jeudi 10 avril 2014

Sebastian Sturm - Libre comme l'air

Le 5 novembre dernier est sorti le quatrième album de Sebastian Sturm. A Grand Day Out est le deuxième opus de l’allemand en compagnie d’Exile Airline, formation réunie autour du chanteur lors de l’enregistrement de Get Up And Get Going. Un coup de frais salutaire après la longue escapade colorée du Jin Jin Band…

Si on remonte encore les pendules, Sebastian Sturm se souvient que son premier groupe de reggae s’appelait Jogit Beat. Entrevue consacrée à ce Grand Day Out, tout en évoquant le long chemin parcouru depuis 1999.

Comment as-tu écrit ces 12 chansons et choisi le titre qui les rassemble ?
Tous les membres du groupe, moi y compris, adore le morceau « Grand Day Out ». Il représente vraiment notre style, c’était logique de le choisir comme titre pour l’album. Beaucoup d’idées de chansons sont anciennes : « One Step Onto The Train » et même « Grand Day Out » existent depuis longtemps, mais dans une version différente. Certaines, comme « Sand In Their Machinery », « Don’t Learn », « Wasteland » ou « Vision », ont été composées et arrangées par l’ensemble du groupe pendant nos répétitions. Toutes sont jouées par Exile Airline, enregistrées et produites par Samuel Clayton Jr et Stephen Stewart, elles ont ce son sympa et doux que nous amenons à vos oreilles…

Quand et où l’avez-vous enregistré ? Y a-t-il des anecdotes qui te viennent à l’esprit ?
Nous avons enregistré l’album en douze jours, au mois de mai, à Blankenheim, en Allemagne. Nous avons loué une maison dans la campagne et l’avons transformée en studio. Samuel Clayton Jr et Stephen Stewart, nos deux producteurs jamaïcains, ont apporté la majorité du matériel d’enregistrement. Nous avons amené nos instruments, nos sacs de couchage et de la nourriture pour douze jours. Si la maison était très confortable, le temps n’était pas tellement agréable, il a fallu un moment pour que les Jamaïcains puissent s’habituer au froid ! Rester, pour deux semaines, tous ensemble, dans cette maison de campagne, donnait l’impression d’une excursion scolaire. Ce n’était pas que l’enregistrement, mais aussi partager et apprécier ensemble. Un excellent moment ! C’était une nouvelle expérience pour tous. En particulier Sam et Stephen, qui n’avaient jamais enregistré dans de telles conditions, ce qui crée vraiment une atmosphère particulière. Quand tu travailles en étant si proche, tu partages toutes les vibrations et tu as de grande chance d’attraper le bon moment, le bon feeling… C’est la philosophie que nous avons suivie. Après ces deux semaines, Sam et Stephen sont partis pour Kingston et ont mixé l’album au studio Harry J. Chris et moi les avons rejoints une semaine plus tard. C’était un voyage époustouflant au cœur du berceau du reggae. Quand je suis entré pour la première fois en studio, j’ai pu sentir l’énergie de toutes les légendes qui ont enregistré dans cette pièce, c’était incroyable ! Cette semaine était pleine d’histoires hallucinantes, comme tu peux l’imaginer… Pour ceux qui auraient envie d’en savoir plus, allez voir les vidéos des coulisses de l’album sur notre site www.sebastian-sturm.com

La première chanson est « Right To Remain Silent » feat. Harrison Stafford. Comment l’as-tu invité sur ce morceau ?
Je lui ai juste demandé et il a répondu : « Oui, bien sûr, envoie-moi la chanson, Sebastian ! ». Nous avons joué beaucoup de concerts avec Groundation ces dernières années. Depuis la première tournée, il y a toujours eu une super vibe entre les deux groupes. Nous sommes très fiers et reconnaissants d’avoir Harrison sur l’album !

