mardi 16 août 2016

Jah Legacy - Time Is Now (Khanti Records)

Nouvel effort de Jah Legacy, sorti sur le label qui continue de grossir Khanti Records (The Banyans, I & I Livity, Wyman Low & The Ravers…), Time is Now est une belle réussite, disponible dans les bacs depuis le 29 avril. De toute évidence, le moment était effectivement venu pour les musiciens de St. Raphaël de mettre en boîte le fruit de leurs bonnes inspirations communes. Ces quatre-là se complètent bien. L’expérience acquise par les membres du groupe, notamment avec les quelques autoproductions qui sont nées tout au long de leur parcours, ainsi que celle de Khanti Records, leur permettent de proposer un album vraiment très abouti. Il confirme ce qu’on pressentait déjà avec l’EP Inner Revolution, sorti un an plus tôt. Le son de Jah Legacy est un mélange de roots, reggae, soul, blues, rock… guidé par le chant de Manu, sincère et authentique en toute circonstance. Autre richesse de leur musique, les compositions laissent la liberté aux instruments de sonner juste quand et comme il faut, développant ainsi plusieurs dimensions sur chaque morceau. Colorée et sincère, la dynamique de Time is Now offre un peu d’évasion, du titre éponyme en ouverture au bonus « Dub is Now », mixé par Tamal. « Rejoice » incite à chanter en chœur, tout comme « Riddim Easy »… « Inside You » ouvre sur une atmosphère intimiste, l’acoustique « I Miss U » touche les cordes sensibles par l’émotion qu’elle procure… Bref, si vous n’avez pas encore écouté Time is Now, c’est le moment !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #48 - juin/juillet 2016)

vendredi 12 août 2016

Taj Weekes & Adowa - Love Herb & Reggae (Jatta Records)

Ceux qui connaissent les précédents albums de Taj Weekes & Adowa savent qu’ils détiennent la potion magique d’une musique apaisante et enivrante qui fait du bien à l’âme. Taj Weekes a une voix reconnaissable entre mille, d’une pureté et d’une douceur saisissante, dont l’empreinte singulière reste instantanément en mémoire. Comme une caresse du bout des doigts, on tombe sous le charme de cet univers d’amour et de paix qui repousse au loin tout parasite. Disponible depuis le 15 avril, Love Herb & Reggae est le 5ème album des musiciens originaires de Sainte Lucie, toujours chez Jatta Records, et distribué par VP. Le titre, qui revisite le célèbre adage « sex, drugs & rock n’ roll » aux couleurs vert-jaune-rouge, est exactement ce qui leur correspond et ce qui nous fait envie. Comment ne pas être tenté de pencher une oreille sur son contenu, assuré que leur recette mielleuse a encore été affinée depuis le précédent album studio, A Watterlogged Soul Kitchen. Et que demander de mieux que de l’amour, de la verdure et du reggae ! Les 14 pistes sont de toute beauté, gardant une homogénéité globale, comme sur les autres opus, du son roots et des mots sensés qu’ils ont depuis leur début. La formule choisie par Taj Weekes est visiblement la bonne pour lui donner la meilleure inspiration. Love Herb & Reggae est tellement savoureux qu’on en redemande !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #48 - juin/juillet 2016)

lundi 8 août 2016

Perfect - Reggae Farm Work (Irie Ites Records)

Voilà un album qui devrait facilement faire l’unanimité et mettre tout le monde d’accord quant aux qualités que possède Perfect pour réveiller sa musique. Très productif depuis plus d’une dizaine d’années, Reggae Farm Work est le 9ème album du Jamaïcain, sans compter plusieurs centaines de singles enregistrés !  Pas besoin de tergiverser bien longtemps, une seule écoute de ce nouvel opus suffit à constater qu’il faut plus que les doigts d’une main pour compter les morceaux qui donnent la pêche et font instinctivement secouer la tête. Mis à part le titre d’ouverture, dont cet opus aurait pu se passer, les rythmiques, assurées d’ailleurs par des musiciens de talent (Roots Radics, Mafia & Fluxy, Judi K, Willy William, Green & Fresh…), maintiennent l’ambiance d’un bout à l’autre, pendant que Perfect vient titiller nos oreilles avec son flow solide et des textes qui échappent à la futilité - qu’on a le plaisir de retrouver dans le livret. Au choix : « River Jordan », « Never Will Forget Jah », « S.T.F.U. », « On My Corner », « A.S.A.P. » feat. Spectacular, « Marcus Fi Us »… Le final « Nobody Knows » s’offre même une rythmique dubstep du meilleur effet, ainsi placée. Giddimani Records et Irie Ites peuvent se féliciter du résultat, Reggae Farm Work mérite une belle mention !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #48 - juin/juillet 2016)

