mercredi 31 juillet 2019

Baja Frequencia

Le duo barré de Baja Frequencia sort enfin son premier album, intitulé Hot Kats, chez Chinese Man Records. Basses à foison, électro, cumbia, reggae, dancehall, hip-hop, trap… les ingrédients ne leur manquent pas pour faire rapidement monter la température.
Azuleski et Goodjiu, le duo de Baja Frequencia, étaient tous deux DJs et organisateurs d’événements à Marseille avec les collectifs Massilia Hi-Fi et Backdoor. C’est lors d’un mix à quatre mains, en 2013, pour une de leur soirée tropicale, qu’ils se baptisent Baja Frequencia. Puisque le set est d’influence latine et lourd en basses, une référence à la basse fréquence en espagnol coule de source, mais avec une petite faute d’orthographe involontaire à la française qui est finalement restée. « Nous aimons vraiment jongler avec différents univers musicaux et les faire se rencontrer : passer du hip-hop au moombahton, puis du Bmore au gabber, ou du baile funk au dancehall… Nous nous identifions à la scène global bass. Elle  rassemble des producteurs des quatre coins de la planète qui touchent aux styles émergeants de musique électronique, métissés d’influences folkloriques de tout horizon. » Ce qui ne les empêche pas d’ajouter : « Le reggae/dancehall représente énormément pour nous, c’est comme ça que nous avons commencé ! Nous avons joué, chacun de notre côté, dans des groupes de reggae auparavant [Azuleski à la basse et Goodjiu à la batterie]. Nous avons aussi produit quelques pistes dub et des bootlegs ou remixes. La culture sound system fait assurément partie de notre ADN.»
Après plusieurs projets courts, dont Tropicat (2015), Catzilla (2017), et le récent Crisis pour annoncer la sortie de l’album dès février dernier, le duo a commencé à plancher sur Hot Kats début 2018. La majeure partie de sa réalisation a eu lieu entre mars et septembre, tandis que les collaborations ont démarré durant l’été. Quinze pistes qui accueillent de nombreuses voix féminines, notamment La Dame Blanche, Paloma Pradal, Blimes, Dai Burger, Warrior Queen… mais aussi, Skarra Mucci, sur « Mad Grade », avec qui ils avaient déjà enregistré l’explosif « Badman A Badman », dont le clip a été tourné dans les rues de Marseille. « Nous aimons travailler avec Skarra Mucci, il n’a pas peur des défis ! Chaque fois que nous lui avons envoyé un riddim, pourtant assez éloigné de son univers musical habituel, nous avons réussi à créer un morceau qui fonctionne et avec une réelle originalité. »
L’inspiration de Hot Kats ne tient pas uniquement à l’animal auquel ils avaient déjà fait référence, mais aussi à l’album Hot Ratz de Frank Zappa, dont ils ont également décliné la pochette. Azuleski avoue l’avoir énormément écouté, le citant comme un de ses favoris. « Après l’EP Catzilla, nous voulions garder ce côté détournement et avons poursuivi dans cette lignée, cette fois-ci, avec le nom d’un disque, plutôt que celui d’un film. Hot Kats sonnait bien et ça nous correspondait. La pochette de Zappa nous a tout de suite donné des idées de réinterprétation ! C’est Julien Loïs, connu notamment pour les visuels de Chinese Man, qui l’a réalisée, en partant de ce que nous avions imaginé. » Hot Kats est disponible en vinyle, CD et digital depuis le 12 avril. Baja Frequencia sera sur scène été et automne… Tenez-vous prêts !

Simba



(pour Reggae Vibes Magazine n°66 - juin/juillet 2019)

samedi 20 juillet 2019

Marina P & Stand High Patrol - Summer On Mars (Stand High Records/Differ-ant)

On sait que chaque album de Stand High Patrol est une réussite. Indispensable et intemporel à coup sûr. Si on est déjà accro à la voix de Pupajim et qu’on espère toujours l’annonce d’un nouveau projet où apprécier son timbre et son flow si addictifs, l’idée d’une collaboration du combo avec la chanteuse Marina P avait de quoi nous séduire. Leur musique a cette richesse de révéler toujours de multiples degrés. Concentrez-vous sur chaque mot, chaque son, ou les deux, le voyage nécessite de répéter l’expérience à souhait. Rien de primaire, ni terre-à-terre, impossible de se contenter d’un seul style, un seul genre. Summer On Mars est de la même envergure que les précédents albums de SHP. Quand on pense que Pupajim a composé les instrumentales sur mesure pour les voix de Marina, on comprend pourquoi chaque morceau semble si parfaitement sculpté. Si le dub et l’électro ont la part belle (« Atmosphere », « Landlord », « Fragile », « Raw Lines »…), hip-hop et reggae ne sont jamais très loin (« Dreamcatcher », « Summer On Mars », « Rosetta »). Trente minutes suffisent à cette excursion pour nous transporter en toute délicatesse et nous faire quitter terre… Vivement recommandé !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

lundi 15 juillet 2019

Mahom - King Cat (Flowercoast/ODG/Differ-ant)

