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vendredi 16 février 2018

SOJA - Interview

Depuis le 27 octobre, les américains de SOJA ont un sixième album studio en poche, Poetry in Motion. Celui-ci a été enregistré au Dave Matthews Band’s studio, chez eux, en Virginie, pour révéler toute la poésie de cette nouvelle mixture. Après le remarquable Amid The Noise and Haste, où figuraient notamment les hits « Your Song » avec Damian Marley, « I Believe » avec Michael Franti et Nahko, le groupe en a aussi profité pour réaliser, l’année dernière, l’album Live in Virginia.  Interview avec Jacob Hemphill à propos de la musique toujours en perpétuel mouvement de SOJA.

Il y a trois ans sortait Amid The Noise and Haste. Comment est né son successeur, Poetry in Motion ?
Alors que jusqu’ici le processus consistait pour le groupe à se retrouver dans une petite pièce pour écrire et enregistrer la musique ensemble, pour cet album, nous avons écrit et enregistré ensemble au Dave Matthews Band’s studio, dans les bois en Virginie. Pour nous, c’était incroyablement amusant et inspirant de le faire de cette manière, tous ensemble en tant que groupe dans un studio.

Il se passe deux ou trois ans maximum entre chaque album de SOJA, on peut dire que vous êtes plutôt réguliers ! Comment procédez-vous pour travailler sur un album ?
Il n’y a pas vraiment de planification. Je suppose que j’écris constamment de la musique et des paroles. J’ai toujours des cahiers remplis de chansons que nous utiliserons peut-être un jour, ou pas… Le réel processus est de mettre l’album complet en place ensemble avec tout le groupe.

Que signifie le titre Poetry in Motion ? Quel est le thème de cet album ?
Poetry in Motion parle de nous, l’espèce humaine. Nous sommes beaux, nous sommes la poésie qui est en mouvement pendant que la Terre tourne. Nous sommes les gardiens de cette Terre et de tout ce qui vit ici et qui forme notre maison à tous. Mais quelque chose ne va pas… Quelque chose en nous a disparu… Voilà la question et l’objectif : comment revenir à la beauté de cette poésie et s’éloigner de tout le reste ?

Qui a réalisé le visuel assez énigmatique de la pochette ?
Une artiste originaire de Bangkok nommée Pomme Chan. Nous adorons travailler avec elle. Elle est excellente !

Pourquoi avoir repris les paroles de « Lucid Dreams » (feat. Nahko sur Amid The Noise and Haste) sur le titre « I Can’t Stop Dreaming » ?
Nous avons commencé à jouer « Lucid Dreams » avec le groupe et avons créé de nouveaux arrangements. J’adorais tellement les paroles de l’originale que nous avons décidé d’en faire une nouvelle chanson. Le résultat donne « I Can’t Stop Dreaming ».

« To Whom Make It Concern » est une chanson de l’EP Stars and Stripes, sorti en 2008…
C’est une des favorites de nos fans en concert. Nous avons redessiné une grande partie de l’instrumentale depuis la sortie de l’EP, tous les fans n’en sont pas forcément conscients. Nous avons donc fait une nouvelle version et la ressortons ici.

Allez-vous faire des clips de certaines chansons de Poetry in Motion ? Lesquelles ?
Oui, nous avons déjà fait plusieurs vidéos et songeons encore à quelques-unes. Je n’ai pas envie de toutes les révéler maintenant, mais il est notamment question des vidéos de « More » et « Fire In The Sky »…

Il y a un an, nous avons pu découvrir votre premier album live, Live in Virginia, enregistré en juin 2016 au Wolf Trap National Park. Qu’est-ce qui vous a décidés à faire cet album live sur cette tournée ?
Ça nous a semblé être le bon moment pour nous et nous étions ravis de le faire dans un lieu où nous allions tous étant enfants. La Virginie est notre maison, il était logique et agréable de le faire là-bas.

