lundi 24 juin 2019

Marcus Gad & Tamal

Le Néo-calédonien Marcus Gad nous avait déjà fait voyager vers de hautes sphères lors de son album Chanting, sorti en 2017, avec son roots profond et méditatif. Son nouveau projet est issu de sa rencontre avec le beatmaker parisien Tamal. Bienvenue dans une bulle musicale intemporelle avec l’EP Enter A Space, disponible depuis le 1er mars.
« J’ai connu Clément Thouard, aka Tamal, peu de temps après ma première venue en Métropole. Nous nous sommes rencontrés dans une soirée, et ne nous sommes pas revus avant un bon moment. Un soir, on s’est croisé dans le métro à Paris, en sortant d’un concert d’Israel Vibration, et on s’est donné rendez-vous le lendemain pour faire de la musique ensemble. On peut dire que c’était le destin ! Enter A Space est né d’une session que nous avons faite à Paris chez Tamal il y a deux ans. Notre intention était vraiment de laisser libre cours à une inspiration ouvrant nos perspectives en matière de genres musicaux abordés. Nous avons tout composé et enregistré en une semaine ! Nous nous sommes vraiment mis en condition pour pouvoir entrer dans cette transe du studio où plus rien ne peut t’arrêter… »
Enter A Space semble être comme une transe passagère. « Il y a vraiment eu une préparation avant et pendant l’enregistrement de cet EP. Nous avons beaucoup médité, jusqu’à créer notre propre bulle de création, notre propre espace de réflexion lyrique et sonore. Ça se ressent beaucoup dans la texture des morceaux, qui sont aquatiques, atmosphériques, ainsi que dans les thèmes ; le tout dans une énergie très méditative, parfois presque pieuse. Les chansons sont vraiment le fruit de cette transe et nous avons retranscrit ce sentiment fort et profond qui nous a traversés pendant la session, sans l’altérer. La ganja a contribué à créer cette atmosphère mystique pour la composition des morceaux. Quant aux textes, j’ai été très inspiré par les enseignements non-dualistes de l’Advaita Vedanta. J’aborde de nombreuses fois le sujet de l’immortalité de l’âme qui découle de la nature transitoire du corps et de la matière. Au final, nous avons fait six chansons, comme les six branches d’une étoile, et c’est là l’espace dans lequel nous voulons vous inviter. » Le visuel vient tout droit du titre de l’EP. « La photo a été réalisée par notre ami Nacho Pelaez, alors qu’il prenait des clichés sous-marins dans la presqu’île du Sinaï, sur les côtes de la Mer Rouge. Nous avions partagé avec lui les sons et il les écoutait avant d’aller plonger. Il nous a dit qu’il ressentait une réelle harmonie entre le sentiment que lui procurait notre musique et celui qui venait de la plongée, pratique où l’on a véritablement la sensation d’entrer dans un espace nouveau. Cette photo symbolise parfaitement Enter A Space. Il nous l’a envoyée en disant que nous l’avions inspiré, nous avons tout de suite vu la pochette ! » Marcus Gad sera en tournée avec Tribe dès avril en France et en Europe, notamment en première partie d’Alborosie. A ne rater sous aucun prétexte !

