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samedi 13 mai 2017

Danakil (01 avril 2017 - La BAM - Metz)

Le samedi 1er avril dernier, Danakil était en concert à la BAM à Metz pour la tournée de leur cinquième album studio (sans compter les live et les versions dub), La Rue Raisonne, avec Volodia en première partie et même le Chaka Meka sound system, pour accueillir les massives dès l’ouverture des portes avec leur mix reggae-dancehall.
Régulier depuis ses débuts, espaçant chaque album d’environ deux à trois ans, toujours suivi d’une grosse tournée sur tout le territoire, Danakil a vu son public s’agrandir au fur et à mesure, remplir les salles de musiques actuelles et les festivals à sa venue. D’ailleurs, leur précédent passage ici-même remontait à novembre 2014. Cette nouvelle date n’a pas échappé aux fans des premières heures comme aux plus récents qui ont investi les lieux, prêts à voyager dans les productions musicales du groupe de ses dix années. C’est « Le Champ de Roses » qui ouvre la danse. Les singles de La Rue Raisonne sont déjà connus de tous, « Back Again », « 32 Mars », « Mediatox », comme les incontournables « Mon Ile », « Les Vieillards », « Marley »… Le public est conquis par toutes ces bonnes vibrations, fidèles à ce qu’il attendait. La cohésion entre Balik, Natty Jean et leurs musiciens est toujours au rendez-vous et du meilleur effet. Avec un stand Baco Records bien garni, chacun a pu prolonger le plaisir à sa guise, avant de se mettre sur le retour. Pour ceux qui ne souhaitaient pas en rester là, Zion Way Hi-Fi prenait le relais Place des Charrons, dès minuit, avec du reggae-dub dans les enceintes. Ce soir-là, tout était réuni pour que la BAM raisonne !

Simba

vendredi 28 novembre 2014

Danakil / Lord Bitum & Raggadikal Sound (14 novembre 2014 - La BAM - Metz)

Depuis la sortie fin février de leur nouvel album Entre Les Lignes, Danakil a multiplié les concerts un peu partout sur le territoire. A la veille du World A Reggae Music Tour, en compagnie de Yaniss Odua et Protoje, les voilà programmés dans une nouvelle salle de musiques actuelles, La Boîte à Musique ou BAM, à Metz, le vendredi 14 novembre, avec en première partie Lord Bitum et Raggadikal Sound.

C’est toujours un plaisir d’apprendre l’ouverture d’un nouveau lieu dédié aux musiques actuelles, qui puisse donner l’occasion d’y trouver des événements de qualité en matière de reggae. A Metz, la BAM est excentrée, se situant du côté de Borny, mais accessible en bus grâce à la ligne A, et vient compléter les espaces des Trinitaires et de l’Arsenal, situés en centre ville. L’ouverture a eu lieu en septembre dernier et sa capacité pouvant aller jusqu’à 1200 spectateurs promet de réserver de beaux moments.
Pour l’heure, nous avons rendez-vous avec Danakil, ce qui assure une agréable soirée. Pour commencer, Natural Mat se charge de mixer une petite sélection dans le bar de la BAM, avant l’arrivée des artistes. Puisque c’est Lord Bitum en première partie et qu’il est accompagné de Raggadikal Sound, dont il est le fondateur, c’est sur la grande scène qu’on retrouve ensuite Natural Mat, prêt à lui donner le tempo. Le premier album solo de Lord Bitum est sorti il y a quelques mois, produit par 149 Records, et il est tout à l’image du chanteur : varié dans les styles (même si la dominante est plutôt roots), sincère dans ses propos, et très positif. Celui-ci s’intitule Même Pas Mort. Si cette prestation est l’occasion de le présenter au public messin, Lord Bitum n’hésite pas également à jouer d’autres titres, issus de son lourd répertoire.
Vient le tour de Danakil, alors que le public est déjà très chaud et en parfaite condition, ce vendredi soir, tant les lieux sont conviviaux et la musique bonne. Après une courte introduction instrumentale, ils démarrent avec « Poupées Russes », également titre d’ouverture d’Entre Les Lignes. Balik, Natty Jean et les sept musiciens qui composent Danakil sont en forme, souriants et complètement disposés à partager leurs bonnes vibrations sans aucune retenue. On sait que Danakil est un bon groupe de scène et ils le prouvent encore ce soir. Les quatre albums sont représentés, avec : « Mali Mali », « Hypocrites », « Les Signes », « Mahatma », « Ne Touche Pas », « L’Avenir », « Free »,  « Les Champs de Roses », « Deux Vieillards », « Mon Ile »… Et, bien sûr, « Marley », dans une version partiellement acoustique, pour finir le rappel avec le percutant « Le Rêve ». Natty Jean en profite également pour annoncer la venue prochaine d’un nouvel album (le premier, Santa Yalla, est sorti en 2012), avec notamment le titre « On m’a dit », qui en donne un avant-goût plutôt enthousiasmant. Pendant plus d’une heure et demi, on chante et on danse sur les morceaux de Danakil, qu’on connaît par cœur, dans une ambiance réellement chaleureuse : le groupe donne le meilleur de lui-même et le public aussi, les bonnes vibrations font l’unanimité. La semaine suivante, c’est Dub Inc qui est programmé à la BAM. Quant à Danakil, pour les inconditionnels, ils seront de retour dans le secteur en mars à la Kulturfabrik à Esch-sur-Alzette !

