lundi 16 avril 2018

Hollie Cook - Interview

Hollie Cook présente un nouvel album intitulé Vessel Of Love, disponible le 26 janvier. Sorti chez Merge Records, l’Anglaise est heureuse de commencer l’année avec ce nouvel opus en poche et de partir en tournée dès février pour faire vivre et découvrir en live ces compositions toutes chaudes en compagnie du General Roots Band. Interview en toute simplicité avec la fille de Paul Cook, batteur des Sex Pistols, à l’aube de cette nouvelle année.

Depuis son premier album éponyme en 2011, suivi de Twice en 2014, Hollie Cook a conquis tous les publics avec sa voix savoureuse et son style inclassable qui rendent à coup sûr les instrumentales envoûtantes. En 2012, Prince Fatty a même repris ce premier disque pour pousser encore plus loin les vibrations et obtenir une nouvelle version complète justement nommée, Prince Fatty presents Hollie Cook In Dub. On attendait avec impatience des nouvelles de la chanteuse installée à Londres, pour le plaisir d’entendre sa délicieuse voix sur des rythmiques bien dosées comme elle l’a déjà si bien fait, avec entre autres les morceaux « Postman », « That Very Night », « Milk and Honey », « Looking For Real Love »… Le premier extrait annonçant ce nouvel album, « Angel Fire », est sorti l’été dernier. Il nous tardait d’en écouter davantage, déjà convaincu d’un nouvel album à la hauteur de ses talents.

Comment vas-tu, Hollie ?
Vraiment bien, merci. Je me sens excitée par rapport à tout ce qui va se passer cette année !

Ton nouvel album, Vessel Of Love, sort le 26 janvier. Comment peux-tu le présenter en quelques mots ?
Salut tout le monde, voici mon nouvel album Vessel Of Love ! Ça faisait un moment que je n’avais pas fait un disque, et je suis vraiment très contente d’avoir attendu de manière à ce qu’il sonne comme je le voulais. J’espère qu’il vous plaira aussi.

Pourquoi as-tu choisi le titre de Vessel Of Love ?
Le label ne voulait pas que j’utilise le titre original que j’avais choisi, car c’est le titre d’une chanson très connue… J’ai donc fini par l’appeler Vessel Of Love pour m’amuser. C’est le nom d’une des chansons de l’album. Elle parle de se chercher soi-même et du sens de la vie, de décider d’avancer avec tout l’amour qu’on peut rassembler.

Après plusieurs années chez Mr Bongo, qui a sorti tes précédents albums et leurs singles, tu as rejoint un label américain. Quand as-tu rencontré Merge Records ?
Peut-être il y a deux ans, ou trois… Juste avant que je commence à travailler sur cet album.

Avec quels producteurs as-tu bossé pour les enregistrements ?
Martin « Youth » Glover [U2, Guns N’Roses, Paul Mc Cartney, The Verve…] a produit l’album et mes amis et musiciens de General Roots de Londres en ont joué la majeure partie. J’ai enregistré les voix à Londres et en Espagne en 2016.

Le premier single a été « Angel Fire », il y a quelques mois. Y en a-t-il d’autres ?
Oui, « Survive » et « Freefalling » sont sortis en octobre. Le nouveau s’appelle « Stay Alive » et sort en janvier.

Comment as-tu écrit les chansons de cet album ? Quelle a été ton inspiration ?
Je les ai écrites dans ma tête et, ensuite, j’ai pris un crayon et j’ai étoffé les idées des paroles et la mélodie. Les relations entre toutes les dynamiques sont ma principale source d’inspiration. On peut dire que nous avons des perspectives différentes par rapport à ce que nous vivons à travers le temps et les émotions.

Vessel Of Love est ton troisième album, après Hollie Cook en 2011 et Twice en 2014. Que penses-tu de ces deux albums, avec un peu de recul ?
Je pense qu’ils sont super ! C’est génial d’avoir trois albums à mon actif maintenant. Je trouve  que c’est difficile de ne pas écouter ce que je fais de manière critique, mais je me sens optimiste en voyant mon évolution en tant que musicienne, chanteuse et interprète. J’ai l’impression d’avoir appris et progressé depuis que j’ai fait mon premier album.

