mercredi 27 juillet 2011

Toguna

Originaire de l’île de la Réunion, le groupe Toguna, dont le nom vient du malien et signifie « maison de la parole », propose une musique métissée, un certain folk-soul-reggae sans bornes et qui a tout pour séduire.
Depuis dix ans, Sila et les quatre musiciens qui composent Toguna ont construit leur propre musique. Tous issus du reggae qu’ils ont massivement écouté et joué, ils développent, dans un premier temps, un répertoire clairement roots. Peu à peu, leur style s’ouvre, touchant aux diverses influences qui les portent, proposant une sorte de déclinaison spéciale dont ils sont les seuls à avoir la recette. Ils prennent plaisir à faire place à des instruments atypiques comme la slide guitare ou le kayamb. Ils enchaînent de nombreuses années de scènes et de création avant de réaliser leur premier album, Sans Frontières, où cette sonorité live se fait sentir. Il sort en 2008 à la Réunion et au Japon, l’année suivante en France, chez Sakifo Records. Ce qui leur vaut d’être élu « meilleur groupe de l’année » aux Trophées des Arts afro-caribéens, en 2008, et « coup de cœur Fnac » l’année suivante. S’ensuivent de nombreux concerts qui les emmènent en Australie, au Japon, dans l’Océan Indien, et leur donnent la matière d’un nouvel album. Celui-ci est disponible depuis mars et s’intitule In Colors. Il a bénéficié d’une production lourde avec une équipe de qualité : enregistré à Londres avec le duo basse-batterie Soul Sewell et Richie Stevens (Keziah Jones, Patrice, Gorillaz), mixé au studio de Patrice en Allemagne par Ricky Olilo (Ayo, Nneka) et masterisé à New-York par Tony Dawsey (Jay-Z). « C’est le résultat d’un an de création, de kiff artistique et de voyages ». Ce printemps est consacré à une tournée européenne, l’occasion de monter sur scène présenter les nouveaux morceaux, de faire des rencontres et de s’ouvrir à de nouvelles aventures. D’autres projets occupent déjà leurs esprits : certainement des clips, à découvrir dans les prochains mois, et bien d’autres surprises encore.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #18 - juin/juillet 2011)

mardi 26 juillet 2011

Requiem pour un Jaki - Lyricson / Dub In VO (01er juillet 2011 - Lunéville)