Albert Minott te rejoint sur « More Music ». Comment s’est passée cette autre collaboration ?
C’était une super session d’enregistrement au studio Harry J. Albert est cool et c’est facile de travailler avec lui. Au début, il a écouté la chanson plusieurs fois en boucle, pendant que j’écrivais les paroles. Stephen lui a donné de petites idées et Albert a fait ce qu’il fait si bien depuis tant d’années ! C’était une super expérience pour nous tous, définitivement le point culminant de toute la production de l’album. Je me souviens la toute première fois où nous avons montré, à Sam et Stephen, la pré-production de « More Music ». Ils ont immédiatement aimé la vibration de la chanson et ils ont eu l’idée de demander à Albert de la compléter avec son extraordinaire voix. Ils ont tenu ce qu’ils ont promis et l’ont rendue possible. Je les en remercie.

Pourquoi avoir changé de backing band après One Moment In Peace ?
J’ai adoré le Jin Jin Band et tourner avec eux. Nous avons eu de grands et bons moments ensemble. Mais, après cinq années de tournée, deux albums, le feu et le fun n’étaient plus au rendez-vous pour moi… J’ai su que, si je ne changeais pas quelque chose, le troisième album allait être ennuyeux et, peut-être, une répétition de One Moment In Peace. Donc, je l’ai annulé. Après, j’ai demandé à Philip Breidenbach s’il pouvait envisager de produire un album avec moi. Il était partant et nous avons fait Get Up And Get Going !

Qui sont les musiciens de Exile Airline ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Exile Airline, c’est Moses Christoph qui chante les chœurs, joue les percussions et la guitare rythmique. Depuis 2008, nous jouons et chantons ensemble, il est même devenu l’un de mes meilleurs amis ! Il y a aussi Philip Breidenbach qui joue la guitare lead et fait aussi les chœurs. Son colocataire et ami d’enfance est Samuel Reissen, qui joue la batterie. La première fois que je l’ai vu avec Moses à une session scène ouverte à Aachen, ils jammaient ensemble et c’était incroyable. Au moment de Get Up And Get Going, nous avons demandé à Samuel de rejoindre le groupe. Ensuite, il y a Joonas Lorenz qui joue claviers et orgues. Il m’a totalement convaincu en le voyant évoluer avec un groupe de reprises des Beatles qui s’appelle Ringo ! La manière dont il jouait de l’orgue était réellement spéciale et exceptionnelle. Depuis la première répétition, j’étais sûr que ce frère pourrait faire progresser le projet, notamment sur scène. Jooni est notre arme secrète ! Pour finir, il y a Christian Golz à la basse, le réel moteur d’Exile Airline. Ce groupe ne pourrait pas exister sans lui !

Sais-tu combien de concerts tu as fait depuis le début ?
Bomboclaat, j’ai arrêté de compter ! Je suis fier de pouvoir dire que j’ai beaucoup joué et j’espère encore beaucoup jouer. Je suis accro à la scène !

Aimes-tu jouer en France ?
Absolument ! Nous adorons et avons hâte d’y revenir au plus vite.

Pour finir, quelle est la chose la plus importante dans la vie, selon toi ?
La liberté !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

mardi 8 avril 2014

Paiaka meets The Dub Shepherds

Deux ans après l’enregistrement de l’EP Red, Païaka a confié les pistes qui le composent à des amis proches, The Dub Shepherds, membres du collectif Flower Coast. Redder Than Red en est le résultat.
Avant même que Red ne voit le jour, le groupe clermontois songeait déjà à pousser plus loin et à goûter l’expérience dub. Sorti à l’été 2012, l’EP a eu tout le loisir de tourner et Païaka d’en partager les titres sur scène. Ce n’est qu’un an plus tard que le duo The Dub Shepherds a commencé à mixer ces versions, entre leur propre home studio et le studio Improve Tone, où a déjà été enregistré l’original. « Nous avons totalement laissé le champ libre au duo, connaissant leur talent, leurs influences et leur maîtrise du dub. Nous leur avons laissé les pistes et les clés des morceaux, nous avons seulement réagi aux versions quasi finales qu'ils nous ont fait écouter. Nous voulions laisser la partie dubwise entre leurs mains. Ce projet est clairement une collaboration artistique. Ce n'est pas seulement Païaka remixé, mais vraiment la rencontre entre Païaka et The Dub Shepherds. » Rendez-vous sur les plateformes de téléchargement légal, le 17 février, pour en découvrir toutes les dimensions. A cette occasion, Red connaît une nouvelle sortie nationale dans les bacs et le groupe pense à un vinyl qui regrouperait les deux projets. Aussi, Païaka vient tout juste de rentrer en studio pour l’enregistrement du premier album, dont la sortie est annoncée pour l’automne 2014, avec certainement un aperçu de quelques titres cet été. « Au programme, du roots, du reggae et beaucoup d’énergie ! » Quant à The Dub Shepherds, leur premier album, First Harvest, est déjà dans la boîte et sera disponible au printemps. En parallèle de la sortie de Redder Than Red et de la préparation de l’album, Païaka sera en tournée sur notre territoire dans les prochaines semaines, et même dans toute l’Europe, l’été prochain. Pas de repos pour les braves !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

