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mardi 8 février 2011

78 Reggae Connection : les Yvelines à l'honneur



La soirée-évènement 78 Reggae Connection est née d’une idée en forme de défi : mettre en relation les chanteurs et les sound systems des Yvelines et les faire monter sur scène. Un gros programme quand on sait que le 78 est l’un des départements les mieux dotés en la matière. La manifestation s’est déroulée le 17 octobre dernier à La Scène à Vernouillet. A l’affiche, pas moins de 14 chanteurs et 9 sound systems, avec, en prime, l’incontournable Big Red, ex-membre de Raggasonic. Brève présentation d’une scène dont vous n’avez pas fini d’entendre parler !
Organisé par l’association Carca’Sound, l’évènement avait de quoi convaincre les plus sceptiques : un concept de soirée bien pensé, plein de bonnes intentions et une affiche aussi alléchante par son visuel que par son contenu. L’occasion pour Latypik de faire connaître au public son nouveau titre « La Musique Sonne » sorti sur le label Carca’Sound (à écouter sur le précédent sampler Reggae Vibes). Actif dans le reggae music depuis près de dix ans, Latypik n’en est pas à son premier coup d’essai. Ses singles « Le Stylo Pleure » et « A Chacun Sa Façon » ont facilement trouvé leur place dans les bacs des disquaires spécialisés car c’est dans un esprit révolutionnaire et militant que Latypik écrit ses textes. Il nous prépare d’ailleurs un album aux influences riches dont la sortie est prévue pour 2010.
Derrière l’association Carca’Sound se cache le Digital Sound, en place depuis quelques années, et qui vient tout juste de sortir sa « Dubtape #1 », une mixtape regroupant les exclusifs Digital sound des références jamaïcaines. Krel, un toaster qui travaille régulièrement avec eux, est le genre d’artiste qui se laisse enrichir par les découvertes et expériences de la vie. D’origine guyanaise, c’est au sein du collectif PHONETIK qu’il fait ses premiers pas sur scène. Cette expérience achevée, il part à Londres pour s’imprégner de sons anglais. A son retour fin 2008, il multiplie les shows en Ile de France et travaille sur un projet qui paraîtra cette année et mêlera reggae, dancehall et hip-hop. En parallèle, il enregistre quelques combinaisons avec les M.C. B. Oner et Don Tony.
Tous deux ont débuté dans le hip-hop. Pour B. Oner, Londres a  aussi été une escale musicale importante durant laquelle il a pu s’imprégner du son des ghettos jamaïcains. Une influence qu’il mélange d’ailleurs à ses racines françaises sur son New Street Album : 15 Tracks Dancehall/Reggae/Hip Hop mixé et ambiancé par Digital Sound et sorti en 2008. Toujours prêt pour la scène, B. Oner a assuré la première partie de Sizzla à Vernouillet le 21 novembre dernier et il travaille actuellement sur la sortie d’un premier album. Quant à Don Tony, il s’agit d’un M.C. dancehall aux origines espagnoles revendiquées qui répond toujours présent à l’appel pour combinaisons et dubplates. C’est également dans le hip-hop que Rogi commence sa carrière musicale pour en arriver tout naturellement aux vibrations reggae. Suite à des collaborations avec des artistes et des sound systems, il joue sur de nombreuses scènes en France mais aussi en Europe, notamment en Italie au Rototom Sunsplash Festival. Son sound system, High Fly, est aussi un label qui s’est aussi un label qui s’est illustré avec