Cette année accueillait la 6ème édition du festival Requiem Pour Un Jaki, se tenant à Lunéville, en ouverture du mois de juillet. Au programme, un parcours dans les musiques actuelles, de la chanson au reggae en passant par le rock et le dub. Festival sur la thématique européenne et le développement durable, la programmation se voulait un mélange de groupes renommés et d’autres, régionaux, forts prometteurs. Un évènement lorrain qui mérite d’être connu.
Rendez-vous dans un coin de nature du côté de Lunéville dès 18h avec, pour chaque jour, 5 groupes à l’affiche. Ce 1er juillet : Lyricson et Dub In VO précédés par Pigalle, As Malick & Blue Tribe ainsi que Bender.
Dès la fin d’après-midi, Bender et As Malick & Blue Tribe se chargent de mettre l’ambiance sur le site du festival. Puis, Pigalle prend la relève avec son mélange des genres plutôt énergique. C’est ensuite à Lyricson de nous faire vibrer. Il n’est pas accompagné d’un band mais simplement de son sélecteur, Chadness, en mode sound system pour l’occasion. Etant donné le public présent devant la scène, impatient de le voir prendre le micro, le singjay peut se vanter de l’avoir fait se déplacer en masse. Annoncé initialement pour 23h, c’est vers minuit moins le quart qu’ils entament le show. Lyricson est en grande forme (comme toujours en fait, non ?). Son dernier album s’intitule Messages, succédant à Born To Go High et Keep The Faith, chacun présentant tout le talent de Lyricson, ses considérations spirituelles et profondes sur une musique largement nu-roots. 
Mais il sait aussi assurer le dancehall comme de nombreux singles en attestent. La prestation de ce soir se veut la plus riche et éclectique possible : Il ne s’agit ni d’un parfait reflet du dernier album honorant le nu-roots et louant Jah, ni d’une prestation uniquement dancehall. Lyricson traverse les genres et il est à l’aise sur toutes les instrus, même hip-hop. 
Il invite à deux reprises son sélecteur Chadness, compagnon de longue date, à prendre le micro pour proposer ses titres, petites interludes que le public tente d’apprécier comme telles. 
Forcément, le temps passe vite, Lyricson ne peut interpréter tous les morceaux que chacun voudrait et certains font apparition au sein d’un medley. On aura pu apprécier notamment « From The Beginning », « Glad You’re Mine », « Solid Ground », « Suburb Politician », « Bad Load », un « Three Little Birds » que le public a chanté de tout son cœur… ainsi que de nouveaux titres.
C’est ensuite à Dub In VO de clôturer cette première journée du festival. Ce combo nancéien de dub électro s’est fait une place sur la scène dub européenne depuis plusieurs années maintenant. A chaque fois, les quatre musiciens emportent leur public dans des vibrations et des basses profondes appuyées par un jeu de lumières en conséquence. Leur premier album, The Needle, date de 2008. Pour patienter avant le second, annoncé pour l’année prochaine, ils ont sorti, il y a quelques mois, avec Dubmatix, le split vinyl Breakdown System, disponible sur CD1D. Il est plus d’1h30 lorsque Dub In VO commence son show. La température est tombée mais n’a fait déclarer forfait qu’une infime partie du public présent. Le dub résonne et personne ne s’en prive. Quelques relances au micro incitent chacun à en profiter au maximum. Pour le final, ils appellent l’équipe du festival à les rejoindre sur scène. Une quinzaine de bénévoles vient se lâcher à leur côté sur le morceau « Dolls ». Il a beau être 3h du matin, l’énergie n’a pas faibli !
Pour la seconde journée du festival, d’autres styles musicaux à l’honneur comme le rock et la chanson avec Merlot (ex-Baobab), Kiemsa, Alex Toucourt, Les Dés Givrés et Le Clan D’Estinnes.

Simba


(pour Reggae-Est.fr)

lundi 25 juillet 2011

Fête de la Musique - Scène Reggae (21 juin 2011 - Parc Wilson - Thionville)

Cinquième année consécutive que la ville de Thionville confie la programmation de la scène reggae à l’association Melting Pot, et ce n’est pas par hasard. Chaque année, les massives sont plus nombreux à se réunir Parc Wilson pour passer un bon moment où dominent vibrations positives et espaces verts. Pour accueillir l’été 2011, une nouvelle affiche des plus convaincante : la belle et talentueuse Mo’Kalamity accompagnée de The Wizards. Pour la précéder, Tidacoustyk, Fyah P et Lord Bitum backés par le Mighty Tone Band. Et comme si cela ne suffisait pas à combler chacun, Natural Mat pour proposer quelques sélections bien dosées entre les concerts et avant l’arrivée du couvre-feu.
C’est dès 20h qu’il fallait se rendre Parc Wilson pour ne rien manquer de cet évènement. La ville de Thionville grouille de voitures à la recherche d’une place où se garer pour y célébrer la musique. En effet, certains n’hésitent pas à effectuer une heure de trajet pour l’occasion. C’est à Tidacoustyk d’ouvrir. Le trio ne cesse d’occuper les scènes pour faire connaître son Prologue et son univers acoustique singulier jouant « Mad’moiselle », « Il Ramène Le Soleil » etc.
Fyah P et le Mighty Tone Band les relaient. Ce jeune singjay originaire de Dijon est à découvrir. Ses Conscious Vibes Tape volumes 1, 2 et 3 sont disponibles en téléchargement gratuit sur son MySpace. Sa prestation atteste d’un potentiel que son premier album solo annoncé pour bientôt devrait confirmer.
C’est ensuite à Lord Bitum de prendre le micro et de s’entourer du Mighty Tone Band. La cohésion coule de source. Il traverse son répertoire : ses compos (« Je Ne Lâcherai Pas L’Affaire », « Bizness », « Loin d’Elle », « Good Vibes »…) ou reprises (« Morts Les Enfants », « Chacun Fait »…), et l’ensemble du Parc Wilson n’y est pas insensible. Le volume 2 de Bitum & Friends, dont la sortie est imminente, devrait en ravir plus d’un, en attendant avec impatience celle de son premier album solo.
Vers minuit, Mo’Kalamity et les musiciens de The Wizards se chargent de finir ce concert en beauté. Pour cela, on peut faire confiance à la capverdienne. Accueillie quelques mois plus tôt à Bibiche Reggae Party, c’est un plaisir d’apprécier à nouveau la douceur de son reggae conscient et réalité : « Autour de Toi », « Petit Bonhomme », « We’ve Got The Power », « Jah Love »… Toute l’assemblée est envoûtée.
Lorsque le show s’achève, Natural Mat fait tourner les platines et le parc se vide tranquillement jusqu’au rappel des horaires à respecter. Extinction des feux à 1h du matin, chacun étant ravi d’avoir choisi de commencer l’été par un tel évènement.
Merci à tous !