Si The Skankin’ Cat a déjà marqué les esprits en 2014, il semblerait que Mahom ait de quoi frapper encore plus fort avec son nouvel opus, justement nommé King Cat. Les oreilles avisées de Panda Dub au côté de nos deux compères, ils ont saisi la crème de ce savoureux dub dont ils détiennent la recette, pour le plaisir de tous. Si l’électro occupe une large part de la tracklist, les vibrations reggae n’ont pas été oubliées, notamment sur « Digital Badness » avec Green Cross et « Snowball » avec Luiza. Accueilli par « Cosmic Cat » et son atmosphère à la fois imposante et planante, « Blue Hole » enfonce fermement le clou pour donner la couleur, les douze morceaux nous transportent et chaque son, comme chaque piste, semble placé parfaitement au bon endroit. En quarante-cinq minutes, toutes les humeurs et émotions sont traversées grâce à des sonorités qui appuient juste là où il faut. Des basses, des samples, des arrangements au poil auxquels on adhère. On s’évade avec un peu de légèreté sur la reprise de Françoise Hardy, « Le Temps de l’Amour », par Luiza. Son clip est sur Youtube, tout comme celui de la piste suivante, l’énigmatique « Disappear ». « Hypnose » finalise notre virée nocturne et dubesque en compagnie de Mahom et du chat, on peut dire qu’ils nous ont complément ensorcelés et qu’on en redemande !

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

mercredi 10 juillet 2019

Marcus Gad & Tamal - Enter A Space (Baco Records)

Marcus Gad nous avait déjà conquis sans effort à l’écoute de son premier album, Chanting, se précipitant sur les deux précédents EPs, Soul Talk et Purify. Un roots profond, mélodieux, empli d’âme et d’esprit, où tout est bon à prendre. Si cette fois, le chanteur est accompagné du beatmaker Tamal au lieu des musiciens de Tribe, le projet est aussi puissant que ça a quoi on pouvait s’attendre. Avec ses six titres, Enter A Space nous transporte littéralement dans un autre monde. Le son roots est travaillé dans toutes ses dimensions pour prendre aux tripes et nous faire le plus grand bien dans sa confortable bulle. Comment résister au chant quasi spirituel de Marcus Gad ? L’atmosphère mystique s’intensifie encore sur « Inna Nature » en featuring avec le griot burkinabé Losso Keita et avec les inspirations des philosophies indiennes qu’on retrouve en filigrane dans ses propos sur chaque piste. Enter A Space est un véritable délice pour les oreilles, qui offre une bonne bouffée d’air pur en toute circonstance.