Simba

lundi 10 novembre 2014

Tarrus Riley (10 octobre 2014 - NJP - Nancy) / Love Situation (Zojak World Wide)

Chaque année, les NJP nous ont habitués à une soirée reggae de haut niveau, avec une programmation parfaitement ciblée pour les amateurs de ces bonnes vibrations. Après Patrice, Protoje et Yaniss Odua le 18 octobre 2013, la nouvelle édition allait encore faire des heureux !
A l’affiche cette année, le vendredi 10 octobre 2014 : Anthony B, Omar Perry, Tarrus Riley et Naâman, au Chapiteau de la Pépinière, dès 20h, suivi par Flying To Jamaica avec Asher Selector et Irie Crew au Magic Mirror, jusqu’à 4h du matin !
A l’annonce de la programmation, quelques mois plus tôt, c’est Ky-mani Marley qui est cité au côté de Tarrus Riley et Naâman, finalement remplacé, suite à l’annulation de sa tournée d’automne, par deux autres pointures du reggae actuel, Anthony B et Omar Perry. Dans tous les cas, la soirée s’annonçait très chaude ! Quel plaisir de pouvoir enfin apprécier, à Nancy, en live, l’un des chanteurs les plus en vue de la scène new-roots, Tarrus Riley ! Fils de Jimmy Riley, Tarrus a eu de multiples occasions de faire connaître sa belle voix : « She’s Royal », « Stay With You » ou encore le single-hit « Good Girl Gone Bad » feat. Konshens… Tarrus est le genre de chanteur à ne pas faire de faux pas : qu’il s’agisse de sa discographie (Challenges, Parables, Contagious, Mecoustic et le dernier Love Situation), des nombreux titres posés régulièrement sur des riddims (dont la liste est bien trop longue !), de ses textes tantôt lover, tantôt conscients, toujours sincères, de sa voix au chant envoûtant ou au toast approprié en circonstance… Dans cette lignée, sur scène aussi, Tarrus assure, et encore plus en compagnie de Dean Fraser. Puisqu’il emmène Alaine sur sa tournée, la belle a droit à un petit quart d’heure à partager avec le public nancéien. Le temps de quatre morceaux, dont « Without You » et « Ordinary Love », et de toucher un peu le clavier au passage. Même si Tarrus et ses musiciens ne disposent que d’une heure, ils ne perdent pas une seconde, sans pour autant faire sentir une quelconque précipitation. Nous voilà ensorcelés ! Grâce à tous les titres cités plus haut, et aussi « My Day », « Superman », « Burning Desire », « Protect The People », « Come Over », « Rebel »… Un moment de pur bonheur inoubliable !