Simba

https://www.facebook.com/Marcus.Gad.Official/ 

(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

mercredi 19 juin 2019

Mahom

Après la sortie de Fell In en 2017, Mahom revient avec King Cat. Toinou et Joris, ceux qu’on associe naturellement à leur maneki-neko depuis le remarquable The Skankin’ Cat sorti en 2014, continuent de s’aventurer dans les tréfonds du dub avec ce cinquième album.
Depuis 2005, Mahom s’est imposé dans le paysage du dub français. Plus de 300 concerts dans toute l’Europe, des dizaines de vinyles, des collaborations, leur projet parallèle Bass Trooperz, quatre albums et un nouveau sorti le 18 mars, disponible en CD, vinyle et téléchargement gratuit. King Cat, c’est un peu leur King Kong à eux. Le voyage n’est pas seulement musical, mais aussi visuel. Les graphistes de Irie Design, François et Béranger, se sont chargés de lui donner la juste illustration. C’est dans une atmosphère urbaine, l’aube encore chargée d’étoiles, que l’on retrouve le chat, sur les hauteurs des toits, d’un immeuble surmonté d’interminables enceintes aux néons du groupe, un disque à la patte… « Pour Mahom, le chat, c’est avant tout le maneki-neko, le chat qui skank, qui nous accompagne sur toutes nos scènes depuis 2013. Son mouvement est infini, tout comme l’inspiration. C’est aussi un être vivant, sensible, doux et agréable, au caractère subtil. Le thème de l’animalité se confronte en quelque sorte à l’humanité », explique Joris. « Cosmic Cat » ouvre la lecture des douze pistes de ce nouvel album aussi dub que félin. Le duo a bénéficié des conseils avisés de Panda Dub pour la direction artistique et des talents vocaux de Luiza, sur les morceaux « Snowball », « Le Temps de l’Amour », et de Green Cross sur « Digital Badness ». Le résultat donne un album moderne et électro à la recherche de textures sonores poussées.
A l’image des valeurs de la scène dub, et comme pour tous leurs précédents projets, King Cat est disponible en écoute et téléchargement libre sur la Toile avec ODG Prod depuis le 18 mars, ainsi qu’en CD et vinyle avec Flower Coast depuis le 22 mars. Antoine confie : « Le téléchargement libre est depuis toujours un de nos piliers, pour que notre musique soit accessible dans le monde entier. C’est très important de proposer notre musique gratuitement via ODG Prod, notre free net label. Pour les CDs et les vinyles, nous travaillons depuis maintenant quatre ans avec Flower Coast, label clermontois qui se bouge vraiment pour soutenir des projets d’univers différents, qui ont tous comme point commun l’humanité. Avec eux, nous avons eu envie de proposer un objet, car le numérique ça a du bon, mais voir la musique avec un visuel et l’écouter en vinyle, c’est quand même un gros kif ! »
Le King Cat Tour commence le 21 mars par la Release Party à Clermont-Ferrand. Avec Mahom, le règne du chat est déjà en place et ne manque pas de basses !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

vendredi 14 juin 2019

Dance Soldiah

Actif depuis plus de quinze ans dans le milieu du sound system parisien, Dance Soldiah vient de monter son propre label du même nom, honoré par la sortie de l’entraînant Sword Riddim le 15 mars et les titres de Chezidek, Skarra Mucci, Stranjah Miller, Taiwan MC, LMK, Djanta…
En quinze ans d’existence, les membres de Dance Soldiah ont organisé de nombreux événements de petite et grande envergure, participé à nombre de soirées, concerts et sound systems, monté leur studio, sorti une vingtaine de street tapes, animé leur propre émission de radio Unity Session de 2008 à 2016, développé leur ligne de vêtements en 2011, mis en ligne leur site internet en 2013, enregistré beaucoup de dubplates et même participé à des clashs, alors que leur réputation de juggling sound n’est plus à faire… On pouvait s’attendre à les retrouver un jour sur le terrain de la production. La série du Sword Riddim inaugure Dance Soldiah Records avec douze titres signés par quelques artistes jamaïcains et une large part française qui leur tenait beaucoup à cœur. Le Sword Riddim est sorti le 15 mars en CD, vinyle et digital, après les clips de « Soldier For Jah » de Stranjah Miller et « Vegan Style » de Chezidek. Une instrumentale new-roots composée par le Digital Cut Band, qui s’intitulait initialement L’Epée, et rebaptisée logiquement Sword.
S’ils ont eu l’occasion de rencontrer Chezidek, Skarra Mucci et Stranjah Miller lors de leurs tournées européennes, leur volonté était de faire une grande place à des artistes avec lesquels ils partagent beaucoup de valeurs et aussi venus de chez nous, ayant convié les talentueux Straika D, Taiwan MC, LMK, Djanta, Charly B, Caporal Negus, Typical Féfé et Tiwony, ainsi qu’Abel et Riflah, MCs attitrés du sound. Ils ont aussi eu la chance de rencontrer Kamo qui a su mêler l’esprit manga à celui du reggae-dancehall pour offrir un visuel à la hauteur de cette série explosive, porté par un personnage mi-lion mi-samurai qui en impose. L’intégralité du projet a été réalisée en France, des enregistrements dans différents studios (Dig, Irie Ites, Guardian House et le leur) qui ont nécessité une année pour tous les réunir, au mastering, en passant par le mix, les visuels, la promotion, l’édition et la distribution en collaboration avec Musical Impact, Dibyz Music et Baco Records. Voilà un one riddim qui fait sérieusement bouger les hanches et qu’on a tout le plaisir de pouvoir ajouter fièrement à sa collection de vinyles ou de CDs. En attendant les prochaines sorties du label, retrouvez notamment Dance Soldiah et tout l’esprit du sound system lors des soirées Paristown. Pull up selecta !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