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

vendredi 5 juillet 2019

LNP Roots Family

Originaire de Bordeaux, LNP Roots Family est un trio de frères et sœurs qui chantent ensemble et proposent un reggae acoustique original. Leur nouvel EP intitulé Résigné est disponible depuis le 9 novembre sur toutes les plateformes.
Leytis, Olyrics et Dnom commencent à composer avec ce qu’ils ont à leur disposition à la maison, des guitares électro-acoustiques et des percussions. Le reggae acoustique s’impose tout naturellement. Ils font leurs premiers concerts en 2007 à Bordeaux et rencontrent l’équipe de Meltin’ Recordz avec laquelle ils commencent à développer ce style « raggacoustic » bien à eux. Avant de sortir Premier EP en 2013, le groupe s’appelle Love and Peace, qu’ils contractent alors en LNP, suivi de Roots Family, puisqu’ils jouent du reggae en famille ! Touchés par de multiples influences, ils reconnaissent leur diversité : Leytis a un fort penchant rock, métal, J-rock… ; Olyrics est féru des flows et textes de Keny Arkana, NTM, Sniper ou encore Tryo… ; Dnom est adepte de dancehall et de reggae, aussi bien Admiral T, Kalash, que Taïro et Dub Inc… En 2013, la sortie de Premier EP chez Meltin’ Recordz qui réunit quatre titres succède à leur première vidéo live de « La Voix du Peuple ». S’en suit une vingtaine de concerts cette année-là. Le groupe connaît quelques ajustements et fait son grand retour en 2015, alors que la vidéo de « La Voix du Peuple » a eu le temps de se faire largement remarquer sur la Toile. Ils écrivent « Massive » et partent en tournée avec un batteur pour une quarantaine de dates.
En 2017, le trio reprend la route en acoustique, tout en travaillant sur l’EP Résigné. Après avoir enregistré six morceaux chez BigRas Prod, ils décident de sortir ces quatre titres, avant la venue du premier album courant 2019. « Résigné », « Massive », « Chaque Humain » et « Elle » expriment leur style acoustique aux messages à la fois réfléchis et positifs. « Le nom de l’EP « Résigné » en a surpris plus d’un ! Nous souhaitions prendre à contre-courant ce que l’on attend habituellement d’un projet reggae, que ce soit le titre ou les couleurs musicales. « Résigné », c’est le nom d’une chanson du projet qui représente beaucoup pour nous. C’est surtout parce que les gens se résignent que le monde évolue ainsi… Le mal existe depuis toujours, mais tant qu’il s’équilibre avec le bien, il y a de l’espoir ! De nos jours, les gens détournent souvent les yeux, perdent leur humanité, et, au final, la compassion, l’amour…»
Le premier album de LNP Roots Family est bientôt terminé et le trio a hâte de nous le présenter d’ici quelques mois. « Dans ce disque, nous avons voulu vraiment définir ce qui fait la force de notre touche « raggacoustic ». Le travail de réalisation est proche de celui de l’EP mais plus abouti. Les sonorités sont parfois plus dansantes, plus roots à d’autres moments. Nous avons aussi exploré des sujets différents, de nouvelles façons d’aborder ce qui nous touche, dans la forme musicale ou l’écriture. Pour ceux qui se demandent, oui il y aura bien un titre de Leytis en solo ! » Les LNP Roots sont tout sauf résignés ! Sur scène tous les trois, à cinq ou en sound system, la fratrie est prête à faire bouger les massives. A suivre…

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

samedi 29 juin 2019

Marina P & Stand High Patrol

Le nouvel album de Marina P, Summer On Mars, a été entièrement réalisé avec les quatre mousquetaires de Stand High Patrol. Sorti le 9 novembre dernier en CD, vinyle et digital, voilà un opus qui allie parfaitement tous les talents de la chanteuse à ceux des maîtres incontestables du dubadub.
Depuis la sortie de My Homeys en novembre 2013, Marina P a continué à bosser avec Mungo’s Hi-Fi, tout en faisant de nouvelles rencontres des plus appropriées, avec Blundetto, ManuDigital ou encore L’Entourloop… Sans oublier que le label Homeys Records a honoré d’autres sorties, dont la dernière en date, l’EP Bite The Dust avec les productions de KSD. La composition des morceaux de Summer On Mars a commencé à l’été 2017, hormis « Rosetta » qui avait déjà été joué en sound system et mis dans la boîte, seul titre véritablement reggae du disque, l’instrumental est différent de sa version initiale. C’est Pupajim qui a composé les instrumentaux des neuf pistes de Summer On Mars. Plutôt que de mettre des paroles sur une musique, le processus a été inversé. Marina a écrit ses textes sur environ trois mois et a donné les acappellas à Pupajim pour qu’il compose les instrumentaux sur mesure pour chaque. En totale confiance puisqu’ils se connaissent depuis plus de dix ans et qu’elle apprécie particulièrement l’indépendance et l’audace créative de SHP, toute la surprise a été de découvrir dans quel décor musical sa voix allait prendre place. L’idée d’une collaboration sur tout un projet remonte à leur concert aux Vieilles Charrues en 2015 !
Si Pupajim s’est occupé des compositions, l’ensemble a été mixé par Rootystep et Mac Gyver, respectivement sélecteur et opérateur de SHP, à Nantes avec Claude Bidima. Merry, leur trompettiste, a aussi participé à la composition du morceau « Spring Rain » sur lequel il joue, et Kazy Usclef, qui a réalisé toutes les pochettes de SHP depuis la première, a illustré cet album à travers une peinture, après avoir écouté les morceaux et discuté avec les protagonistes.
« Summer on Mars est un beau titre esthétiquement à mes oreilles. Il évoque aussi la découverte de gouttes d’eau sur Mars et donc la possibilité de vie sur cette planète. En réalité, le texte du titre éponyme raconte la folie des humains dans leur conquête de l'espace… C’est quelque chose que je trouve à la fois fascinant et inquiétant ! » Les artistes ont eu envie de parler de sujets un peu atypiques, comme l’histoire de la sonde Rosetta et l'incroyable accélération des découvertes astronomiques de ces dernières années. « Les paroles des chansons sont à la fois intimes et universelles. La lecture qu’on peut en faire est multiple, mais on y retrouve des thèmes qui nous sont chers : la fragilité de l’humain à différentes échelles, un certain regard sur la nature et sur notre place dans cet équilibre, l’observation des différents systèmes qui régissent notre existence… »
Une dizaine de dates sont déjà confirmées dans les prochains mois pour Marina P et SHP. Lors de leur résidence à La Sirène à La Rochelle en décembre, ils ont mis au point un show riche en vibrations sans Pupajim, qui fait le pont entre l’album et ce que SHP a l’habitude de proposer en DJ set. Celui-ci incorpore des plages de dub, des trompettes, et beaucoup d’autres choses à découvrir bientôt en exclusivité… Embarquement imminent, destination Mars !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

