vendredi 10 octobre 2014

Tomawok

L’Original Apache du reggae-dancehall a dégainé, fin mars, une mixtape en téléchargement gratuit, Inna Di Tipi. 27 titres exclusifs de Tomawok mixés par Turbulent Sound : un puissant condensé de tout son univers, où Tomawok laisse libre court à son toast dévastateur, entre reggae roots et grime électro. Turbulences garanties !
Depuis la sortie de Wakatanka, fin 2012, il s’est passé de bonnes choses pour Tomawok. A commencer par le fumant clip de « La Bonne Solution », extrait de Wakatanka, qui a contribué à faire connaître son flow dangereux et son style hors du commun encore plus largement (elle dépasse à ce jour les 630 000 vues sur YouTube !) ; plus d’une centaine de concerts un peu partout en France, mais aussi en Espagne, Portugal, Côte d’Ivoire, Suisse… ; beaucoup de rencontres avec des artistes français et jamaïcains de tout horizon ; sans oublier la mise en ligne du site www.originaltomawok.com, pour obtenir toutes les informations, les dates des concerts et la boutique. Inna Di Tipi est disponible en téléchargement gratuit depuis le 28 mars dernier. Mixée par Selecta Ludo du Turbulent Sound d’Angers, la mixtape regroupe les meilleurs titres jamais sortis, des featurings, des remix, des refix et une dizaine de morceaux flambants neufs (« Original Apachi », « Bad Cowboy », « Raggamuffin », « Everyday », « Pneumostory »…). En bon reflet des goûts du chanteur, elle traverse les genres : reggae roots, raggamuffin, hip-hop, digital, grime, ragga jungle, dubstep… et même du reggae acoustique pour la touche finale ! Voilà qui permet de faire place aux différents MCs et riddimakers avec lesquels il a pu être amené à collaborer, basés aux quatre coins du monde, en France comme en Jamaïque, Angleterre, Etats-Unis, Allemagne, Pologne, Espagne, Côte d’Ivoire, Mexique, Mali, Tunisie… Il suffit de consulter la tracklist pour voyager léger. C’est certain, il y a de la place, et sacrément, sous la tente de l’Indien ! L’Inna Di Tipi Tour est en orbite, avec des dates en compagnie de Turbulent Sound, Bassajam, Blues Party ou le One Shot Band. Tomawok planche sur deux prochains albums et, ce qu’il peut déjà nous en livrer, c’est que l’un sera plutôt digital et l’autre roots raggamuffin… Une virée en Jamaïque est prévue pour septembre, en compagnie d’Irie Ites, Turbulent Sound et Truth & Right, ce qui promet également de bien belles vapeurs !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

