lundi 20 juillet 2015

Suga Roy & Conrad Crystal

The Kings Book, le quatrième album de Suga Roy et Conrad Crystal, est disponible en France depuis le 16 mars. Sorti l’année dernière en Jamaïque et aux Etats-Unis, le voici enfin arrivé de ce côté de l’Atlantique.
Suga Roy et Conrad Crystal commencent très tôt à chanter et ne se consacrent plus qu’à ça, dès qu’ils quittent l’école. Chacun démarre une carrière solo de son côté. Suga Roy fait « Dancehall Nice Again », « Can’t Fool Jah » feat. Jah Mali, « Girl Mission »… Conrad Crystal sort son premier hit avec « True Love Will Never Die », qui sera à l’origine de leur première collaboration, à l’occasion d’une nouvelle version en duo pour Fire Ball Records, label créé par Suga Roy en 2001, dont le Wanga riddim a été la première production. Il y en aura beaucoup d’autres, notamment des albums de Sizzla, Anthony B… et aussi le premier de Suga Roy & The Fire Ball Crew, Meditation, en 2013 – le second étant en préparation. Après l’enregistrement de « True Love Will Never Die », ils entament une nouvelle combinaison en reprenant « Love Overdue » de Gregory Isaacs, puis une troisième « Education Wise »… Ils enregistrent ensemble pour d’autres labels (Digital B, Stone Love, Taxi…), jusqu’à ce que l’idée d’un album à leurs deux noms sonne comme une évidence. Highest Grade sort en 2007. Le premier d’une longue série, puisqu’arrive ensuite Suga Roy & Conrad Crystal meet The Great Reggae Icons en 2009, regroupant des featurings avec les plus grandes voix du reggae (Marcia Griffiths, Toots & The Maytals, U Roy, Max Romeo, Inner Circle, Mighty Diamonds, The Congos, Lee Scratch Perry, Dillinger, Barrington Levy, Eek-A-Mouse, Chaka Demus & Pliers…). Deux ans plus tard, Universal Tribute to Gregory Isaacs atteint les bacs. Le duo fait un hommage à l’un des plus grands chanteurs de l’histoire des musiques jamaïcaines, qui vient alors tout juste de nous quitter, en reprenant dix-huit titres de sa si belle discographie. Les autrichiens de House of Riddim se chargent de quatorze des instrumentaux du projet. Suga Roy et Conrad Crystal sont aujourd’hui de retour avec The Kings Book, un album de roots reggae moderne, produit par Fire Ball et Oneness Records. Chaque chanson est un chapitre de ce livre musical, inspiré de la vie et de leurs expériences personnelles. L’enregistrement a démarré en 2012, lorsqu’ils étaient en Allemagne. Ils ont contacté Morry de Oneness Records, totalement conquis par ses instrumentaux, et lui ont ensuite proposé de faire un album ensemble. Une partie des chansons a donc été enregistrée en Allemagne et le reste en Jamaïque. Tous les instrumentaux ont été composés par Morry et joués par des musiciens européens. Quelques invités ont été sollicités, et pas des moindres : Gappy Ranks, Alborosie, Cocoa Tea, Natural Black et Maikal X. Malheureusement, la tournée française qui devait accompagner la sortie de ce nouvel album a été annulée… Il faudra attendre encore un peu avant d’apprécier le duo jamaïcain sur scène. Suga Roy et Conrad Crystal espèrent bien trouver très prochainement d’autres partenaires qui leur permettront de partager leurs vibrations en live !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

