Pour les mois à venir, Shaman Culture devrait s’atteler à la réalisation d’un clip tout en continuant de faire un maximum de concerts en France pour faire vivre Tchimbe Raid sur scène, et de chercher une distribution pour lui faire atteindre les bacs. Des compositions pour le second album commencent également à se mettre en place. Unissant leur force, l’aventure Shaman Culture n’est pas prête de s’arrêter !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #14 - octobre/novembre 2010)

NJP - Alpha Blondy / U-Roy / RIC (08 octobre 2010 - Chapiteau de la Pépinière - Nancy)

Pour cette 37ème édition du célèbre festival nancéien Nancy Jazz Pulsations, comme chaque année, une soirée était dédiée à mettre à l’honneur la musique reggae. Pour ce faire,  l’équipe nous avait prévu une programmation de haut niveau à ces couleurs pour le vendredi 8 octobre 2010. C’est à cette date que le chapiteau accueillerait le plus grand représentant du reggae venu d’Afrique et qu’on ne présente plus : Alpha Blondy ! Pour compléter l’affiche, un jamaïcain habitué des scènes européennes, à l’origine d’un style à part entière, beaucoup copié mais jamais égalé, et dont le nom n’échappe pas à l’histoire du reggae : U Roy ! Et comme si ce n’était pas assez pour combler les massives de Lorraine, la première partie serait confiée au groupe local qui a su créer un reggae hors du commun : R.I.C. (Roots Intention Crew) ! Certainement l’une des plus belles affiches reggae des NJP de ces dernières années, diversité et qualité mêlées. Rendez-vous au chapiteau dès 20h.
Comme à leur habitude, l’équipe des NJP maîtrisait à la perfection les horaires annoncés. Peu après 20h, montée sur scène du groupe lorrain unique en son genre : R.I.C. Depuis près de 10 ans, Ti Bess, Don Roda et Kolyon s’activent à pratiquer la musique à leur sauce et à trouver leurs marques sans faiblir. En mai dernier est sorti leur nouvel et quatrième album Aboriginal qui appuie leur détermination et confirme la voie musicale choisie : du reggae à la R.I.C. C’est d’ailleurs pour présenter ce nouvel opus que nous les retrouvons sur scène ce soir. En à peu près 45 minutes de set, nos trois acolytes interprètent les nouveaux titres qu’ils ont composés. Vêtus de costumes colorés à l’image de leur musique, ils sont venus conquérir le public nancéien. On retrouve tout de même le titre « Petit Homme » tiré du second album Hot Tension sorti en 2006. Avec toute l’énergie qu’ils ont su amener, nul doute que le public est mis dans l’ambiance et peut s’affirmer fin prêt pour la suite des festivités.
Vers 21h, c’est au jamaïcain U-Roy de faire son entrée sur scène. Attendu par de nombreux amoureux du reggae, du roots à l’honneur ce soir. Actif depuis le début des années 1960, U Roy fait partie des increvables que rien ou presque ne pourra empêcher de monter sur scène. C’est au milieu des années 1970 que sortent ses albums phares (Natty Rebel ou Burning Babylon) mais au fil des décennies, le chanteur n’a cessé d’imposer son nom. Le chapiteau complètement comble apprécie ses vibrations roots et c’est dans une ambiance des plus détendues et positives que le public partage l’évènement. Mélange des générations et des origines en guise de signe attestant de l’unité véhiculée.
Pour finir au top niveau, le maître du reggae africain en personne : Alpha Blondy ! Les années ont beau passer, l’artiste remue toujours les foules en masse, celles-ci ne louperaient pas une occasion de passer un moment intense aussi bien musicalement que spirituellement. On sait comme la réputation de l’Ivoirien l’entoure d’une aura mystique incontestable. Son répertoire est suffisamment riche pour ne pas douter que le set qui va suivre sera ponctué de moment d’osmose totale entre les musiciens et le public du chapiteau. « Jerusalem », « Masada » annoncent bien la couleur et la vibration. Les tubes s’enchaînent sans que l’on ne voit le temps passer (« Brigadier Sabari », « Mister Grande Gueule »…) Pour finir, c’est le titre d’ouverture de l’album Jah Victory, « I Wish You Were Here », que joue le groupe et c’est un plaisir partagé par tous. Alpha Blondy n’a rien perdu de son charisme et de son énergie. Le public nancéien ne peut qu’en être convaincu.
Une édition des NJP qui a su concocter une soirée 100% reggae des plus plaisantes et mémorables. Rendez-vous dans un an !