mercredi 3 août 2016

Imanytree

Originaire des Alpes, le chanteur et MC Imanytree a migré vers la capitale fin 2013 pour présenter aujourd’hui son premier EP, Stand Tall. Cette autoproduction à la saveur dub-stepper bien relevée est disponible depuis le 23 mars.
Imanytree a commencé la musique avec le violoncelle et le piano étant enfant. L’adolescence passe, il découvre le reggae, avec, notamment, des incontournables comme « Welcome To Jamrock » ou « Jah Jah City ». Vers 17 ans, il se met à chanter lorsqu’ils se réunissent entre amis autour d’une guitare. Il admet ne plus avoir lâché la vague jamaïcaine depuis et apprécier aussi bien le vieux roots que la scène actuelle et ses figures emblématiques, telles que Protoje ou Chronixx. Imanytree a fait ses premiers sound systems à Caen, il y a environ quatre ans. Il s’est ensuite fait remarquer à plusieurs reprises lors des Paris Dub Sessions, accompagné du Boom Boom Collective sound system. Les références à l’humanité et à la nature que laisse deviner son pseudonyme font allusion à une notion qui lui est chère : l’unité du vivant. Le premier projet abouti d’Imanytree s’intitule Stand Tall. Il s’agit d’un EP de 6 titres, complétés par une intro et un interlude, disponible sur les plateformes de téléchargement ainsi qu’en physique chez Patate Records. Plusieurs compositeurs ont été sollicités pour les instrumentaux : Injham, Tozer (Rootical Attack), Lion Station, Lootayard… Le clip du titre éponyme circule sur la Toile depuis le 20 novembre. « Stand Tall est le fruit de mon expérience en sound system. Il s’est construit au fil des rencontres qui ont eu lieu sur une année environ. Les riddims ont été soigneusement choisis et arrangés pour construire l’EP. Je suis très présent dans sa réalisation puisqu’il s’agit d’une autoproduction. D’ailleurs, j’ai créé moi-même le visuel de la pochette ! L’écriture a eu lieu vers novembre 2014 et l’enregistrement pendant l’été 2015. Les thèmes sont variés, l’inspiration peut venir aussi bien d’un fait divers que du vécu. Il se passe vraiment des choses bizarres sur terre, mais je ne pense pas que nous disposions des outils nécessaires pour pouvoir comprendre la complexité de cette société mondialisée… Il n’y a qu’une seule réponse universelle et entière : l’amour ! » Stand Tall est sorti le 23 mars, avec une release party à L’Alimentation Générale parisienne le jour même. Quelques dates sont prévues pour Imanytree en mode sound system, avec Tozer et aussi BBC Sound dans les prochaines semaines. Mais son agenda ne devrait pas tarder à se remplir davantage, Imanytree compte bien tenir la barre !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #48 - juin/juillet 2016)