vendredi 17 juillet 2015

DJ Gil

Gilles Boulard, martiniquais de 34 ans, mieux connu sous le nom de DJ Gil, est l’une des figures emblématiques du reggae-dancehall antillais. DJ, compositeur, producteur, ingénieur du son, on lui doit des collaborations avec Paille, Kalash, Valley… et, depuis l’été dernier, un premier album, Just As I Am, 21 titres qu’il a composés, mixés et produits, dancehall, reggae, zouk… Un seul mot d’ordre : y réunir tout ce qu’il aime vraiment.
Gilles commence à animer des anniversaires et soirées entre amis vers l’âge de 16 ans. Environ trois ans plus tard, il opte pour le nom simple et efficace de DJ Gil. Il rencontre sur sa route DJ Jeff, très populaire à l’époque, qui lui propose de faire ses premières parties lors des Nostalgie Nights. Il part ensuite en Guadeloupe, puis à Toulouse, pour poursuivre ses études, tout en continuant son activité musicale. A son retour en Martinique, en 2003, il décroche une émission de radio spécialisée reggae/dancehall, sur Radio Liberté, qu’il anime pendant deux ans. C’est vers 2001 qu’il se met à la composition, grâce à la démocratisation de la musique assistée par ordinateur, n’ayant aucune formation musicale. Le premier titre commercialisé dont il est le compositeur est « Mové Tune Bay » de Paille et Byronn pour une compilation. On ne compte plus depuis le nombre d’artistes avec lesquels il a été amené à travailler, ni le nombre d’albums auxquels il a collaboré ! Le moment était venu de mettre ses talents à son propre service, c’est chose faite avec ce premier opus. Sorti sur le label Don’s Music de Don Miguel, Just As I Am est un projet très personnel, car il a souhaité que celui-ci lui corresponde parfaitement, au niveau des styles et des artistes sollicités. Certains connus, d’autres moins, des jeunes et des plus anciens, ils ont tous en commun de proposer un travail qu’affectionne particulièrement Gilles : Aidonia, Chico, Paille, Pompis, Valley, Lieutenant, Saïk, Politik Nai, G Whizz, Konshens, Ikaya, Wayne Wonder… Just As I Am est le juste reflet de l’univers musical de DJ Gil. La grande surprise de cette sortie a été l’engouement suscité par « La Choré du Sud » de Douks, qui, n’étant destiné qu’à être un petit interlude distrayant, d’à peine 1 min 45, a pourtant conquis le public à travers les générations. Pour la petite histoire, Douks avait l’habitude, depuis deux ou trois ans, d’entraîner le public avec lui dans ce petit délire en fin de soirée… Gilles lui a proposé de l’inclure sur son projet, sans se douter un seul instant du succès populaire qui en découlerait. Avec encore une vingtaine de morceaux en poche qui n’ont pas pu figurer sur ce premier opus, DJ Gil compte bien les sortir très bientôt. Il travaille aussi actuellement sur le prochain album de Paille… Authentique est DJ Gil, la musique reconnaissante…

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

mercredi 15 juillet 2015

MC Sanka

Après la sortie de Wanted Laboratory il y a un an, MC Sanka a déjà un nouvel EP en poche : Marre, en téléchargement depuis le 21 février.
Petit rappel : avant l’arrivée de son premier album Wanted Laboratory, MC Sanka avait déjà à son actif cinq street albums, qui lui ont permis de se faire la main : Derrière Le Mic (2005), Conscious Time (2006), Message (2007), Raggamuffin Soldat (2008) et Ça Avance (2010). Pour ce premier opus, la composition des riddims reggae, ragga, digital… avait été confiée à Dr Bud de Stone Faya. Une tournée promotionnelle d’une douzaine de dates, le Wanted LaboraTour, s’est déroulée l’été dernier, suivie par quelques concerts jusqu’à la fin de l’année, tout en travaillant assidûment sur le nouveau venu. Entre temps, le cinq titres Reggae Records vol.1 est sorti en mai 2014, dont trois avec MC Sanka. L’idée consistait à regrouper des artistes locaux sur des instrumentaux de Bief Orkester. On y retrouve également Young MC et Metisson. Un featuring de Straïka D avec nos trois chanteurs, « Donne-Leur Le Son », fait l’ouverture. Un volume 2 verra certainement le jour par la suite. Tous les titres qui composent l’EP Marre étaient déjà écrits depuis un bon moment. Le MC les avait gardés bien au chaud pendant la sortie de Wanted Laboratory et sa promotion. De quoi en a-t-il marre ? « Marre de voir les riches s'enrichir et les pauvres s'appauvrir, marre de toutes les inégalités, marre de la violence, marre des lobbys, marre d'entendre des mensonges venant de nos dirigeants, marre de voir des gens mourir de faim et de soif en 2015, alors que certains vivent dans l’opulence et l'abondance, marre de la finance, marre du capitalisme, du libéralisme, marre de la fraude fiscale, marre de l'exploitation humaine, marre du trafic d'armes… Marre ! » Il s’agit d’un projet reggae-ragga-hip-hop, engagé, puissant et original, disponible le 21 février en téléchargement légal sur les plateformes avec, simultanément, la diffusion du premier clip sur le titre éponyme. Celui-ci s’adresse aux dirigeants, aux patrons, à ceux à qui profite ce système, et MC Sanka ne garde pas sa langue dans sa poche ! Le second clip sera celui de « Plus de Love », qui clôture la lecture avec une bonne touche d’espoir. Un ou deux autres devraient encore arriver, notamment sur « Mauvaise Journée », qui raconte l’histoire fictive de la journée d’un musicien où rien ne se passe comme il faudrait. Les quatre premiers instrumentaux ont été composés par Buroclub, un ami de longue date de MC Sanka, et le dernier par Postiv Movement. Des shows en sound system sont prévus pour l’été. Les nouveaux projets ne manquent pas, surtout qu’une bonne partie des morceaux est déjà mis en boîte : un projet avec Dr Bud, un EP trois titres avec un autre beatmaker, un single avec le producteur dub Injahm, un EP avec Positiv Movement… MC Sanka en a peut-être marre, mais pas de faire de la musique !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