Simba


(pour Reggae-Est)

Flying To Jamaica #4 - Serengeti / Herb-A-Lize It / Irie Crew (25 septembre 2010 - L'Autre Canal - Nancy)

Annoncé depuis plusieurs mois déjà, l’évènement de la rentrée en Lorraine portait un nom évocateur qui assurait un niveau placé très haut sur le plan de l’ambiance et de la qualité de la musique jouée. Il s’agissait de la quatrième édition des fameuses Flying To Jamaica que l’on doit à notre sound system in and out-ernational Irie Crew. Après avoir accueilli Pow Pow, Civalizee, Rodigan, Supersonic…, place à des invités de la même envergure : les hollandais d’Herb-A-Lize It et les suédoises Serengeti feat. Lady Louise pour lancer la nouvelle année sur des chapeaux de roues ! Du lourd ; et pour la première fois à Nancy, des demoiselles pour qui reggae et dancehall ont bien peu de secret. Décollage dès 23h ce samedi 25 septembre 2010 pour cette co-production L’Autre Canal & Cultural Jam Session.
C’est dans la joie, la bonne humeur et la motivation que les nancéiens attendaient cet évènement pour amorcer une nouvelle année encore plus terrible que les précédentes (et vous savez bien comme les dernières en date ont su dépasser nos attentes et confirmer la présence d’un mouvement reggae des plus remarquables). Pour commencer, nos serviteurs du Irie Crew : T-zion à la sélection et Smocky au micro. Dès les premières notes, ça danse à foison. On ne saurait perdre une miette de ces moments qui passent toujours trop vite. Une fois de plus, Irie Crew nous raconte l’histoire du reggae dans sa plus pure tradition du sound system comme ils savent si bien le faire. Les bonnes vibrations sont là à L’Autre Canal. Peu avant 1h du matin, Serengeti prend la relève. Si vous ne connaissez pas encore ce duo composé de Mastercat et True, retenez leur nom car ces demoiselles ont de quoi marquer les esprits. Elles partagent le micro pour donner un maximum de vibrations nu-roots et dancehall au public. Pour les accompagner, Lady Louise, une des rares deejays reggae-dancehall à évoluer en solo. Dans un milieu où les femmes se font rares sur scène, on ne peut que souhaiter en voir davantage avoir le même cran qu’elles. Le public est conquis et complètement dedans. Ca transpire et ça danse à L’Autre Canal à n’en plus finir. Elles interprètent plus d’une dizaine de morceaux parmi lesquels « Get Vex », « To The Clouds », « Soundboy » pour finir sur leur titre phare « Walk With An Empress » qui met tout le monde d’accord (si ce n’était pas déjà le cas). L’ambiance est déjà au top mais Herb-A-Lize It sait comment repousser toujours plus ce genre de limite. Sultan et D-One arrivent sur scène bouillonnants, prêts à donner le meilleur de la musique jamaïcaine au public présent. Aucun doute qu’ils connaissent parfaitement les dosages et la recette. On passe du nu-roots, du dancehall mais que de bonnes vibrations. Les pull up fusent et la température monte encore de quelques degrés. C’est Irie Crew qui se charge de clôturer la soirée et de ne rien laisser faiblir. I-nity maîtrise l’art de donner de quoi puiser toujours plus dans ses ressources sur le dancefloor. A l’heure où les lumières se rallument, peu avant 5h, la salle est encore bien remplie. C’est épuisé d’avoir dansé et le sourire aux lèvres que les massives quittent tranquillement les lieux. Rendez-vous est pris pour la prochaine édition le 22 janvier 2011. A ne manquer sous aucun prétexte ! On fait confiance à Cultural Jam Session et Irie Crew pour nous concocter une programmation massive à la hauteur de toutes celles jusqu’ici.
Maximum respect à Irie Crew & Cultural Jam Session !
Big up à Herb-A-Lize It, Serengeti, Lady Louise, L’Autre Canal, la sécurité et tous les massives présents !
Merci à tous de mettre ça au top !