lundi 24 juin 2019

Marcus Gad & Tamal

Le Néo-calédonien Marcus Gad nous avait déjà fait voyager vers de hautes sphères lors de son album Chanting, sorti en 2017, avec son roots profond et méditatif. Son nouveau projet est issu de sa rencontre avec le beatmaker parisien Tamal. Bienvenue dans une bulle musicale intemporelle avec l’EP Enter A Space, disponible depuis le 1er mars.
« J’ai connu Clément Thouard, aka Tamal, peu de temps après ma première venue en Métropole. Nous nous sommes rencontrés dans une soirée, et ne nous sommes pas revus avant un bon moment. Un soir, on s’est croisé dans le métro à Paris, en sortant d’un concert d’Israel Vibration, et on s’est donné rendez-vous le lendemain pour faire de la musique ensemble. On peut dire que c’était le destin ! Enter A Space est né d’une session que nous avons faite à Paris chez Tamal il y a deux ans. Notre intention était vraiment de laisser libre cours à une inspiration ouvrant nos perspectives en matière de genres musicaux abordés. Nous avons tout composé et enregistré en une semaine ! Nous nous sommes vraiment mis en condition pour pouvoir entrer dans cette transe du studio où plus rien ne peut t’arrêter… »
Enter A Space semble être comme une transe passagère. « Il y a vraiment eu une préparation avant et pendant l’enregistrement de cet EP. Nous avons beaucoup médité, jusqu’à créer notre propre bulle de création, notre propre espace de réflexion lyrique et sonore. Ça se ressent beaucoup dans la texture des morceaux, qui sont aquatiques, atmosphériques, ainsi que dans les thèmes ; le tout dans une énergie très méditative, parfois presque pieuse. Les chansons sont vraiment le fruit de cette transe et nous avons retranscrit ce sentiment fort et profond qui nous a traversés pendant la session, sans l’altérer. La ganja a contribué à créer cette atmosphère mystique pour la composition des morceaux. Quant aux textes, j’ai été très inspiré par les enseignements non-dualistes de l’Advaita Vedanta. J’aborde de nombreuses fois le sujet de l’immortalité de l’âme qui découle de la nature transitoire du corps et de la matière. Au final, nous avons fait six chansons, comme les six branches d’une étoile, et c’est là l’espace dans lequel nous voulons vous inviter. » Le visuel vient tout droit du titre de l’EP. « La photo a été réalisée par notre ami Nacho Pelaez, alors qu’il prenait des clichés sous-marins dans la presqu’île du Sinaï, sur les côtes de la Mer Rouge. Nous avions partagé avec lui les sons et il les écoutait avant d’aller plonger. Il nous a dit qu’il ressentait une réelle harmonie entre le sentiment que lui procurait notre musique et celui qui venait de la plongée, pratique où l’on a véritablement la sensation d’entrer dans un espace nouveau. Cette photo symbolise parfaitement Enter A Space. Il nous l’a envoyée en disant que nous l’avions inspiré, nous avons tout de suite vu la pochette ! » Marcus Gad sera en tournée avec Tribe dès avril en France et en Europe, notamment en première partie d’Alborosie. A ne rater sous aucun prétexte !