Penses-tu que ta musique a réellement changé depuis ?
Dans une certaine mesure, oui c’est ce que je pense. C’est plutôt quelque chose qui a grandi que vraiment changé. De la même manière que nous grandissons et changeons en tant que personne. Vous êtes toujours le même mais les choses deviennent différentes au fur et à mesure.

Il y a aussi eu l’album In Dub avec Prince Fatty en 2012…
Je ne me souviens plus vraiment de comment ça a commencé, c’était probablement l’idée de Fatty. Je n’ai pas de souvenir spécialement pour cet album. C’est juste Fatty qui a fait ce qu’il fait de mieux !

Est-il possible que tu refasses un album dub un jour ?
Peut-être qu’il y en aura un autre un jour, oui.

Qu’aimes-tu le plus dans la musique reggae et dub ?
Le ressenti. Son âme est vraiment différente et particulière.

Que feras-tu en 2018 ?
J’espère donner beaucoup de concerts ! Je démarre une tournée en février qui, avec un peu de chance, se poursuivra jusqu’à l’été et l’année prochaine. Ça fait un an que je n’ai pas joué et c’est ce qui me manque le plus !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #58 - février/mars 2018)

jeudi 12 avril 2018

Black Star Foundation

Black Star Foundation fête cette année ses quinze ans d’existence, alors que vient juste de sortir, en novembre dernier, le World Of Righteousness riddim avec la participation de Luciano, Anthony B, Marlon Asher, Leah Rosier… Basée à Amsterdam, voilà une petite organisation qui fait de bien grandes choses !
L’idée de Black Star Foundation est née au Ghana. Michelle, la fondatrice, travaille alors pour une compagnie néerlandaise qui a un deuxième bureau à Accra et rencontre là-bas beaucoup de musiciens et chanteurs talentueux. Elle lance le projet Black Star Foundation pour stimuler la communication avec les pays occidentaux et rapprocher les gens de cultures différentes par le biais de l’art, et en particulier la musique. De retour à Amsterdam, l’activité démarre avec une tournée de l’artiste ghanéen Black Prophet en 2003. Elle commence également à organiser des concerts et tournées pour des artistes hollandais. Au fur et à mesure, l’équipe se concentre de plus en plus sur la musique reggae. En 2005, Michelle s’allie à Den-Den, ce qui marque la naissance du Black Star Sound. Ils rencontrent peu de temps après Asher-E, l’homme qui mixe toutes leurs productions et dubplates. Jahforth est le dernier membre à les avoir rejoints. Originaire de Jamaïque, il vit à Amsterdam et officie en tant que MC au sein du Black Star Sound depuis 2014. C’est en 2006 que Den-Den crée le label, qui compte à ce jour six albums, deux singles et quatre riddims. Organisation d’événements, tournées, management, production, sound system… la fine équipe est sur tous les fronts ! Elle vient d’ailleurs tout juste de sortir un nouveau riddim. Composé par Asher-E dans son propre home studio, à Deventer, en 2009, le tout premier morceau enregistré dessus portait le nom « World Of Righteousness », qui sera donné au riddim pour sa sortie quelques années plus tard. En 2010, Brainpower choisit l’instrumental pour une version sur laquelle ils ajoutent du violon, qui figure sur son album Dub & Dwars. L’année suivante, Marlon Asher enregistre « Trouble » lors de sa tournée aux Pays-Bas… Les prémisses d’une série sur cet instrumental sont alors dans la boîte, mais c’est au cours de ces deux dernières années qu’ont été enregistrées toutes les autres chansons, obtenant au final dix pistes. Parmi les grands noms, Luciano, Anthony B et Mickey General, qu’ils connaissent depuis longtemps ; trois chanteurs néerlandais de leur entourage sont aussi au rendez-vous, Leah Rosier, Rapha Pico et Robina Souilljee… Disponible en téléchargement légal et en CD, la rythmique new-roots du World Of Righteousness riddim devrait aisément faire le tour du monde. Le 15 avril prochain aura lieu la soirée des quinze ans de Black Star Foundation au Melkweg à Amsterdam. A cette occasion, de nombreux artistes seront présents pour un événement musical d’envergure, avec aussi une exposition de photos, de la nourriture jamaïcaine, le merchandising du label… Avant cela, destination Jamaïque pour Michelle et ses acolytes, puis la mise en ligne de la nouvelle version de leur site web, les bonnes vibrations continuent de se propager.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #58 - février/mars 2018)