la série Spread Dat Love distribuée par Jam Flavor. On y retrouve son titre « Si J’Agis » mais aussi le « Joy & Glorious Day » de Mark Wonder ou encore le « Ruff & Tuff » d'Anthony Que. Autre sortie récente en distribution chez Jam Flavor, le Blue riddim de Greatest Friends, avec, sur la série Chezidek, Queen Omega, Natty King mais aussi plusieurs artistes de la King Stone Family. Sous ce nom, un concept qui regroupe quatre chanteurs menant chacun en parallèle leur carrière solo : Terry Bible, Mota Favela, Roger Banton (déjà présentés dans les pages de Reggae Vibes) ainsi qu’Original Tonkar. Ils regroupent à eux quatre des styles, des voix et des langues variés. A l’origine, Original Tonkar aka Kyam chante avec le Lion Stepper band avec lequel il enregistre en 2008 l’album Live Up Right. Il prépare pour 2010 un projet solo, un album qu’il veut éclectique et dans lequel il jouera, comme à son habitude, avec les mots et les sonorités.
Lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’un band, les membres de la King Stone Family prennent le micro au côté du Control Tower sound system, actif depuis 2004. L’année 2010 verra la sortie d’une troisième compilation Kingstone Effect qui devrait être orientée plus dancehall que les précédentes. Une fois de plus, on y retrouvera des invités de qualité, un peu comme sur le premier volume de cette même compilation sur lequel Lord Diamen avait posé ses lyrics. Il est d’ailleurs certainement l’un des plus prometteurs de cette scène yvelinoise. Avec déjà quatre street albums intitulés Cahier De Brouillons et de nombreuses combinaisons, son flow percutant et ses textes emprunts d’une frappante vérité ont de quoi convaincre. Le Babtoopal sound system dont il fait partie sait ambiancer le dancefloor avec les meilleurs sons dancehall. En prime, ils animent le fameux Riddimkilla Show sur Riddimkilla.com. Bientôt disponible, le street album Paname Sound présente Lord Diamen sur lequel on pourra retrouver de nombreux featurings, notamment Lion Killa et Streup Daddy.
Les deux frères qui officiaient auparavant au sein du groupe Mad’Ras (dont l’album Le Mal Circule est sorti en début 2007) se sont lancés depuis dans des projets solo. Lion Killa a enregistré sa street tape Ma Vizion courant 2009 et il participe à plusieurs mixtapes. De son côté, Streup Daddy prépare actuellement son premier street album. Parmi les vétérans du 78, on n’oubliera pas de citer Fighta sound mené par Selekta Natty ainsi que Lion’s Light, tous deux présents dans le circuit depuis plus de 10 ans et qui ont de quoi faire danser les massives. C’est sans compter sur le renfort des sound systems Higher Level, Iternity et Izaboo sound systems. Si les années 2000 ont vu émerger nombre de représentants du reggae, Daddy Jee, M.C. du Eyes A Bleed sound system, est dans le mouvement depuis le début des années 1990. S’il se fait plus rare, il a posé en 2006 sur le Black Marianne riddim le titre « Il Est Temps » en combinaison avec M. B. On citera pour finir un collectif de chanteurs et chanteuses prometteur mais encore dans l’ombre : le Réel Crew. Leur titre « La Vie On La Savoure » sonne comme un heureux présage… Mais tout ceci n’est qu’un bref aperçu d’une scène musicale dont la graine musicale pourrait bien germer. Vous voilà prévenus !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #10 - février/mars 2010)