Profitons également pour s’arrêter quelques instants sur son nouvel album. Il s’intitule Love Situation, sorti en février, et on sait comme le chanteur sait chanter l’amour dans ses bienfaits comme ses complications ! Le premier single a été « 1 2 3 I Love You » et le second « Burning Desire », tous deux bien agréables. Le reste de l’album est dans la même veine, plein de sentiments et de douceur. Plus on l’écoute, plus on y prend goût. La tracklist contient notamment une délicate introduction pour entrer dans l’atmosphère touchante de Love Situation, « Dem A Watch » qui était déjà sorti l’année passée, un remix de « Gimme A Likke One Drop » qu’on avait découvert sur le Tropical Escape riddim, un remix de « To The Limit » feat. Konshens, plusieurs autres combinaisons (« Five Days » feat. Big Youth & Mr Cheeks, « Special Occasion » feat. Whippa Demus, « Sail Away (Stepping Out) » feat. U Roy) et deux interludes (« Welding Skit » et « A Lifetime Skit »), s’achevant par « Food For Thought » en guise d’outro. En tout, ce sont 17 pistes à la vibration rocksteady menées par la belle voix de Tarrus, à laquelle on ne peut pas résister. Parmi ceux qu’on découvre, on a un petit faible pour les titres « Thank You » et « Version Of Love (My Story) », mais, c’est tout l’album qui mérite une attention auditive particulière. Une fois qu’il aura beaucoup tourné, de la même manière que les précédents, il laissera sûrement derrière lui quelques incontournables. Vous l’aurez compris, Tarrus est un artiste à ne pas louper, s’il passe près de chez vous, et dont il est recommandé d’avoir quelques uns de ses albums, si ce n’est tous, à portée de main. Enjoy !

Simba


Tracklist :
01.   Intro – Love Situation
02.   1 2 3 I Love you
03.   Lost For Words (Speechless)
04.   Welding Skit
05.   Burning Desire
06.   A Lifetime Skit
07.   Five Days feat. Big Youth & Mr Cheeks
08.   Cry No More feat. Dean Fraser
09.   Dem A Watch (Wanna See Us Break Up)
10.   Cum Get Your Ish
11.   One Drop Remix
12.   Special Occasion feat. Whippa Demus
13.   To The Limit Remix feat. Konshens
14.   Thank You
15.   Version Of Love (My Story)
16.   Sail Away (Stepping Out) feat. U Roy
17.   Food For Thought

jeudi 6 novembre 2014

SOJA / Raggadikal Sound (30 septembre 2014 - L'Atelier - Luxembourg)

Le mardi 30 septembre dernier, les américains de SOJA s’arrêtaient à L’Atelier à Luxembourg lors de la tournée accompagnant la sortie de leur nouvel album intitulé Amid The Noise And Haste. En première partie, pour chauffer tranquillement la salle pendant l’arrivée du public, Raggadikal Sound.
SOJA est devenu en quelques années un incontournable du continent américain en matière de reggae. Les quatre précédents albums du combo du comté de Washington DC ont donné tout le loisir d’apprécier leur son roots relevé d’une pointe de rock. De Peace In A Time Of War, sorti en 2002, à Strength To Survive, dix ans plus tard, les adeptes de SOJA n’ont cessé de se multiplier, remplissant davantage les salles à chacun de leur passage. Cet automne a été l’occasion d’accueillir ce cinquième album. Dans la continuité des précédents, Jacob Hemphill et ses soldats explorent, cette fois, le thème introspectif de la paix intérieure à laquelle chacun devrait avoir droit… Amid The Noise And Haste compte, entre autres, de nombreux featurings, dont les premiers singles « I Believe » avec Michael Franti et Nahko, et « Your Song » en compagnie de Damian Marley.

Quatre jours après leur passage au Bataclan à Paris, SOJA était parfaitement en condition pour présenter cet album et revenir sur les précédents, tout au long de ce moment partagé avec le public luxembourgeois. Dès l’ouverture des portes, c’est la queue à l’entrée ! Natural Mat de Raggadikal Sound est déjà sur scène pour mixer de bons sons reggae de tout horizon pendant que la salle se remplit. SOJA arrive sur scène vers 21h30. C’est parti pour un beau moment de live qui restera gravé dans la mémoire de toutes les âmes présentes. Avec les nombreux singles que SOJA a en poche, il y a de quoi faire : « Mentality », « I Don’t Wanna Wait », « Strength To Survive », « Not Done Yet », « Sorry », « You Don’t Know Me »… Et aussi, « Your Song », où le bassiste Bobby Lee se charge du flow de Damian Marley. Il en profite également pour chanter « Be Aware », extrait du second album Get Wiser, où on le retrouvait encore parfois au premier plan derrière le micro. « Shadow » issu de Amid The Noise And Haste et accueillant la voix de Trevor Young (guitariste) aux côtés de celle de Jacob, offre une belle vibration. Bien sûr, le titre que tout le monde espère, et qui fait l’unanimité qu’on soit fan de SOJA ou non, « You and Me », qui figure sur Born In Babylon, se fait attendre, gardé bien au chaud pour arriver juste avant le rappel, aussi chargé en émotions en live qu’en version enregistrée… Globalement, le set est parsemé de moments qui mettent en valeur la place de chaque instrument, chaque musicien, tous indispensables pour obtenir le son si savoureux de SOJA. Le show reflète parfaitement le style et le parcours du groupe, même si avec autant de bons morceaux dans leur répertoire, il y en a forcément quelques uns qui manquent à l’appel.