Pourquoi n’avez-vous pas enregistré d’album live auparavavant ?
Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment le premier… Nous avons fait le DVD Live in Hawaii et enregistré d’autres shows live. Là, le moment et la vibe étaient les bons, nous l’avons fait naturellement.

Pourquoi Live in Virginia est-il uniquement disponible en digital ?
Pas de raison particulière. Nous en sortirons peut-être une version physique un jour…

Cet album live a été nominé au Grammy Awards dans la catégorie « meilleur album reggae » l’année dernière, comme Amid The Noise and Haste en 2015. Que représentent ces nominations pour le groupe ?
Bien que nous ne fassions pas de la musique pour gagner des prix, les nominations aux Grammys Awards sont incroyablement gratifiantes. Nous sommes également honorés car les Grammys sont sélectionnés et votés par nos collègues musiciens et producteurs. C’est la reconnaissance de nos pairs, ce sera toujours spécial pour nous.

Quand serez-vous en concert en Europe ?
Bientôt… En 2018 !

Pour finir, que souhaites-tu dire aux lecteurs de Reggae Vibes ?
Merci à vous de lire cette interview et d’avoir un intérêt pour SOJA et pour le reggae en général. Une des plus belles choses que nous avons découverte en voyageant tout autour du monde, c’est que le reggae est un langage universel qui résonne et qui est compris et ressenti dans le monde entier. Nous sommes bénis de pouvoir en jouer !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #57 - décembre 2017/janvier 2018)

vendredi 3 mars 2017

SOJA - Live In Virginia (Verycords)

Toujours en tournée depuis leur cinquième album Amid The Noise And Haste, SOJA en profite pour sortir Live in Virginia. Même si en survolant la tracklist, quelques titres viennent à l’esprit qui feront regretter leur absence, la sélection de ce premier album live « officiel » du groupe s’avère plutôt fine, compte tenu des années et des disques qui s’accumulent. En à peine 14 morceaux, quelques incontournables de SOJA (« Rest Of My Life », « Be Aware », « She Still Loves Me », « Born in Babylon », « Mentality »…), quelques pistes du dernier opus (« Lucid Dream », « Tear It Down », « I Believe », « Promises and Pills » feat. Alfred The MC), quelques chansons plus ou moins neuves pour lier l’ensemble (« Sorry », « Open My Eyes », « Morning »…), et « Samba », à mi-chemin, pour chauffer l’ambiance et faire passer tout ça comme un bon nectar ! Voilà comment se téléporter en quelques instants dans un concert de SOJA et se rappeler la vibration vivante de leur musique, tellement reggae dans les sonorités, bien plus rock dans la composition. Aucun doute qu’ils maîtrisent à merveille la recette de leur genre. Les instruments, quels qu’ils soient, sont à l’honneur : guitares, percussions, cuivres… ne se privent de rien ! Seul petit bémol, cet album live n’existe qu’en téléchargement, on avoue qu’on aurait apprécié également un format plus palpable…

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #51 - décembre 2016/janvier 2017)

mercredi 31 décembre 2014

SOJA - Amid The Noise And Haste (Verycords)