dimanche 31 juillet 2016

Nattali Rize

Nouvelle artiste remarquable qui s’ajoute au catalogue déjà haut en couleur de Baco Records, Nattali Rize est originaire d’Australie et s’est établie à Kingston depuis deux ans. Son EP New Era Frequency, réalisé avec Notis, est sorti le 19 février chez Baco, avant la promesse d’un album pour l’automne.
Nattali Rize montre déjà son goût pour le chant alors qu’elle est haute comme trois pommes. Par la suite, elle se met aussi à la guitare et aux percussions. Sa carrière musicale démarre en 2006 au sein de Blue King Brown. Tout part de sa rencontre à Byron Bay, en Australie, avec Carlo, bassiste. Pendant quelques temps, ils jouent en duo, souvent dans la rue, ce qui posera les fondations du son de Blue King Brown et de leur approche indépendante de la musique. Les deux acolytes rejoignent ensuite Melbourne où ils rencontrent d’autres jeunes musiciens passionnés. Blue King Brown voit alors le jour. Le groupe enregistrera trois albums, un EP, et fera plusieurs tournées mondiales. En 2014, Nattali décide de s’installer à Kingston. C’est là que se concrétise un nouveau projet sous le nom Nattali Rize. De nombreuses rencontres avec des musiciens et producteurs de l’île l’encouragent dans cette direction. Première carte de visite en main, l’EP New Era Frequency est composé de huit pistes dont trois versions dub. L’enregistrement de « Rebel Love » a été l’élément déclencheur à sa réalisation. Nattali écrit ce titre le jour où elle rencontre Unga de Notis, qui accompagne, à la batterie, Jimmy Cliff lors de sa tournée en Australie. A cette occasion, les musiciens de Jimmy Cliff se rendent dans son studio à Melbourne. L’inspiration de « Rebel Love » est si puissante et instinctive qu’il fait évidence que ce ne sera pas leur seule collaboration. Notis est un duo jamaïcain basse-batterie, Jason « BigBass » Welsch et Wayne « Unga » Thompson, qui compose et produit pour un grand nombre d’artistes comme pour eux-mêmes. Ils écrivent et enregistrent ensemble les autres pistes, dont « Generation Will Rise » avec Kabaka Pyramid, principalement à Tuff Gong ainsi qu’à Anchor Studio. « New Era Frequency exprime cette intention d’utiliser notre musique pour élever le niveau de conscience sur la planète. L’humanité peut se reconnecter avec des considérations plus essentielles. Il s’agit de voir le monde dans lequel nous vivons comme il est vraiment, de se réapproprier notre propre pouvoir d’être réellement libre, dans nos pensées comme dans nos actes. N’oublions pas que nous sommes les seuls créateurs de notre réalité et de notre futur. Il y a un peu de tout ça dans la musique que je fais. » Nattali Rize finalise actuellement son premier album, qui inclura le single sorti récemment, « Natty Rides Again », avec Julian Marley. Si elle n’en peut dévoiler, pour l’instant, le titre, la chanteuse est très enthousiaste à l’idée qu’il soit bientôt achevé, et par toutes les dates de concert programmées cet été, en Australie, mais aussi au Japon, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Pologne… et en France. Bienvenue dans cette nouvelle ère qu’on espère plus prospère !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #48 - juin/juillet 2016)

