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dimanche 13 mars 2016

Pungle Lions - Nouvelle Phaze

Le premier album de Pungle Lions, Round The Corner, est sorti en septembre dernier. Damny et Rouzman, anciens membres du groupe La Phaze, n’ont pas résisté à l’envie de démarrer un nouveau projet avec l’intention d’exprimer les inspirations musicales qui leur trottent inlassablement dans la tête. Rencontre avec Rouzman.

Que s’est-il passé pour vous à la mise en sommeil de La Phaze ?
Après des années passées sur les routes, nous avons pris le temps de nous poser un peu, de passer du temps chez nous, de réfléchir à ce que nous voulions et ne voulions plus faire… Quand tu arrêtes un projet qui t’as pris pas mal d’années, tu as besoin d’une petite période d’adaptation. Même si tu as muri l’idée depuis un petit moment, que tu t’es préparé à la fin de l’aventure, le jour où ça s’arrête, tu prends quand même un petit coup sur la tête. C’est ce que ressent n’importe quelle personne qui cesse une activité à laquelle il a consacré beaucoup de temps. D’une part, c’est excitant, parce que ça redonne du sang neuf, et, d’autre part, tu ne sais pas de quoi sera faite la suite… Vu le climat social et culturel en France en ce moment, il y a forcément une certaine appréhension.

Comment est née l’idée du groupe Pungle Lions ?
Après cette petite période de transition, nous avons eu envie de revenir à ce que nous savons faire et retrouver les personnes avec qui nous aimons le faire. Avec Damny, nous avons commencé à nous voir et à parler de ce qu’on faisait en ce moment. Nous avons décidé d’enregistrer un titre parmi quelques ébauches qu’avait Damny sur son ordinateur, sans prétention, ni ambition autre que celle de prendre du bon temps et d’essayer de faire un bon morceau. De là est venue l’idée de se voir une fois par mois – distance oblige, mais ça nous a permis aussi de démarrer en douceur – pour enregistrer à chaque fois un titre original et une reprise revisitée. Tout ça s’est fait dans le studio de Damny pour ensuite être poster gratuitement sur le Net.

Quelles ont été les premières compositions originales enregistrées en tant que Pungle Lions ?
La première a été « Oh The Light », qui faisait partie du matériel qu’avait Damny dans ses fichiers, et c’est sur ce titre que nous sommes tombés d’accord. Il collait à la vibe et à l’humeur dans lequel nous nous trouvions à ce moment-là. Ensuite, il y a eu « Pretty Gun » et « That’s Funny ».
  
Pourquoi avez-vous décidé de démarrer par une série de 45 tours digitaux en téléchargement ?
Nous avons gardé volontairement ce rendez-vous mensuel pour ne pas s’enfermer dans le studio et enquiller les titres les uns après les autres ! On ne voulait pas s’auto-influencer. Avec, à chaque fois, ce mois de recul, on revenait avec une certaine fraicheur et l’inspiration du moment. Ce qui explique la disparité entre certains morceaux. Il y a les morceaux d’hiver et les morceaux d’été ! (rires) L’idée du 45 tours, c’est un clin d’œil à notre côté old school. Nous nous revendiquons du rocksteady, du punk-rock, des sons qui circulaient beaucoup en 45 tours. En sortant deux titres à chaque fois, face A et face B, c’était le support idéal. Pour ce qui est du digital, il faut vivre avec son temps, comme on dit. C’était aussi la solution pour faire écouter nos chansons en quelques clics.

Peu de temps après est sorti l’EP That’s Funny. Etait-ce une étape nécessaire avant la préparation du premier album ?
En fait, c’était plus une stratégie du label que notre idée. Le disque était prêt avant qu’on ne signe, c’était un moyen de démarrer et d’officialiser notre collaboration avec Note A Bene.

Round The Corner est disponible depuis quelques mois. Quel est le fil conducteur de cet album ?
Nous avons voulu faire un disque agréable à écouter et qui soit assez frais. Avec La Phaze, le propos était engagé et axé sur le texte, la musique était aussi beaucoup plus agressive. Les textes de Round The Corner sont tout aussi importants, mais les choses sont racontées de manière plus positive, la musique beaucoup plus dansante et mid-tempo. Nous souhaitons que ce disque fasse un peu voyager l’auditeur, et, de préférence, au soleil !

Quelle est la particularité de votre musique selon toi ?
C’est une musique riche en influences. On y trouve du reggae, du rocksteady, du punk-rock, un côté hip-hop/électro dans la production… Bref, on a pioché dans notre discothèque d’ado jusqu’à aujourd’hui et essayé de synthétiser tout ça avec le son de la production actuelle.

Que représente pour vous cette nouvelle aventure musicale ?
Forcément, une certaine excitation, comme pour tout projet qui démarre ! On retrouve un côté instinctif, qui avait un peu disparu quand on enchaine beaucoup de concerts et plusieurs albums en dix ans. C’est très rafraichissant d’un point de vue artistique, et, d’un autre côté, nous savions que nous repartions de zéro, dans une période où le disque et le réseau de la musique en France ne se portent pas au mieux, dès que ça sort un peu des sentiers battus…

Que diriez-vous pour donner envie au public d’écouter Round The Corner et de venir vous voir en live ?
Soyez curieux, ne gobez pas forcément ce que vous balance les médias. Il n’y a pas que Maître Gims ou Christine and the Queens ! C’est sûr, il faut fouiller un peu, se déplacer, mais il y a plein de groupes qui s’autoproduisent et qui jouent tous les week-ends dans de petits endroits. Souvent, l’énergie y est très bonne. En ce qui nous concerne, nous essayons de balancer un set positif, dansant, dans la bonne humeur.