lundi 13 juillet 2015

The HandCart meets Tahiti

The HandCart Meets Tahiti représente la rencontre entre Tahiti et Marseille via Kingston. En avril 2014, le HandCart Band se rend à Tahiti, invité par Moana, le propriétaire de Blackstone Productions, et y rencontre de nombreux artistes locaux bourrés de talent. Le fruit de leur collaboration sortira en septembre.
Le HandCart Band est formé de Philippe Renart (batterie), Laurent « Al » Albertini (basse), Claude Fages (clavier), Johann Martin et Sébastien Kassapian (guitares), Jérémie Matteo et Valentin Halin (cuivres), Laurent Longubardo (ingénieur du son). Pour revenir rapidement sur le parcours du groupe, celui-ci est né en 2004 à l’occasion du Festival de la Paix à Aubagne dans le but d’accompagner sur scène Linval Thompson et Ras Shiloh. Al part ensuite en Jamaïque avec des riddims qu’ils ont composés. En 2007, le DST riddim sort sur une production de DJ Sunshine, réunissant des artistes jamaïcains en vue (Morgan Heritage, Junior Kelly, Fantan Mojah, Cecile, I Wayne, Chuck Fenda…). L’année suivante, plusieurs instrumentaux du HandCart se retrouvent sur des albums (Mission In Progress de Morgan Heritage, Stronger de Fantan Mojah…). Ils signent en édition avec Greensleeves. En 2009, le HandCart produit l’album de Linval Thompson, Ghetto Living, et l’accompagne en tournée européenne. 2010 marque la création du label The HandCart Market, afin de diffuser leur musique aux quatre coins du monde, et ils signent en distribution avec VP. Grâce à Music Action, le groupe ne cesse de tourner en Europe avec de grands noms, comme Linval Thompson, Mighty Diamonds, The Abyssinians, Pablo Moses, Dennis Alcapone… Pour cette année, deux projets sont en cours de réalisation : un album avec l’artiste anglais Young Lords et un album enregistré à Tahiti, avec des artistes polynésiens, intitulé The HandCart Meets Tahiti. Son histoire démarre en décembre 2013, quand Laurent part à Tahiti pour travailler sur l’album de Moana, alias Jansé Wesson. Il est impressionné par la quantité de chanteurs exceptionnels qui s’y trouvent et livre ses impressions à Al dès son retour. En avril 2014, Laurent et Al partent pour Tahiti finir l’album de Jansé Wesson, avec quantité de riddims dans leurs bagages. En quelques semaines, les pistes du projet The HandCart Meets Tahiti sont prêtes. Enregistré au studio Deep N High à Tahiti et mixé au studio Maraboo à Marseille, l’album a ensuite été masterisé par Translab à Paris. Le premier single, « Lost Island », de la jeune chanteuse Ashley, est sorti en novembre sur les ondes radio, accompagné d’un clip aux saveurs locales produit par Blackstone Productions. Le projet regroupe des artistes chantant en français, anglais et tahitien, pour répandre amour et messages conscients : Mimifé, Manahune, G-Natty, Doctor Lang, Torea, Jansé Wesson, Nilo Gima, Teriitua, Uratua, Didjelirium, GG Player… Blackstone Productions et The HandCart annoncent d’ores et déjà la troisième édition du concert solidarité United For Jamaica, le vendredi 16 octobre, au Royal Tahitien à Tahiti, avec Danakil, Yaniss Odua, Young Lords et les artistes de ce beau projet. D’autres clips sont également programmés d’ici sa sortie en septembre. Voilà qui promet un bel été !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