Simba
Reggae City Reporter


(pour NancyByNight et Reggae-Est)

Morik (22 septembre 2010 - Le Quai'son - Nancy)

Pour finir l’été comme il se doit, rendez-vous était pris au Quai’son dès 20h30 ce mercredi 22 septembre pour une session acoustique aux sonorités colorées impulsée par Morik, artiste lorrain d’origine guadeloupéenne qui qualifie sa musique d’"acoustic reggae - latin folk". Etait annoncé en première partie le groupe Mindeef qui n’a pas pu assurer la prestation prévue. Mais ce contre-temps n’avait aucune raison d’altérer le bon déroulement des festivités. En amoureux de la musique, Morik avait de quoi faire durer le moment partagé avec le public.
Dès 20h30, le Quai’son se remplit tranquillement. L’ambiance est positive en cette fin de journée où le soleil a régné en maître pour marquer le coup avant l’arrivée imminente de l’automne. Vers 21h30, arrivée sur scène de Morik, trio musical acoustique qui promotionne ici son premier album intitulé Tropicalimenté. Ils enchaînent plusieurs morceaux qui invitent le public à danser (« Radio Bwa Patat’ », « 7 Ans De Bonheur », « Nos Deux Teints »...). Bonnes vibrations au Quai’son. On chante du Bob Marley et on sait bien comme ça fait toujours plaisir. “ Don’t worry about a thing cause every little thing gonna be all right…” Après près d’une heure de musique ensoleillée, les musiciens proposent de faire une petite pause pour revenir encore plus chauds dans une dizaine de minutes. On se désaltère ou on s’aère, moment propice aux contacts humains et aux sourires échangés. La seconde session s’annonce encore plus pêchue que la première. Morik nous invite à goûter à la diversité musicale : de « Foule Sentimentale » d’Alain Souchon au zouk en passant par de l’afro-caribéen. La chaleur est montée dans la salle et même une fois que le groupe a quitté la scène, le public apprécie jusqu’au bout l’ambiance festive de cette soirée.
On pourra retrouver Morik en concert à l’occasion des Nancy Jazz Pulsations le 9 octobre au Love Boat dès 20h30 ainsi que le lendemain à la Pépinière en Fête. Direction la Guadeloupe – St Barth les 12 et 13 novembre pour un festival à Gustavia ! Pour découvrir davantage son univers, rendez-vous sur son MySpace : http://www.myspace.com/morikmusic

Simba
Reggae City Reporter

(pour NancyByNight)

La Nuit Du Reggae #1 - Rider's Park (Messancy - Belgique)

A l’affiche de cette première édition de La Nuit du Reggae, de quoi donner envie de danser : Michael Rose, Andrew Tosh, RasItes mais aussi Original Uman et Dynamq ainsi que les sound systems Irie Crew et Green Spirit. Comme si cela ne suffisait pas, des invités de dernière minute : Little Dany accompagné du Digital Sound de Paris ainsi que Jawed. Ouverture des portes le 29 mai à 18h pour plusieurs heures de bonnes vibrations.
Pour l’occasion, le Rider’s Park est ouvert dans sa grande configuration pour accueillir au mieux les massives. Irie Crew au contrôle comme ils savent si bien le faire. Roots et nu-roots se chevauchent pour annoncer les couleurs de la soirée. Le public répond présent à l’appel de la première édition de cet évènement et emplit les lieux sans attendre. Il est à peine plus de 22h30, la session sound system laisse place aux concerts. Le RasItes Band prend la relève. Ce groupe anglais composé de quatre musiciens a cette particularité de former un véritable band à l’image de leurs prédécesseurs que peuvent être Steel Pusle ou encore Aswad. Et ce n’est pas le talent qui leur manque. Second invité et non des moindres, la progéniture de l’un des plus grands artiste ayant côtoyé de près l’indétrônable Bob Marley : Andrew Tosh, le fils de Peter ! Le chanteur de RasItes lui cède le micro pour dès lors ne se consacrer qu’à sa basse, son band accompagnant les jamaïcains présents ce soir. Andrew Tosh fait son entrée avec le poignant morceau « Igziabeher (Let Jah Be Praised) ». Moment mystique et stupéfiant : il a vraiment la voix de son père. En fermant les yeux, on pourrait presque voyager trente ans en arrière. Il interprète avec brio les grands morceaux de celui-ci ainsi que des nouveaux dont il est l’auteur. Un peu plus d’une heure sur scène et c’est la venue de la tête d’affiche tant attendue : le grand Michael Rose, qui depuis Black Uhuru, n’a pas faibli musicalement. Il sait toujours envoûter son public que ce soit avec les grands titres de l’époque tels que « Sinsemilia » ou « Shine Eye Girl », ou les plus récents « Shoot Out » ou « Mr Collie ». Michael Rose a su suivre l’évolution du reggae, traverser le temps et s’y adapter pour laisser son empreinte indélébile dans l’histoire de cette musique. Le public est ravi de ce voyage. Il est plus d’une heure du matin, Michael Rose achève sa prestation pour céder la place aux sets sound system. En expert du micro, Smocky emmène avec lui le public pour cette nouvelle session. Pour commencer, Dynamq « The Sudanese Child » backé par Irie Crew. Le chanteur est un enfant du reggae originaire du Soudan qui s’inscrit dans la vague nu-roots de ces dernières années. Il interprète notamment les deux singles qui l’ont fait connaître en sound system et sur les mixtapes « Nobody » et « Inner City War » ainsi que son nouveau single « Mama Africa », frissons garantis. Un moment unique qu’il ne fallait pas rater. C’est au tour d’Original Uman, artiste belge originaire de Bruxelles, vétéran du reggae music depuis plus de vingt ans. Malgré des périodes moins fastes que d’autres, ce soldat est toujours là armé de son micro pour mener le combat, comme en témoigne ses titres « L’habit Ne Fait Pas Le Moine» ou « La Danse Du Serpent ». Lui succède Little Dany, chanteur parisien également depuis longtemps dans le circuit qui ravit les massives avec son titre « Faya ». Et pour finir, Jawed, M.C. hip-hop lorrain. 3h du matin, la soirée touche à sa fin. Les spectateurs encore nombreux quittent doucement les lieux. Cela ne fait aucun doute, les bonnes vibrations ont été de la partie durant toute la soirée. 