Comment se passent vos concerts ?
Pour cette année 2015, contrairement à l’année précédente, nous avons davantage axé le show sur le côté sound system. Nous avons décidé de dérouler le set comme le ferait un DJ. Nous avons amené de l’habillage, des samples, des riddims, des petits interludes… Nous sommes également passés à une basse séquencée, pour relever le côté électro, et avons pris un guitariste. Nous serons notamment au Rockers ont du Cœur, chez nous, à Nantes, le 12 décembre.

Quels sont vos plans pour 2016 ?
Vu que l’album vient tout juste de sortir, l’idéal serait de commencer par une belle tournée pour aller présenter ce disque un peu partout !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #45 - décembre 2015/janvier 2016)

dimanche 27 décembre 2015

Pungle Lions - Round The Corner (Los Production/Wagram)

Ça y est, le premier album des Pungle Lions est dans les bacs ! Damny et Rouzman, de La Phaze, se sont retrouvés, peu de temps après que le groupe n’est tiré sa révérence. Bien leur en a pris, puisque l’inspiration a démarré au quart de tour et, un an après la naissance de leur duo, ils sortaient Essential 45 Box Set sur la Toile, puis l’EP That’s Funny, comme avant-goût de l’album. Round The Corner de Pungle Lions est désormais disponible. Y figure notamment le titre « That’s Funny » feat. Rude, ainsi qu’une douzaine de morceaux, diversifiés et toujours énergiques. Cet opus s’inscrit dans un style large qu’on pourrait appeler dirty reggae ; impossible de l’enfermer dans une seule catégorie. Il y a du rock, du reggae, du ska, du hip-hop, du punk, de l’électro… L’ensemble donne des rythmiques punchy qui alternent des univers voisins – sans jamais dépasser les limites qui feraient perdre la cohérence globale – et sans jamais échapper à la nature relativement engagée qui les tient. Les textes, certains plutôt premier degré, d’autres plus imagés, en font presque oublier que nous sommes en présence d’un groupe originaire de l’Hexagone, puisque l’anglais est omniprésent d’un bout à l’autre. Si vous aimez goûter des saveurs éclectiques, cet album devrait vous plaire. Plus la peine de se demander pourquoi ils ont choisi de s’appeler Pungle Lions et comme ce nom leur convient bien. Damny et Rouzman n’ont pas fait les choses à moitié et on les en remercie : Round The Corner a vraiment de la gueule !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #44 - octobre/novembre 2015)

dimanche 6 décembre 2015

Pungle Lions

Damny et Rouzman se sont rencontrés dans les années 2000 au sein du groupe La Phaze, respectivement en tant que chanteur et batteur. L’aventure s’arrête en 2012, avec le sentiment partagé par ses membres d’être arrivé au bout d’une histoire de treize ans ! Il n’aura pas fallu bien longtemps aux deux angevins pour se lancer dans un nouveau projet, Pungle Lions, dont le premier album, Round The Corner, est sorti au mois de juin.
Début 2013, Damny et Rouzman se retrouvent en studio pour enregistrer un morceau de Damny. Ils ajoutent une reprise sur la face B et c’est parti pour Pungle Lions. Pour la petite histoire, « Pungle » est un terme inventé par La Phaze, une contraction de punk et jungle, associé au lion, symbole, entre autres, de force et de sagesse…  Il y aura d’abord la sortie de quelques 45 tours sur le web, sous le nom Essential 45 Box Set, puis l’EP That’s Funny, en février dernier. Le premier album ne se fait pas attendre, puisque Round The Corner est arrivé en juin. Souvent, une simple suite d’accords de Damny sème les graines d’un nouveau morceau, auquel ils ajoutent un beat, des arrangements, avant que ce dernier n’écrive le texte. L’idée de l’EP était de faire connaître le projet, à un prix modique, et de donner un avant-goût de l’album. Qu’ont-ils dans leur marmite ? Un style crossover, mélange de toutes leurs influences. « Même si, à l’époque où on s’est rencontré dans La Phaze, j’étais plus punk-rock et Damny, électro, on a toujours eu un goût commun pour la soul, le reggae, le rocksteady, le hip-hop… La couleur qui ressort de l’album est assez reggae, avec la présence de skanks, les mélodies, les beats… On a essayé d’amener à cette base un peu d’électro, de guitares plus saturées, du rock, du hip-hop… Un peu comme font certains groupes californiens qui viennent du punk et du rap, mais qui ont également écouté beaucoup de reggae des années 60. C'est ce qu’on appelle du dirty reggae. On peut dire que ça s’en rapproche. » L’album Round The Corner est disponible en cd, vinyle et digital. Niveau scène, Pungle Lions prévoit un set sound system bien rythmé, avec de l’endurance et du souffle à revendre. Pour l’instant, le duo se répartit voix, orgue, batterie, machines, mais n’exclut pas l’idée d’élargir par la suite la formation à d’autres musiciens… Qui vivra verra !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #43 - août/septembre 2015)