iWelcom - Des experts en promotion

On ne peut nier l’importance d’une promotion efficace dans le domaine musical, que ce soit pour la sortie d’un album ou pour l’organisation d’une tournée. C’est souvent grâce à elle que ces évènements ont de l’impact et prennent de l’importance. Présentation d’une agence de promotion artistique née il y a un peu plus d’un an et pour qui le reggae a bien peu de secrets.

iWelcom est composée de trois passionnés de musique qui ont fait leurs armes dans la promotion du hip-hop US et de la musique black. Leur objectif est de mettre en lumière des artistes dont le talent mérite d’être souligné. Guidés par leur sensibilité musicale, c’est le coup de cœur qui est déterminant. Et s’ils ne sont pas spécialisés uniquement dans le reggae, celui-ci occupe une place prépondérante dans leurs activités. Lorsque l’on consulte la liste des artistes qu’ils promeuvent, les noms fameux font légion : Anthony B, Beenie Man, Chaka Demus, Danakil, Omar Perry, Neg Marrons, Spraggy…  iWelcom propose des formules de promotion artistiques axées sur la sortie d’un disque. Formules TV, presse écrite, radio, web, ou encore MySpace, tout est bon pour assurer une diffusion de l’information et une visibilité marquée. Ils travaillent avec de nombreux partenaires qui assurent les contacts nécessaires au bon déroulement des actions de promotions. Plus d’une cinquantaine d’albums qui ont déjà été défendus par l’équipe. On peut citer notamment la promotion du nouvel album de Suga Roy et Conrad Crystal, And The Great Reggae Icons, sorti le 30 novembre dernier. Pour l’année 2010, l’équipe travaille sur plusieurs sorties très attendues comme les nouveaux opus de Perfect, Pablo Moses, Rootz Underground ou encore Dubmatix. iWelcom mettra également en avant des artistes reggae encore peu connus sur notre territoire comme Salim Jah Peter (Niger) – qu’on retrouvera en concert promotionnel le 11 février à la Bellevilloise à Paris - Taj Weekes & Adowa (Sainte Lucie) ou Rebelution (USA). Grâce à iWelcom, on assistera avec plaisir à la réinjection dans les bacs de la totalité du catalogue de Burning Spear accompagné de la sortie en France du coffret best of The Burning Spear Experience (2 CD + 1 DVD). La structure propose également ses services pour l’organisation d’une tournée qui promeut la sortie d’un prochain album. Ce pan complémentaire, actuellement en plein développement, devrait nous réserver de bien bonnes surprises.

En parallèle, iWelcom se lance également dans la production. Son premier bébé Rootscream vol. 1 mixé par Dr Dan et Selecta Milky Mike, sorti en décembre dernier. Une mixtape qui, avec 34 titres, nous baigne dans une ambiance rocksteady et early reggae du meilleur des années 1965 à 1975. Et pour garder pleinement l’aspect roots, le mix a été réalisé avec des vinyls collectors ! On y retrouve notamment Dennis Brown, John Holt, The Heptones ou encore Justin Hinds. En un mot, du très roots, du très bon !
iWelcom a pour ambition de lancer avec ce concept de « la crème du roots », toute une série de compilations mettant à l’honneur le meilleur du roots des années 1970. En effet, les répertoires musicaux de ces années sont d’une richesse inestimable et il serait dommage de s’en priver. De prochains volumes atteindront certainement les bacs courant 2010. Le label iWelcom est donc à suivre de près ! En clair, si iWelcom maîtrise avec brio son axe de prédiction qu’est la promotion, il ne serait pas étonnant que le développement des secteurs de la production et de l’organisation de tournées prenne de l’ampleur pour cette année. Pour notre plus grand plaisir !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #10 - février/mars 2010)