dimanche 6 avril 2014

Spirit'S

Réunis dans l’envie de rendre hommage à l’âme du roots, les sept musiciens qui composent Spirit’S se sont rapprochés grâce à William aka Will Wistik et se font un plaisir de présenter le fruit de leur alliance, l’EP Run The Track.
Damien, Ben, Etienne, Christophe, Woody, Kyff, Virgile et Will sont issus d’autres formations de Bourgogne, variées dans les genres : Unitone et THS (reggae), Sing All (gospel), Bambossa (bossa nova), La A Team (hip-hop), Kélé Kélé (afrobeat)… A l’image de ces multiples expériences, leurs influences sont éclectiques et colorées. Le groupe a trouvé sa véritable alchimie dans sa composition actuelle, qui existe depuis environ trois ans, mais avait déjà sorti un premier EP 4 titres, intitulé Still Stand, en 2008. Depuis fin novembre, Run The Track est disponible, aperçu en six titres de leur identité musicale. « Nous souhaitons faire de la bonne musique, aller à la rencontre du public pour partager notre énergie et des thèmes qui nous tiennent à cœur, en France, en Europe et, pourquoi pas, dans le monde. En un mot : aller toujours plus loin pour transmettre un message fraternel et unificateur. Ce nouveau CD est chargé de vibrations positives, tant par le côté revendicateur que par le côté musical. Il vous embarque vers la Jamaïque, en passant par la France et le Portugal, dans une ambiance reggae roots, lover’s, reggae soul, new roots et dancehall… Un véritable cocktail de cultures, chargé de groove et d'harmonies ! » Il est possible de se le procurer sur toutes les plateformes de téléchargement, dans leurs locaux de répétition La S.T.A., à l'association Rézo' Fet' Art et, pour un envoi à domicile, en format digipack, sur Internet via leur boutique en ligne… Avec Run The Track, Spirit’S est paré comme il se doit pour arpenter les routes, avant de proposer un premier long format.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

vendredi 4 avril 2014

Mardjenal

Issu d’une famille de musiciens, Mardjenal consacre son adolescence au sport avant de s’orienter résolument dans la voie musicale. Le 31 octobre est sorti son premier projet, Smile, en téléchargement gratuit sur la Toile.
Il choisit ce pseudonyme, qui joue avec le diminutif de son prénom, pour son sens décalé, révolté contre le système, la politique, l’école, le commerce… et fonde Mardjenal Syndicate, pour développer sa musique dans les meilleures conditions. Touché par tous les styles, il reconnaît pouvoir écouter Bob Marley et enchaîner sur Kendrick Lamar, Jay-Z, puis Randy Valentine. Pour ce premier rendu, Smile, Mardjenal a fait appel au talent de Fatbabs, Surgeon et d’autres producteurs pour concocter les parfaites instrumentales sur lesquelles poser ses textes. Et ceci avec le renfort de deux musiciens de Mardjenal Syndicate pour le mastering, Tic pour le graphisme, On The Roots, Faya Burn Productions, Gibbs Family, mais aussi Shabrak Sound, Jamsound Prod et Good Stuff pour les soirées de lancement de Smile à Paris et à Annecy, où il réside. C’est en mars 2010 qu’il monte pour la première fois sur scène. Depuis, plus d’une centaine de dates se sont ajoutées au compteur, dont de belles premières parties, comme Protoje & The Indiggnation. Pour l’accompagner, Robi à la batterie, Vince aux claviers, Steph à la guitare et Marlon à la basse. Après avoir collaboré avec de nombreux sound systems, Vince, du Supanova Sound, le suit à ce jour lorsque les platines tournent. Mardjenal n’a qu’une envie : faire découvrir Smile chez soi comme sur scène, le compléter par quelques clips… avant de proposer un projet en collaboration avec Triba, partir écumer les scènes au printemps dans le cadre de la tournée Dragon & Friends, roder sa combinaison avec le pyromane et Straika D, expérience qui sera d’ailleurs renouvelée à l’occasion du volume 2… A vos claviers… et avec le sourire !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