vendredi 10 juillet 2015

Daddy Clean

Présent dans le circuit depuis plus de dix ans, avec des projets réguliers sortis en CD, vinyle et téléchargement, le lillois Daddy Clean travaille actuellement sur son premier album. Son parcours en dit long sur sa persévérance.
« J’ai toujours été attiré par le chant, depuis ma plus tendre enfance. Je m’entraînais à chanter par-dessus les disques que j’écoutais ! En 2003, quand mon frère MC Sick m’a proposé de faire quelques essais sur des faces B de 45 tours, avec son acolyte Selecta Original, dans leur sound system naissant +2Vibes Sound, j’ai tout de suite été intéressé pour intégrer l’équipe ! J’ai commencé le chant avec le reggae, qui est vraiment mon domaine de prédilection. Mais mon style est très large, puisque j’écoute de tout : rock, hip-hop, chanson française, dancehall… Mon flow est un mélange de tout ça. Pour citer les artistes qui m’ont le plus influencé, je dirais en premier les Beatles, pour les mélodies et la créativité ; Peter Tosh, Bob Marley, Steel Pulse, pour leur côté musical et engagé ; Rockin Squat et Akhenaton, pour leurs textes profonds et sociaux ; et, en vrac, Les Ogres de Barback, Nirvana, Les Têtes Raides, Thiéfaine, Soundgarden, Björk… Je m’inspire de ma vie, de mes expériences, mes proches. J’aime parler des problèmes sociaux, du climat, de l’amour, des relations humaines… Des thèmes qui sont très souvent abordés dans le reggae. Mais j’aime aussi parler de choses plus personnelles et même parfois un peu ego-trip, c’est mon côté dancehall et clash ! Mon premier projet solo, le street album Comme Je Suis, a été réalisé en 2008 et enregistré dans un studio de la région lilloise, le studio C & P. C’était ma première expérience professionnelle dans la musique, avec des journées complètes d’enregistrement, de travail de mix et de mastering. Ensuite, il y a eu : 2 Façons, 1 Style en 2008, Défragmentation en 2009, Concrete Tape 1 en 2010, Daddy Clean & Yanneck B at Hungry Studio en 2012, En Version Originale et Concrete Tape 2 & 3 en 2013, et enfin Summer Tape l’année dernière. Tous ces projets ont servi d’entraînement à tous les niveaux, vocalement, mélodiquement… J’ai senti une progression à chaque sortie, me rapprochant peu à peu de mon propre style. Pour Concrete Tape 2 & 3, nous avons lancé une promotion proportionnelle à nos moyens (affiches, flyers, pub sur le Net, vidéo clips…). Grâce à cela, j’ai fait plus d’une cinquantaine de dates depuis sa sortie, accompagné par mon sound system de cœur, Holy Night sound. Pour la Summer Tape, le bilan est aussi positif, étant donné qu’elle n’a rien coûté ! C’est une compilation de titres sortis sur des projets à droite et à gauche, ainsi que quelques inédits, dont « Je Chante en Français ». Elle m’a permis d’avoir un peu d’actu musicale pour mes fans, qui attendaient de nouvelles choses depuis 2013. En ce moment, je travaille très dur sur l’album et j’ai déjà maquetté une trentaine de morceaux. J’espère pouvoir le sortir en 2016, si tout se passe bien. Je n’ai ni le titre, ni l’univers… Mais ce qui est sûr, c’est qu’il sera différent de tous mes précédents projets ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

mercredi 8 juillet 2015

Duke Production

Le label suisse Duke Production est né en 2012, à l’initiative de deux frères, qui jouent de la musique ensemble depuis toujours, et ont formé, quelques années plus tôt, The Giants. David et Yves Ducrey concrétisent ainsi leur souhait de sortir leurs propres productions, en toute liberté.
Les frères Duke commencent la musique vers l’âge de 6 ou 7 ans avec les cuivres, en suivant une formation académique. Ils jouent d’abord dans des orchestres locaux, puis avec des amis, et goûtent aussi à d’autres instruments (guitare, batterie…). C’est à leur famille qu’ils doivent leur passion pour la musique, écoutant de tout, en grande quantité, dès le plus jeune âge. Lorsqu’ils découvrent le reggae, ils ont immédiatement envie d’en jouer à leur tour. Les années et rencontres les amènent à rejoindre la section cuivre ou rythmique de groupes tels que Blindside, Bendabesuka, ZMO, The Rootsiders… Après toutes ces années d’aventures musicales en tout genre, ils montent à eux deux The Giants. Ils enregistrent « Jah Jah Come » avec Putus Roots des Mystic Revelation of Rastafari, qui les fait sérieusement envisager l’idée de monter leur propre label, afin de produire leurs sons et de promouvoir des artistes méconnus. Ce single sera, quelques mois plus tard, la première sortie de Duke Production. Leurs styles de prédilection ? Roots, early dancehall et dub. Le catalogue se complète peu à peu avec, à ce jour, deux vinyles, quatre singles et un dub en digital, un album de The Giants, ainsi qu’un dub mix sur l’album de Kenyatta Hill. Le duo a déjà eu l’occasion de travailler avec les voix de Putus Roots, Jahnett Tafari, Dooley, Ian Grant, et aussi les musiciens, Pascal Reuse, Olivier Magarotto, Manu Monnet, Amandine Posse et Mickaël Roux. Plusieurs productions sont en cours, le prochain single, « Farmer » de Putus Roots, sortira en vinyle accompagné d’une version dub. The Giants planchent sur de nouveaux riddims, un album, et des lives font aussi partie du plan… Les frères Duke sont armés !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

