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lundi 11 juin 2018

Soom T - Interview

Soom T n’est pas du style à perdre du temps. A peine quelques mois après la sortie du fumant Ode To A Karrot, l’Anglaise présente un nouvel album, réalisé avec Farshad Emam de Strong Foundation, Born Again, disponible depuis le 2 mars dernier. Soom T va au fond des choses et explore, avec son flow à toute épreuve, aussi bien les genres que les facettes de l’existence. Prêt pour une renaissance en règle ?

Nous avions fait une interview il y a quelques mois, à l’occasion de Ode To A Karrot. Voici la sortie de Born Again, un projet totalement différent du précédent. Peux-tu présenter ce nouvel album et expliquer ce qu’il représente ?
Born Again est un disque très personnel qui se rapporte plus à mon voyage spirituel et émotionnel que tout ce que j’ai osé faire avant. Il aborde ma foi en Dieu, mon chemin en tant que chrétienne protestante et ma perception du monde, ce que je vois, la situation politique, l’état de notre existence dans un monde corrompu, l’état de la religion, et une réponse pleine d’espoir à tous ces sujets sombres…

Quand as-tu commencé à travailler dessus ? Pourquoi as-tu choisi de travailler avec Farshad Emam pour ce nouvel album ?
J’ai rencontré Farshad il y a cinq ans sur Strong Foundation Radio à Paris. Farshad est un personnage plus grand que nature. Il était impossible de ne pas être touché par son approche passionnée de la musique, son oreille musicale éclairée et éclectique, son amour pour les bonnes plantes du Seigneur… Nous avons eu un bon lien sur sa station de radio, et je suis restée en contact avec lui parce qu’il a toujours de la bonne musique et de captivantes discussions. Il est le genre de talent avec qui n’importe quel artiste voudrait travailler ! Je le vois plus comme un vieil ami que comme un collègue de travail. Et c’est ce que les camarades doivent faire… Etre créatif et partager nos joies, c’est ce qui nous rend humains.

Quelle est la première chanson que tu as écrite ?
« Some Folks », en freestyle sur sa station de radio, pour être exact.

Ode To A Karrot parlait uniquement de la marijuana. Quels sont les sujets abordés sur Born Again ?
Pour compléter ce que je disais juste avant, il est question de la distinction entre le bien et le mal, les confusions, les pièges et les difficultés à vivre dans la société moderne. C’est la voix rayée d’une femme seule dans le désert, cherchant les réponses à ses souffrances, et une conclusion pleine d’espoir qui pointe vers le chemin du ciel par la foi en les précieux enseignements de Jésus. « Stand My Sister » est une recherche douloureuse de réponses et « Me Away » en est la réponse rédemptrice.

Que signifie exactement « Born Again » pour toi ?
Avoir l’opportunité et se sentir libre grâce à Dieu de commencer une nouvelle vie, être pardonné de tous les péchés par la repentance. Il s’agit d’apprendre une nouvelle approche sainte de la vie comme un nouveau-né. Accepter et laver toutes les blessures, les déceptions et les bouleversements de l’existence et recommencer avec une approche plus sage et sainte. Il s’agit de renaître en esprit et en vérité.

L’album est très varié : reggae, hip-hop, soul, pop rock… Quelles vibrations recherchais-tu ?
J’ai voulu explorer les racines de ma jeunesse comme un rappeur de hip-hop et faire des expérimentations avec la soul, sans délaisser bien sûr ma zone de confort, le reggae. Je pense que nous avons créé quelque chose de beaucoup plus éclectique grâce aux contributions de l’artiste de musiques du monde Alessandro Bellado, du producteur de Shaman Culture Edwin Cardot, et des musiciens Raphaël Morel et Vincent Lépinaux.  

Comment as-tu choisi le style de chaque morceau. Ecris-tu les paroles d’abord ?
Pour au moins un quart de l’album, j’ai écrit les paroles en jouant avec Vincent, Alessandro, Raphaël et Farshad dans les montagnes d’Evian. Nous avons littéralement créé de nouvelles chansons en groupe pendant une semaine de résidence et les résultats étaient très réjouissants. Les vibrations sont nées alors que l’un d’entre nous commençait à fredonner, chanter, jouer d’un instrument… Les chansons ont ensuite pris forme progressivement.
 