Simba


(pour Reggae-Est)

vendredi 15 juillet 2011

Turn Up Your Swag - Irie Crew / Lazy Flow (17 juin 2011 - L'Envers - Nancy)

Pour clore la saison musicale, Irie Crew prévoyait un dernier rendez-vous qui se devrait de faire monter la température, quelques jours avant le démarrage officielle de la saison estivale. L’Envers de Nancy accueillerait cet évènement qui serait exemple de mélange des genres et des publics, le sound system nancéien partageant l’affiche avec le DJ parisien Lazy Flow, pratiquant l’électro dans toute sa diversité. Aucunes limites posées pour cette soirée appelée Turn Up Your Swag, le vendredi 17 juin de 23h à 5h !
Le caveau de L’Envers a largement tout l’espace pour accueillir de nombreux massives et leur offrir de passer une bonne soirée, de partager ensemble des vibrations variées. Vers minuit, les lieux sont encore peu bondés mais Irie Crew est déjà au contrôle avec une sélection nu-roots dancehall qui ravit les habitués de Flying To Jamaica et initie tout en douceur les autres. On discute, on se détend, tout se passe bien pendant que la salle se remplit de plus en plus. Irie Crew joue un bon set dancehall hip-hop qui a tout pour plaire et faire monter l’ambiance. Vers 2h, les nancéiens laissent la place au DJ parisien pour un mix d’un autre genre, où l’électro domine. Là aussi, il y a du public pour répondre à Lazy Flow. Chacun y trouve son compte sans encombre. Le dancefloor déverse toute son énergie, alors qu’on apprécie aussi de prendre un verre et de discuter avec chacun. Vers 3h30, Irie Crew est de retour pour encore une bonne heure de reggae dancehall qu’ils savent si bien sélectionné et diffusé, chacun ayant en tête les souvenirs des nombreuses soirées qu’a pu proposer Irie Crew depuis plusieurs années maintenant. Peu avant 5h, les lumières se rallument, il est temps de mettre fin aux festivités et de gagner l’extérieur où le soleil est sur le point de se lever.
Une soirée riche en bonnes vibrations avec une note d’ouverture et de bon esprit. Le prochain Flying To Jamaica est prévu pour le 1er octobre. D’ici là, on ne peut que souhaiter un maximum de vibes sur la route de l’été et des vacances. Rendez-vous notamment tous les mardis sur www.flyingtojamaica.fr pour apprécier leur show radio live de 21h à 22h30. Big Up !