mercredi 2 avril 2014

Undisputed Records

Des nouvelles dans ces colonnes du label français Undisputed Records, qui continue de cumuler les projets de qualité, avec la sortie imminente de Reggae Loves Soul.
Le petit bijou que réserve Undisputed Records pour le 3 février, Reggae Loves Soul, est une compilation de reprises de classiques soul en version reggae. En substance, la saveur paraît plaisante : des chansons enivrantes qui ne craignent pas l’épreuve du temps, sur lesquelles sont conviées des pointures du reggae. Pour ce projet coup de cœur, Inity a fait appel au compositeur Brimstone, partageant la même longueur d’onde musicale en toute circonstance, pour sélectionner et prendre le temps de travailler les pistes sur lesquelles accueillir les belles voix, qui leur sont venues à l’esprit avec évidence : Glen Washington, Skarra Mucci, Chezidek, Hopeton James, Ranking Joe, Turbulence… sans négliger la gent féminine, autour de Diana Rutherford, Marina P… Parmi les classiques en question figurent, entre autres, « Sunny », « Just My Imagination », « If Loving You is Wrong », « I Wish I Were That Girl »… Aussi, le 19 décembre dernier, est sorti sur le label l’EP 6 titres du Jamaïcain Mitch, intitulé Letters From Kingston, à l’issue d’une affection musicale comme humaine qui dure depuis plusieurs années. Ancien membre du groupe ARP, après bon nombre de singles et un premier album solo produit par Sly & Robbie, Mitch présente ce nouvel EP, disponible sur les plateformes de téléchargement, avec les clips de « Return Of The Mack » et « Promised Land ». Undisputed Record devrait être bien occupé cette année, travaillant à la préparation de l’opus de Jazzomatix, d’un one riddim album et d’une compilation d’envergure pour fêter les 5 ans du label… Pour l’instant, on file sur la Toile récupérer Letters From Kingston, en patientant sagement jusqu’au premier lundi de février pour savourer Reggae Loves Soul.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

lundi 31 mars 2014

I-Mast

Originaire de Commercy dans la Meuse, I-Mast propose aujourd’hui son premier album, Garde Espoir, après une année d’enregistrement au studio Austrasia avec Nicolas Gardel, producteur de l’album, et en partenariat avec l’association Troglozik.
En 2005, Jonathan Van Den Bliek, chanteur et batteur, et Etienne Jeandinot, son cousin et bassiste, trouvent une remarquable alchimie avec Vincent Lombard, guitariste, Baptiste Dupont, claviers, et Stéphane Odinot, effets et samples, chacun ayant exercé, jusque-là, dans des groupes à l’esthétique majoritairement rock. Le déclic de composer ensemble une musique positive, fédératrice et accessible leur vient lors d’un concert de reggae. Ils enregistrent, en 2008, l’EP 6 titres Babylone, première expérience de studio et premier support pour présenter le groupe au public et aux professionnels. Le 5 octobre dernier est sorti l’album Garde Espoir, qui réunit 12 titres, dont la version dub de « Riddim Acoustique » et un featuring avec le chanteur de Tidacoustyk, « Dancehall ». Dans la même lignée que Babylone, encore plus soigné au niveau des textes et des sonorités, Garde Espoir reflète leur style et la vision du monde qu’ils véhiculent, celle d’avoir la force de toujours y croire, au travers de thèmes variés, marqués par les rythmes et les valeurs inhérentes au roots reggae, tout en incorporant leur touche personnelle, au détour de solos de guitare ou de sonorités hip-hop, ska… Le premier clip « Sans Larmes Et Sans Peine » a été réalisé par Justine Claussin et Gaétan Nobilet. Avec plus d’une centaine de dates à leur agenda, cette année devrait permette à I-Mast de jouer Garde Espoir sur de plus en plus de scènes.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