vendredi 10 mai 2019

Matteo

Co-fondateur et membre de Chinese Man au côté de High Ku et Sly, Matteo vient de réaliser son premier album solo, Scaglia, disponible en CD, double vinyle et digitale depuis le 22 novembre.
Matteo avoue qu’il n’avait jamais vraiment songé à sortir un album solo avant un concert de Chinese Man à Lorient où ils ont tellement mis le feu avec Youthstar qu’il a voulu conserver et explorer cette énergie. Qu’il soit chez lui ou sur la route, le DJ et producteur crée en permanence du son sans forcément savoir où cela va le mener. Après la tournée d’été de Chinese Man en 2017, il passe beaucoup de temps à Marseille et compose assidûment. A l’issue de plusieurs mois et de quelques maquettes, Matteo se rend compte, avec l’équipe du label et ses compagnons de route, qu’un album se profile à l’horizon. C’est aussi l’occasion de rencontrer des artistes et de mélanger leurs talents, notamment des voix que reconnaîtront immédiatement les fans de l’homme chinois comme Kendra Morris, Youthstar… et de nouvelles collaborations comme CEZA d’Istanbul, Foreign Beggars, Priestess d’Italie...
Ayant laissé libre court à ses inspirations, cet disque est inclassable. Au croisement de l’électro et du hip-hop dans toute leur largeur, Matteo ne s’est fixé aucune limite. Certains morceaux existaient depuis déjà plusieurs années avant qu’ils ne soient finalisés à cette occasion, d’autres sont nés naturellement à ce moment-là. « Je crois que j’avais besoin de raconter des choses et que je l'ai fait avec Scaglia. J'avais envie de composer ce qui correspond à mes influences actuelles et plus anciennes et me laisser libre dans les styles musicaux. Je me suis un peu mis à l'épreuve, comme un challenge personnel. C'est une aventure assez différente de Chinese Man. Certaines étapes vont plus vite en étant seul à prendre les décisions, mais il y a aussi de grandes périodes de doutes. Je me suis fait de bons vertiges par moments ! À trois, les phases de création nécessitent un temps différent, homogène et consensuel. »
« Les années passées sur la route, les projets incroyables que je vis grâce à Chinese Man, ou encore ceux que j'entreprends de mon côté, sont très riches et j'ai cru parfois me faire dépasser par ces multiples facettes artistiques… C’est une adaptation permanente. Scaglia raconte cette phase de transformation et de mutation. Kotaro Chiba s'est inspiré de ces idées pour le visuel, qu’on souhaitait aussi pouvoir décliner en plusieurs couleurs. Il était libre dans sa création mais j'avais très envie de cette poésie. La rencontre de deux êtres, le caméléon et le personnage féminin, on peut imaginer qu'elle l'apprivoise en quelque sorte. (…) Des dates sont prévues cette année mais il n’y a pas de création live spécialement pour Scaglia. Je vais continuer à inviter spontanément des artistes qui ont participé à l’album lors des prochains concerts. Pour la suite, beaucoup de projets en vue, des voyages, et on m'a aussi confié la réalisation de la bande originale du premier long métrage de Jezabel Marques-Nakache… Cette année s’annonce vraiment très excitante. »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°64 - février/mars 2019)

dimanche 3 mars 2019

Rebelution - Free Rein (Easystar/Baco Records)