Simba


lundi 4 juillet 2011

Tony Nephtali & 57 Roots Band / Major / Tidacoustyk (10 juin 2011 - Rider's Park - Messancy )

Avec la fermeture annoncée d’une des salles de musiques actuelles les plus agréables de la zone frontalière France/Belgique/Luxembourg, ses fervents adeptes ne risquaient pas de perdre en énergie et détermination pour prouver l’importance du Rider’s Park pour la diffusion culturelle, la cohésion sociale et la mobilisation d’un territoire. 
Dans cet esprit, le vendredi 10 juin était marqué d’une pierre blanche, avec une soirée reggae qui s’annonçait des plus massive : à l’affiche, une partie du meilleur du talent local réunie pour l’occasion, à faire se demander pourquoi on entend encore dire qu’il n’y a rien de bien intéressant dans le reggae français. Cet évènement était là pour prouver le contraire, avec Tony Nephtali & 57 Roots Band, Major, Tidacoustyk et le Green Spirit sound system. Le juste bon programme pour entamer ce long week-end !
Alors que la nuit n’est pas encore tombée, les amateurs de reggae commencent à arriver tranquillement, profitant des lieux on ne peut plus appréciable qu’offre le Rider’s Park. Green Spirit se voit confier la tâche de la sélection musicale, et elle ne leur a pas été attribuée par hasard. C’est à Tidacoustyk de monter les premiers sur scène pour le plus grand plaisir d’entendre et de chanter leurs titres qui réchauffent les cœurs, « Il Ramène le Soleil », « Sonnez l’Alarme » ou « Mad’moizelle ». Lord Bitum les rejoint pour, en cadeau, un duo exclusif. 
Petite interlude où la formation de Major s’installe et les instruments sonnent à nouveau. Ce groupe mosellan propose un reggae nu-roots qui s’écoule avec fluidité mené par les voix de Major et d’une charmante demoiselle. La découverte musicale se déroule avec enthousiasme, aucune raison de quitter les lieux. Ijahson monte sur scène à leurs côtés, l’ambiance s’intensifie progressivement. La suite devrait assurément continuer de faire monter le baromètre des bonnes vibrations. 
Nouvelle entracte, Tony Nephtali et le 57 Roots Band prennent place. Occasion supplémentaire d’apprécier leur musique en attendant que leur album Croisades, déjà annoncé comme indispensable, soit disponible. « Empress » ouvre le set avec splendeur, assurant d’entrée que ce concert va en transporter plus d’un, disséminant un maximum de vibrations positives et conscientes. De « Laisse Les Croire » à « Love Intention » en passant notamment par « Les Maux », « M. Le Président » et « Trouve », toute la beauté du reggae music sonne et trouve réponse. Le Revolution/Intercom riddim revisité en est la parfaite illustration. Aucun doute que le mouvement est en marche. 
Pour finir le show, Tony Nephtali invite tous les artistes présents à les rejoindre sur scène (Kolia (RIC), Tidacoustyk, Lord Bitum, Major, Mister Bouldegom, Lion Gools, Ijahson...). L’unité règne sans pareil. C’est sur « Donne le Maximum » que chacun apporte sa petite touche. Le message passe : l’unité fait la force ! La salle est comblée, en adéquation totale avec l’état d’esprit défendu ici. 
En guise de conclusion, le Green Spirit reprend le contrôle des platines pour un final nu-roots dancehall (T.O.K., Alborosie, Damian Marley…). A la coupure du son, nombreux sont ceux qui n’ont pas vu le temps passer et qui seraient bien restés sur place, ignorant le couvre feu. Une soirée reggae qu’il ne fallait pas manquer et dont les absents entendront parler !
Retrouvez le nouveau titre de Tony Nephtali « Chaque Jour » featuring Yazid sur http://soundcloud.com/tonynephtali, ainsi qu’une ligne de t-shirt en série et tailles limitées ! 
Maximum Respect !