En 2015, nous écoutions Free As A Bird. Que penses-tu de cet album maintenant avec un peu de recul ?
Je l’adore toujours autant ! Sa qualité est indéniable. Tom Fire, Romain de Chapter Two et Fixi seront toujours des héros pour ça. Je pense que c’était un bon tremplin dans mon parcours musical, et je me suis inspiré d’un esprit artistique plus personnel. Je joue toujours beaucoup de chansons de cet album sur scène et j’adore de plus en plus les interpréter au fur et à mesure que le temps passe.

Quelles différences y a-t-il entre Free As A Bird, Ode To A Karrot et Born Again ?
Je pense que l’écoute des trois albums donnera cette réponse. Je suis une personne qui grandit sans cesse et une artiste en constante évolution. Chacun m’a apporté de l’expérience, de la pratique, de la sagesse et de l’inspiration.

Que vas-tu faire dans les prochains mois ?
Etre en résidence pour perfectionner le groupe pour la tournée estivale, travailler sur de futurs albums, voyager, sans oublier de se connecter avec les amis, les proches et la famille du sound system… Je travaille également sur ma nouvelle nuit, Dub From Above, à Bristol. La prochaine aura lieu en mai et, le 16 juin, ce sera un Birthday Bash au Black Swan où j’invite quelques sound systems proches pour un énorme événement. Vous êtes tous les bienvenus, en particulier l’équipe de Reggae Vibes et ses lecteurs !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°59 - avril/mai 2018)

mercredi 25 octobre 2017

Soom T

Il y a sept ans, Soom T sortait son premier album, Ode 2 A Carrot, montrant efficacement tous ses talents et son intérêt pour les ganja tunes. En voici une version revisitée, nouvellement orthographiée Ode To A Karrot, offrant des compositions originales des pistes initiales, augmentées de quelques exclusivités. Que diriez-vous d’une bonne bouffée de THC en compagnie de Soom T ?

Ton nouvel album, Ode To A Karrot, est sorti le 19 mai dernier. C’est une version revisitée de ton premier album, Ode 2 A Carrot, sorti en 2010. Comment est née cette idée ?
J’avais tous les a cappellas et des amis ont décidé de les remixer. Les remixes étaient tellement géniaux que nous avons décidé de faire un album. Alors j’ai commencé à travailler sur de nouvelles pistes qui exploreraient aussi les effets néfastes de l’abus de cannabis, afin de créer un tout nouvel album avec des compositions entièrement originales. C’est en 2013 que les premiers remixes sont arrivés, de Helgeland 8 Bit Squad. Il aura fallu quatre ans en tout pour finir le projet.

Que souhaitais-tu obtenir avec cette nouvelle version ?
Je pense qu’il est important d’être plus responsable dans le message et montrer que ce n’est pas simplement une célébration de la marijuana, mais avoir aussi un regard responsable sur tous ses aspects, y compris le côté obscur de l’abus de cannabis.  L’idée principale reste que cette plante ne devrait pas être illégale. L’ensemble du concept me permet de remettre sur la table le débat sur la légalisation, ce qui est utile car on se rend compte de ses propriétés thérapeutiques sur de nombreuses personnes. Je n’ai jamais été complètement satisfaite par l’album original sorti en 2010 car beaucoup de chansons comme « Boom Shiva », « Ganja Ganja » ou « Puff The Police », par exemple, ne sont pas des compositions originales. Ce nouveau LP a permis que la totalité des compositions soient entièrement originales.

Que penses-tu de ton premier album, avec sept ans de recul ?
Je le creuse toujours et ce sera toujours une étape importante dans ce projet ganja. Les pistes les plus faibles ont été abandonnées et remplacées par de nouvelles, ce qui rend l’album plus audacieux. La qualité de la production est aussi d’un niveau supérieur.