Le nouvel album de SOJA est une pure merveille ! On sait, depuis longtemps, que les Américains savent parfaitement nous surprendre et nous satisfaire avec leur extraordinaire vibration. Le dernier en date, Strength To Survive, est sans nul doute l’un des albums majeurs de 2012 et celui-ci va certainement faire date à son tour. Amid The Noise And Haste conserve cette saveur habituelle, si agréable et enivrante, de chacune de leur galette. Les 13 titres ont toujours cette sonorité rock/reggae, qu’ils savent si bien explorer, et la voix de Jacob Hemphill ne manque pas de douceur, nous emportant d’une piste à l’autre sans qu’on ne puisse résister à l’appel. L’une des particularités est la présence de nombreux featurings, pas des moindres qui plus est, et très diversifiés : Damian Marley, Collie Buddz, J Boog et Anuhea, Alfred The MC, Michael Franti et Nahko sur « I Believe » (le premier single)… Les bonus de la version digitale ajoutent Bobby Lee sur « Driving Faster » et Mala Rodriguez sur « Like It Used To ». Le reste est à l’avenant. La lecture s’ouvre sur « Tear It Down », d’emblée séduisant. « Once Upon A Time », « Signature », « Wait », « Better »… sont exactement ce à quoi nous a habitués SOJA au cours de ces quatre précédents albums et dont on ne saurait se passer. Il ne faut pas bien longtemps pour être totalement sous le charme. Quant aux sujets abordés ici, il est question de ce bonheur et de cette paix que l’on mérite tous, en aidant les autres à faire de même… Même au milieu du bruit et de la hâte, nos soldats savent se faire encourager !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #38 - octobre/novembre 2014)

samedi 27 décembre 2014

SOJA - Par amour

Quel plaisir que de retrouver SOJA avec ce Amid The Noise And Haste à la hauteur de leur réputation ! Interview avec Jacob Hemphill, de retour d’une tournée à Hawaï, le temps d’une pause, avant de reprendre la route et parcourir le monde avec ce nouvel excellent album.

A la formation du groupe, pensais-tu que vous seriez encore ensemble pour un cinquième album ?
Aujourd’hui, je ne peux pas imaginer arrêter de faire des albums ! Mais, à la sortie du premier (Peace In A Time Of War), je ne pensais pas aussi loin que cinq albums. Pouvoir réaliser et enregistrer le premier avec Jim Fox aux Lion & Fox studios était un grand exploit ! Nous cherchions un endroit, mais c’était trop cher partout. Notre batteur, Byrd, a réussi à nous avoir une offre aux Lion & Fox studios. C’est comme ça que nous avons rencontré Jim. Il a accepté de faire chaque morceau en fonction de ce que nous pouvions mettre.

Quand et où avez-vous enregistré le nouvel album ?
Ça s’est fait au cours des deux dernières années. Une grande partie au Circle Village, les studios de Inner Circle à Miami, en Floride, et j’ai aussi enregistré la plupart des voix et guitares dans mon studio à Arlington, en Virginie. Les parties des artistes invités viennent de différents endroits dans le monde.

Peux-tu expliquer le sens du titre de l’album, Amid The Noise And Haste ?
Chacun des albums a un thème. Le dernier, Strength To Survive, portait sur la Terre et les êtres humains qui vivent dans la biosphère. L’avant-dernier, Born In Babylon, dit : « ok, je suis né dans un pays qui fait partie du premier monde, mais que puis-je faire pour que nous soyons tous unis ? » Amid The Noise And Haste est beaucoup plus personnel. Il s’agit de reconnaître la condition humaine. Au milieu de tout ce vacarme et cette hâte, nous pouvons percevoir que la vie est la plus belle chose qui existe. C’est en vous, c’est en moi, et partout autour de nous…

Il y a beaucoup de combinaisons sur celui-ci par rapport aux autres : 7 sur l’album et 2 parmi les bonus de la version numérique. Avez-vous écrit ces chansons ensemble ou seul de ton côté avant de les inviter ?
J’écris généralement les chansons seul, dans un premier temps, juste avec ma guitare. Pour chaque titre qui a fait l’objet d’une collaboration, nous avons d’abord réfléchi à son sujet et, ensuite, nous avons pensé à l’artiste qui pourrait nous accompagner et contribuer à son message.