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #13 - août/septembre 2010)

Talowa Productions - Petit mais costaud

La structure Talowa Productions est créée en mars 2005 à Toulouse. Ses activités principales ? Tourneur et producteur de concerts.

C’est en passionné de dub et de reggae et après avoir touché depuis une quinzaine d’années à tout ce qui peut exister dans ce secteur - aussi bien bénévole que comme backliner ou afficheur - que Bastien Bacha a décidé de monter ce projet. L’entreprise est baptisée « Talowa » qui vient de l’expression « little but talawah », soit « petit mais costaud » en argot. Ainsi, cette structure que Bastien dédie à sa passion représente une énergie indestructible contre vents et marées, malgré les obstacles, la crise, la concurrence. Un seul mot d’ordre : faire partager des coups de cœur musicaux au plus grand nombre en diffusant des musiciens notables à l’échelle de la France, de l’Europe et même du monde entier. "Pas de catalogue à rallonge mais des artistes choisis, défendus et développés sur le long terme". En 2005, l’activité débute avec les tournées de l’allemand Gentleman et du jamaïcain Horace Andy. Quelques mois après sa création, l’entreprise intègre un booker axé sur la musique métal qui partage le même état d’esprit indépendant et combattif. De 2006 à 2008, ils fusionnent leur roster qui présente donc deux versants bien spécialisés. Lors du départ de cet acolyte, Talowa retrouve naturellement ses couleurs d’origine, le reggae et ses dérivés.