dimanche 8 avril 2018

Embassy Of Zion

Basé en Seine-et-Marne, le groupe Embassy Of Zion est né en mars 2014, alors qu’il donnait son premier concert, bien déterminé à faire sonner de bonnes vibrations reggae roots et deep dub. Les musiciens planchent immédiatement sur un premier album, Legend and History est sorti en juin 2016. Le train est en marche.
Johan (guitariste), Youbi (claviériste) et Pato (chanteur) se sont rencontrés il y a une quinzaine d’années grâce à un ami commun, Rem-I. Pato intègre alors le groupe de reggae dans lequel jouent déjà les trois autres, appelé Kantoo Vibes. Ils font des concerts ensemble pendant plus de dix ans avant de créer Embassy Of Zion, avec Sandrine et Maya (choristes), Raalem (batteur, ancien percussionniste de Saï-Saï) et Peter (bassiste). Bien qu’ils soient issus de cultures et styles différents – du reggae roots aux musiques africaines en passant par la soul et le dancehall – tous se retrouvent dans cette vision où Zion s’oppose à Babylone, représentant un endroit où l’on se ressource et où l’on se sent vraiment bien. Legend and History est leur premier album, enregistré avec le producteur et ingénieur du son Mr Haze, en analogique et en one shot, au studio Roots Vibes. Pierre aka L’Illustre est venu muni de ses caméras pour capturer les vibrations en prise directe et pouvoir, notamment, en faire un clip pour « Only One Road ». En quête de vérité, les seize pistes de l’album, dont cinq versions dub, évoquent des thèmes militants. « Nous abordons des sujets qui critiquent la mondialisation, la décadence des élites et des sociétés dites humanistes et modernes qui, pourtant, assassinent au nom de la liberté, l’égalité et la fraternité… Nous rappelons que l’autonomie, l’espérance, l’éducation, la paix, l’amour et l’unité, dans le respect de chaque culture, sont des clés pour l’émancipation de l’homme… Nous avons aussi des textes plus mystiques, comme « Siloah », et d’autres qui racontent des histoires de gens ordinaires, comme « Conscious Slave »… Nous souhaitons véhiculer des messages positifs et contestataires, de la même manière que les anciens le faisaient avant nous. Leur héritage se doit d’être vivant et créé à partir de tout ce qu’ils nous ont laissé de meilleur ! » Si les exemplaires CDs de Legend and History sont déjà tous écoulés, l’album est disponible sur les plateformes de téléchargement. Le groupe a d’ores et déjà prévu d’entrer en studio en mars prochain pour enregistrer une suite, travaillant aussi sur un projet avec un sound system dub UK pour pousser encore plus loin le volume et l’intensité en live… Vous voilà prévenus !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #58 - février/mars 2018)