samedi 29 mars 2014

Lexy

Il était écrit que Lexy, de son vrai nom Alexandra Beausir, ferait de la musique… Elle y est initiée par son père, artiste musicien, et par son frère Bruno, plus connu sous le nom de Doc Gynéco. La chanteuse, d’origine guadeloupéenne, présente son premier single, « Make Me Feel ».
Dès l’âge de 12 ans, Lexy enregistre des chansons écrites par son père et travaille sa voix avec assiduité pour en explorer toutes les possibilités. Elle intégre des chorales gospel et devient chanteuse lead. Grâce à son talent, elle se fait rapidement remarquée et est sollicitée pour jouer lors d’évènements culturels ou de piano bars, puis pour faire les chœurs d’artistes jamaïcains comme Jah Thunder… Les occasions se multiplient, et, de fil en aiguille, Lexy se retrouve à partager la scène avec des noms de plus en plus reconnus (Luciano, Jimmy Cliff, Sanchez, Marcia Griffith, Sizzla…). Aujourd’hui, enrichie par toutes ces expériences, Lexy a décidé de prendre son envol, puisqu’elle compose et écrit ses propres textes. Son premier single, « Make Me Feel », est sorti sur le label Alizées Records et le King Riddim produit par Christopher Birch. Même si le reggae-dancehall reste son style de prédilection, elle compte bien mélanger les genres et affectionne également de se poser sur du R&B, de la soul et du blues. Sentimentale dans l’âme, ses textes parlent essentiellement d’amour, bien sûr, mais aussi de la vie, de faits de société ou de politique. Lexy sera accompagnée du Firehouse Crew sur certaines prochaines dates. D’ailleurs, ce sont les musiciens du band qui ont commencé à lui donner ce diminutif, qu’elle a trouvé parfait pour son projet solo. Des titres sont à paraître sur plusieurs compilations reggae, avant la sortie d’un maxi 5 pistes, qui en dira davantage sur ses envies musicales et son univers. Lexy a bien l’intention de nous faire découvrir, au fur et à mesure, ses nombreuses facettes. On est prêt.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

jeudi 27 mars 2014

Lek Sen

Lëk Sèn est déjà de retour avec un nouvel opus, Hope Inna Afreeka, projet musical doublé d’une perspective humanitaire et éducative. Il y a tout juste un an, sortait Tomorrow, son second album, autant reggae que musiques du monde, produit par Chapter Two/Wagram.
Avec Hope Inna Afreeka, c’est un rêve de gosse qui débute pour Lëk Sèn : la totalité des fonds reçus avec cet album seront versés pour la création d’une école de musique pour les enfants de son village natal, Ngor, au Sénégal. L’association Jahsen Creation a été fondée spécialement pour cette sortie, tant le projet lui tient à cœur. Enregistré au studio Happy Face Records à Paris, Hope Inna Afreeka a vu le jour en deux temps, avec la sortie, le 5 novembre, du maxi 4 titres, suivie, le 3 décembre, par l’album complet, tous deux en version digitale. Il reflète ses origines africaines, avec un style qu’il qualifie d’ « urban blues », mélange de blues africain et de musiques modernes (reggae, dancehall, hip-hop…). Sa voix éraillée et son timbre unique habillent agréablement et logiquement, dans les diverses langues qu’il maîtrise, les thèmes de l’éducation, l’éveil des enfants, la nécessité de prise de conscience, la fierté d’être africain, et aussi la manière, tout à fait personnelle, dont il conçoit sa musique. Depuis son premier album, Burn, sorti chez Makasound en octobre 2010 et plébiscité par la scène musiques du monde, le chanteur sénégalais installé à Paris montre qu’il sait allier les genres et qu’il est prêt à repousser toutes les limites, avec ce goût d’écrire, de jouer et d’enregistrer, qui l’anime continuellement. Sur ce dernier album, Lëk Sèn est auteur, compositeur, réalisateur et assure chant, guitare, basse, calebasse… Il s’est entouré de tous les musiciens nécessaires pour lui faire prendre forme : Magou Samb et Adrien Bielher (guitares), Makeda et Young Reg (chœurs), Blondin (basse), Ousmane Kalil Kouyate (kora), Lamine N’Diaye (djembe, chœurs), Avelino Quilez (guitare, chœurs) et Yvo Abadi (percussions). Maintenant que Hope Inna Afreeka est disponible, souhaitons que le rêve de Lëk Sèn devienne réalité, tout comme ceux des jeunes sénégalais de Ngor… Le Hope Inna Afreeka Tour démarre dès février sur les routes.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