C’est par les contacts du milieu, le bouche à oreille et les rencontres hasardeuses que se constitue leur roster au fil des années. S’y ajoutent notamment Winston Mc Anuff, Tanya Stephens, Omar Perry, Jah Mason et Chezidek. En 2008, Talowa crée l’évènement en faisant venir pour la première fois en France l’européen le plus jamaïcain de la scène actuelle, Alborosie. L’année suivante, même chose avec le hollandais Ziggi. Autant dire que leur flair ne les a pas trompés. Actuellement, Talowa se place en agent européen d’Alborosie et Omar Perry. En l’espace de deux années, la renommée scénique du rasta sicilien est plus que confirmée. Il a conquis l’Europe et joué sur les plus gros festivals, le Summerjam, le Rototom, les Eurockéennes, le Festival de Dour et Les Vieilles Charrues. Sa tournée printanière a cartonné sur tout le continent avec 28 dates sur 35 jouées à guichet fermé ! Talowa ne laisse pas en reste les talents hexagonaux. La structure s’active à professionnaliser le groupe Colocks de Paris qu’on a d’ailleurs pu retrouver en première partie sur la tournée d’Alborosie, ainsi que le fer de lance du dub stepper en France, Kanka. Leur assurant ainsi un minimum de dates qui leur permet l’accès à l’intermittence, et un maximum de diffusion. Ce sont près de 7 à 8 tournées que produit chaque année Talowa. L’année 2009 marque la naissance des Toulouse Dub Station, des soirées qui ont lieu en moyenne tous les trois mois et qui enregistrent une assistance des plus massives en France en matière de rencontres dub de qualité avec des invités comme Channel One ou King Shiloh. Talowa produit également chaque année quelques spectacles sur Toulouse et la capitale. Si pour le moment l’équipe, composée actuellement de cinq personnes regroupées dans leurs locaux toulousains, se concentre sur les tournées, une activité audiovisuelle est sur les rails. Le but : saisir et de partager les grands moments sur scène et en backstage des artistes. Autre idée évoquée, l’envie d’organiser un festival reggae dans le secteur toulousain. En attendant de nouveaux projets, leur actualité des plus riches : pour août 2010, nouvelle tournée d’Alborosie ; quelques dates estivales pour Gentleman avant de le retrouver en tournée début 2011 ; dès l’automne, la rentrée des Toulouse Dub Station au Bikini (Ramonville, dans la banlieue toulousaine) ; pour l’hiver, le retour d’Horace Andy accompagné du Homegrown Band et enfin, les premières dates françaises des deux coups de cœur de l’équipe Ackboo, producteur-sound system dub toulousain, et le groupe colombien Systema Solar qui mêle ragga/hip-hop/électro/cumbia dans l’esprit sound system. Un cocktail tropical explosif qui ne laisse personne indifférent ! 

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #13 - août/septembre 2010)

Netna

Les artistes reggae féminines sont malheureusement assez rares dans l’Hexagone, raison supplémentaire pour parler de Netna, une jeune artiste en devenir.
Netna est née en 1982 en Allemagne et arrive en France à l’âge de 7 ans. Issue d’une famille d’artistes, elle baigne dans la musique dès le plus jeune âge et s’attarde sur différents styles musicaux, du rock à l’électro en passant par le reggae, la dance, le rap. Dès l’adolescence, elle prend plaisir à manier l’écriture pour exprimer ses pensées et ses émotions. Vers 14 ans, elle se plonge dans le rap qui l’amène à rédiger différemment, à rechercher des rimes. Trois années plus tard, à Montpellier, elle se familiarise avec les sound systems et la culture antillaise. L’accroche avec le mouvement reggae-dancehall est immédiate et accentue sa motivation. Elle découvre alors les sons jamaïcains et ses premiers mentors, Capleton et Buju Banton. Dès la fin du millénaire, elle travaille le maniement des mots aussi bien avec la plume qu’avec la voix et fait son apprentissage en écumant les sound systems. La première partie de Capleton en 2003 marque le véritable déclic en matière de scène. Elle multiplie ensuite les shows, pose sur différentes mixtapes et compilations, et saisit toutes les occasions d’acquérir plus d’expérience. En 2006 est enregistré avec le collectif Digital Cut l’album Dancehall Révolution sur lequel paraît le single « Copycat » en featuring avec Big Red qui sera sélectionné par Wagram pour la compilation Frenchy Ragga Dancehall. L’année 2009 est marquée par la sortie d’Indeground, son premier projets solo, un véritable patchwork qui regroupe 17 titres, 5 featuring, 10 compositeurs. Une autoproduction axée reggae hip-hop, la première boucle de son parcours, le début d’un nouveau cycle. Ce qui inspire Netna pour rédiger ses textes, c’est avant tout l’état d’âme. Elle ne se pose aucune limite en matière de musique, suivant simplement les vibrations et l’inspiration, cherchant à la fois à faire passer un message de respect, d’amour, de force, de courage et de foi, ainsi qu’une énergie dédiée à l’ambiance et la danse. Difficile de catégoriser l’artiste dans un style, celle-ci cherche à exprimer toute la diversité de son identité dans sa musique. En véritable passionnée, elle vise toujours plus haut, plus puissant, plus inspiré. Les mois à venir vont donc être consacrés à la promotion sur scène de ce premier projet, que ce soit avec DJ Galak ou l’Artikal Band. En préparation une mixtape qui réunira les nouveaux morceaux composés depuis. En projet, le montage d’un show acoustique. Original Netna représente du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest !

Simba


(pour Reggae Vibes #13 - août/septembre 2010)