mercredi 8 octobre 2014

Mota Favela

Mota Favela a composé son premier album, J’Voyais…, avec l’aide d’un ami de longue date, Rool, à la guitare et à la basse. Les textes qu’il écrit, en français ou en espagnol, se déploient si naturellement sur ses grilles, que lorsqu’ils se laissent aller à partager ensemble quelques vibrations acoustiques, ils mettent en chantier, il y a un peu plus de trois ans, un plus ambitieux projet.
C’est en grandissant dans le même quartier et en se croisant régulièrement qu’ils sont amenés à se fréquenter et à parler musique. Mota Favela gravite dans le reggae-dancehall et la musique latine, tandis que Rool s’aventure plutôt vers le blues, la soul ou le funk. Au croisement de tous ces genres, ils se retrouvent dans un goût pour les textes engagés, les flows affûtés et les instrumentales rythmées. Après s’être formé à l’école des sound systems, avoir sorti un street album avec Rojah B, en 2007, et des morceaux sur des séries de riddims pressés sur vinyle, notamment avec le label Greatest Friends, Mota Favela devait s’octroyer le temps nécessaire pour composer ce premier album et lui donner la forme souhaitée sur tous les plans. Pour l’enregistrer, et compléter le duo, quelques musiciens du Lion Stepper Band ont pris leurs instruments : Arthur Travert (batterie), César (trombone), Beuz (sax ténor) et Greg (sax alto) – également membres de Dubamix – ainsi que leur ingé son Rudy Nguyen au clavier, et les apparitions de Booya et Vincent Combette à la basse. Le micro est aussi confié à des invités, Princess K-shu et Kaoken, sans oublier que Rojah B et Terry Bible y ont laissé quelques chœurs. Au final, sans que ça ne soit particulièrement voulu, tous les enregistrements se sont déroulés dans les Yvelines, même s’ils proviennent de nombreux studios. Niveau visuel, la pochette est signé Thomas Cabos de Matou Art et l’album Don Jer Production Graphique. Depuis le 19 mars, J’Voyais… est téléchargeable sur le site web de Mota Favela, ainsi que sur les plateformes habituelles, disponible en CD dans les boutiques spécialisées (Patate Records, Livity Reggae, Culture Indoor…). « J'ai surtout essayé de retranscrire le monde tel que je le vois de ma banlieue et dans mes voyages en Amérique latine : un simple constat sur ce qui m’entoure. J’y prends fait et cause pour mettre en lumière la détresse humaine… Il y a l’envie de faire passer un message de tolérance, d'ouverture d'esprit, par le biais d’émotions, car, ici, nous ne sommes pas, loin de là, les plus à plaindre ! » La sortie de l’album a été accueillie en première partie de Tiken Jah Fakoly à La Batterie, suivie de quelques concerts plus intimistes en région parisienne. Des dates en sound system sont en préparation… Qui vivra, que verra, caramba !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

lundi 6 octobre 2014

Alexandre Grondeau "Sélection Naturelle, Un Roman Capitaliste"

Après le déjà culte Génération H, Alexandre Grondeau délivre Sélection Naturelle, Un Roman Capitaliste. Comme pour le précédent, celui-ci est assorti d’un riddim, décliné en deux versions, roots et dancehall. Une pléiade d’artistes a accepté de poser sur ces instrumentales tirées de l’hymne révolutionnaire Bella Ciao, aussi poignantes que l’ouvrage de référence.
« J’aime croire qu’on peut changer les choses avec des histoires fortes et des expériences racontées... Nous vivons dans un monde qui s’écroule et, dans ce roman, je voulais parler de la seule chose qui nous reste à faire : profiter de la vie et ne pas lâcher l’affaire. Je souhaitais à nouveau associer mes deux passions : la musique et la littérature. Génération H et Sélection Naturelle, Un Roman Capitaliste sont deux expériences artistiques qui mélangent les mots, les notes… et même les images, puisque plusieurs artistes m’ont fait le plaisir de clipper les morceaux que j’ai produits sur ces compilations. Il pourrait même y avoir un film dans les prochaines années… Qui sait ! Après la belle aventure Génération H, j’ai voulu pousser plus loin l’expérimentation et tenter d’adapter un titre non-reggae, un hymne révolutionnaire universel, celui des partisans italiens, le Bella Ciao. 34 artistes m’ont fait le plaisir et l’honneur de participer à ce double one riddim 100% enragé, 100% engagé. Nous avons voulu montrer qu’en ces temps de retour à l’obscurantisme politique, le milieu du reggae pense qu’un autre monde est possible, qu’il n’existe pas qu’une voie tracée, celle de l’hyper-individualisme, du consumérisme à outrance, de la compétition incessante… Pour recevoir les compilations, il suffit d’acheter le livre et de se rendre dans les parties audio des sites web des romans pour les télécharger. Rien de plus simple ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