Sur « Your Song », on retrouve Damian Marley. C’est votre première collaboration ?
Oui, c’était la première. « Your Song » parle du fait d’être tout le temps sur la route. Au moment où on commence à s’intéresser à autre chose que gagner plus de renommée ou de succès, et que ce que l’on veut vraiment, c’est juste avoir sa vie. Dans ces moments-là, le seul réconfort que l’on peut trouver se trouve dans le public. Quand ils lèvent leurs mains et chantent, ça vous rappelle alors pourquoi vous faîtes tout ça. Quand nous avons songé à un invité sur ce titre, nous nous sommes dit qu’il faudrait quelqu’un qui comprend le fait d’être longtemps en déplacement. Evidemment, nous avons pensé à Damian Marley, qui est dans le reggae depuis tout petit. Travailler avec Damian était vraiment spécial, pas parce que nous nous sommes rapprochés de Bob Marley, mais parce que c’est un artiste au talent exceptionnel !

« She Still Loves Me » était sur Strength To Survive en version acoustique. Elle est aussi sur Amid The Noise And Haste en collaboration avec Collie Buddz. Pourquoi avoir décidé de faire cette nouvelle version ?
Toutes mes chansons commencent en acoustique. Elle s’est retrouvée sur Strength To Survive, mais nous savions que nous allions l’explorer davantage.

Sur Strength To Survive, il y a aussi une version de « Everything Changes » avec le groupe français Danakil et une autre avec l’Allemand Gentleman. Est-ce que ces collaborations ont contribué à vous donner envie d’en faire davantage sur celui-ci ?
J’ai toujours aimé travaillé avec d’autres artistes. Nous avons toujours fait beaucoup de combinaisons, remix et clips. La musique est encore plus agréable en collaborant et en expérimentant !

Pourquoi avoir choisi Danakil ?
Mon manager Elliot m’a fait écouter leur musique. C’était un plaisir de travailler avec Danakil sur « Everything Changes ». J’espère que nous aurons d’autres occasions, et que nous pourrons faire des concerts ensemble !

« Better » est une de mes chansons préférées sur votre nouvel album. Quelle est son histoire ?
« Better » est la suite de « Wait ». « Better » parle de ce moment où l’homme et la femme demandent de l’aide. Ça dit : « Regarde, nous sommes follement amoureux. Nous ne pouvons pas rester si éloignés. Mais je l’ai blessée et elle m’a blessé tellement de fois, que ce que nous avons est brisé. Pourtant, l’amour est toujours là… Alors, que faisons-nous ? » Dans le premier couplet, c’est moi qui demande. Dans le second, c’est elle. Le troisième couplet, nous nous rendons compte que nous ne savons pas comment faire mieux…

Tes paroles restent très humaines et sensées. Que penses-tu de la situation dans le monde actuellement ?
Je pense que l’amour n’a pas la place qu’il devrait avoir. Nos décisions sont de plus en plus liées à l’argent, plutôt qu’au bonheur, à l’amour et l’unité. Mais j’espère que nous nous dirigeons dans la bonne direction.

Penses-tu comprendre mieux la vie maintenant qu’auparavant ?
Je me rends mieux compte que je n’ai pas réponse à tout. Plus le temps passe, plus il y a de questions… « When We Younger », sur Strength To Survive, parle justement de ça. Nous pensons que nous savons tout, mais, en vieillissant les réponses se transforment en questions. Pourquoi sommes-nous ici ? Quel est le but de la vie ? Y a-t-il un Dieu ?... J’avais des certitudes là-dessus, mais, aujourd’hui, je me pose des questions.

SOJA a vendu plus de 200 000 albums et a des fans partout dans le monde ! Que penses-tu de ce parcours ?
Je ne vois pas les choses en terme d’albums vendus. Pour moi, ce qui compte c’est de savoir si oui ou non j’ai quitté ce monde pour quelque chose de meilleur que quand j’y suis entré. Les commentaires les plus gratifiants, c’est quand un fan me dit qu’une chanson en particulier l’a aidé à traverser une période difficile de sa vie ou qu’elle l’a aidé à changer son point de vue sur quelque chose…