Chaque album de Rebelution peut s’écouter les yeux fermés, tant par la confiance qu’on leur accorde à produire des chansons de qualité dont il est impossible de se lasser, que par la beauté de leur musique qu’on laisse faire son effet sans entraves. Free Rein n’échappe pas à la règle. Si son style est facilement reconnaissable, grâce à la voix d’Eric Rachmany et à leurs compositions mi-reggae mi-rock si captivantes de la première à la dernière note, le groupe ne s’est jamais reposé sur ses lauriers. Ici, Rebelution s’est laissé toute la liberté d’explorer des styles qui se marient bien et d’échapper à une étiquette indécollable et réductrice, en préservant sa signature. Sur une trame résolument reggae-rock comme ils savent faire, on ne se prive pas d’accents folk, R&B, jazz, acoustique… Chaque piste a ses propres sonorités, sans gâcher l’harmonie de l’ensemble. La profondeur des thèmes ici ne fait que multiplier la richesse de ses différentes facettes. Il faudra certainement plusieurs écoutes de toutes ces belles mélodies pour entrevoir les nombreuses réflexions qui s’y trouvent. De « Celebrate » à « Constellation », en passant par « City Life », « Patience » ou « Good Day »… vous aussi aurez certainement du mal à choisir !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°63 - décembre 2018/janvier 2019)

mercredi 27 février 2019

Taj Weekes

On attendait avec impatience un nouvel album de Taj Weekes & Adowa après le délicieux Love, Herb and Reggae en 2016. To All My Relations, leur sixième opus, est sorti le 26 octobre en CD et digital.
Depuis Hope & Doubt en 2005, le reggae touchant porté par la belle voix de Taj Weekes poursuit son chemin pavé d’amour, de lucidité et de bienveillance. DEIDEM (2008), A Waterlogged Soul Kitchen (2010) et Pariah in Transit (2014) ont tous contribué à faire connaître aux quatre coins du monde le groupe et la voix unique de son chanteur. Le titre de ce nouvel album vient de leur voyage à Standing Rock dans le Dakota du Nord où ils sont allés apporter leur soutien aux Amérindiens qui dédient leurs prières « to all my relations ». Le message que Taj Weekes souhaite transmettre à tous ses contacts est que nous sommes plus semblables que différents : « Je vois cet album comme un voyage politique et social de découverte de soi. Car notre position sociale dépend d’où nous nous trouvons et elle signifie une position politique. C’est triste parce que tout est devenu politique, même ce qui est personnel. Ce disque, c’est mon point de vue sur la situation politique actuelle et sur mes rapports avec elle en tant qu’étranger, sur mon intégration, sur la meilleure façon d’exprimer mon état d’esprit dans le contexte politique qui m’entoure… Les premières chansons que j’ai écrites ont été « You and I » et « SOB » (Song Of A Bitch). Le titre « You and I » exprime cette idée que la haine nous est enseignée et qu’elle n’est pas naturelle. Nous n’avons aucune guerre à part celles que nous avons reçues. Le monde extérieur n’est pas figé, même si nous sommes pris au piège. Nous devons penser par nous-mêmes et apprendre à coexister… »
Taj Weekes a exploré tous les sujets qui l’ont touché d’une manière ou d’une autre, aussi bien la colère, la joie, la tristesse ou l’indifférence. « Je parle notamment de la crise des opioïdes dans « Heroin Trade » et aussi dans « Big Pharma », des mensonges flagrants dans « The Lie », de la violence excessive dans « Bullet From A Gun », du courage dans « One Little Spark », de la résistance dans « Vibe Up »… Mon humeur a changé tout au long de l’écriture des quinze chansons de cet album, comme il se passait beaucoup de choses dans le monde. Malgré ça, j’ai essayé d’être juste pour parler des différentes situations. Dans « SOB », les couplets et les chœurs ont été écrits dans des atmosphères tout à fait différentes, il y a le haineux et le détesté dans la même chanson. »
La majeure partie de l’album a été enregistrée à New York à la Mills Room, le studio de Sidney Mills, le producteur de Steel Pulse, et à son ancien studio, Coop. « J’ai rencontré Sidney bien avant cet enregistrement. Nous avions parlé de bosser ensemble, mais jusque là nos plannings ne le permettaient pas. Cette année, tout s’est bien aligné pour faire To All My Relations. Au final, nous sommes vraiment contents du résultat ! » Le clip de « Vibe Up » est sur la Toile depuis octobre. D’autres sont en préparation, sur « SOB », « What Do You Believe », « Insecurities »… Taj Weekes et ses musiciens seront en tournée en Europe en 2019. D’ici-là, pas de temps à perdre, cet album vous est adressé !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°63 - décembre 2018/janvier 2019)