Toutes les chansons de ce nouvel Ode To A Karrot parlent de la weed ! Pourquoi consacrer un album entier à ce thème ?
C’est le but. Tout cet album est une célébration à une plante que Dieu nous a donnée, qui peut guérir le cancer, un médicament naturel pour de nombreuses pathologies, de la dépression à l’arthrite, avec un effet analgésique naturel, et un traitement pour de nombreuses maladies mentales aussi. Le chanvre est également connu pour nettoyer et rajeunir le sol dans lequel il pousse, l’entretenir pour une croissance future, et servir également à la fabrication de vêtements, papier et bien d’autres objets utiles.  Il y a d’innombrables avantages à l’utilisation de cette plante. La Bible nous dit d’utiliser toutes les plantes à graines. L’utilisation du cannabis devrait être favorisée et défendue, comme la possibilité de choisir des médicaments naturels et non être obligé de prendre des médicaments pharmaceutiques nocifs ayant des effets secondaires.

Avec qui as-tu travaillé sur ce nouvel opus ?
Matthias Oestrem et Didrik Maroe de Helgeland 8 Bit Squad ont produit dix morceaux de l’album. Jstar, mon DJ et sélecteur de longue date, a remixé « Junglo Peace ». Le producteur de Glasgow Konchis a remixé « Weed Is Sweeter ». ManuDigital et Alex Dupuis ont créé « Thank The Dealer » et « Easy Weed », ils ont aussi remixé « Saved By A Ganja Leaf ». Xavier Waks a mixé l’ensemble de l’album au 31DB Studios à Paris et il a été masterisé par Simon Capony. Ils ont tous fait un excellent travail et ce disque témoigne des efforts collectifs de ces professionnels de talent. Sans eux, je n’aurais pas pu le faire !

Ode To A Karrot est disponible en digital, CD et double vinyle. Penses-tu qu’il soit important de continuer à sortir la musique sur support physique ?
Oui. Rien ne vaut le fait de tenir la pochette entre les mains et d’écouter un album sur un lecteur CD ou une platine vinyle. Malgré les évolutions de l’industrie musicale, je crois que les gens doivent pouvoir acquérir physiquement la musique. Ce n’est pas quelque chose que le téléchargement peut remplacer. Le succès des vinyles et CDs avec leurs pochettes prouve ce besoin d’avoir une représentation visuelle et artistique de ce que nous sommes en train d’écouter. Il est aussi important pour beaucoup d’avoir accès aux paroles et aux autres informations de l’album.

Tu seras en tournée cet été. Comment est le nouveau show live ?
Génial ! J’apprécie vraiment de voir comment il se développe. Le groupe est excellent, ce sont de très bons musiciens. Nous avons Thomas à la batterie, Molood aux claviers, Gregory à la guitare et Thierry à la basse, ainsi que Xavier Waks aux machines. Je suis très excitée par l’aventure avec le groupe. « Ganja Ganja » sonne maintenant comme une chanson rock ! Je serai partout en Europe avec les DJs Jstar, DUB 4 et Kunta Zion High Foundation, et aussi sur de nombreux festivals avec le groupe, dont le Couleur Café Festival et le No Logo.

Quels sont les albums que tu écoutes en boucle en ce moment ?
Le nouvel album de Stand High Patrol, The shift. Tous leurs albums sont des tueries ! Solo Banton Higher Levels, Michael Kiwanuka Home Again, Reggae Loves Soul avec Marina P… Ceux-là tournent non-stop chez moi en ce moment !