jeudi 28 juillet 2016

Delphine

Delphine vient tout juste de sortir en digital le single « Music », coproduit avec Art & Média et distribué par Tuff Gong. Premier extrait prometteur d’un album annoncé pour l’automne, qui devrait être riche en influences ouvertes et colorées, à l’image de la jeune chanteuse.
Delphine est issue d’une famille de musiciens en tout genre. Très jeune, elle pratique le théâtre, la danse, puis intègre le conservatoire en chant lyrique et classique durant cinq années. Elle affectionne déjà beaucoup le reggae, notamment Peter Tosh, Steel Pulse…, mais ne sait pas encore quels sont les styles de musique qui lui correspondent vraiment. Ses premières expériences de groupe démarrent vers 2005 et la conduisent dans des projets blues, jazz, soul ou rock, en France et à l’étranger, qui lui permettent de se perfectionner, d’explorer les genres, tout en précisant ses propres envies. A partir de 2012, les rencontres lui donnent l’opportunité d’être choriste dans des formations reggae, telles que celle de Tony Nephtali, Sawuri… Le déclic, quant à l’idée de mettre en place son projet bien à elle, se fait à ce moment-là. Nourrie de ses diverses expériences et de ses voyages sur les cinq continents, Delphine commence alors à écrire et composer ses premiers morceaux. Elle ne voit rien de mieux que le prénom qu’elle porte pour l’accompagner dans cette voie, comptant toujours rester elle-même dans sa musique comme dans la vie. Elle planche alors assidûment sur l’écriture d’un album qui reflète sa personnalité et la diversité de ses goûts. Le premier extrait, « Music », est sorti le 8 avril dernier, assorti d’un clip tourné en janvier, à visionner sur YouTube. Ce single est né de l’idée que la musique est partout et qu’elle nous accompagne dans chaque moment de notre vie, peu importe d’où on vient, où on vit, où on va… Plus précisément, il lui a été inspiré d’un voyage à Madagascar, où elle a été conviée à une fête de village, sur des terres reculées, qui durait trois jours. Souvenir inoubliable, la musique y était omniprésente, comme la chaleur humaine, à mettre en suspens la situation dans laquelle vivent ces populations la plupart du temps… Tuff Gong n’a pas hésité une seconde lorsque ce morceau leur a été proposé. Enregistré à Amper Studio, mixé et masterisé à Metropolis Studio de Londres, les musiciens se devaient d’être à la hauteur : Romain Omaley à la batterie (Naâman), Fayce (Mo Kalamity) et Jonathan Remillon aux claviers, Patrice Dicuonzo à la basse (Conscience Tranquille, Abdou Day), Tony Nephtali et Julien Cernec à la guitare, Nicodrum aux percussions, Ti Kitoko aux accessoires… L’album est prévu pour l’automne et promet d’être diversifié, très coloré et riche en vibrations positives. Les maîtres mots en sont respect, partage et amour. Delphine travaille actuellement à la préparation du show live de la tournée qui accompagnera sa sortie, tout en continuant de composer des morceaux qui profilent, d’ores et déjà, un deuxième album. Ce ne sont pas l’inspiration et l’énergie qui manquent !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #48 - juin/juillet 2016)

jeudi 21 juillet 2016

Leah Rosier - Only Irie Vibes (Rise & Shine Rec)

On ne pouvait pas imaginer meilleur titre pour un album de la belle hollandaise que Only Irie Vibes, parfait reflet de ce qui entretient son énergie depuis qu’elle trace sa route dans la musique. La chanson éponyme suffit à entrevoir le grand pas en avant fait avec ce nouvel opus aux compositions terriblement efficaces. Depuis « Like A Lioness », beaucoup pressentaient un grand potentiel chez Leah Rosier, mais pas encore totalement révélé… La rencontre avec le Rise & Shine Band de Besançon en 2011 est encore plus cruciale qu’il n’y paraît, puisque cet album en leur compagnie mérite une attention toute particulière. Déjà parce qu’il va sans dire que les voix féminines du style qui nous préoccupe ne font pas légion hors de Jamaïque, et surtout parce que le résultat est plus qu’à la hauteur ! Les bonnes vibrations sont au rendez-vous et, rapidement, on se met à chantonner sur des titres tels que « Herbalist » ou « One Day ». Mention spéciale à « All Around The World » feat. The Mighty Diamonds et « High Grade Woman », pour les frissons qu’ils provoquent instantanément. Vous l’aurez compris, ces trois quart d’heure de vibrations irie ont tout pour plaire et il serait dommage de s’en priver. Quelque chose nous dit que Leah Rosier nous donnera encore bien d’autres occasions de nous enthousiasmer !

Simba

vendredi 15 juillet 2016

Naâman - Rays Of Resistance (SoulBeats Records)

Naâman est certainement l’artiste français à avoir connu l’ascension la plus fulgurante au cours de ces dernières années. Loin de se douter au départ que son Deep Rockers provoquerait un engouement général, qui a fait parcourir des kilomètres sans fin à ses désormais incontournables skanking shoes, le jeune normand allait forcément être attendu au tournant pour son second opus. Celui-ci s’intitule Rays of Resistance, sorti en octobre dernier chez SoulBeats Records. Ceux qui l’ont déjà écouté savent que ces quatorze morceaux vont continuer de faire danser les foules sans avoir besoin d’argumenter davantage, la musique parlant d’elle-même. C’est encore en compagnie de Fatbabs qu’a été réalisé ce nouvel opus, enregistré en famille à Paris avec le Deep Rockers Crew. Décidément, ces deux-là sont sur la même longueur d’ondes et ont trouvé la bonne équipe pour les accompagner. Leur maturité musicale en fait oublier leur jeune âge. L’osmose est tellement évidente, qu’à chaque coup, la voix, le flow se déroulent instinctivement sur les lignes instrumentales, souvent entraînantes dès les premières notes (« Outta Road », « Big and Bad »…), ou posées et touchantes (« My Days », « Hopeful World »…). Les arrangements finissent de leur donner la bonne température et les textes ne manquent pas non plus de raviver la flamme. Voilà un album qui rayonne d’énergie positive et chaleureuse d’un bout à l’autre. Rays of Resistance risque de tourner pendant un bon moment !