mercredi 4 avril 2018

Foresta & Royal Blu

Producteur de musique et de vidéo clips à Berlin depuis 2009, Foresta vient de monter son propre label Foresta Music, orienté notamment vers le hip-hop, la soul, et aussi le reggae, qu’il écoute massivement depuis plus de quinze ans. Nouvelle sortie, Sing With God, un EP de 5 titres au croisement de toutes ses influences avec le chanteur jamaïcain Royal Blu. En voilà deux qui ont bien fait de se rencontrer !
En 2015, un ami de Foresta lui envoie la musique de Royal Blu. Il accroche immédiatement et le contacte dans la foulée. Royal Blu connait déjà son travail et se trouve tout à fait partant pour un morceau ensemble. Foresta lui envoie quelques riddims et part en Jamaïque trois mois plus tard. Ils enregistrent alors « Believe » avec Lila Iké (sorti en août 2016). Quelques jours après, Foresta propose à Royal Blu, qui avait exactement la même idée en tête, de faire d’autres morceaux en vue d’un album court. Voilà comment a démarré le projet de l’EP Sing With God, disponible depuis le 24 novembre. Cela aura pris deux ans en tout, ayant souhaité bien faire les choses et être réunis lors des sessions d’enregistrement au studio Quik Keyz à Kingston. « Sing With God » s’oppose au célèbre « Dance With The Devil ». Royal Blu souhaitait apporter une sorte de positivité à l’énergie exprimée, sans y voir nécessairement une connotation religieuse. Son inspiration est issue d’une profonde introspection qui a donné des mots à ces cinq pistes originales. Il s’agit de s’accorder positivement avec soi-même, chacun pouvant y voir sa propre interprétation.
Le chanteur jamaïcain a toujours baigné dans la musique et a fait sa première scène au Live From Kingston en 2012, au côté de Chronixx, Iba Mahr et Keida. Il sort régulièrement des morceaux avec différents labels. De son côté, Foresta a commencé la musique en 2009, composant auparavant uniquement de petites parties au piano. L’une de ses premières importantes réalisations a été le Youth riddim, qui regroupe de nombreux chanteurs allemands. En plus de la production instrumentale, l’homme exerce aussi dans la production vidéo et affiche à son actif plus d’une cinquantaine de clips. Après six années à faire bouger la scène berlinoise avec Urban Tree Music, il décide de monter son propre label, Foresta Music, fin 2015, pour donner vie à ses propres projets. Démarrant cette nouvelle année par un séjour de trois mois en Jamaïque, il a déjà quelques riddims dans les tiroirs sur lesquels il compte bien bosser et d’autres idées en tête… Ensemble ou séparément, ces deux-là devraient nous donner des nouvelles très rapidement. Juste le temps d’apprécier le délicieux fruit de leur collaboration : Sing With God.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #58 - février/mars 2018)

vendredi 23 mars 2018

*Rebel Love* mixtape on YouTube

**Rebel Love** mixtape by Raggadikal Sound on YouTube!


**Rebel Love** mixtape by Raggadikal Sound
selected by Simba - mixed by Natural Mat
artwork by Tidouz


free download tracked MEDIAFIRE
http://www.mediafire.com/file/1gsuub2s76qmvqp/REBEL+LOVE+mixtape+by+Raggadikal+Sound+tracked.zip

listen & free download SOUNDCLOUD  https://soundcloud.com/raggadikal-sound-mixtapes/rebel-love-mixtape-by-raggadikal-sound-2018
- MIXCLOUD https://www.mixcloud.com/Raggadikal_Sound_Mixtapes/rebel-love-mixtape-by-raggadikal-sound-2018/