Le mot de la fin ?
L’amour est tout ce dont vous avez besoin.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #38 - octobre/novembre 2014)

jeudi 6 novembre 2014

SOJA / Raggadikal Sound (30 septembre 2014 - L'Atelier - Luxembourg)

Le mardi 30 septembre dernier, les américains de SOJA s’arrêtaient à L’Atelier à Luxembourg lors de la tournée accompagnant la sortie de leur nouvel album intitulé Amid The Noise And Haste. En première partie, pour chauffer tranquillement la salle pendant l’arrivée du public, Raggadikal Sound.
SOJA est devenu en quelques années un incontournable du continent américain en matière de reggae. Les quatre précédents albums du combo du comté de Washington DC ont donné tout le loisir d’apprécier leur son roots relevé d’une pointe de rock. De Peace In A Time Of War, sorti en 2002, à Strength To Survive, dix ans plus tard, les adeptes de SOJA n’ont cessé de se multiplier, remplissant davantage les salles à chacun de leur passage. Cet automne a été l’occasion d’accueillir ce cinquième album. Dans la continuité des précédents, Jacob Hemphill et ses soldats explorent, cette fois, le thème introspectif de la paix intérieure à laquelle chacun devrait avoir droit… Amid The Noise And Haste compte, entre autres, de nombreux featurings, dont les premiers singles « I Believe » avec Michael Franti et Nahko, et « Your Song » en compagnie de Damian Marley.

Quatre jours après leur passage au Bataclan à Paris, SOJA était parfaitement en condition pour présenter cet album et revenir sur les précédents, tout au long de ce moment partagé avec le public luxembourgeois. Dès l’ouverture des portes, c’est la queue à l’entrée ! Natural Mat de Raggadikal Sound est déjà sur scène pour mixer de bons sons reggae de tout horizon pendant que la salle se remplit. SOJA arrive sur scène vers 21h30. C’est parti pour un beau moment de live qui restera gravé dans la mémoire de toutes les âmes présentes. Avec les nombreux singles que SOJA a en poche, il y a de quoi faire : « Mentality », « I Don’t Wanna Wait », « Strength To Survive », « Not Done Yet », « Sorry », « You Don’t Know Me »… Et aussi, « Your Song », où le bassiste Bobby Lee se charge du flow de Damian Marley. Il en profite également pour chanter « Be Aware », extrait du second album Get Wiser, où on le retrouvait encore parfois au premier plan derrière le micro. « Shadow » issu de Amid The Noise And Haste et accueillant la voix de Trevor Young (guitariste) aux côtés de celle de Jacob, offre une belle vibration. Bien sûr, le titre que tout le monde espère, et qui fait l’unanimité qu’on soit fan de SOJA ou non, « You and Me », qui figure sur Born In Babylon, se fait attendre, gardé bien au chaud pour arriver juste avant le rappel, aussi chargé en émotions en live qu’en version enregistrée… Globalement, le set est parsemé de moments qui mettent en valeur la place de chaque instrument, chaque musicien, tous indispensables pour obtenir le son si savoureux de SOJA. Le show reflète parfaitement le style et le parcours du groupe, même si avec autant de bons morceaux dans leur répertoire, il y en a forcément quelques uns qui manquent à l’appel.

En voilà un excellent concert que les absents ont eu bien tort de manquer. C’était tellement magique que l’envie de poursuivre avec n’importe quel album de SOJA une fois de retour chez soi est irrépressible ! Si vous n’avez pas encore écouté Amid The Noise And Haste, n’attendez plus pour y goûter. Et si vous n’avez malheureusement pas pu assister ce concert, il va falloir prendre son mal en patience d’ici leur prochaine venue dans le secteur. Dans la même veine, Groundation et Rebelution seront à la Kulturfabrik le 12 novembre prochain, avec, eux aussi, un nouvel album en poche, respectivement A Miracle et Count Me In, vivement recommandés !