En voilà un excellent concert que les absents ont eu bien tort de manquer. C’était tellement magique que l’envie de poursuivre avec n’importe quel album de SOJA une fois de retour chez soi est irrépressible ! Si vous n’avez pas encore écouté Amid The Noise And Haste, n’attendez plus pour y goûter. Et si vous n’avez malheureusement pas pu assister ce concert, il va falloir prendre son mal en patience d’ici leur prochaine venue dans le secteur. Dans la même veine, Groundation et Rebelution seront à la Kulturfabrik le 12 novembre prochain, avec, eux aussi, un nouvel album en poche, respectivement A Miracle et Count Me In, vivement recommandés !

Simba

lundi 3 novembre 2014

Clinton Fearon & The Boogie Brown Band / Tony Nephtali & Delphine (14 octobre 2014 - Le Gueulard + - Nilvange)

A l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle salle à l’architecture innovante et dédiée aux musiques actuelles, Le Gueulard +, à Nilvange en Moselle, le premier concert, le mardi 14 octobre, nous réservait le grand Clinton Fearon et son Boogie Brown Band, avec, en première partie, Tony Nephtali et Delphine.

A l’arrivée au Gueulard + à l’heure indiquée, 20h30, l’entrée et le bar sont complètement bondés. On devine que l’inauguration a débuté bien avant le concert pour souhaiter les meilleurs augures à ce nouveau lieu, en place de l’ancienne piscine de Nilvange, enfin prêt à ouvrir ses portes aux public, presque deux ans après le début des travaux, réunissant une salle de concert de 400 places, trois studios de répétition équipés, un centre de ressource… Pour accéder à la salle de concert, il suffit de descendre les escaliers en colimaçon à gauche du bar. Une fois à l’étage inférieur, après avoir poussé une double porte, nous y sommes : une belle scène se trouve face à nous. Quelques marches à descendre, qui forment aussi une sorte de balcon se prolongeant sur les côtés, avant de se trouver au cœur même de la fosse.
Tony Nephtali et Delphine proposent ce soir un show acoustique. Une guitare, quelques percussions et quelques notes de claviers suffisent à accompagner leurs deux voix. Ils chantent notamment des titres de l’EP sortis quelques mois plus tôt (« Jah Brings Love », « No War », « Run », « Love Jah Forever »…). Leur prestation met la salle dans une ambiance décontractée pour apprécier pleinement la légende vivante qui va arriver ensuite.
Peu après 21h30, Clinton Fearon et ses musiciens investissent la scène. Faut-il rappeler que Clinton Fearon a fait partie des Gladiators ? Et qu’on lui doit des titres aussi incontournables que « Rich Man Poor Man » ou « Chatty Chatty Mouth » ? Ceux-ci ne pourront manquer d’être joués ce soir, puisqu’ils sont toujours chantés en chœur, et bien évidemment réservés pour la fin. Ce n’est pas plus mal puisque tous ceux qui les précédent ont aussi un goût bien agréable. Clinton Fearon vient juste de sortir un nouvel album Goodness, au titre parfaitement calibré avec ce qui émane du chanteur musicalement et humainement. « Blame Game » et « Poor Nana » sont là pour le représenter avec grandeur. L’album précédent Heart & Soul nous avait donné l’occasion d’écouter Clinton Fearon en acoustique, seul sur scène avec sa guitare, au Palace à Hayange. Il va sans dire que les deux formules lui vont très bien ! Le Boogie Brown Band est parfaitement dans la cadence. Même si le public était encore un peu frais à leur arrivée sur scène, ils font monter la température en à peine quelques morceaux. Goodness est le dixième album que Clinton Fearon produit lui-même ! Autant dire qu’il ne risque pas d’être à court de bonnes vibrations à partager avec joie et sincérité pendant près de deux heures : « Livin’ Is An Art », « Love Got Mi », « Rocky Road », « Feeling The Same »…

On ressort du Gueulard + avec le sourire aux lèvres et rechargé en bonnes vibrations. On y reviendra avec plaisir. Clinton Fearon en profite pour une petite séance de photos et dédicaces, avec la possibilité également de se procurer albums, t-shirts, affiches… Un seul mot pour résumer cette belle soirée : Goodness !