01. Nattali Rize "Rebel Love Dub" / 02. Johnny Clarke "Rebel Music" / 03. Tippa Irie "Rebel Hop" / 04. Tippa Irie "Rebel On The Roots Corner" / 05. Gappy Ranks & Nereus Joseph "Soul Rebel" [Soul Rebel riddim] / 06. Sweet Irie "Rebel In A Cause" [Soul Rebel riddim] / 07. Prince Malachi "Come Along" [Soul Rebel riddim] / 08. Gappy Ranks "Heaven In Her Eyes" [Soul Rebel riddim] / 09. Nattali Rize & Zuggu Dan "Rebel Love" / 10. Sara Lugo & Protoje "Really Like You" / 11. Estelle & Tarrus Riley "Love Like Ours" / 12. Jah Cure "All Of Me" / 13. Protoje & Toian "Shot By Love" / 14. Toian "Rude Boys" / 15. Natty & The Rebelship & Alborosie & Busy Signal "Seasons Change" / 16. Nattali Rize "Warriors" / 17. Nattali Rize "Rebel Frequency" / 18. Nattali Rize "Ever Rizing Dub" / 19. Christopher Martin "My Love" [Crown Love riddim] / 20. Jahmiel "Waiting" [Crown Love riddim] / 21. Eshconinco "Someday" [Crown Love riddim] / 22. OCG "Calling" [Crown Love riddim] / 23. Kalash "Guapa" [Crown Love riddim] / 24. Tarrus Riley "Don't Come Back" [Crown Love riddim] / 25. Konshens "My Own" [Crown Love riddim] / 26. Vybz Kartel "One Phone Call" [Crown Love riddim]  / 27. Rvssian "Crown Love Riddim" (version) [Crown Love riddim] / 28. Skarra Mucci & Delroy Wilson "Movie Star" [Movie Star riddim] / 29. Penthouse "Movie Star Riddim" (version) [Movie Star riddim] / 30. Buju Banton & Wayne Wonder "Bonafide Love" [Movie Star riddim] / 31. Sizzla "Trust and Love" [Movie Star riddim] / 32. Norris Man "Cool Meditation" [Movie Star riddim] / 33. Jah Mali & Sugar Roy "Can't Fool Jah" [Movie Star riddim] / 34. Chezidek "Fire Woman" [Movie Star riddim] / 35. Garnett Silk "Gave You Everything I Got" [Movie Star riddim] / 36. Wayne Wonder "Movie Star" [Movie Star riddim] / 37. Jennifer Lara "Consider Me" [Movie Star riddim]  / 38. Georges Nooks "Movie Star" [Movie Star riddim] / 39. Earl Cunningham "Movie Star" [Movie Star riddim] / 40. Gladstone Anderson "Movie Star" [Movie Star riddim] / 41. Stick Figure & Collie Buddz "Smokin' Love"

vendredi 16 février 2018

SOJA - Interview

Depuis le 27 octobre, les américains de SOJA ont un sixième album studio en poche, Poetry in Motion. Celui-ci a été enregistré au Dave Matthews Band’s studio, chez eux, en Virginie, pour révéler toute la poésie de cette nouvelle mixture. Après le remarquable Amid The Noise and Haste, où figuraient notamment les hits « Your Song » avec Damian Marley, « I Believe » avec Michael Franti et Nahko, le groupe en a aussi profité pour réaliser, l’année dernière, l’album Live in Virginia.  Interview avec Jacob Hemphill à propos de la musique toujours en perpétuel mouvement de SOJA.

Il y a trois ans sortait Amid The Noise and Haste. Comment est né son successeur, Poetry in Motion ?
Alors que jusqu’ici le processus consistait pour le groupe à se retrouver dans une petite pièce pour écrire et enregistrer la musique ensemble, pour cet album, nous avons écrit et enregistré ensemble au Dave Matthews Band’s studio, dans les bois en Virginie. Pour nous, c’était incroyablement amusant et inspirant de le faire de cette manière, tous ensemble en tant que groupe dans un studio.

Il se passe deux ou trois ans maximum entre chaque album de SOJA, on peut dire que vous êtes plutôt réguliers ! Comment procédez-vous pour travailler sur un album ?
Il n’y a pas vraiment de planification. Je suppose que j’écris constamment de la musique et des paroles. J’ai toujours des cahiers remplis de chansons que nous utiliserons peut-être un jour, ou pas… Le réel processus est de mettre l’album complet en place ensemble avec tout le groupe.

Que signifie le titre Poetry in Motion ? Quel est le thème de cet album ?
Poetry in Motion parle de nous, l’espèce humaine. Nous sommes beaux, nous sommes la poésie qui est en mouvement pendant que la Terre tourne. Nous sommes les gardiens de cette Terre et de tout ce qui vit ici et qui forme notre maison à tous. Mais quelque chose ne va pas… Quelque chose en nous a disparu… Voilà la question et l’objectif : comment revenir à la beauté de cette poésie et s’éloigner de tout le reste ?

Qui a réalisé le visuel assez énigmatique de la pochette ?
Une artiste originaire de Bangkok nommée Pomme Chan. Nous adorons travailler avec elle. Elle est excellente !

Pourquoi avoir repris les paroles de « Lucid Dreams » (feat. Nahko sur Amid The Noise and Haste) sur le titre « I Can’t Stop Dreaming » ?
Nous avons commencé à jouer « Lucid Dreams » avec le groupe et avons créé de nouveaux arrangements. J’adorais tellement les paroles de l’originale que nous avons décidé d’en faire une nouvelle chanson. Le résultat donne « I Can’t Stop Dreaming ».