samedi 23 février 2019

Tomawok - Eek A Wok

Tomawok, notre apache préféré vient de sortir un projet original qui lui va comme un gant, Eek A Wok, en hommage au style incontournable d’Eek-A-Mouse. Quoi de plus naturel quand on connait le flow exceptionnel du chanteur originaire d’Angers ! Composé de six pistes, Eek A Wok est disponible depuis le 5 octobre en vinyle et digitale. Les clips de « Indian Squaw » et « Ever Ready » avec Junior Cat sont déjà sur la Toile.
« J’ai énormément écouté Eek-A-Mouse ces dix dernières années, jusqu’à poser des flows totalement inspirés par cet artiste. Après deux chansons dans cet esprit-là, j’ai eu envie d’en faire d’autres et de sortir un projet. C’est comme si Eek-A-Mouse était entré dans ma tête le temps d’écrire ces quelques morceaux. Je me suis dit que la meilleure façon de nommer un projet de Tomawok totalement inspiré par le grand Eek-A-Mouse serait Eek A Wok, tout simplement ! J’ai commencé à travailler dessus il y a environ quatre ans, en parallèle de mes albums et mixtapes. Les titres ont été écrits entre 2014 et 2016. Il y a le ganja tune « Ganja City » et les autres parlent de la vie de tous les jours ou racontent des histoires… Ça faisait longtemps que j’attendais la bonne occasion pour solliciter Junior Cat pour une combinaison. Avec un ami commun, nous sommes allés à Kingston, il a écouté le riddim avec ma voix dessus et, le jour même, nous avons terminé « Ever Ready ». Je suis retourné là-bas quelques mois plus tard pour tourner le clip. Junior Cat a été agréablement surpris de la version finale », avoue Tomawok.
Le label D&H de Daddy et Hypa semblait être l’équipe parfaite pour travailler sur cet EP. « Je les ai vus à Rennes et je leur ai expliqué le concept un peu particulier de ce projet. Dès les premières maquettes, j’ai senti que ça allait très bien coller entre nous ! Tous les morceaux de l’EP sont différents, on a essayé de varier les styles. Le titre « King Kong », qui est le deuxième morceau que j’ai écrit dans cette vibe, figurait déjà sur l’album Weedamuffin. En faire un remix avec D&H était une bonne occasion de l’inclure ici. J’ai mis la version aussi pour laisser la place à chacun de chanter dessus ! Sinon, je travaille actuellement sur mon troisième album, et même sur le quatrième… Le clip de « Ganja City » tourné en Jamaïque va bientôt sortir. D’ailleurs, je produis aussi une série sur ce riddim… Et surtout, le Eek A Wok Tour a déjà commencé ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°63 - décembre 2018/janvier 2019)