Simba
  

lundi 19 mai 2014

L'OstraClash #1 - Raggadikal Sound vs Life n Creation (05 avril 2014 - L'Ostra - Nancy)

En parcourant l’histoire du reggae music et du sound system, le clash est une tradition jamaïcaine pleine de sens. Pour une première à Nancy, notre Irie Crew proposait d’orchestrer l’affrontement en règle de deux sound systems actifs de la région Est : Raggadikal Sound et Life n Creation. Il va sans dire qu’un clash implique de faire place aux fameuses dubplates, tous deux étant équipés en la matière, pour cette rencontre, le samedi 5 avril, lors de cette première édition de l’OstraClash. En effet, la guerre musicale est prévue dans les lieux où nous sommes conviés, une fois par mois, depuis environ un an, pour danser sur du reggae dancehall, de minuit à l’aube, et passer un bon moment, en compagnie d’Irie Crew et de Selecta Mao. Avec cette programmation clash, l’évènement est différent : en plus d’être le rendez-vous de bonnes vibrations, la culture musicale et sa transmission ne sont pas en reste.
A partir de 23h, l’Ostra se tient prêt, avec, bien sûr, un large warm up assuré par Irie Crew pour se mettre en jambe, avant d’assister à cette confrontation. Juste ce qu’il faut pour laisser les habitués, curieux, et autres électrons libres, arriver et se mettre bien…

T-zion et Smocky se chargent d’animer et gérer le déroulement du tournoi qui va suivre. Après un tirage au sort, Natural Mat, qui représente Raggadikal, choisit de prendre les devants.
Pour le premier round, chaque sound dispose de 20 minutes pour jouer librement les titres de son choix, single ou dubplate. Natural Mat commence par présenter son sound avec deux exclusifs, « Reggae Music » de Lord Bitum, le fondateur de Raggadikal, et Sound Dynamik, avant d’enchaîner quelques titres aux paroles de circonstance : Peter Tosh « Stepping Razor », Chronixx « Here Comes Trouble », Conroy Smith « Dangerous », Skarra Mucci refix Ken Boothe « When I Fall In Love », Cocoa Tea « No Threat », Tenor Saw « Ring The Alarm »… Il s’adresse ensuite à ses adversaires, avec des morceaux choisis spécialement pour chacun d’eux, et des commentaires qui en disent long : The Gladiators « Chatty Chatty Mouth », Konshens & Tarrus Riley « Imposta », quelques titres sur le Stop That Sound riddim de Irie Ites (Sizzla « Hypocrites », Skarra Mucci & Perfect « Bombooclat »…), Buju Banton « Man Fi Dead » puis « Talk To Me », Perfect « Nuh Badda Mi », Skarra Mucci « Murda Dem » sur le Sleng Teng… Déjà près d’une vingtaine de titres parcourus, et plus que quelques minutes, le moment d’en placer quelques uns de haut niveau, juste après un dubplate de TOK, témoignant des dangers auxquels s’expose Life n Creation ce soir : Cutty Ranks « Limb by Limb », Ini Kamoze « Here Comes The Hotstepper », Ninjaman « Ninja Mi Ninja », Bunji Garlin « Fire Fi Dem » et enfin, TOK « Dem Diss ».

Le temps imparti est écoulé, même légèrement dépassé, c’est au tour de Life n Creation de montrer ce qu’ils ont dans le ventre, avec Lychar, Leev’Up et Revolution au contrôle. Même s’ils auraient aimé être muni de leur box de vinyls ce soir, ce n’est pas ça qui risque de les arrêter. James Brown « This Is A Man’s World » ouvre le set, suivi de Bob Marley « Mr Brown », Desmond Dekker « Shanty Town (007) », et puisqu’ils souhaitent consacrer ce premier tour aux artistes disparus et remonter dans le temps, sont aussi de la partie Junior Murvin, en version dubplate, puis Peter Tosh « Oh Bumbo Klaat », Dennis Brown « Revolution », un spécial de Sugar Minott, Nitty Gritty « Ready Done », Joseph Hill de Culture « Policeman », Tenor Saw « Golden Hen », Wayne Smith « Under Mi Sleng Teng », un remarquable dubplate de John Wayne « Call The Police », et même Junior Byles « Fade Away » – qui s’est malencontreusement glissé dans cette sélection. Garnett Silk « Complain » et un émouvant spécial Matthew McAnuff « Be Careful » clôturent la session de Life n Creation. Avec plus d’une quinzaine de titres, le sound strasbourgeois a mis à l’honneur les fondations, tout en montrant à Raggadikal que la suite ne leur fait pas peur.