lundi 6 juillet 2015

Ruffi-Ann

Sharon Peterkin, celle qui se faisait appeler Lady Shabba, a pris un virage à 180° sous le nom de Ruffi-Ann, confirmé par l’album Save The Juvenile, produit par Dean Fraser. Après une décennie de dancehall ultra chaud, il était temps pour elle de tourner la page et de rejoindre le reggae conscient, cette fois-ci bien décidée à utiliser la musique pour véhiculer des messages engagés.
Au début des années 1990, Ruffi-Ann commence à fréquenter les sound systems et à écouter des cassettes, totalement conquise par le style de Shabba Ranks et Sister Nancy, qui ne seront pas pour rien dans la direction que prennent ses premiers pas dans la musique. Elle démarre avec le Black Magic Sound vers l’âge de 15 ans. En 1992, elle enregistre son premier morceau, « Stick To You Man », produit par Steely & Clevie, et monte aussi pour la première fois sur scène, au Dancehall Nice Again de Portmore. Lady Shabba fera beaucoup de hits dancehall, des plus suggestifs, dont « Ram Ram » et « Love You », qui lui valent une belle renommée, jusqu’en 1999, où la dancehall queen disparaît, laissant la place à Ruffi-Ann… La Jamaïcaine est fermement décidée à prendre un nouveau nom, plus à son image, et à arrêter l’impertinence, au profit de rythmes plus posés et de pensées plus réfléchies. Son propre vécu, et notamment son rôle de mère, lui ont donné envie de délivrer une musique positive et bienveillante. En 2010, la voilà enfin prête pour commencer à travailler sur le premier album signé Ruffi-Ann, et le résultat donne Save The Juvenile : un album roots-rock-reggae rempli de messages positifs et de préoccupations sociétales. Le titre d’ouverture, « Save The Juvenile », est d’abord sorti en 2009, atteignant les ondes des radios jamaïcaines, et offrant un avant-goût des aspirations actuelles de la chanteuse. Il a été coproduit avec le label Charmax Music de Max Romeo, qu’elle a rencontré à Greenwich Farm à Kingston, avant qu’il ne l’invite à son studio, où l’alchimie a immédiatement pris, les poussant à composer ensemble ce titre. Cela a suffi à lui faire mettre peu après en chantier ce premier opus. Produit par Dean Fraser, qu’on sait perfectionniste – et surtout être l’un des plus talentueux musiciens et producteurs de notre époque -, Save The Juvenile est sorti en janvier 2014 en Jamaïque, sur le label Canon Production, et est disponible en France depuis le 9 mars. Pour l’occasion, Ruffi-Ann a ajouté un duo inédit avec Bunny Wailer, « Baddest », pour compléter les seize autres titres coécrits avec son partenaire David Laing. Bonne nouvelle, Ruffi-Ann est de passage en France accompagnée du Fire One Band !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #41 - avril/mai 2015)

lundi 11 mai 2015

Summerjam Festival - La vie de palmier

Le Summerjam Festival fête cette année ses 30 ans d’existence ! Mérité pour un événement devenu incontournable en Europe qui réunit, chaque année, des milliers de passionnés de reggae dans son cadre idyllique de Fühlinger See, à Cologne, pendant trois jours, le premier week-end de juillet.

Contour Music a été créé par Klaus Maack à la fin des années 1970. Très vite, le reggae devient l’objet principal de son attention. C’est en rencontrant les représentants du label jamaïcain Synergy, en 1985, Ronny Burke, Tony Johnson et Copeland Forbes, que l’envie émerge d’organiser un festival reggae en Allemagne. L’idée est simple : amener les vibrations caribéennes dans son pays. A cette époque, le reggae représente une toute petite niche dans le business de la musique. La première édition a lieu le 5 juillet 1986 à Loreley Amphi Théâtre, sous le nom de Jamaica Reggae Sunsplash, avec, comme programmation, Black Uhuru, The Wailers, Dennis Brown, Gil Scott Heron, Manu Dibango et d’autres. 8500 personnes répondent présents, encore loin de se douter que cet événement sera le premier d’une longue série… Klaus pressent d’ores et déjà que le festival est fait pour durer. Mais comment aurait-il pu imaginer fêter un jour ses trente ans ! En 1988, il est rebaptisé Loreley Summer Jam. La programmation des débuts regroupe uniquement des artistes jamaïcains et quelques uns africains. Puisque la nouvelle génération locale s’intéresse aussi de très près à ce courant musical, tout en se l’appropriant à sa sauce, il invite rapidement des artistes allemands à se produire sur le site d’origine du festival, à Loreley, comme Gentleman, Seeed, Sebastian Sturm… à l’aube de la notoriété qu’on leur connaît désormais. L’idée se propage ensuite de la même manière pour les autres pays européens et, en quelques années, le festival devient un véritable carrefour multiculturel, où se rejoignent toutes les routes du reggae, enrichissant sa programmation avec les styles hybrides, qui ajoutent une pointe de dancehall, hip-hop, électro, soul… En 1994 et 1995, le festival déménage à l’aéroport de Wildenrath et il rejoint, l’année suivante, son site actuel, à Cologne. En trente ans, ce sont près de 600 groupes qui ont joué au Summerjam ! S’il fallait résumer son esprit, il serait juste de dire qu’il s’agit d’une plateforme dédiée à a la musique reggae, qui permet d’y découvrir des nouveaux talents, comme d’apprécier des pointures du genre, dans les meilleures conditions possibles, et dans une ambiance des plus chaleureuses. L’équipe essaie constamment de rester à l’écoute des nouvelles vagues venues de Jamaïque, sans oublier les piliers et fondateurs. Et, puisque ça fait maintenant trois décennies que ça dure, son histoire traverse les générations, sans compter les incroyables souvenirs laissés dans les mémoires de tous ceux qui ont eu la chance de vivre ce festival. L’année dernière, 28000 pass trois jours ont été écoulés ! Une quarantaine d’artistes sont annoncés pour la trentième édition qui se déroulera début juillet : Damian Marley, Patrice, SOJA, Protoje, Tarrus Riley, Beres Hammond, Steel Pulse, Danakil, Yaniss Odua… L’organisation, on la doit donc à l’équipe de Contour Music, composée actuellement de Klaus Maack (direction et programmation), Carlos Zarmutek (administration), Sandra Borchard (secrétariat et communication web) ainsi que Alan Covic (programmation). En plus de ce grand événement, Contour Music produit toute l’année des tournées d’artistes reggae dans le monde entier. Leur seul souhait pour l’avenir se résume en deux mots : l’amour et la paix… C’est dire comme ils nous veulent du bien… Longue vie au Summerjam !