(pour Reggae-Est.fr)

lundi 27 juin 2011

Lord Bitum / Skydone / Mec Low & 220 sound system (11 juin 2011 - Barsi Barla - Nancy)

Nouvelle association du paysage nancéien, Faya Riddim, qui pour sa première soirée choisissait le Barsi Barla pour accueillir un plateau français des plus intéressants. Au programme, Lord Bitum, Skydone ainsi que Mec Low accompagné du 220 Sound System.
Ces derniers temps, le Barsi Barla ne donnait pas tellement l’occasion de s’y rendre pour apprécier des vibrations reggae. Du coup, nouvelle association couplé à lieu peu fréquemment mobilisé pour ces évènements laissait deviner que tous les habitués n’en seraient peut-être pas informés. Le 220 sound system, originaire de Caen, enchaîne les titres pendant que chacun arrive doucement (Damian Marley, Sister Nancy, Barrington Levy, Capleton, Sizzla…). Pour commencer, le micro est donné à Mec Low, actif en Haute Normandie avec le Simeon sound. Du reggae engagé, défendant des idées et conscient. En bon singjay, il partage des « Good Vibes », des « Big Up » ou s’adresse à notre cher président pour demander du changement. Vous pouvez télécharger sa mixtape Message de Paix pour vous faire connaissance avec l’univers de Mec Low. 
C’est au tour de Skydone de s’emparer du micro. Ce parisien apparaît d’entrée comme un jeune talent, certainement un nom de la scène reggae parisienne à retenir. Avec des titres des plus prometteur comme « Elle Est Si Belle » ou « Il Est Proche » ainsi qu’une intense combinaison avec Blacko « Force Et Courage », Skydone a de quoi convaincre. 
Enfin, Lord Bitum, accompagné du Raggadikal Sound, se charge de clôre la soirée au top niveau avec « Bizness », « Positif », « Good Vibes », « Je Ne Lâcherai Pas l’Affaire »… Rappelons que la sortie de Bitum & Friends vol.2 ne devrait plus se faire attendre longtemps. Tout le monde est dans l’ambiance. En note de fin, chacun redonne un peu de ses vibrations et le 220 sound system joue quelques derniers titres avant l’extinction du son et l’allumage des lumières. Une bonne première soirée pour Faya Riddim, à qui l’on souhaite sincèrement pour les prochaines que les massives nancéiens qui entretiennent le mouvement dans ce bon esprit qu’on apprécie tant soient au rendez-vous.
Big Up Everyone !

Simba



dimanche 26 juin 2011

Julian Marley / Lord Bitum / Tidacoustyk (03 juin 2011 - La KulturFabrik - Esch sur Alzette)

Nouvelle occasion de se rendre sans hésitation à la Kulturfabrik pour un concert exceptionnel d’un certain Julian Marley, progéniture de l’icône du reggae. La Kulturfabrik, Melting Pot et Irie Crew présentaient cet évènement avec en première partie Lord Bitum et Tidacoustyk.
Tous ont été informés de cette venue et ne tardent pas à se rendre sur les lieux dès 20h30. Pour commencer, la mise est jambe est confiée au trio de Tidacoustyk, rappelant la sortie récente de leur premier album Prologue, à se procurer pour apporter à sa discothèque une bonne dose de reggae acoustique français. C’est ensuite au tour de Lord Bitum de s’emparer du micro backé par Raggadikal. Depuis X-Factor, on ne cesse de parler de lui, de constater son talent, attendant la sortie de l’album qui sera précédé, dans les prochaines semaines, par celle de Bitum & Friends vol. 2.
Julian Marley arrive sur la scène, décorée en circonstances pour faire entrer dans l’ambiance, parée du visuel de son dernier album Awake (2009). Il est le fils dont on dit qu’il a la voix la plus proche de celle de son père, qu’à certain moment, en fermant les yeux on pourrait douter de ne pas retourner plus de trente ans en arrière. Julian fait son bout de chemin sur cette voie-là, du reggae roots, tranquille mais empli de sens. Le concert est l’occasion d’explorer sa discographie ainsi que celle de son père, effaçant ainsi toute notion de temps : « Natural Mystic », « System », « Harder Days », « Violence In The Streets », « Exodus », « Kinky Reggae »… Parfait retour au roots ! Un concert qui a subtilement maintenu toute la chaleur de cette belle journée au soleil éclatant.