Second round, exclusivement dubplates, durée 15 minutes. Natural Mat commence par reprendre Life n Creation, en jouant un « Revolution » devenu « Execution », chanté par Leah Rosier – nommé counteraction – car ce soir il est question d’exécution et non de révolution. Alborosie « Herbalist » prône « Raggadikal Kill Another Sound » en dubplate des plus massifs, avant une lourde série sur le Intercom riddim qui ne peut que faire des ravages : Reggie Stepper « Cu-Oonuh », Burro Banton « Badder Den Dem », Kabaka Pyramid… Johnny Osbourne « Budy Bye » sur le Sleng Teng riddim, Sizzla « Solid as a Rock », General Levy sur le Belly Ska riddim, puis Lord Bitum sur le Screw Dem, poursuivent dans la même trempe. En conclusion, ce sont des lyrics francophones de Datune et Lord Bitum, ce dernier ne se privant pas de s’adresser directement à Life n Creation. Voilà douze dubplates ou un petit aperçu de ce que Raggadikal a dans ses dossiers.

Life n Creation est prêt à répondre. Ils démarrent ostensiblement avec un spécial Capleton, The Fayaman, « Stand Tall », suivi par Tarrus Riley « Protect Yuh Neck », Al Campbell & Trinity « Hypocrites », puis Michael Rose, confirmant le niveau avec Gyptian « Beng Beng », Terror Fabulous « Gangster’s Anthem », Admiral Tibet « Serious Time », Ward 21 « See Them Run » sur le Man Fi Dead riddim, Anthony B « Police », Mad Cobra… Les classiques de Burro Banton et Reggie Stepper refont surface, tant ils sont indispensables et toujours à point, arrivant sur Sister Nancy « Bam Bam » chaudement amené, puis deux dubplates français, aussi très explicites, dont Straïka D sur le Golden Hen riddim. Les règles définies pour ce clash ne mentionnant pas la question du replay, nos hôtes admettent qu’il est inutile d’en tenir compte ici. Life n Creation vient de jouer quinze dubplates de taille. Il reste encore un round, ainsi que le dub fi dub…

Troisième round, exclusivement dubplates, à nouveau, 15 minutes. Raggadikal s’arrête sur le manque d’originalité de Life n Creation, en introduisant Romain Virgo « The System » et l’essentiel « Who Feels It Knows It ». Tarrus Riley « We Nah Sorry » et Virtus « Take Care », tous deux sur le Fade Away riddim, sont exactement dans l’esprit de ce qui est en train de se passer sur place, appuyés par le grand Barrington Levi « Murderer », Kelsey pour un cover taillé sur mesure de Lorde « Royals », puis Skarra Mucci « Raggamuffin », Bounty Killer « Look Into My Eyes », un démentiel Lieutenant Stitchie, et même Supa Bassie en espagnol. Le final est confié à Elephant Man, The Energy God, « Die By Gun », sur l’incontournable Bumaye riddim de Major Lazer, execution time, voilà qui est dit.

Malgré tout ça, Life n Creation est encore bien armé, ouvrant leur jeu avec un original featuring Duane Stephenson & I Octane, Capleton sur le Ganja Farmer riddim, Luciano « Stay Away » sur le Doctor’s Darling riddim et Fantan Mojah « Corruption », avant un passage francophone, avec Tribuman, Don Valdes… précisément adressée à Raggadikal, ou Raggadicule… Pour finir, Million Stylez arrive pour un spécial « Miss Fatty » bien relevé qui donne « Life n Creation Yu A Murdah », auquel le Baddaz riddim succède à la perfection pour achever le second quart d’heure dubplates de Life n Creation.

Deuxième round dubplate terminé, il ne reste maintenant plus que le dub fi dub, avant de laisser le public faire son choix. Pour le dub fi dub, la tradition veut que chaque sound joue à son tour un dubplate roots foundation. Il ne reste plus que cinq dubplates chacun, dix en tout, avant le verdict.
Le premier pour Raggadikal est Toots & The Maytals « 54-46 », auquel Life n Creation répond avec The Slickers « Johnny Too Bad ». Un « Friday Night » de John Holt pour Raggadikal, contre un autre John Holt pour Life n Creation. Un Bunny Wailer « Run For Cover » de haut niveau, contre un Lloyd Parks qui parle de Creation « Mafia ». Raggadikal joue Luciano « Serve Jah », que Life n Creation évince avec un original rocksteady, bien plus foundation. Et, pour le tout dernier dub, Raggadikal amène une nominative de Horace Andy « Skylarking », tandis que Life n Creation clôture par The Abyssinians « Satta Massa Gana » !