Simba

samedi 9 juillet 2016

ManuDigital - Digital Pixel (X-Ray Prod.)

Après la sortie récente des trois volets de Digital Lab, en compagnie de George Palmer, Peter Youthman et Marina P, le moment est déjà venu de découvrir Digital Pixel, un album aussi atypique que le laisse présager son esthétique. Doté d’une imagination foisonnante, ManuDigital semble bien souvent avancer sur des chemins parallèles, tout en ayant un temps d’avance, si ce n’est plusieurs, sur son époque. Ce nouvel opus en constitue un bon exemple tant il s’éloigne des sentiers battus, tout en atteignant des sommets, un mélange d’ancien et de moderne qui fait des étincelles. Digital est bien le maître mot. La liste des invités est réjouissante, autant dire qu’il s’agit d’une petite partie de la crème de la scène underground qui fait vibrer, entre autres, le reggae/dub actuel : Bazil, Soom T, George Palmer, Flavia Coelho, Taiwan MC, Joseph Cotton, King Kong, Don Camilo, Peter Youthman, Blundetto, Errol Dunkley, Marina P, Jamalski, Sara Lugo… Difficile de nommer quel titre on préfère tant ils ont tous la carrure pour être des hits. « Digital Luvin » trotte dans la tête, « Come Inna Di Dance » est une persuasive invitation, l’apaisant « Look At The Tree » laisse voyager l’esprit, et le rythme s’accélère avec les prouesses vocales de Jamalski sur « Bad Boys »… Le mieux, c’est encore d’écouter sans attendre Digital Pixel et de faire votre choix. Du lourd !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #47 - avril/mai 2016)

mercredi 6 juillet 2016

Taj Weekes & Adowa - La main sur le coeur

Tenez-vous prêts, le cinquième album de Taj Weekes & Adowa, Love, Herb & Reggae, arrive le 15 avril ! Derrière un titre fédérateur, Taj Weekes et ses musiciens continuent de délivrer un son doux et pur, venu tout droit du cœur. Rencontre avec l’auteur, chanteur et musicien, actif dans l’humanitaire avec l’UNICEF et l’association caritative qu’il a fondée à Sainte Lucie, They Often Cry Outreach.

Taj Weekes et Adowa, c’est Taj Weekes au chant et à la guitare, Burt Desiree à la basse, Wayne Xavier à la guitare, John Hewitt aux claviers, Baldwin Brown à la batterie et Valerie Kelley aux chœurs. Leur premier album, Hope & Doubt, sort en 2005, avec dix morceaux qui introduisent l’univers sincère et mystique du groupe. En 2008, ils sortent Deidem, qui les fait connaître plus largement. A Waterlogged Soul Kitchen paraît en 2010, suivi, quatre ans plus tard, par leur premier live, Pariah in Transit. 2016 accueille enfin Love, Herb & Reggae, une nouvelle page de leur histoire nourrie de conscience, de bienveillance et de vibrations positives.

Bonjour Taj Weekes, comment ça va pour toi et tes musiciens avec la sortie de ce nouvel album ?
On peut dire que nous allons bien et que nous sommes très heureux !