Simba

https://www.facebook.com/Marcus.Gad.Official/ 

(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

mercredi 19 juin 2019

Mahom

Après la sortie de Fell In en 2017, Mahom revient avec King Cat. Toinou et Joris, ceux qu’on associe naturellement à leur maneki-neko depuis le remarquable The Skankin’ Cat sorti en 2014, continuent de s’aventurer dans les tréfonds du dub avec ce cinquième album.
Depuis 2005, Mahom s’est imposé dans le paysage du dub français. Plus de 300 concerts dans toute l’Europe, des dizaines de vinyles, des collaborations, leur projet parallèle Bass Trooperz, quatre albums et un nouveau sorti le 18 mars, disponible en CD, vinyle et téléchargement gratuit. King Cat, c’est un peu leur King Kong à eux. Le voyage n’est pas seulement musical, mais aussi visuel. Les graphistes de Irie Design, François et Béranger, se sont chargés de lui donner la juste illustration. C’est dans une atmosphère urbaine, l’aube encore chargée d’étoiles, que l’on retrouve le chat, sur les hauteurs des toits, d’un immeuble surmonté d’interminables enceintes aux néons du groupe, un disque à la patte… « Pour Mahom, le chat, c’est avant tout le maneki-neko, le chat qui skank, qui nous accompagne sur toutes nos scènes depuis 2013. Son mouvement est infini, tout comme l’inspiration. C’est aussi un être vivant, sensible, doux et agréable, au caractère subtil. Le thème de l’animalité se confronte en quelque sorte à l’humanité », explique Joris. « Cosmic Cat » ouvre la lecture des douze pistes de ce nouvel album aussi dub que félin. Le duo a bénéficié des conseils avisés de Panda Dub pour la direction artistique et des talents vocaux de Luiza, sur les morceaux « Snowball », « Le Temps de l’Amour », et de Green Cross sur « Digital Badness ». Le résultat donne un album moderne et électro à la recherche de textures sonores poussées.
A l’image des valeurs de la scène dub, et comme pour tous leurs précédents projets, King Cat est disponible en écoute et téléchargement libre sur la Toile avec ODG Prod depuis le 18 mars, ainsi qu’en CD et vinyle avec Flower Coast depuis le 22 mars. Antoine confie : « Le téléchargement libre est depuis toujours un de nos piliers, pour que notre musique soit accessible dans le monde entier. C’est très important de proposer notre musique gratuitement via ODG Prod, notre free net label. Pour les CDs et les vinyles, nous travaillons depuis maintenant quatre ans avec Flower Coast, label clermontois qui se bouge vraiment pour soutenir des projets d’univers différents, qui ont tous comme point commun l’humanité. Avec eux, nous avons eu envie de proposer un objet, car le numérique ça a du bon, mais voir la musique avec un visuel et l’écouter en vinyle, c’est quand même un gros kif ! »
Le King Cat Tour commence le 21 mars par la Release Party à Clermont-Ferrand. Avec Mahom, le règne du chat est déjà en place et ne manque pas de basses !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

vendredi 14 juin 2019

Dance Soldiah

Actif depuis plus de quinze ans dans le milieu du sound system parisien, Dance Soldiah vient de monter son propre label du même nom, honoré par la sortie de l’entraînant Sword Riddim le 15 mars et les titres de Chezidek, Skarra Mucci, Stranjah Miller, Taiwan MC, LMK, Djanta…
En quinze ans d’existence, les membres de Dance Soldiah ont organisé de nombreux événements de petite et grande envergure, participé à nombre de soirées, concerts et sound systems, monté leur studio, sorti une vingtaine de street tapes, animé leur propre émission de radio Unity Session de 2008 à 2016, développé leur ligne de vêtements en 2011, mis en ligne leur site internet en 2013, enregistré beaucoup de dubplates et même participé à des clashs, alors que leur réputation de juggling sound n’est plus à faire… On pouvait s’attendre à les retrouver un jour sur le terrain de la production. La série du Sword Riddim inaugure Dance Soldiah Records avec douze titres signés par quelques artistes jamaïcains et une large part française qui leur tenait beaucoup à cœur. Le Sword Riddim est sorti le 15 mars en CD, vinyle et digital, après les clips de « Soldier For Jah » de Stranjah Miller et « Vegan Style » de Chezidek. Une instrumentale new-roots composée par le Digital Cut Band, qui s’intitulait initialement L’Epée, et rebaptisée logiquement Sword.
S’ils ont eu l’occasion de rencontrer Chezidek, Skarra Mucci et Stranjah Miller lors de leurs tournées européennes, leur volonté était de faire une grande place à des artistes avec lesquels ils partagent beaucoup de valeurs et aussi venus de chez nous, ayant convié les talentueux Straika D, Taiwan MC, LMK, Djanta, Charly B, Caporal Negus, Typical Féfé et Tiwony, ainsi qu’Abel et Riflah, MCs attitrés du sound. Ils ont aussi eu la chance de rencontrer Kamo qui a su mêler l’esprit manga à celui du reggae-dancehall pour offrir un visuel à la hauteur de cette série explosive, porté par un personnage mi-lion mi-samurai qui en impose. L’intégralité du projet a été réalisée en France, des enregistrements dans différents studios (Dig, Irie Ites, Guardian House et le leur) qui ont nécessité une année pour tous les réunir, au mastering, en passant par le mix, les visuels, la promotion, l’édition et la distribution en collaboration avec Musical Impact, Dibyz Music et Baco Records. Voilà un one riddim qui fait sérieusement bouger les hanches et qu’on a tout le plaisir de pouvoir ajouter fièrement à sa collection de vinyles ou de CDs. En attendant les prochaines sorties du label, retrouvez notamment Dance Soldiah et tout l’esprit du sound system lors des soirées Paristown. Pull up selecta !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°65 - avril/mai 2019)