samedi 4 octobre 2014

High Tone

Pour leur nouvel album studio, les cinq lyonnais d’High Tone n’avaient pas autre chose en tête que le thème, toujours inspirant, du voyage. Leur nouvelle évasion sensorielle porte le nom d’Ekphrön, est disponible chez Jarring Effects, sans ordonnance, depuis le 31 mars, alors que le groupe n’en finit pas de blanchir la route.
« Jusqu’à présent, nous avons rarement thématisé nos albums mais, pour celui-ci, nous nous sommes donné le voyage comme piste à suivre. Etant donné que nous sommes restés sur place, il s’agit d’un voyage intérieur plus que réel. Ekphrön est plus ou moins synonyme de transe, de lâcher prise… Notre idée est de valoriser les effets positifs de la musique sur le corps et l'esprit. Les invités qu’on retrouve sur cet album sont trois amis, qui ont le point commun d’être très éclectiques : Shanti-D est une vieille connaissance ; nous avons rencontré Vincent Segal au Festival de Jazz de Montréal avec Bumcello ; quant à Oddateee, il a signé sur le label Jarring Effects et a déjà participé à un morceau sur l'album précédent. C'est notre sixième, après Opus Incertum, ADN, Wave Digger, Underground Wobble, Out Back, et maintenant, Ekphrön. Bass Temperature était une compilation de trois maxis. Ce qui différencie Ekphrön, c'est qu’il est moins dubby. Nous l'avons réalisé en parallèle de l'album et de la tournée Dub Invaders, qui était un vrai tribute à la scène sound system et aux racines du dub. Comme tous les week-ends, nous mangions de la basse par tous les pores, la semaine nous avions des envies plus souples, limite trip-hop ! High Tone est surtout un collectif de passionnés de musique. Nous aimons beaucoup de styles différents et nous ne nous mettons pas de contraintes dans l'expérimentation. Le morceau le plus dub est celui qui clôture l'album, « Super Kat », mais c'est une rythmique en six temps qui n'a probablement jamais été exploité sur un dub. Ce serait plutôt un hybride entre afro-beat et reggae, tout ce qu'on aime ! Ce qu’on constate dans notre musique, au fil des années, c’est que les sonorités sont plus agressives, surtout en live, ce qui est principalement dû à l'apport constant de technologie. Les synthés ont un son plus froid que les instruments acoustiques et électriques classiques. Mais c'est un choix, car les concerts doivent faire sortir du quotidien, électriser, transporter… Aussi, on utilise moins de samples, on préfère aujourd'hui fabriquer nous-mêmes ou collaborer avec des musiciens. C'est plus enrichissant et plus juste. Quant aux influences, elles sont toujours innombrables, il y a tellement de bonnes choses dans l'univers musical ! D’ici quelques mois, nous commencerons à penser à une nouvelle Dubtone Session et un troisième volet Dub Invaders. Ce sont des projets qui nous tiennent tellement à cœur ! Pour le moment, la tournée d’Ekphrön commence à bien décoller. Elle devrait durer encore un peu plus d'un an ! Là, c’est la période des festivals, puis le Bataclan cet automne… On espère aussi pouvoir caler à nouveau des concerts en Asie… Ça roule toujours ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