Le précédent album studio était A Waterlogged Soul Kitchen, paru en 2010, puis il y a eu le live Pariah in Transit, en 2014. Que s’est-il passé entre ces deux sorties ?
En fait, après A Waterlogged Soul Kitchen, nous avons commencé à travailler sur l’album suivant, mais, en même temps, nous écoutions les enregistrements de la dernière tournée et nous avons vraiment aimé ce que nous entendions ! Nous avons donc décidé de sortir Pariah in Transit comme premier album live. Pendant cette période, j’ai aussi travaillé sur la seconde partie d’un film documentaire sur le diabète à Sainte Lucie, ce qui a pris un peu de temps…

Le nouvel album s’intitule Love, Herb & Reggae. Pourquoi avoir choisi ce titre ?
Je voulais lancer un nouveau mantra ! Depuis longtemps, nous vivons avec « sexe, drogues et rock’n roll » ! J’ai pensé à l’amour à la place du sexe, l’herbe à la place des drogues, et plutôt du reggae, tout simplement…

L’amour, la ganja et la musique reggae sont donc trois choses importantes dans ta vie ?
Oui, bien sûr ! L’amour, au sens de l’amour véritable, l’amour envers autrui sans jugement de valeurs, un amour avec une totale acceptation, que ce soit de la race, la religion, la sexualité etc. ; equal rights and justice, car c’est aussi une forme d’amour. L’herbe, au sens d’un mode de vie naturel, un retour à la nature sur la Terre. Je sais que beaucoup de gens associent immédiatement le reggae à l’herbe. C’est la première chose qui leur vient à l’esprit. Je ne parle pas seulement de la marijuana, mais aussi de tous les végétaux. Nous parlons d’un mode de vie sain, loin des OGM et de la nourriture industrielle. Le reggae, au sens du rythme et de la voix du peuple, pas un reggae qui parlerait de choses matérielles, mais d’amour, d’herbe, de réflexion… Nous avons besoin du reggae pour nous exprimer. En somme, nous avons besoin d’amour, de le recevoir et de le donner, pas juste de le chanter, mais vraiment de le mettre en pratique. Nous avons besoin de vert, d’un rapprochement avec la nature, autour de nous et dans nos assiettes. Et nous avons besoin de plus de reggae pour nous unir et être ensemble.

Où ont-été enregistré les chansons de cet album ?
J’ai  enregistré avec les musiciens d’Adowa et quelques autres invités au studio où nous avions déjà été pour les précédents albums, Coop Studios à Long Island, New-York.

Cet album est le cinquième de Taj Weekes & Adowa. Que penses-tu de toute cette expérience musicale ?
C’est ce qui permet d’apprendre et de progresser. Comme pour tout, il y a des déceptions et des succès, des hauts et des bas… Mais c’est toujours très enrichissant !

Ton inspiration a-t-elle évolué au fil des années ?
Je ne pense pas qu’elle ait vraiment changé. La vie et l’humanité ont toujours été des sources d’inspiration et c’est encore le cas.

Que ressens-tu par rapport à la situation actuelle dans le monde ?
Il me semble que ce serait une bonne chose : plus d’amour, plus de ganja et plus de reggae ! (rires) Je pense qu’il y a beaucoup de challenges. Nous voyons tout ce qu’il y a de négatif parce que c’est très présent en ce moment. Il serait bon de revenir au positif et espérer pouvoir inverser la tendance pour aller dans la bonne direction.

Tu t’investis depuis quelques années dans plusieurs actions humanitaires. Peux-tu présenter ton association, They Often Cry Outreach ?
They Often Cry Outreach (TOCO) est une association caritative fondée en 2007, visant à améliorer la vie des enfants défavorisés, à risques et orphelins, à Sainte Lucie et dans les Caraïbes, grâce à des programmes sportifs, de santé et de développement personnel. Nous avons aussi démarré un projet de refuge animalier pour accueillir les chiens errants.

Quels sont tes souhaits pour l’avenir ?
Il y a un vieux dicton qui dit : « What man plan Jah wipe out. » Nous avons juste à continuer et poursuivre notre route.

Que comptes-tu faire dans les prochains mois ?
La tournée pour la sortie de l’album, boucler le documentaire sur le diabète… et beaucoup d’autres choses !

Simba

Jatta Records / VP / Socadisc

(pour Reggae Vibes Magazine #47 - avril/mai 2016)