vendredi 10 mai 2019

Matteo

Co-fondateur et membre de Chinese Man au côté de High Ku et Sly, Matteo vient de réaliser son premier album solo, Scaglia, disponible en CD, double vinyle et digitale depuis le 22 novembre.
Matteo avoue qu’il n’avait jamais vraiment songé à sortir un album solo avant un concert de Chinese Man à Lorient où ils ont tellement mis le feu avec Youthstar qu’il a voulu conserver et explorer cette énergie. Qu’il soit chez lui ou sur la route, le DJ et producteur crée en permanence du son sans forcément savoir où cela va le mener. Après la tournée d’été de Chinese Man en 2017, il passe beaucoup de temps à Marseille et compose assidûment. A l’issue de plusieurs mois et de quelques maquettes, Matteo se rend compte, avec l’équipe du label et ses compagnons de route, qu’un album se profile à l’horizon. C’est aussi l’occasion de rencontrer des artistes et de mélanger leurs talents, notamment des voix que reconnaîtront immédiatement les fans de l’homme chinois comme Kendra Morris, Youthstar… et de nouvelles collaborations comme CEZA d’Istanbul, Foreign Beggars, Priestess d’Italie...
Ayant laissé libre court à ses inspirations, cet disque est inclassable. Au croisement de l’électro et du hip-hop dans toute leur largeur, Matteo ne s’est fixé aucune limite. Certains morceaux existaient depuis déjà plusieurs années avant qu’ils ne soient finalisés à cette occasion, d’autres sont nés naturellement à ce moment-là. « Je crois que j’avais besoin de raconter des choses et que je l'ai fait avec Scaglia. J'avais envie de composer ce qui correspond à mes influences actuelles et plus anciennes et me laisser libre dans les styles musicaux. Je me suis un peu mis à l'épreuve, comme un challenge personnel. C'est une aventure assez différente de Chinese Man. Certaines étapes vont plus vite en étant seul à prendre les décisions, mais il y a aussi de grandes périodes de doutes. Je me suis fait de bons vertiges par moments ! À trois, les phases de création nécessitent un temps différent, homogène et consensuel. »
« Les années passées sur la route, les projets incroyables que je vis grâce à Chinese Man, ou encore ceux que j'entreprends de mon côté, sont très riches et j'ai cru parfois me faire dépasser par ces multiples facettes artistiques… C’est une adaptation permanente. Scaglia raconte cette phase de transformation et de mutation. Kotaro Chiba s'est inspiré de ces idées pour le visuel, qu’on souhaitait aussi pouvoir décliner en plusieurs couleurs. Il était libre dans sa création mais j'avais très envie de cette poésie. La rencontre de deux êtres, le caméléon et le personnage féminin, on peut imaginer qu'elle l'apprivoise en quelque sorte. (…) Des dates sont prévues cette année mais il n’y a pas de création live spécialement pour Scaglia. Je vais continuer à inviter spontanément des artistes qui ont participé à l’album lors des prochains concerts. Pour la suite, beaucoup de projets en vue, des voyages, et on m'a aussi confié la réalisation de la bande originale du premier long métrage de Jezabel Marques-Nakache… Cette année s’annonce vraiment très excitante. »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine n°64 - février/mars 2019)