jeudi 2 octobre 2014

Scars

Originaire du Havre, Scars présente son premier album, Plus Aucun Doute, depuis le 16 juin dernier. Avec son pseudonyme évoquant Scarface et autres fameuses cicatrices de l’âme, le chanteur entend marquer les esprits et maintenir sa direction quoi qu’il en coûte…
Pour ce qui concerne sa culture musicale, Scars doit beaucoup à sa sœur aînée, qui l’initie à Bob Marley, Burning Spear, Gladiators, LKJ, Raggasonic, NTM… alors qu’il connaît déjà le plaisir d’aller voir son père, guitariste, sur scène, et d’apprécier la langue de Molière grâce à sa mère, prof de français et adepte de théâtre. Il commence à écrire ses premiers textes vers 14 ans, particulièrement porté par le rap de l’époque, Assassin, IAM, Soundkail, ou encore La Boussole. Tout ceci l’amène à faire ses premiers pas au sein du groupe de rap L’F.I.J., qui voit le jour en 2001, sort ensuite un EP 7 titres, De Plus en Plus Vite, et se sépare quelques temps après, en 2006. A ce moment-là, il intègre le Lion Fury Sound System et plonge, à bras le corps, dans le dancehall. Il démarre alors une série de mixtapes intitulées Jamaican Art, au rythme d’une par an pendant six ans, ce qui lui permet de mixer des riddims et de leur faire suivre des pistes correspondantes où lui pose ses propres textes. Se sentant, au fur et à mesure, également attiré vers le reggae, il se met à y explorer des rythmiques plus new roots. En 2010, il rejoint le Terminal Sound, bien qu’il se trouve à Rouen depuis déjà plusieurs années. Même si les membres fondateurs ont progressivement quitté l’aventure, celle-ci se poursuit aujourd’hui en compagnie d’Yslovah, Selecta Skank et Selecta Antwan. Scars sort, fin 2010, un street album entièrement fait maison intitulé En Attendant – De Là Que Tout Part avec 16 titres reggae/dancehall/ragga/hip-hop et pas mal de potes (Naâman, Def, Volodia, Mardjenal, Maya Vibes, Puppasonic, Monsi…). Il écoule 500 exemplaires de ce premier coup d’essai bien accueilli, suite à quoi rien ne l’empêche de songer à un premier album… Plus Aucun Doute, produit par Couleur Music Publishing, a été enregistré au Dig Studio, avec, notamment, Little Dan et DJ Fun, qui s’est chargé de mixer l’album. De nombreux producteurs ont été également mis à contribution : Moker pour la partie ragga/hip-hop, Augusta Massive et Selecta BLS pour le dancehall, des riddims de Dub Inc. et Moolood, ainsi que des originaux en matière de reggae. On retrouve en prime Naâman, Def, Dragon Davy, Médine et Daddy Mory. Les thèmes explorés sur ce premier album sont issus de son vécu, qu’il s’agisse d’honorer la