Simba

samedi 2 juin 2012

SOJA - Strength To Survive (Easy Star Records)

Le voici, le voilà, le tant attendu quatrième album du groupe actuellement le plus réputé de la scène reggae américaine. Ce nouvel opus des Soldiers Of Jah Army s’intitule Strength To Survive. Rien qu’avec le titre, on pressent qu’ils poursuivent dignement dans la lignée de Peace In A Time Of War (2003), Get Wiser (2006) et Born In Babylon (2009). Jusqu’à présent, Jacob Hemphill et ses soldats ont su conquérir un large public. Une nouvelle fois, ils ne devraient pas manquer à la tâche. Cet opus dépasse même les attentes. Ne tombant pas dans la simple répétition, le groupe développe cet univers musical intense qui fait leur renommée, continuant d’explorer les possibilités de leur reggae à la fois roots et rock. Strength To Survive est un album qui plonge l’auditeur dans une atmosphère profonde, alliant force et espoir, incitant à la réflexion et l’introspection, tout au long de ses 13 titres, comme le laissait percevoir le premier extrait « Everything Changes ». Qu’il soit question de se pencher sur les tourments du monde (« Mentality », « Gone Today »…) ou sur ceux de l’amour (« Tell Me », « Be With Me Now »…), les textes sensibles et sensés prennent vie sur des mélodies transcendantes subtilement déployées. Les ingrédients sont parfaitement bien dosés à chaque essai. Même en cherchant, difficile de trouver de réelles lacunes à cet opus. Si ce n’est que son écoute coule si vite qu’on ne peut s’empêcher d’en relancer la lecture. Soyez prévenus, ses effets peuvent rendre accro !  Bien que l’année soit à peine entamée, SOJA présente certainement là l’un des albums majeurs de 2012.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #23 - avril/mai 2012)

samedi 26 mars 2011

SOJA

Nés à Babylone mais inspirés par Jah, les Soldiers Of Jah Army entament leur quatorzième année au service du reggae. Porteurs d’un message humaniste, ils refont parler d’eux en France avec la sortie d’un troisième album qui a toute sa place dans votre discothèque. 

A quoi pensez-vous lorsqu’on vous parle de reggae made in USA ? « Etats Unis vous dîtes ?... Le reggae, ce n’est pas plutôt vers la Jamaïque qu’il faut chercher ? » Si les musiciens de la scène reggae d’Amérique du Nord dont nous avons connaissance se font plutôt rares, certains sont tout de même parvenus à se faire une place et à apporter leur touche personnelle à cette musique née un peu plus au sud, en Jamaïque. Les maîtres en la matière toujours cités sont Groundation, groupe qui a conquis l’Europe depuis de nombreuses années maintenant. Mais il y a aussi Soldiers Of Jah Army, communément appelé SOJA. A l’occasion de la sortie en France en novembre dernier de leur troisième opus Born in Babylon, petit retour sur leur carrière et le chemin parcouru depuis la création du groupe.

C’est à l’adolescence que les membres de SOJA se rencontrent. Jacob Hemphill (chant/guitare) et Bob Jefferson (basse) partagent une passion commune pour le rock et le hip-hop. Mais ces styles musicaux manquent d’une chose que le reggae possède par nature : la profondeur des messages, du sens. Avec des chanteurs tels que Burning Spear et Peter Tosh, ils découvrent que chaque morceau peut développer toute son intensité dans les paroles chantées. Ils rencontrent ensuite Patrick O’Shea (clavier), Ryan Berty (Batterie) et Ken Browenell (percussions). Ensemble, ils formeront Soliders Of Jah Army ou SOJA. Ils enregistrent leur premier disque avec l’ingénieur du son Jim Fox, qui croit vraiment en leur musique.  Soldiers of Jah Army EP sort en 2000 et leur premier véritable album Peace in a Time of War en 2002. Celui-ci laisse des traces avec les titres « Rasta Courage », « True Love », « Non Partial Non Political ». Tous les regards se tournent alors vers eux. Le second album Get Wiser sort en 2006 et acquiert très vite un succès remarquable qui le place en bonne position dans les charts. En 2008, arrivée d’un nouvel EP intitulé Stars & Stripes puis en 2009 du DVD SOJA Live in Hawaï. Leur troisième album Born in Babylon vient d’atteindre les bacs et il est plutôt judicieux de se le procurer. Quinze titres à l’âme reggae teintés d’influences diverses et personnalisés à leur sauce. Des featuring notables avec Gentleman, Rebelution et Black Boo. SOJA raconte le reggae mais de leur point de vue, celui de jeunes ayant grandi et vécu au cœur des Etats-Unis. Nous avons profité de la sortie de cet album pour demander à Jacob Hemphill des nouvelles de nos "soldats de Jah" américains.

