samedi 24 décembre 2016

Taiwan MC - Interview

Après deux beaux EPs chez Chinese Man Records, Heavy This Year en 2013 et Diskodub l’année suivante, Taiwan MC vient de passer un an à plancher sur son premier album, avec l’aide, entre autres, de son acolyte Son Of A Pitch. Cool & Deadly sera disponible le 7 octobre et son premier extrait, « Catalina », fait déjà sérieusement monter la température.

Quand as-tu commencé à travailler sur Cool & Deadly ?
J’ai commencé à bosser dessus l’été dernier, il y a à peu près un an, en rassemblant des instrus, des débuts d’idées de riddims, en demandant aussi à d’autres producteurs… Ensuite, je suis allé voir SOAP avec une première maquette et on a commencé à travailler sérieusement dessus depuis octobre.

Quelle couleur musicale voulais-tu donner à ce premier album ?
En fait, je ne le considère pas vraiment comme un premier album, mais plutôt comme un troisième EP et, surtout, dans la continuité du premier. La couleur musicale que j’avais choisie se rapproche plutôt des années 1970, avec de vrais musiciens, alors qu’avant, on avait tendance à beaucoup utiliser les ordis, les synthés… Là, c’est plus humain, plus roots, moins électronique. J’ai essayé de mettre du ska, du rocksteady, plus de cuivres, des sons latinos, du hip-hop, des scratchs de DJ Idem aussi… Avec Heavy This Year, j’ai voulu montrer tout ce dont j’étais capable et, comme j’étais signé sur Chinese Man Records, j’ai aussi essayé de coller à l’image du label. C’est ce qu’on a tenté de faire à nouveau, mais de façon plus aboutie, avec douze morceaux et plein de featurings !

Comment sont nés ces featurings ? Avais-tu dès le démarrage de cette aventure ces artistes en tête ?
Ce sont tous des potes ou des gens qu’on a croisés à droite et à gauche, dont j’avais bien aimé la voix ou le style… Tumi, on le connaît bien, il a tourné plusieurs fois avec Chinese Man. C’est un excellent rappeur d’Afrique du Sud ! Il y a Youthstar, qui est un MC de Chinese Man et un pote de longue date. On a fait des soirées drum’n bass à l’ancienne ensemble. Les musiciens sont des collègues de SOAP, le percussionniste et le tromboniste viennent de Chinese Man. C’est la famille ! Je n’essaie pas d’aller chercher des mecs que je ne connais pas du tout, des super stars qu’on paie pour avoir un couplet… Il y a juste un feat que nous n’avons pas enregistré ensemble, c’est celui de Cyph4, parce qu’il était aux Etats-Unis. C’est un rappeur de San Francisco avec lequel on a déjà bossé, il a du nous envoyer son couplet…

Et concernant les deux voix féminines ?
Il y a Anouk Aiata, dont le nouveau nom est Railey. C’est une connexion de SOAP, avec qui on avait fait un morceau qui avait bien plu il y a quelques années, « One Last Dance ». Du coup, on l’a réinvitée. L’autre voix féminine, c’est Paloma Pradal, une autre amie de SOAP, une chanteuse espagnole de flamenco traditionnel à la base, mais qui écoute plein de styles de musique. Là, elle a testé quelque chose qu’elle avait jamais fait, chanter du reggaeton, avec de l’autotune et tous les effets modernes. Ça a donné un résultat complètement dingue ! Ce morceau a été enregistré en à peu près dix minutes! Je n’étais même pas dans le studio. Je suis revenu, c’était un tube ! (rires)

Comment est venue l’idée de ce morceau « Catalina » ?
On voulait faire un ou deux morceaux dancehall pour l’album. J’avais fait une instru, SOAP en avait fait une super bien, qui est devenue « Catalina ». J’avais envie de faire les couplets, mais pas le refrain. On a failli ne pas le mettre sur l’album et, au final, Paloma est venue chanter pour un autre morceau du disque. Il restait du temps et elle a testé un petit freestyle. Le premier riddim que SOAP avait sous la main, c’était celui-là. En fait, elle a chanté une vieille chanson traditionnelle espagnole populaire, qui fait partie du folklore de beaucoup de pays latins. Immédiatement, c’est devenu le single !

Le clip de « Catalina » est aussi disponible depuis le 15 juillet !
Oui, on l’a clippé, on l’a sorti en avance, de sorte que les gens puissent se faire une idée de l’album et, surtout, parce qu’on s’est dit que c’était un bon morceau pour l’été. Il est disponible sur toutes les plateformes et le clip, réalisé par Kévin Gay, a été tourné sur le dancefloor d’un bar parisien qui s’appelle le Panic Room. C’est un clip dancehall très basique mais très cool. Je suis plutôt content du résultat.

A quel moment as-tu choisi le titre Cool & Deadly pour l’album ?
C’est le nom de mon premier crew, c’est aussi une expression que j’utilise dans mes paroles depuis très longtemps, et c’est même une danse jamaïcaine ! « Frais et mortel », c’est un concept qui colle bien à l’album, puisqu’il y a des morceaux très posés et d’autres plus énergiques.

Sur le visuel de la pochette, on découvre un univers plein de détails…
Il reste dans la lignée des deux premiers EPs, car c’est le même dessinateur, Julien Loïs. Ça me rappelle les pochettes de Scientist et celles de pas mal de disques de reggae, et même d’autres genres. Beaucoup de vieilles pochettes de vinyles salsa et cumbia sont dans le même style, dessinées à la main, avec des personnages dans tous les coins. Tu peux passer une heure à tout regarder ! J’ai essayé de refaire ça à ma manière, avec le talent de Julien Loïs, qui adore les petits détails. C’est un dessinateur de bandes dessinées, ça lui parle de faire des petites histoires à l’intérieur de la pochette. Concernant les personnages sont dessinés dessus, une partie représente des personnages fictifs et l’autre ceux qui ont travaillé sur l’album, tous les musiciens, chanteurs etc.

Il y a un chat sur la pochette, fait-il partie de l’aventure ?
Oui. Le chat va avec le mec qui le porte sur ses épaules. C’est Blanka, qui a fait le mastering, de Kasablanka Mastering.

Quand vont commencer les concerts pour Cool & Deadly ?
Nous faisons des concerts tout le temps, nous n’arrêtons jamais ! Pour promouvoir le disque, ça va être à partir du moment de sa sortie, en octobre. On joue cet été en Italie, avec SOAP, au festival Outlook en Croatie, avec Tom Fire en Suisse, avec Manu Digital au Rototom…

Travailles-tu sur d’autres projets actuellement ?
Bosser pendant presque un an sur un album, c’était assez stressant. Donc là, j’ai envie de travailler sur des petits projets, comme des EPs ou des singles. C’est génial de faire un album et je vais être très content quand il va sortir, mais quand on a eu fini, je me suis dit qu’après ça, j’allais faire quelques EPs ! (rires) Si j’ai le temps, je vais essayer de bosser sur pas mal de collaborations, pourquoi pas sortir mes propres instrus aussi… Reste à voir s’il y aura le temps !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #50 - octobre/novembre 2016)

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