vie, d’exprimer l’amour de la musique, ou d’aborder des thèmes plus engagés, ainsi que le premier extrait, « Ma Jeunesse Est Malade », le souligne pour le propulser sur la Toile. La sortie de l’album s’accompagne de premières parties et de concerts avec le French Roses Band ou en sound system. Rendez-vous également à la scène SoulBeats du Reggae Sun Ska Festival… Et même si l’allusion n’est pas de première bourre : Scars ne risque pas d’en rester là, ça ne fait aucun doute !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #37 - août/septembre 2014)

mardi 30 septembre 2014

I Woks Sound - Sans Frontières

I Woks Sound a livré au printemps dernier un nouvel opus au titre très ouvert : Sans Frontières. Après une décennie à balader leurs flows et leur style sur des faces B, réunis sur les projets Trankill et Histoire de Dire, le moment était venu pour le duo de concocter un album original où exprimer toute leur identité et leur maturité. Sans Frontières remplit parfaitement cette mission. Jahrald et SK93 ont soigné leurs textes, avec leur capacité déjà avérée de peser les mots et de leur donner dimension grâce à leurs cordes vocales. Sans Frontières est certainement un des plus intéressants albums du cru 2014 de chez nous. Il contient d’ailleurs 14 pistes qui ont, toutes, énergie et vibration. L’intro annonce la couleur et expose clairement la volonté musicale qui les anime ici, comme la considération universelle qui l’accompagne. Jah Gaïa les rejoint sur le titre « Eléments », qui s’arrête quelques minutes sur notre environnement, et la douce voix de Sugar Lady habille la guitare acoustique de « Autour Du Monde ». Le plus gros featuring se trouve en queue de fil, clôturant avec dynamisme la lecture de l’album, « Francophone » réunit une belle brochette de voix de notre territoire (Tchong, Kromi, Kibaye, Sve, Bamboul, Karma, Balik et Mardjenal) mettant à l’honneur ce point commun qui les unit : la langue française. Vous pourrez aussi apprécier le reconnaissant « Comme Des Symboles », évoquant quelques-uns qui ont quitté ce monde en laissant derrière eux une trace de leur passage, le très unitaire « Ensemble », le cadencé et mis à l’heure espagnole « Asi Soy Yo », le franc et réfléchi « Toi Qui Me Juges », le bien pensé et bien relevé « Passe-Temps »… Les rythmiques rebondissent d’un bout à l’autre, et les voix de nos deux acolytes se côtoient et s’alternent toujours aussi agréablement. Puisque les textes sont loin d’être dénués de sens, vous les trouverez en intégralité dans le livret inclus dans l’album. Avec tout ça, on ne peut que vous le recommandez !