« To Whom Make It Concern » est une chanson de l’EP Stars and Stripes, sorti en 2008…
C’est une des favorites de nos fans en concert. Nous avons redessiné une grande partie de l’instrumentale depuis la sortie de l’EP, tous les fans n’en sont pas forcément conscients. Nous avons donc fait une nouvelle version et la ressortons ici.

Allez-vous faire des clips de certaines chansons de Poetry in Motion ? Lesquelles ?
Oui, nous avons déjà fait plusieurs vidéos et songeons encore à quelques-unes. Je n’ai pas envie de toutes les révéler maintenant, mais il est notamment question des vidéos de « More » et « Fire In The Sky »…

Il y a un an, nous avons pu découvrir votre premier album live, Live in Virginia, enregistré en juin 2016 au Wolf Trap National Park. Qu’est-ce qui vous a décidés à faire cet album live sur cette tournée ?
Ça nous a semblé être le bon moment pour nous et nous étions ravis de le faire dans un lieu où nous allions tous étant enfants. La Virginie est notre maison, il était logique et agréable de le faire là-bas.

Pourquoi n’avez-vous pas enregistré d’album live auparavavant ?
Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment le premier… Nous avons fait le DVD Live in Hawaii et enregistré d’autres shows live. Là, le moment et la vibe étaient les bons, nous l’avons fait naturellement.

Pourquoi Live in Virginia est-il uniquement disponible en digital ?
Pas de raison particulière. Nous en sortirons peut-être une version physique un jour…

Cet album live a été nominé au Grammy Awards dans la catégorie « meilleur album reggae » l’année dernière, comme Amid The Noise and Haste en 2015. Que représentent ces nominations pour le groupe ?
Bien que nous ne fassions pas de la musique pour gagner des prix, les nominations aux Grammys Awards sont incroyablement gratifiantes. Nous sommes également honorés car les Grammys sont sélectionnés et votés par nos collègues musiciens et producteurs. C’est la reconnaissance de nos pairs, ce sera toujours spécial pour nous.

Quand serez-vous en concert en Europe ?
Bientôt… En 2018 !

Pour finir, que souhaites-tu dire aux lecteurs de Reggae Vibes ?
Merci à vous de lire cette interview et d’avoir un intérêt pour SOJA et pour le reggae en général. Une des plus belles choses que nous avons découverte en voyageant tout autour du monde, c’est que le reggae est un langage universel qui résonne et qui est compris et ressenti dans le monde entier. Nous sommes bénis de pouvoir en jouer !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #57 - décembre 2017/janvier 2018)