Big up ! 

Simba

http://www.myspace.com/royalmarley (Julian Marley)

mercredi 22 juin 2011

Takana Zion - Rasta Government (Soulbeats/Socadisc)

Avec un titre aussi évocateur, le nouvel album de Takana Zion annonce d’entrée la source d’inspiration de la musique qu’il contient. Guidé par la foi rasta et ses valeurs d’amour, de partage et de paix, le jeune guinéen poursuit sur sa lancée, prêt à distiller un maximum de vibrations et de messages, paré pour entraîner le mouvement, aspirant à un radical changement. Dix titres au compteur, mais c’est bien suffisant tant il semble impossible d’échapper à l’énergie dégagée par celui qu’on avait présenté comme le nouveau talent du reggae africain avec la sortie en 2007 de Zion Prophet, suivi deux ans plus tard par Rappel à l’Ordre. Ces deux opus avaient déjà suscité un intérêt prononcé et des plus enthousiastes, confirmé à la sortie du second par la patte d’un certain Manjul dont le nom est assurément synonyme de qualité. Pas de baisse d’énergie ou de perte de vitesse, bien au contraire ! Si les précédents albums sonnaient d’un reggae résolument africain, ce nouvel opus, exclusivement new-roots, enregistré au studio Harry J à Kingston, efface toutes les frontières et possède tous les atouts pour se propager sans mal. La langue de Shakespeare y domine, supprimant pour le coup toute trace de celle de Molière, et conservant la juste dose de patois guinéen. Essai réussi, l’harmonie règne à la perfection. De « Give Thanks To Jah » à « Three Six Clash » en passant par « Glory » feat Capleton et le fameux « Rasta Government », aucun affaiblissement, du très haut niveau, qu’il s’agisse des textes ou des instrumentales. Une fois la lecture du disque achevée, nous voilà regonflés à bloc pour mener le combat à ses côtés et tenter de faire tomber Babylone. Cet opus s’inscrit d’emblée dans les indispensables de l’année et Takana Zion dans les artistes de qualité à suivre de très près. On ne peut que souhaiter que le message passe et que le mouvement prenne forme et force comme il se doit !

Simba

Tracklist :
01. Give Thanks To Jah
02. Stolen Family
03. Glory feat. Capleton
04. My Music
05. Rasta Government
06. Love Fire
07. Rise Up
08. Khoule
09. M’Bife
10. Three Six Clash

mardi 7 juin 2011

Lord Bitum / Mr Lézard / Tidacoustyk (07 mai 2011 - Bouzonville)

Rendez-vous samedi 7 mai 2011 pour une soirée proposant un plateau honorant au mieux le reggae français. A l’affiche, Lord Bitum ainsi que Mr Lézard, tous deux accompagnés du Babyclone Band, avec, en première partie, les lorrains de Tidacoustyk. Démarrage des vibrations dès 20h30 à Bouzonville (57) pour un moment mêlant bonne musique et détente appréciable.


Pour ce nouveau concert au nord de la Moselle, Melting Pot faisait place aux artistes français actifs depuis longtemps dans le reggae music et qui le portent fièrement. Si Lord Bitum a eu de nombreuses occasions cette année écoulée de jouer dans la région, cette soirée proposait de le voir accompagné d’un live band et de constater une fois de plus tout son talent. La dernière venue de Mr Lézard datait, quant à elle, de plusieurs années. Il était grand temps de nous présenter son deuxième album et de nous refaire vivre les morceaux incontournables du premier. Tidacoustyk annonçait la sortie en distribution de son premier album Prologue. Et, pour compléter cette belle affiche, Natural Mat aux platines, histoire de ne pas manquer un instant de bon son dans les oreilles. Le printemps étant de la partie, les lieux permettaient de servir à boire et à manger en extérieur, ou comment profiter jusqu’au bout de l’atmosphère estivale de cette belle journée.