Simba

Toutes les informations sur : http://www.summerjam.de

(pour Reggae Vibes Magazine #40 - février/mars 2015)

jeudi 7 mai 2015

Taiwan MC - Strictly Killer

Un an et demi après la sortie de Heavy This Year, Taiwan MC est armé d’un nouvel EP, Diskodub, toujours chez Chinese Man Records. Pour fêter les dix ans d’existence du label, l’écurie a fait le tour de l’Hexagone avec des concerts chargés en dynamite, ce qui n’a pas empêché le MC de trouver le temps de préparer un cocktail musical aussi dévastateur que le précédent !

Comment se passe ton aventure avec l’équipe de Chinese Man ?
C’est vraiment agréable de travailler avec un label indépendant qui te laisse une grande part de créativité et te soutient dans tes choix, bien qu’ils soient certainement différents de ce qu’attendrait une major. C’était vraiment un honneur de faire partie de cette tournée incroyable pour les dix ans : on a joué dans les plus grandes salles et festivals en France ! Une expérience inoubliable. Beaucoup trop de folie épique pour résumer toute cette année en une seule phrase ! (rires)

Te voilà de retour avec un nouvel EP. Peux-tu nous présenter Diskodub ?
C’est mon second disque solo sur Chinese Man Records. Après Heavy This Year, qui était assez éclectique, ce nouveau projet est plus personnel, avec, pour fil conducteur, le reggae digital, hommage, entre autres, à Jammy’s, King Tubby, Bobby Digital… et également influencé par la funk et d’autres courants musicaux plus actuels.

Pourquoi avoir privilégié le format EP ?
Je préfère aller à l’essentiel, être satisfait de tous les morceaux : « No fillers, strictly killers ! ». (rires) Aussi, et surtout, parce que le projet initial était de sortir un maxi vinyle 45T pour avoir la meilleure qualité de pressage, et, de fait, limiter à trois ou quatre le nombre de morceaux par face.

Pourquoi l’avoir intitulé Diskodub ?
Quand j’ai fait le riddim qui est devenu « Diskodub », j’ai d’abord composé cette ligne de basse funky. Ensuite, j’ai rajouté le skank du synthé digital, posé sur une rythmique très minimaliste. Je me suis dit que c’était un mélange de styles plutôt intéressant. D’ailleurs, si on remonte dans le temps, dans les années 70 et 80, les producteurs de reggae jamaïcains ou anglais comme de funk/disco américains avaient tendance à utiliser les mêmes nouveautés, synthés, boîtes à rythmes et autres effets dub analogiques… C’est l’un des fils conducteurs de l’EP : l’interaction de plusieurs influences musicales, a priori définies comme étant de familles très différentes. L’orthographe, c’est parce qu’on est quand même très loin de l’univers musical que les gens associent habituellement au terme « disco » !

Diskodub a été produit et réalisé par Son Of A Pitch, avec qui tu avais déjà travaillé sur Heavy This Year. Qu’est-ce qui t’a poussé à lui confier ce projet ?
C'est avec lui que je travaille le plus souvent en studio. On a commencé à bosser ensemble il y a plus de cinq ans ! Il est arrangeur, beatmaker, musicien et DJ. Il est intervenu sur la composition, les enregistrements, c’est lui qui a fait le mixage de l’EP, et on fait aussi le live ensemble. C’est très intéressant et enrichissant de bosser avec lui.