mardi 19 février 2019

Black Roots

Les Anglais de Bristol viennent de sortir un nouvel album intitulé Take It, le quatrième depuis leur grand retour en 2012. Après un silence qui aura duré près de vingt ans, plus rien ne semble pouvoir arrêter Black Roots !
Propulsé sur le devant de la scène au même moment que UB40, dans les 80’s, Black Roots compte parmi les meilleurs groupes de l’histoire du reggae UK. Ils jouent une musique qui dénonce les injustices et les failles du système, enregistrent une dizaine d’albums et donnent de nombreux concerts en Europe, avant de disparaître complètement du paysage musical en 1993… C’est grâce à Makasound que le groupe revient dans les bacs, puisque le label rachète les droits et ressort une partie de leur catalogue, notamment On The Frontline en 2004 et In Session en 2007. De son côté, le label anglais Bristol Archives Records réédite en 2011 une compilation de leurs singles, The Reggae Singles Anthology, et leur album All Day All Night. Le groupe se reforme cette année-là et il faudra attendre encore un tout petit peu pour pouvoir écouter un nouvel album et les voir à nouveau sur scène.
Huit à la création du groupe en 1979, Jabulani Ngozi (guitare), Kondwani Ngozi (voix, congas), Carlton Smith (voix) et Errol Brown (voix) ont raccroché pour reprendre les rênes, continuer l’histoire et perpétuer l’esprit rebelle et bon de Black Roots. On The Ground sort en 2012 chez Sugar Shack Records. Il sera suivi par Ghetto Feel en 2014 et Son Of Man en 2016 chez Soulbeats Records, puis de l’EP I Believe l’année dernière. Toujours fidèle à son reggae roots originel, Black Roots en a des choses à dire maintenant que ses membres ont repris le micro ! Disponible depuis le 2 novembre en CD, vinyle et digital, Take It s’adresse tout particulièrement à la nouvelle génération. Le titre éponyme ouvre l’écoute et exprime l’idée que nous vivons actuellement dans un monde davantage guidé par l’argent que par l’humain. Il suggère de prendre sa vie en main et de rester combattif. C’est le constat des dommages causés par le système qu’ils expriment sous différents angles au cours des onze chansons de l’album (dix sur la version vinyle). Black Roots trouve une grande part de son inspiration dans les souffrances de l’humanité, avec une profonde envie de justice animée de la meilleure énergie positive. C’est la voix de ceux qui ne sont pas entendus et qui choisissent d’échapper à la méchanceté qui sévit sur la planète. En bons soldats de Rastafari, leur objectif est toujours d’inspirer le public avec leurs vibrations, aussi bien spirituellement que mentalement et physiquement. Actuellement en tournée, Black Roots se fait un plaisir de jouer en live ses incontournables de l’époque comme les morceaux des récents albums. Si vous voulez vaincre Babylone, rejoignez-les !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°63 - décembre 2018/janvier 2019)

vendredi 15 février 2019

Chinese Man - Shikantaza Remix

Un an après la sortie de l’album Shikantaza, Chinese Man prolonge le voyage avec sa version remixée, comme ils avaient déjà pu le faire avec Racing With The Sun. Les morceaux sont donc passés entre les mains de nombreux artistes, aussi bien français qu’internationaux, pour leur offrir une seconde vie et nous en mettre plein les oreilles.
Le label indépendant et le collectif Chinese Man ont vu le jour en 2004 par l’amour de la musique authentique et des disques vinyles. Inclassables dans un seul genre, les trois compères réunis sous le joug de ce mystérieux homme chinois sortent d’abord deux volumes des Groove Sessions, en 2007 et 2009, suivis deux ans plus tard par l’incontournable Racing With The Sun. Remix With The Sun sort l’année suivante et le troisième volume des Groove Sessions arrive ensuite en 2014. High Ku, Sly et Zé Mateo renouvellent l’expérience du remix intégral, avec leur dernier opus, Shikantaza, publié en février 2017. Dès la réalisation de l’album original, ils imaginaient qu’il pourrait y avoir des remixes des morceaux qu’ils étaient entrain de composer. Alors qu’ils ont enchaîné les mois suivants avec la tournée de l’album et des concerts dans toute la France, affichant souvent complets, puis chez nos voisins européens et même aux Etats-Unis et au Canada, ils ne pouvaient pas en rester là, curieux d’entendre ce que donneraient des collaborations autour de ce projet, avec des artistes de leur entourage, comme Mophono et OBF, d’autres qu’ils ont rencontré en tournée, notamment L’Entourloop et ProleteR, et quelques uns qu’ils ont sollicité spécialement pour l’occasion, appréciant leur travail, tel que Clap ! Clap !…
Toujours surpris à la première écoute des remixes réalisés, ils reconnaissent qu’il est déstabilisant d’entrer dans la nouvelle version d’un morceau sur lequel on a longuement travaillé, jusqu’à s’approprier sa nouvelle atmosphère, parfois très différente de l’originale… Le choix des pistes à remixer s’est fait en concertation. S’ils ont souvent proposé le morceau qui leur semblait le plus en adéquation avec le style de l’artiste, chacun a eu le loisir de choisir celui qui les attirait spontanément. Au final, quatorze titres ont été remixés, dont trois à deux reprises (« Blah », « Liar » et « Anvoyé »), pour obtenir un tout nouveau Shikantaza sacrément relevé ! L’ordre diffère de la tracklist originale en fonction des rythmes et des sonorités de chaque piste. Les clips de « Blah » remixé par L’Entourloop, « Liar » par Mophono et, tout récemment, « Modern Slave » remixé par Matteo lui-même sont à visionner sur leur chaîne YouTube et en disent déjà long sur cette vaste exploration musicale. Shikantaza Remix est disponible en CD, double vinyle et digitale, depuis le 9 novembre dernier !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°63 - décembre 2018/janvier 2019)