A ce moment-là, alors que cela fait déjà plus de deux heures qu’ils nous livrent sur un plateau les pépites du reggae précieusement collectées, le vote n’est plus très loin. On peut déjà reconnaître que les deux sound systems présents se sont dignement affrontés, et que dans tous les cas, le grand gagnant de ce soir est bien reggae music. Si chaque big tune avait un poids réel, la sélection de ce soir dépasserait toute attente ! Big up à Irie Crew, Raggadikal Sound, Life n Creation et tous les massives !
Smocky et T-zion lancent le vote, tenant compte du nombre de mains levées. La salle est appelée à se séparer en deux : à droite, ceux qui votent pour Raggadikal, à gauche Life n Creation. Beaucoup ne sauraient les départager… Pour marquer cette victoire, la récompense prend la forme d’un trophée et, bien sûr, le plaisir de jouer au côté d’Irie Crew jusqu’à la fermeture des portes. Raggadikal l’emporte aux nombres de voies, d’une petite poignée, et se retrouve donc vainqueur du premier OstraClash !

C’était un évènement inratable à Nancy et le mieux est encore d’écouter ou réécouter l’audio : http://www.mixcloud.com/iriecrew/05042014-ostraclash-1-raggadikal-vs-life-creation/

Simba

(pour Reggae-Est.fr)

mardi 17 septembre 2013

Dubmatix (15 avril 2013 - Le Quai'son - Nancy) / Rebel Massive (Echo Beach)


Une semaine avant le sortie de son cinquième album, intitulé Rebel Massive, Dubmatix passait par Le Quai’son à Nancy pour une session reggae-dub à la hauteur de sa réputation. Ce n’est pas le fait que ce rendez-vous soit posé un lundi qui empêcherait les amateurs de dub d’être présent à l’appel, d’autant plus que l’affiche prévoyait aussi un open mic et, en première partie de soirée, Mystical Rising. Une parfaite programmation pour démarrer la semaine et prendre un avant-goût de Rebel Massive.
Dubmatix connaît déjà bien le secteur nancéien, ayant joué ces dernières années au Hublot, au Clou ou au Totem. Le public est là à chaque fois, il sait que le Canadien a tout ce qu’il faut pour envoyer les basses. Nancy est aussi une ville bien particulière puisqu’il y a composé le premier extrait de ce nouvel album, « Pull Up Selector », à l’envergure d’un titre dub incontournable, à la fois entêtant et entraînant. Aucun doute qu’il fera des émules partout où Dubmatix passera, comme c’est évidemment le cas au Quai’son. Jesse est prêt à diffuser ses vibrations dans les lieux préchauffés par Mystical Rising. Comme il sait bien le faire, il traverse les styles tout en gardant toujours ce noyau reggae-dub intacte. L’affiche annonce un open mic, chose promise, chose due… Quatre MCs du secteur nancéien répondent à l’appel, pour se succéder au micro et poser un flow sur l’instrumentale jouée par Dubmatix. Spontanée et improvisée, leur prestation a le mérite de contribuer à l’ambiance conviviale et décontractée du moment.
Profitons-en pour consacrer quelques lignes au nouvel album de Dubmatix. Il n’y a que du bien à dire de Rebel Massive. Dubmatix y explore le dub, du roots à l’électro, avec sa patte inimitable. Sans compter que, en parcourant la tracklist, on se dit que les voix sont elles aussi confiées à des experts. Déjà sur « Pull Up Selector » sont invités Eek-a-Mouse et Leroy « Horsemouth » Wallace. Luciano sur « Seeds of Love & Life », Horace Andy sur « It’s a Clash », U Roy et Cornell Campbell sur le savoureux titre sentimental et roots « She’s in Love », Prince Jazzbo sur « Ease Up The Pressure », Earl Zero sur « Wicked Part of Town », Manchez sur « Free Up », Tenja sur « Can’t Put Us Down »… et ils sont tous parfaitement réussis, quelque soit le style, l’alchimie est trouvée à coup sûr, qu’on écoute les pistes indépendamment ou ensemble. 
11 titres ont suffit pour tailler Rebel Massive juste comme il faut, dans le fond comme la forme, + un dernier, composé de samples, pour ceux qui voudraient créer leur propre « Liberation ». Dubmatix ne manque jamais d’inspiration. Autant dire qu’il s’agit d’un excellent album, vivement recommandé, même à ceux qui pourraient se dire que ce n’est pas vraiment leur style. Ils y trouveront forcément un petit quelque chose qui leur fera y prendre goût…