Simba

Tracklist :
01. Intro
02. On Stage
03. Génération Numérique
04. Eléments feat. Jah Gaïa
05. Deux Epoques
06. Migratio
07. Comme Des Symboles
08. Ensemble
09. Autour Du Monde feat. Sugar Lady
10. Asi Soy Yo
11. Toi Qui Me Juges
12. Propagande De La Peur
13. Passe-Temps
14. Francophone feat. Tchong, Kromi, Kibaye, Sve, Bamboul, Karma, Balik, Mardjenal

lundi 22 septembre 2014

Danakil - Entre Les Lignes (Baco Records)

En février dernier est sorti le 4ème album studio de Danakil, intitulé Entre Les Lignes. Le temps est passé bien vite depuis Micro Climat en 2006… Dialogues de Sourds (2008) et Echos du Temps (2011), ainsi que les concerts qui ont suivi chacune de ces sorties – sans oublier Echos du Dub (2012) et les Live au Cabaret Sauvage (2009) et à La Cigale (2013) – ont grandement contribué à faire connaître le groupe d’un public toujours plus large et à l’imposer comme un pilier du reggae français actuel. 
Voilà déjà une belle discographie puisque chaque pièce s’est révélée indispensable, démontrant leur talent et un travail appuyé, au niveau des compositions, des textes, des productions, leur permettant de gravir un échelon à chacune d’elle. L’esprit des Danakil est resté le même, gagnant juste en épaisseur, dans le fond comme dans la forme, pour une musique authentique et éveillée. 
C’est sur ce chemin qu’ils ont créé, en 2012, leur propre label, Baco Records, pour produire leurs disques, leurs tournées, et également ceux et celles d’artistes qui ont aussi bien besoin d’une structure indépendante pour encadrer leur projet comme il se doit. Le résultat est là puisque le catalogue se complète peu à peu avec les albums de Natty Jean ou Papa Style, et les tournées gagnent en ampleur, qu’il s’agisse de Danakil eux-mêmes, Yaniss Odua ou même Protoje. Ces trois beaux noms constituent l’affiche du World A Reggae Music Tour qui démarre le 15 novembre, aux alentours de la sortie du nouvel album de Protoje, Ancient Future. Pour plus d’informations, rien de plus simple, rendez-vous sur le site de Baco Records : http://www.bacorecords.fr  
Revenons sur ce fameux quatrième album ! Entre Les Lignes est largement à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre de Danakil, après les déjà très convaincants précédents opus. On y reconnaît leur style et leurs sonorités, dans les instruments comme dans les thèmes qui les accompagnent, bien qu’ils explorent de plus en plus de possibilités musicales. Chaque titre a sa propre identité et sa place dans l’ensemble. 
En quelques mois, ils ne se sont pas privés de le mettre en images, avec déjà quatre clips disponibles sur la Toile : « Hypocrites », « Le Rêve », « Ne Touche Pas » et « Mali Mali ». Natty Jean fait maintenant partie intégrante du groupe, ce qui semble couler de source. Après avoir invité sur les précédents opus General Levy, Jah Mason, Winston et Matthew McAnuff ou U-Roy, cette fois, ce sont les Twinkle Brothers qui amènent leur roots sur le titre qui donne son nom à l’album, puis Harrison Stafford fait son entrée sur un « We Drop » intégralement en anglais. L’album se conclut avec « Fool On The Hill », une reprise des Beatles, avant que ne sonne l’ « Outro ». 
Une mention très spéciale à « Mahatma », qui parvient à faire émerger une émotion très poignante, grâce à une mélodie douce et planante, sur laquelle les mots de Balik, qui pourraient être ceux de Ghandi, sont choisis avec une telle justesse que la profondeur globale de cette chanson paraît transcendantale… Il faudrait aussi s’arrêter sur le titre d’ouverture « Poupées Russes », qui amène à nous questionner sur ce que nous ferions si nous vivions une autre vie, ou sur « Les Signes » et sa sincère réflexion sur le déroulement des évènements… 
Le CD en digipack contient un livret complet avec paroles et images, tandis que la version vinyl se présente sous la forme d’un double LP, incluant quelques titres bonus (« Libre et Seul », « Mali Mali » version acoustique, « The Voice » featuring Ky-Mani Marley) et le plaisir de 33 tours d’un rouge à peine translucide dont émane toute la beauté de l’objet. Entre Les Lignes est assurément très réussi, et sur tous les plans !
Cela dit, on ne pourrait pas non plus se passer des précédents albums, ayant chacun leurs perles. Même si le travail d’enregistrement et de production a gagné en qualité au fil des années, rien ne pourra enlever les frissons que donnent les anciens titres, sur disque ou sur scène. Alors, s’il fallait en choisir dix sur toute cette belle discographie – il y a de la matière puisque tout est à garder sur chaque album ! – on citerait spontanément et sans ordre de préférence : « Les Hommes de Paix », « Mahatma », « Les Pages Se Tournent », « Mon Ile », « Le Champs de Roses », « Le Rêve », « Samouraïs de l’Occident », « Dans Nos Villes », « Marley », « La Faille », « A Tes Côtés »… Oops, ça fait déjà onze. C’est dire comme Danakil nous a gâtés depuis qu’ils ont commencé à partager avec nous leur musique et on les en remercie à chaque album !