Vers 21h, les massives commencent à arriver tout doucement, le temps d’apprécier l’ambiance conviviale des lieux avant le début des concerts. Une petite assemblée est réunie lorsque les trois membres de Tidacoustyk montent sur scène. "Mama Warria", "Il Ramène le Soleil", "Qu’est-ce qui se Passe"... Percussions, guitare, chant, parfois il ne suffit de rien de plus pour faire vibrer. Petite interlude sound system avec Natural Mat au contrôle avant l’arrivée sur scène de Mr Lézard et du Babyclone Band. Depuis le premier album, Saltimbanque, sorti en 2005, et qui présentait déjà un style et des morceaux remarquables, Mr Lézard n’a pas chômé. Le second, Loin Des Strass Et Des Paillettes, est sorti l’année dernière. Dans le même esprit, engagé mais toujours subtil, sur album comme sur scène. Cette soirée honore la rencontre de Mr Lézard et du Babyclone Band. Celle-ci est chaleureuse et de bonne entente à tous points de vue. Les morceaux s’enchaînent : "Mon Pays Est Malade", "Si Faire de la Musique Est un Crime", "Reggae Music", "My Youth"… 
A peine a-t-il quitté la scène, que Lord Bitum apparaît. Présent depuis longtemps dans le mouvement, que ce soit en solo, en band (avec K2R Riddim puis Bass Maker), ou encore au sein du Raggadikal sound system, son parcours est déjà long et son passage remarqué à X Factor n’a que permis de mettre une nouvelle fois en valeur ses talents vocaux incomparables. Ses textes ont de quoi parler à chacun, "Je ne Lâcherai pas l’Affaire", "Positif", "Bizness"… Bien que l’assistance présente ne comble pas les lieux, l’harmonie règne. Vers 1h30, le concert touche à sa fin et les musiciens quittent la scène. Natural Mat reprend les platines jusqu’à 3h du matin. Malgré un public moins nombreux que prévu, des concerts assurément riches en vibrations et de bon niveau. 


Prochain évènement proposé par Melting Pot en collaboration avec la KulturFabrik et Irie Crew, Julian Marley le vendredi 3 juin prochain, à ne pas rater !

Maximum respect !

Simba


lundi 6 juin 2011

Netna représente du nord au sud, de l'est à l'ouest !

Netna, jeune artiste montpelliéraine naviguant aisément entre reggae, dancehall et hip-hop, présente son premier projet Indeground, enfin disponible. L’occasion d’apprécier toute la diversité de son univers musical.
 
Netna prend goût à la musique dès le plus jeune âge, découvrant aussi bien le reggae que le rock ou l’électro. Vers 14 ans, attirée par le flow du rap, elle s’attelle à la rédaction de textes et travaille son élocution. Elle découvre le sound system, la culture antillaise, s’éprend des sons jamaïcains, l’accroche avec le milieu reggae-dancehall est immédiate. Après avoir fait ses armes en sound system, jouer en première partie du concert de Capleton en 2003 provoque un véritable déclic. Gagnée par la persévérance et la détermination, plus rien ne peut lui faire perdre de vue son objectif : diffuser sa musique, ses vibrations. Les années suivantes, elle multiplie les scènes, les titres sur compilations ou mixtapes pour forger son expérience. En 2009, commence l’autoproduction de son premier projet solo intitulé Indeground. 20 titres où reggae et hip-hop sont à l’honneur, s’octroyant des détours vers le dancehall, le rock et l’électro. Avec un flow percutant mais qui sait également être plus doux, Netna révèle des textes forts abordant le respect, l’amour, la foi… accompagnés de rythmiques à l’énergie toujours porteuse. Le juste maniement de sa voix et la qualité de ses mots sont sans conteste les points forts qui en font sa signature. Avec fluidité, l’album traverse les styles, chaque titre trouvant sa place et apportant sa force. Des influences diverses, une dizaine de producteurs, plusieurs featuring - notamment avec Ayawaska, cet album se veut résolument riche. Netna apporte sa touche féminine et personnelle à la scène reggae, rien de réchauffé ou déjà entendu. Autant se procurer dès que possible Indeground car est déjà annoncé dans les prochains mois la sortie de la mixtape Etats DAME. La tête pleine de projets et lancée à pleine vitesse, Netna nous réserve de nombreuses surprises à venir et à ne surtout pas manquer !