mardi 13 février 2018

Salim Jah Peter

Salim Jah Peter commence en tant que danseur-chorégraphe entre 1989 et 1993, au Niger. Il chante déjà dès qu’il le peut, rencontre Dada Leyni, qu’il considère comme son parrain, et d’autres qui contribueront à renforcer sa persévérance artistique, notamment Rita Marley et Fela Kuti. Son nouvel album, Nature, est sorti le 3 novembre.
Salim Jah Peter part à Abidjan, où il intègre le groupe Mystic Vibration de 1994 à 1998, puis crée Mystic Ténéré qui tournera dans bon nombre de pays africains. S’il quitte pendant plus de dix ans le Niger pour la Côte d’Ivoire, c’est parce que la tradition ne lui permet pas de chanter, s’opposant à ce qui était attendu de lui. Influencé aussi bien par la musique expérimentale que traditionnelle, l’afrobeat, le blues africain et, bien sûr, le reggae roots, Salim Jah Peter embrasse pleinement la foi rasta. Son premier single sort à son retour au Niger, en 2003, « Le Message de Jah ». L’année suivante, il s’installe à Paris. Son premier album, Les Vautours, paru en 2007, dénonce la corruption omniprésente. Il est mal accueilli par les politiciens du Niger et le chanteur se retrouve interdit de séjour dans le pays durant trois années. En 2009 sort Hold Up de Pouvoir, en réaction à la situation sociale et économique nigérienne des plus inquiétantes, le pays comptant parmi les plus pauvres au monde. Cet album est censuré dès sa sortie. Après le coup d’état du 18 février 2010, il revient au Niger pour une tournée sur l’ensemble du territoire, portée par le projet La Caravane pour la paix, la démocratie et la réconciliation nationale. « Je milite pour la liberté des hommes à penser, créer et disposer d'eux-mêmes. Je chante les espoirs et les interrogations de ceux qui n’ont pas la parole. L’objectif de ce projet était également de sensibiliser la population à la non-violence pendant les élections… »
C’est au cours de cette tournée qu’il se rend compte de l’état de son pays, concernant les déchets et la protection de l’environnement. Il commence alors à travailler sur l’album Nature. Il sera aussi le dernier album enregistré au studio Davout… 15 titres mis en boîte avec Clément Tamal et une belle équipe de musiciens, qui convient également quelques voix bien appréciées, Winston McAnuff, Lyricson, Devi Reed, Cheik Tidiane Seck… « Plus que jamais la protection de la planète nous concerne tous ! Ce projet Nature Eco France Afrique, avec l’association Racines Profondes, peut également s’appeler Tournée Nature Eco. Son lancement a eu lieu au Bénin en juin dernier. Nous en avons tiré un film de dix minutes, Des Racines pour l’avenir, que nous présentons lors de ces évènements. (…) Nous travaillons sur des projets à long terme au Niger, de transformation des déchets, de création d’emplois pour les femmes veuves et les handicapés… Je souhaite donner des spectacles pour informer la jeunesse sur les dangers de cette pollution. Il y aura un grand évènement Nature Eco Noël, en décembre ou janvier, avec la mairie de Paris. Je vous invite également à venir avec nous ramasser les déchets nuisibles ! Nous nous rendons dans douze pays d’Afrique, en commençant par le Niger, avec quinze dates fin janvier 2018, et nous attendons le retour d’une cinquantaine de villes en France… Tous les détails seront sur nos pages :  www.facebook.com/salimjahpeter et www.facebook.com/racinesprofondes. One Love Reggae Vibes ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #57 - décembre 2017/janvier 2018)

samedi 10 février 2018

Jaqee

Le 29 septembre dernier est sorti le nouvel album de Jaqee, nommé Fly High. Le septième en douze ans, où la chanteuse en profite pour continuer d’explorer tous les styles qui titillent ses cordes vocales, sortir des sentiers battus et se révéler à elle-même, aussi bien en tant qu’artiste qu’en tant que femme.
Née en Ouganda, Jaqee a passé une bonne partie de sa vie en Suède et réside actuellement en Allemagne. Son premier album, Blagalixious, principalement marqué par le blues et la soul, a vu le jour en 2005. Bien déterminée à vivre sa passion pleinement et sans aucune retenue, les albums suivants lui permettent de toucher à tous les styles qu’elle affectionne, notamment le reggae et le dancehall : Nouvelle d’Amour (2007), Letter To Billie (hommage à Billie Holiday, 2008), Kokoo Girl (2009), Land Of The Free (2010) et Yes I Am (2013). En voici venu un tout nouveau aux multiples couleurs : Fly High. Toujours en perpétuel mouvement, elle est le genre d’artiste à qui il est impossible de coller une étiquette ! De l’acoustique au dancehall, en passant par la soul et l’électro, Fly High réunit vigoureusement une multitude de sonorités, sublimée par la voix singulière de la chanteuse. Le résultat donne un album puissant et authentique, énergique et très ouvert, sur lequel on peut retrouver les titres déjà clipés « Fly High », « Miracle », « Lullaby » et « Hello », mais aussi découvrir de véritables dancehall hits, « Tambuula », « Oh Sister », ou encore « Zola’s Dance », berceuse écrite pour sa fille… C’est d’ailleurs lorsqu’elle était enceinte qu’elle a commencé à travailler sur cet album. En quête de compréhension de ce que nous sommes vraiment, Jaqee s’est mise à écrire ses nouvelles chansons en souhaitait éclaircir les côtés les plus sombres de son existence. La majeure partie en a ensuite été enregistrée à Berlin, quelques cordes et cuivres en Suède, et quelques parties en Ouganda. « Mes albums sont toujours personnels. C’est plutôt l’approche quand j’écris qui nuance l’expression. Pour Fly High, je me sentais à la fois très vulnérable et très forte. Vulnérable, par rapport à toute la logistique que nécessite la vie de famille, tout comme la réalisation d’un album. Coordonner ces deux univers est un défi plutôt amusant. Et forte, parce que la maternité m’a montré la force et la beauté que possèdent le corps et l’esprit féminins. Les femmes sont à la fois douces et fortes. Nous devons nous faire confiance et nous soutenir davantage les unes et les autres. (…) Les thèmes des chansons de Fly High tournent autour de la vie en général, avec ses bas, ses moyens et ses hauts, en quelque sorte. Je pense que c’est mon meilleur album. Il a vraiment un groove puissant, immédiat et émotionnel. J’aime grandir et ne pas me répéter artistiquement ! » Jaqee et ses musiciens devraient être en concert en France l’année prochaine. D’ici-là, soyez prêt à vous envoler très très haut !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #57 - décembre 2017/janvier 2018)