mardi 25 mars 2014

Terry Bible

Cinq ans après le street album Zot Ja Sav, Terry Bible présente son premier opus, Large Up, sorti sur le label Greatest Friends, le 5 décembre dernier.
Actif dans le milieu sound system depuis une bonne dizaine d’années, Terry Bible a eu tout le loisir de propager ses vibrations reggae hip-hop, conscientes et réelles, en prenant le micro aux quatre coins de la France et en Europe et avec la diffusion du street album Zot Ja Sav, sur support, puis gratuitement sur Internet, ou encore son apparition sur les compilations KingStone Effect… Avec Large Up, Terry Bible souhaite apporter un message positif, énergique et plein d’espoir. Douze pistes sont réunies sous ce titre, à l’image de la force considérable que génère l’unité. Les compositions sont signées par Highbandi, ami de longue date, lui aussi originaire des Yvelines, qui, même s’il a plutôt l’habitude de travailler sur des productions hip-hop ou électro, ne se prive pas de reggae, et a apporté, à chaque morceau, des touches de musiques actuelles. Les prises de voix ont été faites dans son studio, pour ensuite laisser Rudy Nguyen, du label Greatest Friends, mixer et masteriser le tout. On y retrouve de nouvelles combinaisons en compagnie d’amis avec qui le chanteur apprécie toujours de partager le micro ou la scène : Mota Favela sur « Ne Baisse Jamais Les Bras », dont le clip a servi, quelques mois plus tôt, à annoncer l’arrivée de l’album, Rojah B sur « Reality », ainsi que le chanteur italien El Bombasin sur « Speculazion », et, surtout, Jah Mason sur « Can’t Fight The Music ». Puisqu’ils ont eu plusieurs occasions de se rencontrer au fil des années, Jah Mason était plus que ravi de poser sur ce titre, soutenir l’artiste et le projet. Quant aux visuels, ils ont été réalisés par Mena Kely du collectif Reno Reyns. Large Up est disponible en édition limitée, pressé à 1000 exemplaires, chez Patate Records et quelques magasins spécialisés, et est également téléchargeable sur toutes les plateformes, au prix symbolique, et accessible à tous, de 5 euros ! D’autres clips ne tarderont pas à tourner sur la Toile. A l’aube de la trentaine, Terry Bible a quitté Saint-Quentin-en-Yvelines et rejoint la Suède, ce qui n’empêche pas l’organisation du Large Up Tour, dès février, dans tout l’Hexagone et chez nos voisins limitrophes. Be there !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #34 - février/mars 2014)

jeudi 13 mars 2014

Tairo - Ainsi Soit-Il (Polydor) / Choeurs et Ame (Up Music)