Quels sont tes prochains projets musicaux ?
J’ai un album intitulé Born Again produit par un ami de longue date, Farshad Emam, qui sortira en novembre prochain. Je travaille aussi sur un album reggae live avec Alex Dupuis et ManuDigital de Flash Hit Records. J’ai également un album de chants chrétiens en préparation. Il devrait être prêt en 2018, au profit de l’organisme de bienfaisance Future Foundations que je soutiens.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #55 - août/septembre 2017)

samedi 4 juin 2016

Soom T - Free as a Bird (Chapter Two / Wagram)

Le nouvel album de Soom T est comme sa pochette : des couleurs en tout genre dispatchées tout autour de notre chanteuse/MC d’outre-Manche, pour un rendu moderne et authentique. Ce chapitre musical s’intitule Free as a Bird et a été réalisé avec Tom Fire sur le label Chapter Two. L’alchimie est née entre les deux artistes puisque le résultat donne un concentré d’énergie, hétéroclite, original et diversifié, qui tient en 37 minutes, toutes essentielles. Soom T a la grande qualité de ne pas s’enfermer dans un genre, ni dans des codes attendus, ce qui rend sa musique et son style accessibles et appréciés d’un grand nombre, grâce à la large amplitude de son flow, son timbre des plus plaisants, des instrumentales qui débordent de groove et/ou de soul, des textes qui puisent dans la réalité, parfois engagés, parfois imagés, et dont le sens se révèle à différents degrés… Vous avez certainement entendu et vu le premier extrait « Broken Robots », suivi dernièrement par « Hard Time », tous deux toniques à souhait et décalés à leur manière. Les autres titres sont aussi intenses, de « City Zoo » qui démarre au quart de tour à ce « Free as a Bird » inspiré, en passant par le poignant « All I Know »… Cet album passe vite et s’écoute forcément en boucle. Free as a Bird est tellement bon qu’on en redemande encore et encore !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #46 - février/mars 2016)

dimanche 21 février 2016

Soom T

Dans la catégorie voix féminine au flow qui envoie de l’autre côté de la Manche, Soom T a de quoi se défendre. Ses prouesses répétées au micro au côté, entre autres, de Mungo’s Hifi et Jahtari, ont su faire parler d’elle. Son album Free As A Bird est sorti le 13 novembre.
Fille d’émigrés hindous, Soom T grandit à Glasgow, dans le nord de l’Ecosse. Egalement musicien, son frère joue dans un groupe de punk-métal, Question Authority. Il n’y sera pas pour rien dans son élan vers la musique, lui faisant découvrir Cypress Hill, Body Count, Rage Against The Machine, Panthera ou Tupak Shakur. Les ondes médiatiques se chargent de poursuivre son éducation musicale dans toutes les largeurs, en passant par Tori Amos, Björk, Queen, Blur, Desiree… Touchée par leurs valeurs, Soom T porte un profond respect à de grands hommes tels que Martin Luther King, William Tyndale, Malcom X, Georges Washington, Jésus-Christ… Dès l’adolescence, elle baigne dans la foi chrétienne. Par la suite, tant qu’à prendre un micro et à utiliser les mots, elle n’hésite pas non plus à tenir des propos engagés et à s’exprimer sur les droits de la femme. Au final, son style est un parfait mix de son éducation traditionnelle et de la réalité actuelle. Elle veut sa musique aussi expressive que possible, piochant dans les forces de chaque genre, du reggae à l’électro en passant par le hip-hop et la soul. Elle a 17 ans quand elle commence à rapper avec l’accent américain. La chanteuse évolue au sein du groupe de hip-hop électro qu’elle a fondé, Soom T & The Monkeytribe, jusqu’à ses 25 ans, et collabore également avec The Orb. Elle monte ensuite son propre label Renegade Masters, à l’image de sa quête de liberté et d’indépendance, qui est aussi la raison principale qui met fin au groupe, continuant son parcours en solo. Son flow impressionnant n’a pas tardé à attirer toutes les oreilles vers elle. Cette envie de liberté pure est exactement ce qui émane de son album, intitulé Free As A Bird. Il s’agit d’un élégant mélange des genres, hip-hop, soul, reggae, ragga… laissant toujours planer ses origines sound system underground. Le single et premier extrait, « Broken Robots », a fait des ravages en à peine quelques semaines. Soom T a réalisé Free As A Bird en compagnie de Tom Fire, et a récemment posé sur son album pour « Take a Walk ». Vous voilà prévenus !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)