mercredi 7 février 2018

Wailing Trees

Deux ans après la sortie de The World Go Round, les sept musiciens de Wailing Trees sont de retour avec un nouvel opus, Change We Need, disponible depuis le 12 mai dernier. Toujours aussi éclectique, le groupe a mûri son style, comme en donnent un excellent aperçu les clips déjà sur la toile du titre éponyme et de « What A Gwaan? ». 
« Change We Need est la suite logique de The World Go Round. Le premier était une sorte de fresque, le second est comme une photo. Dans ce nouvel album, nous avons voulu décrire nos réactions face à tout ce qui a pu se passer dans le monde ces dernières années. Nous avons cherché à faire un album plus épuré, avec un son plus moderne et une direction artistique actuelle, c’est pourquoi nous avons fait appel à Umberto Echo pour le mix (Dub Inc, Jah Gaïa, Sara Lugo…). Les premiers brouillons ont été élaborés vers octobre 2015, mais le vrai travail de composition a démarré au printemps suivant. Nous avons aussi voulu évoquer tous les changements qui se sont passés dans le groupe depuis The World Go Round, en l’occurrence deux nouveaux membres, une nouvelle manière d’appréhender la musique et la production… Le morceau « Change We Need » est assez emblématique et correspond à la thématique générale de l’album. Le monde a vraiment besoin d’un élan positif et collectif dans tous les domaines pour amorcer un changement global qui mettrait le bonheur des humains au centre des questions essentielles. Nous ne sommes pas une part de marché, des codes-barres, du bétail ou des statistiques… Nous sommes les habitants d’une planète qui mérite qu’on la respecte, comme chacun de ses hôtes. (…) Les prises ont eu lieu dans un studio lyonnais qui s’appelle Woodlark Studio. En terme de son, nous avons le sentiment d’avoir franchi un cap et d’avoir une production qui se rapproche de la musique que nous écoutons. Dans l’ancien album, on voyageait beaucoup au sein d’un seul morceau, avec des parties différentes et des choix parfois un peu complexes. Dans celui-ci, le chemin se fait plus posément au fil de l’écoute, avec des titres qui vont davantage à l’essentiel et des esthétiques plus assumées. L’évolution qui existe entre les deux albums se ressent encore plus en concert. Le show est très énergique et musical. Avec toute la route que nous avons déjà fait ensemble, nous avons une réelle connexion sur scène, entre nous et avec le public. Notre vraie force se trouve sur scène ! Chacun a son mot à dire, avec ses propres parties de solo. Nous faisons beaucoup participer le public, afin que chaque soir soit différent. Nous avons travaillé le son, la lumière et même la mise en scène pour offrir un spectacle qui marque les esprits. Nous allons bientôt commencer à prendre du temps pour composer un autre album, mais nous avons très envie de sortir encore plusieurs clips, tout en nous concentrant sur les dates qui arrivent, pour continuer à présenter Change We Need. La tournée continue ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #57 - décembre 2017/janvier 2018)