Nous avons profité de la sortie de cet album pour poser quelques questions à Netna et mieux connaître son parcours musical :

Peux-tu en quelques mots te présenter ainsi que ta musique ?
Je suis d'origine allemande, issue d'une famille d'artisans. J'ai grandi dans le sud de la France à partir de l’âge de 7 ans. J'ai déménagé une dizaine de fois, changé de pays, et  appris une nouvelle langue, ce qui m’a donné une grande capacité d'adaptation. J'aime le mélange des cultures, l'éclectisme, l'ouverture d'esprit, que j'essaie de transmettre à travers ma musique. Elle est reggae, dancehall, hip-hop, pop-rock, soul..., tout s’y mélange en s'harmonisant.

Quels sont les artistes majeurs qui t'ont donné envie de faire de la musique ?
Lauryn Hill, Capleton, Buju Banton, Anthony B, Queen Ifrica, Queen Omega, Ben Harper, James Brown, Tina Turner, Janis Joplin… Il y en a tellement !

Quel a été ton parcours jusqu'à Indeground, ton premier album ?
Tout d’abord, j'ai participé au collectif Digital Cut qui comprenait 4 musiciens et 4 chanteurs. Ensemble, on a fait 2 CDs et 1 clip. J'ai également participé à une quinzaine de compilations (Frenchy Ragga Dancehall chez Wagram, Red Moon Panic, Dancehall Mix Party...). Sinon, pendant 10 ans, ça a été l'école des sound systems, ce qui m’a fait voyager à travers l'Europe (France, Allemagne, Suisse, Espagne, Belgique…). Il y a eu aussi des premières parties d’artistes comme Capleton, Anthony B, Queen Omega, Admiral T, Sinsemilia… et des affiches partagées avec notamment Anthony Que, Baby G, Yaniss Odua, Daddy Nuttea, Lyricson ou encore Anthony John.

Comment s'est passée la création d'Indeground ?
Indeground est mon premier projet perso. ll boucle justement cette grande période d'apprentissage, bien qu’elle ne soit certainement pas finie d’ailleurs. C'est un premier exercice de style. L’album regroupe une dizaine de compositeurs de différents pays (France, Portugal, Belgique, Allemagne). Il est le fruit de mes rencontres, voyages et amitiés. Tous les morceaux sont des compositions originales. J'ai voulu faire quelque chose de complet, avec les moyens du bord, quelque chose qui me représente, fasse ressortir mon tempérament et mes influences. Je ne suis pas une rappeuse, ni une "reggae woman", je ne suis ni rasta, ni catholique, ni musulmane ou bouddhiste. Ma religion est l'amour, et surtout j'aime la musique !

Quels sont tes projets pour les prochains mois ?
Je vais me concentrer sur la promotion d’Indeground, qui est en téléchargement légal sur les plateformes et dispo par commande (indeground.contact (at) gmail.com). Le nouveau projet, qui sera plutôt une mixtape et qui est déjà bien avancé, s’appellera Etats DAME, à venir très prochainement !

Simba

(pour ReggaeMag.fr)