SOJA est né en 1997 à Washington DC. Votre troisième album intitulé Born In Babylon est sorti fin 2010. Que peux-tu nous dire du parcours effectué ?
Nous avons fait ce qui nous aimons, ce que ressentions comme bon depuis une dizaine d’années et le public apprécie l’évolution. Nous sommes vraiment très contents !

Qu’y a-t-il de nouveau sur cet album comparé aux précédents ? Vous avez dit que c’était l’album que vous aviez toujours voulu faire…
Oui, nous voulions faire un disque qui soit à la fois traditionnel et expérimental. C’est un peu notre style en ce moment, old school/new school. « Rest Of My Life », « I Don’t Wanna Wait », « Waking Up » sont plutôt roots alors que « Thunderstorms » et « Never Ever » beaucoup moins. 

Comment s’est passée la rencontre avec Chris Boomer pour le single-hit « You & Me » ?
J’avais entendu Chris chanter les chœurs dans un cover band qui jouait au bar d’un hôtel. Je lui ai dit que je voulais écrire une chanson pour son groupe. Il est revenu à l’hôtel le lendemain et j’avais écrit « You & Me ». Ensuite son band a été dissout alors je l’ai invité à la chanter avec moi sur l’album. Tu connais la suite.

Quels artistes ont influencé votre musique et vous ont donné de l’inspiration ?
J’ai toujours écouté Bob Marley, Sade, Paul Simon et tous les auteurs-compositeurs qui font bien leur job. Ecrire en permanence peut être difficile et il y a beaucoup de problèmes liés à l’écriture.

Comment est la scène reggae aux Etats-Unis en général ?
Aux Etats-Unis, il n’y a pas beaucoup d’artistes jamaïcains. Il y a néanmoins beaucoup d’artistes américains.

Vivez-vous dans la foi Rasta ?
C’est une question qui mérite plus de temps que nous n’en avons ici pour y répondre bien. Mais une réponse rapide serait de dire que la vérité se trouve dans les détails.

Quel est le combat, les messages des Soldiers of Jah Army ?
Ce sont la Terre et les gens, tout simplement.

Vous avez joué en Europe et en France en 2007. Quels souvenirs gardez-vous du public français ?
Nous aimons le public français. La vibration est grande en France, très impressionnante. Nous sommes toujours contents d’avoir un échange et un retour chaleureux. Merci à la France.

Quoi de prévu pour les prochains mois et pour l’année 2011 ?
Nous avons un nouvel album que nous sommes en train de finir et, de mon côté, pas mal de projets sur lesquels je travaille en dehors de SOJA. Le projet solo de Chris Boomer en fait d’ailleurs partie.

Quelques mots pour les lecteurs de Reggae Vibes ?
Peut-être que nous nous devons de changer les choses, d’arrêter de parler et de commencer à écouter. Peut-être qu’il nous faut regarder ce monde moins comme un carré et plus comme un cercle. Merci à tous pour le soutien, nous continuerons aussi longtemps que vous le ferez.

Born In Babylon (Kingstone Records)

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #16 - février/mars 2011)