Simba

Tracklist : 
01. Poupées Russes
02. Mali Mali
03. Le Rêve
04. Hypocrites
05. Entre Les Lignes feat. Twinkle Brothers
06. Les Signes
07. Mahatma
08. Ne Touche Pas
09. L’Or Noir
10. We Drop feat. Harrison Stafford & Marcus Urani from Groundation
11. Larmes d’Or
12. Fool On The Hill
13. Outro
+ bonus tracks (vinyl & digital version)

vendredi 19 septembre 2014

Reggae Loves Soul (Undisputed Records)

Le label français Undisputed Records n’en finit plus de proposer des sorties de qualité. Les dernières en date concernent la compilation Reggae Loves Soul – dont il est précisément question ici – et le nouvel album du roi du raggamuffin, Skarra Mucci, intitulé Greater Than Great (trois mots qui en disent long sur le contenu de cet opus, après le déjà essentiel Return of the Raggamuffin, sorti en 2012). Reggae Loves Soul est une compilation au concept original doublé d’une réalisation appliquée. L’idée du label était de rendre hommage, de la plus belle des manières qui soit, à deux courants qui se côtoient de très près, en proposant à de jolies voix de notre style musical préféré de reprendre des classiques de la soul version reggae : « Soul classics turned into reggae groove ». Du coup, même s’il s’agit de reprises, celles-ci ont tout de versions inédites, tant les voix ont été sélectionnées avec soin, comme les compositions et arrangements confiés à Brimstone, les rendant uniques et inoubliables. Pas question de dénaturer les titres originaux, mais bien de leur offrir une nouvelle vie au rythme du reggae. On trouve Chezidek en combinaison avec notre cher Skarra Mucci (la fameuse collaboration qui a fait naître l’idée d’une collaboration avec le label pour l’album cité plus haut), Glen Washington, Turbulence, Maikal X, Ranking Joe accompagné de Hopeton James… et aussi les somptueux timbres de Marina P, Diana Rutherford ou encore Faye au côté de Mystic Loïc (Mystical Faya). La sélection des titres fait voyager dans le temps, avec des classiques de qualité de la soul music, que, bien souvent, d’autres voix ont porté, tant ces originaux ont conquis les âmes : « Sunny » (Bobby Hebb), « If Loving You Is Wrong (I Don’t Want To Be Right) » (Luther Ingram), « Just My Imagination » (The Temptations), « I Wish I Were That Girl » (Wendy Rene), « California Soul » (Marlena Shaw), « The Way You Treated Me » (Bobby Bland)… Pour finir, une version instrumentale de « Four Women » (Nina Simone) et deux versions dub bien senties, tirées de la dizaine de pistes enregistrées pour ce projet. L’album est disponible depuis le mois de février chez tous les bons disquaires et, en prime, voici venu, début septembre, le format vinyl. Quelle bonne nouvelle pour tous les adeptes de microsillons qui continuent de faire tourner les galettes sur leurs platines ! Un aussi beau projet mérite bien ce support d’exception et pourrait devenir un indispensable de tout bon collectionneur. Version numérique, CD ou vinyl, à vous de choisir !

Simba

Tracklist :
01. CHEZIDEK & SKARRA MUCCI - Sunny
02. MAIKAL X - The Way You Treated Me
03. DIANA RUTHERFORD - Trouble, Heartaches and Sadness
04. GLEN WASHINGTON – Four Walls
05. HOPETON JAMES & RANKING JOE – Just My Imagination
06. TURBULENCE – If Loving You Is Wrong (I Don’t Want To Be Right)
07. MARINA P – I Wish I Were That Girl
08. FAYE & MYSTIC LOIC – California Soul
09. JEZZAI – Motherless Child
10. PAUL NOYAH – Saint James Infirmary
11. HORNS VERSION – Four Women
12. Trouble, Heartaches and Dub
13. Sunny Dub

mercredi 3 septembre 2014

Koumance Riddim (NoBordersMusic)

Pour sa première production, le label NoBordersMusic, présente une potion enrichie en dancehall aux bienfaits avérés : le Koumance Riddim !

L’histoire de ce riddim débute suite à la collaboration du label avec Straïka D pour l’enregistrement d’un single énergique à souhait, intitulé «Koumance», accompagné d’un vidéo clip.
Les vibes sont tellement bonnes que, tout naturellement, vient l’idée de développer une série sur cette instrumentale, qui prend logiquement le nom du single, pour faire place à des artistes de tout horizon et de nationalités diverses.
Au bout du compte, 9 titres sont enregistrés pour ce One Riddim, prêt à enflammer les dancefloors, offert en téléchargement gratuit sur la Toile !

9 flows bien appropriés pour faire remuer les hanches et révéler toutes les bonnes vibrations du Koumance Riddim : Straïka D, Lord Bitum, Virtus, Anthony John, Général Lion I, Black Dillinger, Atomic Spliff, G Ras, Blakka Lightnin !
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Le Koumance Riddim, composé par Mighty Max, accueille 9 artistes issus de collaborations antérieures, originaires de France (Lord Bitum, Général Lion I de Positiv Young Lion, Atomic Spliff, Blakka Lightnin), de Martinique (Straïka D), de Jamaïque (Anthony John), d’Italie (Virtus), d’Afrique du Sud (Black Dillinger), de Hongrie (G Ras), brisant ainsi toutes les frontières, à l’image du label NoBordersMusic, basé à la jonction de la France, la Belgique et le Luxembourg, puisque les bonnes vibrations sont internationales.

Koumance Riddim en téléchargement gratuit !