lundi 11 février 2019

Natural Mighty

Formé en 2007, le groupe Natural Mighty vient de sortir, le 9 novembre dernier, son deuxième disque, Reflection Of My Dreams, chez Khanti Records. Plus qu’une simple œuvre musicale, derrière ce titre intriguant se cache un véritable album-concept qui raconte une histoire articulée autour de l’idée du rêve, tout au long de ses dix chansons.
C’est dans un studio en pleine cambrousse qu’ils se sont baptisés ainsi, jouant avec les mots « nature » et « almighty ». Réunis par l’amour du reggae roots, les musiciens du groupe ont tous connu des expériences musicales de différents genres avant de se retrouver. Après quelques évolutions dans la formation, Natural Mighty est aujourd’hui composé d’Alex aux claviers, Théo à la batterie, Matt à la basse, Vivien à la guitare rythmique, Papaye à la guitare lead, Francky et Vanessa aux chœurs, et Gene-Vincent au chant lead. En 2011, Gene-Vincent rejoint le groupe et, peu de temps après, sort le premier album éponyme en autoproduction, suivi du EP Good Time en 2015. Reflection Of My Dreams est leur second long. Il s’agit là d’un album-concept, centré sur une idée bien précise et sur la volonté d’un album qui tient en dix pistes avec un fil conducteur, une seule et même histoire du premier au dernier morceau.
Inspirés par les lectures d’American God et Sandman, deux œuvres de Neil Gaiman, l’envie de faire un opus axé sur le rêve a été une évidence pour Gene-Vincent qui a fait découvrir le comics des 90’s Sandman aux autres membres du groupe qui ont immédiatement accroché. Voilà qui a posé le cadre d’un univers fait de magie et de force mystique et donner l’inspiration d’écrire des histoires courtes où le plus important n’est pas Sandman mais plutôt le personnage qui se révèle à son contact. L’histoire commence par l’envie pour le héros de partir et fuir la dure réalité. Sandman lui apparaît et lui propose de créer un monde à ses idéaux. Il imagine un monde parfait, solidaire et juste, mais l’amour y est artificiel, ce qui le plonge dans une grande solitude. Il invoque à nouveau Sandman pour quitter ce monde factice et reprendre sa vie en main… Cette aventure s’interroge sur les contradictions et les complexités de la nature humaine. Rêver sa vie ou vivre ses rêves, telle est la question. Gene-Vincent confie : « L’idée était de partager nos questionnements entre la brutalité de notre quotidien et nos idéaux, qui sont parfois contradictoires, sous une forme musicale essentiellement reggae. Notre inconscient est souvent bien plus connecté au réel que nous le pensons. La quête de notre personnage à travers ces dix morceaux est de se reconnecter avec lui-même… »  Pour cet album à la fois roots et contemporain, le groupe francilien a sollicité les talents de Guillaume Stepper Briard et Didier Bolay, Rico Gaultier, Faya Horn, les musiciens des Frères Smith Saké et Fab… Les enregistrements ont eu lieu au Wise Studio et se sont achevés il y a six mois de ça. Une release party de Reflection Of My Dreams aura lieu le 25 janvier à Paris, avant que Natural Mighty n’aille partager ses vibrations rêveuses partout où ils sont les bienvenus !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°63 - décembre 2018/janvier 2019)