On y trouve également des instrus de Dreadsquad et ManuDigital…
Sur ce disque, il y a un titre produit par Dreadsquad, qui est un producteur de reggae actuel que j’apprécie beaucoup. Manudigital a fait un wicked remix de « Blaze It Up » produit par Chinese Man, une dédicace à tous les « herboristes »…

Il paraît que tu t’es aussi mis à la composition…
C’est vrai, j’ai créé certains titres de ce nouvel EP. Ça faisait longtemps que je voulais sortir des instrus à moi. Là, c’était la bonne occasion !

A la différence de Heavy This Year qui accueillait de nombreux invités, on te retrouve cette fois en solo. Pourquoi ce choix ?
C’est à la fois une volonté et un hasard dicté par l’urgence. On a fait ce disque en même temps que la série de dates pour fêter les dix ans du label. On n’avait pas forcément autant de temps que pour le premier… Quand les morceaux étaient bien avancés et qu’on a commencé à penser à des featurings potentiels, on a vite réalisé que ça retarderait la sortie. C’était l‘occasion de faire mes preuves sur des titres entiers, avec couplets et refrains. Un exercice nouveau pour moi qui m’a vraiment fait avancer !

Depuis mi-septembre, Heavy This Year Remix est disponible sur le site du label en téléchargement gratuit. Qu’est-ce qui t’a donné envie de proposer une version remixée de l’intégralité de ce premier EP ?
Je souhaitais offrir des morceaux aux gens qui nous suivent, permettre à ceux d’Heavy This Year de circuler un peu sous d’autres formes, avec d’autres tempos. J’aime bien entendre des remixes de mes titres. On a beaucoup de gens dans notre entourage qui produisent et remixent, pourquoi ne pas mettre aussi leur travail en avant !

Quels styles ont donc été explorés pour les remixes ?
On a laissé libre cours à l’imagination des remixeurs : il y a Numa Crew, Jinx In Dub, Tom Fire, entre autres. On peut dire que c’est beaucoup le style bass music qui a été retenu, mais il y a de tout : ça va de la cumbia ultra dansante, au trap le plus dark en passant par la jungle oldschool ! Le mieux, c’est de l’écouter. Il est dispo en téléchargement libre sur le site du label et sur les différents réseaux sociaux.

Des concerts arrivent pour bientôt en France et en Europe. Que peux-tu nous en dire pour donner envie au public de venir te voir sur scène ?
Je dirais qu’il y a beaucoup de petites surprises en live. On essaie de faire des versions uniques des morceaux qu’on joue. Souvent, on en fait aussi des nouveaux, pour les tester, bien avant qu’ils ne sortent sur disque…

Quels sont tes projets pour 2015 ?
Plusieurs titres en téléchargement gratuit, de nombreuses collaborations, notamment sur le label de Son Of A Pitch, Audiolingus… Et un featuring pour le groupe de hip-hop Dirty Zoo, un autre pour un groupe de hip-hop instrumental français… Des concerts en France et en Europe, une tournée d’été avec Chinese Man, suivie de quelques mystérieuses dates parisiennes… Et, bien sûr, de nouveaux projets d’EP et d’album encore top secret !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #40 - février/mars 2015)

samedi 2 mai 2015

Païaka - Avec le sourire

A l’été 2012, deux ans après la naissance du groupe, Païaka faisait son entrée avec un premier EP intitulé Red, suivi, début 2014, par son remix, Redder Than Red, issu de leur rencontre avec The Dub Shepherds. Les huit musiciens de Païaka continuent sur leur lancée avec la sortie de l’album Alive Anyway, fruit de leur détermination collective et d’un travail soigné. Entrevue – très conviviale – avec la formation auvergnate.

Le 26 janvier sort votre premier album, Alive Anyway. Comment s’est déroulée sa réalisation ?
Red était plutôt un recueil des deux premières années du groupe et on parlait déjà, à ce moment-là, du disque suivant. On voulait que ce soit un album réfléchi et abouti, avec une vraie esthétique et une cohérence entre les morceaux. En 2012, on a donc commencé à travailler sur de nouveaux riddims, parallèlement à la tournée de Red. Les premières sessions de la maquette ont débuté en 2013, on en a fait plusieurs sur l’année pour faire mûrir les compositions et les arrangements. En décembre 2013, on a démarré les premières sessions et, début 2014, on est entrés en studio pour les prises rythmiques définitives. De février à juin, on a enregistré les claviers, guitares, cuivres et percussions additionnelles, les chœurs et les voix lead. Le mixage a eu lieu en juillet/août 2014, et on a travaillé sur le mastering en septembre. L’objectif était de prendre le temps pour faire les meilleurs choix à chaque étape. Pour nous, Alive Anyway est l’aboutissement de deux années de recherche et de création, aussi bien identitaire que musicale.