A l’écoute des sons qui jalonnent le parcours de Taïro, il ne fait aucun doute que celui-ci possède la capacité de passer d’un style à un autre avec maîtrise. En 2007, alors que cela fait déjà plus d’une décennie qu’il gravite dans le milieu musical, laissant son flow par-ci par-là, sur des projets qui ne passent pas inaperçus, une vingtaine de singles et featurings, au son ragga-hip-hop, sont regroupés sur la Street Tape. Deux volumes dans le même esprit lui succéderont en 2011 et 2012, élargissant les horizons sans la moindre panne d’inspiration. Entre temps, début 2009, son premier album solo, Chœurs et Ame, permet de le retrouver dans un registre reggae, aux sujets plutôt personnels et réfléchis…
Ainsi Soit-Il est un nouveau chapitre, bien plus large, inclassable dans un genre, qui éclaire d’autres facettes. Les instrumentales sont très variées, et, de ce fait, dans sa globalité, c’est l’album de Taïro le plus abordable pour toutes les oreilles. Si le tempo reggae n’est pas toujours adopté, force est de reconnaître qu’avec un tel opus l’empreinte vocale de Taïro, à laquelle il est si difficile de résister, gagne une très large audience, et qu’à sa manière, le résultat est réussi. Au menu : des chansons rythmées sur la vie (« Je m’en Fous », « Aime La Vie » feat. Youssoupha…), l’amour (« J’étais Prêt », « Elle Va Me Tuer »…), la séduction (« Dilemme », « Tu Me Donnes Chaud »…), l’herbe (« High Grade », « Bonne Weed »…) et un soupçon de thèmes sensés (« Justice », « FS 92 » - sur les traces de « Bout De Métal » de Dar-K…). C’est une affaire de goût mais, dans tous les cas, la voix de Taïro fait son effet !
Profitons-en pour revenir sur Chœurs et Ame, sorti il y a cinq ans. Avec « Je ne t’aime plus », « Si j’avais pas connu cette fille », ou encore « Jamais Eu », ce sont des chansons d’amour intemporelles, dont les mots ont de quoi faire écho à quiconque, que délivre Taïro. D’autres textes ne manquent pas de profondeur et de réflexion, « Je Taille », « Trouve Les Mots » feat. Tarik, « On Se Fait Du Mal » feat. Kery James… Tous sont doués de sens et de subtilité, posés sur des rythmes reggae/hip-hop qui en font émerger l’authenticité. L’âme y est explorée avec une certaine émotion et humanité, qui donne à l’ensemble une atmosphère touchante et vraie. Puisque tous les ingrédients se marient harmonieusement dans cette vibration, il y a de quoi apprécié que le chanteur y ait consacré quelques efforts.
Finalement, Ainsi Soit-Il est tout indiqué pour s’offrir un moment de distraction en tout genre, Chœurs et Ame est à prescrire pour s’engouffrer dans les émotions humaines, et les trois street albums sont eux des livres ouverts, faisant place aux fruits de bonnes rencontres, aussi prolifiques qu’agréables. Voilà qui laisse tout le loisir à chacun de prendre dans la discographie de Taïro ce qui lui plaît en fonction du moment !

Simba

Tracklist « Ainsi Soit-Il » :                              
01. Je m’en fous                                             
02. Aime la vie feat. Youssoupha                     
03. Dilemme                                                   
04. Love love love                                           
05. Justice                                                      
06. Elle va me tuer                                          
07. J’étais prêt                                               
08. High Grade                                                
09. Bébé toute seule                                        
10. Tu me donnes chaud                                  
11. La roue tourne feat. Kalash                        
12. FS 92                                                        
13. Mélodie feat. Merlot                                  
14. Ainsi soit-il
15. Bonus Track : Bonne weed

Tracklist « Chœurs et Ame » :
01. Je ne t’aime plus
02. Je taille
03. Si j’avais pas connu cette fille
04. L’animal geint
05. Jusqu’au bout
06. Trouve les mots feat. Tarik
07. On s’fait du mal feat. Kery James
08. Dis-moi ce que tu décides
09. Jamais eu
10. Dans cette ville feat. Sandra Nkake
11. Mama
12. Elle vit
13. Bonus Track : Jamais eu (version soul)