Simba


Tracklist :
01. Show Down feat. Tenor Fly
02. It's A Cash feat. Horace Andy
03. Can't Put Us Down feat. Tenja
04. Black Market Dub
05. Pull Up Selector feat. Eek-A-Mouse & Leroy "Horsemouth" Wallace
06. Erase Up The Pressure feat. Prince Jazzbo
07. Free Up feat. Manchez
08. Wicked Part Of Town feat. Earl Zero
09. She's In Love feat. U-Roy & Cornell Campbell
10. Seeds Of Love & Life feat. Luciano
11. Liberation feat. Longfingah
12. Liberation Remix Loops

vendredi 26 juillet 2013

Cecile (26 avril 2013 - Tché Club - Audun-le-Tiche) / Jamaicanization (Kingstone Records)


Le 26 avril dernier, Cecile était en showcase au Tché Club, à Audun-le-Tiche (Moselle), en compagnie d’Irie Crew pour chauffer le dancefloor, à sa manière forcément jamaïcaine.
Nul doute, Cecile a une personnalité affirmée dans sa musique et l’univers qu’elle développe. Au final, elle n’use pas tellement de vulgarité ou de provoc, mais choisit les mots franchement à propos de la réalité, sans se voiler la face. Issue de la scène dancehall, son premier album intitulé Bad Gyal, sorti en 2008, ainsi que de nombreux singles ont clairement annoncé cette saveur. Ce showcase était l’occasion de parcourir ses titres « Hot Like We », « Nah Stress », « Cook Fi Yuh », « When You’re Gone », « Missing You », « When Love Is Right »… Passé trop vite, mais des vibes absolument bouillantes !
Autant en profiter pour revenir sur son dernier album, Jamaicanization
Même si ça fait déjà tout juste deux ans qu’il est sorti (août 2011), il n’est jamais trop tard pour dire tout le bien qu’on pense d’un album, d’un artiste, et le conseiller à ceux qui n’y auraient pas encore goûté. Le titre et la pochette sont sans ambiguïté : Cecile se charge de nous faire entrer dans la mouvance jamaïcaine, d’où que nous soyons, sans compromis et en toute authenticité. On y retrouve les singles qui, depuis, ont largement tourné « Nah Stress Over Man » et « When You’re Gone », respectivement sur les Street Bullies et Cardiac Bass riddims. Mais aussi, le single hit « Hey » feat. Agent Sasco aka Assassin. Après une courte introduction gérée par Rory de Stone Love, l’écoute débute agréablement par « Where You Want Me » ; celle du dernier titre, « Gwane Live Life », l’est tout autant. Entre, « Singing This Song », « Woot Woot », « Upon The Dancefloor », « Wicked and Wild » feat. Million Stylez… sont d’énergiques invitations au dancehall, tandis que « Ok Without You », « Exclusive », le délicieux « Sweetness » feat. Chris Martin … ralentissent le tempo et le flow pour s’attarder sur l’amour et ses complications. La voix singulière et entêtante de Cecile ne recule devant rien.
La Jamaicanization fait bien son effet. Une douzaine de morceaux, ou à peine plus, aurait même suffi à ce qu’elle soit juste parfaite. Les autres paraissent moins essentiels et font office de bonus. Un album à conserver à portée de main et à recommander pour un efficace coup de fouet et une dose de bonnes vibes ! 
Merci Cecile :)

Simba


Tracklist :
01. Intro by Rory from Stone Love
02. Where You Want Me
03. When You’re Gone
04. Singing This Song
05. Hey feat. Agent Sasco
06. Woot Woot
07. Nah Stress Over Man
08. Step Aside (sound man tune)
09. Up On The Dancefloor (Gal Wine Up)
10. Sweetness feat. Christopher Martin
11. Ok Without You
12. Cheater – Youch Yourself (interlude)
13. Want More
14. Wicked And Wild feat. Million Stylez
15. Exclusive
16. Ok Without You remix
17. Gwane Live Life