Koumance Riddim
* Anthony John «Rules and Laws»
* Atomic Spliff «I Bration»
* Black Dillinger «Get Away»
* Blakka Lightnin «Raggamuffin»
* G Ras «Easy»
* Général Lion I «Rastamuffin»
* Lord Bitum «Raggamuffin à l’Ancienne»
* Straïka D «Koumance»
* Virtus «A Sound Like This»

Straïka D «Koumance» - visionner le clip sur YouTube !

Koumance Riddim en téléchargement gratuit

NoBordersMusic

lundi 1 septembre 2014

Reggae-Est.fr - Le Grand-Est dans la vibe

Certes, il existait déjà différents sites web consacrés au reggae dans son ensemble. Mais aucun qui permette de réunir les musiciens et passionnés de son secteur géographique. En 2006, Nico commence à réfléchir à l’idée d’une plateforme des activités reggae dans le Grand-Est de la France…

Reggae-Est.fr a été mis en ligne le 21 juin 2007, après une année de travail intensif sur sa forme et son fond. Il est le petit frère de Reggae.ch, une plateforme similaire, sur laquelle Nico a réfléchi avec le suisse Megabass. Le constat est simple : aucun site web ne permet de recenser, diffuser et promotionner régionalement les projets issus de la scène reggae. L’objectif premier est de permettre à chacun d’avoir une page dédiée sur la Toile, à l’époque où MySpace et Facebook ne font pas encore partie de notre quotidien. Le système de « page » et de « message privé » existe dès le démarrage de Reggae-Est.fr. Tous les acteurs de la scène reggae du Grand-Est de la France ont donc la possibilité de référencer leur projet dans les « Actions Est » et de tenir à jour, eux-mêmes, les informations accessibles, qu’il s’agisse de textes, sons, vidéos… Résidant en Franche-Comté, lorsque se pose la question du périmètre d’action du site, Nico tire une ligne horizontale et une autre verticale, à partir de sa région de résidence, juste à la frontière, et s’arrêtant en l’Ile-de-France. Il y a actuellement 212 projets enregistrés, originaires de Franche-Comté, Bourgogne, Alsace-Lorraine, Champagne-Ardenne, Picardie et Nord-Pas-de-Calais. Le site assure ensuite la diffusion de toute actualité qu’il reçoit, également par les newsletters et les réseaux sociaux. L’Agenda, très prisé, permet à chacun de trouver les concerts les plus proches de chez lui, et aux organisateurs de les ajouter eux-mêmes. De nombreux partenariats avec des évènements, quelle que soit leur ampleur, sont mis en place, permettant d’augmenter la visibilité, notamment grâce à des concours, des interviews, des reports...
En dehors du web, Reggae-Est.fr a organisé, avec l’association Uppertone, le Reggae Singers Cont’Est, qui a connu deux éditions, en 2012 et 2013, dans le but de réunir et mettre en compétition sur scène une dizaine de chanteurs du secteur pour partager leur talent devant un large public. Le vainqueur a remporté une série de concerts et une campagne de promotion avec les partenaires affiliés. Pour la nouvelle édition, les sound systems seront également à l’honneur, à La Rodia de Besançon, en octobre prochain. Les informations et appels à candidature seront ouverts courant mai sur le site.
Au vu des sept années écoulées, le bilan de Reggae-Est.fr est des plus positifs, puisque la plateforme contribue à fédérer et mettre en relation les différents acteurs de ce mouvement, comptabilisant environ 5000 visiteurs quotidiens. Aujourd’hui, Reggae-Est.fr se concentre tout particulièrement sur la promotion des nombreux talents du territoire et le développement de partenariats avec les organisateurs, qu’ils soient locaux, nationaux ou internationaux. L’important, désormais, est de consolider ses bases pour les pérenniser et faire connaître le site aux nouveaux connectés. Il n’y a plus qu’un pas à accomplir pour développer ce type de plateforme dans les autres régions… et les centraliser ensuite, toutes, sur un semblable portail ! Avis aux amateurs…

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #36 - juin/juillet 2014)