Mota Favela

La France regorge d’artistes talentueux encore dans l’ombre. Parmi ceux-ci, on compte Mota Favela. Coup de projecteur sur un chanteur à la voix et aux lyrics sincères.
Mota Favela est originaire des Yvelines, département où les actifs du reggae sont nombreux comme en témoigne l’article "78 Reggae Connection" page 62. Agé aujourd’hui de 25 ans, c’est dès l’adolescence que Mota Favela s’initie au chant et découvre la musique jamaïcaine et la culture rasta. Passionné par l’Amérique Latine, il mêle aisément français et espagnol. Ses textes posés sur des rythmiques nu-roots, parfois dancehall, l’inscrivent dans un créneau mélancolique avec des titres aussi bien engagés que plus lovers. Il trouve son inspiration dans le monde actuel, ce qu’il vit, ce qui le touche au quotidien. Dès 2000, il fait ses armes au côté des sound systems Control Tower, Lion’s Light ou Joyfull. En mars 2007, sort l’album C.T. Style qu’il partage avec Roger Banton et qui représente son premier travail accompli. Incorporé dans le projet Kingstone Family, il sort alors deux mixtapes téléchargeables gratuitement et se produit dans de nombreux concerts. Entouré d’artistes, les propositions de combinaisons se multiplient et notamment sur les street albums Cahiers De Brouillon de Lord Diamen, Sans Tabou de Red Lion ou encore Zot Ja Sav de Terry Bible. Sur le label Greatest Friends, distribué par Jam Flavor, sort fin 2008 son premier single « Bienvenido A Paris » sur le Music riddim, et tout récemment, « Quemar Babylon » sur le Blue riddim. Pour les projets à venir, Mota Favela prévoit un album acoustique qui mêlera les diverses influences qui le bercent, aussi bien reggae que soul et latino. Pour patienter, on se procure la mixtape Feel This One de Joyfull Sound où on peut retrouver plusieurs morceaux inédits. Comme son nom l’exprime, ce que cherche à nous offrir Mota Favela, c’est une petite parcelle de nature dans ce monde de béton. Qui pourrait s’en plaindre !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #10 - février/mars 2010)

Yaniss Odua / Straika D / Aka Koxx (14 novembre 2009 - Chapelle des Trinitaires - Metz)

En ce samedi 14 novembre 2009, les Antilles françaises étaient à l’honneur aux Trinitaires à Metz avec un plateau d’artistes au talent confirmé : Yaniss Odua et Straïka D. Pour ouvrir le bal, Aka Koxx, révélation nu-roots 2009. Le tout accompagné par le Faya Soldiers band. Autant dire qu’avec une affiche aussi alléchante, le public a répondu massivement à l’appel.
En première partie, Aka Koxx sait comment donner le rythme et les vibrations. Ce jamaïcain qui réside à Paris depuis plusieurs années déjà vient de sortir son premier album A New Day sur le label Legalize Hits. 100% reggae new roots et esprit positif. On note particulièrement son single « Serious Time » sur le Soprano riddim composé par Bost & Bim. L’homme a l’énergie et la bonne humeur pour emmener le public avec lui.
Entrée en scène du très charismatique Straïka D. On se souvient tous de ses débuts, de l’album Free D.O.M. et des featuring. Aujourd’hui, le travail a payé. L’homme a réussi à se faire un nom dans le reggae français et a de la matière pour convaincre. Vêtu d’une tenue traditionnelle, Straïka arrive sur scène pour nous donner un aperçu de l’ensemble de son parcours, de ce premier album sorti en 2004 au Hits To Hits de 2008. Straïka transmet le message tout en nous faisant danser. Avec des thèmes rastas toujours conscients, il utilise avec subtilité aussi bien le français, le créole que l’anglais. Le dosage est parfait. Le public, comblé, est dans le mouvement.
Et voici le tant attendu Yaniss Odua ! L’un des artistes les plus notables de la scène antillaise à l’heure actuelle, une valeur sûre qui ne cesse de s’imposer. Pour l’occasion, il donne le meilleur de lui-même de « Ça Nous Fait Mal Au Cœur » à « Cool Higher », en passant par « Pas Comme Ça », « Kick It Again » ou « Qui Est-Ce Qui ». Un panel complet de sa carrière et de tous ses talents vocaux. En exclusivité, Aka Koxx est invité à le rejoindre pour nous offrir en direct live leur combinaison « Living In Unity ». Pour finir, le titre que tout le monde attend, celui que le public chante en chœur – car Yaniss Odua fait partie de ses artistes français qui ont su instaurer une hymne reggae - « La Caraïbe ». Union du public, communion totale.
Vers minuit et demi, le concert s’achève. Voilà un spectacle d’artistes français qui donne envie d’en voir davantage et qui montre que le niveau est plus haut qu’il n’y paraît !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #10 - février/mars 2010)