Le titre est plutôt positif. Quel était l’état d’esprit du groupe à la naissance de ce projet ?
Le titre est tiré de la cinquième chanson de l’album, « One Man Is Smiling », qui parle de la chaleur que peut transmettre un sourire, à la fois simple et inexplicable. C’est aussi une sorte de synthèse de tous les sujets évoqués dans cet album. Beaucoup parlent d’une quête d’identité, individuelle ou collective, et notre recherche musicale va aussi dans ce sens. Chacun contribue à un monde rempli de diversités, de merveilles mais aussi d’atrocités. A partir de là, nos textes, qu’ils soient légers ou graves, sont optimistes sur notre monde et sa capacité à réagir face aux défis qui lui sont lancés.

Comment s’est répartie la composition des titres entre les membres du groupe ?
Dans Païaka, on a un processus de composition vraiment collectif. Produire un morceau est quelque chose d’assez long, d’autant plus qu’il faut que chacun des huit musiciens s’y retrouvent ! En période de création, il y a beaucoup de débats et d’argumentation, chacun se permet de donner son avis sur la partie des autres. On a toujours fonctionné ainsi, ce qui nous a appris à communiquer sainement et contribué à souder le groupe.

Où et avec qui a été enregistré l’album ?
Il a été enregistré à Improve Tone Studios, dans la campagne auvergnate. On connaissait bien les lieux, puisque c’est là qu’on a enregistré notre premier EP ! Le studio a été créé quasiment en même temps que le groupe. Il évolue au même rythme que nous et la relation avec le gérant est vraiment bonne. Pour les prises et le mixage, nous avons travaillé avec Antoine Aubert, notre ingénieur du son, qui a fait un boulot remarquable du début à la fin. Sur les prises, nous avons eu l’appui et l’expérience de Stéphane Blaëss (Fela Kuti, No More Babylon…).

Le premier extrait, « Like A Candle », est disponible en single et en clip depuis le 24 novembre. Que raconte ce morceau ? Pourquoi ce choix d’un clip réalisé en plan-séquence ?
Notre vie, on la voit dans le prisme de la musique depuis deux ou trois ans maintenant, et peu importe ce qu’en disent les autres, les remarques, les critiques et les obstacles… Ce que nous voulons, c’est profiter de cette chance de pouvoir vivre de sa passion. Nous faisons beaucoup de sacrifices pour cela, passons beaucoup de temps sur les routes, en répétition, en résidence, en studio… Le temps passe très vite quand tu as ce rythme de vie, tu ne t’économises pas. Un peu comme une bougie : plus la flamme est belle, plus la mèche se consume. On assume ce choix et c’est ce qu’explique « Like A Candle ». En racontant l’histoire de la chanson à Alice, la réalisatrice, nous avons décidé de filmer le processus de création d’un morceau, de l’idée de départ jusqu’au concert. Le plan-séquence était évident. Pas de montage, pas de retouche ! Nous avons aimé soigner les détails, quitte à ne pas se simplifier la vie. Si tu regardes le clip, on change de vêtements à chaque scène, ce qui est une petite performance pour un plan-séquence !

Pourquoi avoir illustré la pochette de l’album avec le dessin d’une main colorée ?
Une main colorée… et ouverte ! On voulait mettre en image ce concept d’appartenance au monde vivant et à l’humanité. On a beaucoup discuté avec Lucie Auclair (artwork) et Quentin Pigeat (infographie) avant de les lancer sur le projet. Il y a eu un vrai travail d’équipe, d’échange et de réflexion.  Au final, cette main était une proposition de leur part, qui a tout de suite fait l’unanimité dans le groupe. Ils ont fait un super boulot sur cette pochette !

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Sur les arrangements live des nouveaux titres, pour que les morceaux soient percutants en concert. Nous allons aussi chercher à mettre en avant chacun des musiciens et profiter du projet dub Redder Than Red pour aller plus loin dans les effets. Nous entrons d’ailleurs bientôt en résidence pour finaliser ce boulot. Nous avons vraiment hâte de repartir en tournée ! Sinon, nous projetons de travailler sur un second clip. Il est aussi question d’un vinyle avec des remixes ou des versions dubs… Bien sûr, nous pensons déjà au prochain album, c’est plus fort que nous !

Le mot de la fin ?
Nous remercions tous les gens qui militent et défendent la culture, car beaucoup de choses changent en ce moment. En tant que moyen d’expression, elle est et sera toujours menacée. Nous remercions tous ceux qui s’intéressent, la défendent, la mettent en lumière, et qui vivent à travers elle. Big up à tous les lecteurs de Reggae Vibes !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #40 - février/mars 2015)